INTRODUCTION. XXXVII
Ce fut en grande partie sur l'autorité de ce testament que roula la controverse entre le docteur Launoy et Dom Bondonnet, relativement à l'époque de la fondation de notre Eglise (1); nous nous servirons de ce même document pour prouver que la mission de saint Julien doit être rapportée au premier siècle. Malgré Jes attaques de Launoy, l'authenticité du testament de saint Bertrand n'est contestée aujourd'hui par personne; il est donné par Dom Tassin (2), par Dom Rivet (3), et tous les autres savants, pour un acte des plus authentiques.
13°. Les Gestes des Evêcjues du Mans sont le seul monument où l'on puisse s'instruire des actions de saint ïiadouin. Malheureusement la partie de cet ouvrage relative à cet évêque n'est pas entièrement exempte de taches. Ou y lit une charte ou testament par lequel saint Longis, fondateur de l'abbaye de Saint-Pierre-de-la-Boisselière, soumet son monastère à la cathédrale. Cela ne peut s'accorder avec ce qui est dit dans la Vie de ce saint abbé; monument que tous lescritiquesreconnaissent pour une pièce pleine de véracité. En effet, cette Vie nous apprend que Clotaire II prit le monastère sous sa protection; dès lors, d'après les mœurs du temps, il n'était plus permis de le soumettre ni à la cathédrale, ni à une autre église, ni à une personne quelconque. Cette charte porte la signature de Modégisile, évêque de Tours, de Magnobode
Verbis, lib. vin. Parisiis, Nivelle, 1583, în-fol. — On le trouve encore imprimé clans la collection incomplète de Brequigny et du Theil, Diplomata, rharta', etc., pag. 108. — Le P. Le Gointele reproduit presque en entier, aussi bien que du Boulay, dans son Historia Universitatis parisiensis.
(1) Launoy, Dissertationes très Tertio, quid de primi Cenoman-
norum antistitis epocha sentiendum sit, explicatur, in-8°, et Launoii opéra omnia, tom. n, part, i, pag. 192. — Dom Bondonnet, Réfutation des trois Dissertations de MTti Jean de Launoy.
(2) Nouveau Traité de. Diplomatique, tom. v, pag. 416-418.
(3) Histoire littéraire de la France, tom. m, pag. 580.