‹ Histoire de l'église et de l'ancien archidiocèse de Sens (volume 2)Chapitre 4 sur 34 · XII · texte numérisé non relu

XII

(2) M. E. Jarossay (op. cit.) qui attribue à Clovis la fondstion de P'erriores, pense que Wandelbert ne fit que compléter celte œuvre. Cf. p. 40-42.

divine. Leur temps était partagé entre la prière, le travail des mains et l'étude. C'est l'ordre que prescrivent toutes les règles laites vers ce temps pour le gouvernement des monastères. Bien que \ ariant dans les autres pratiques, elles s'accordaient toutes à consacrer un tenq)s considérable à l'étude et à la lecture, mais rexcrcice principal était la célébration de l'office divin, la nuit et le jour. La règle de saint Basile, qui était la plus ré[)andue, prescrivait en ])lus la solitude, l'abstinence et le jeûne proportionné aux forces du corps, l'obéissance au supérieur, l'bumilité. la fuite des honneurs et des affaires et la pauvreté.

Il y a lieu de croire (1) que l'on employait dans les abbayes la même méthode que dans les écoles épiscopales et que l'on y élevait la jeunesse non seulement dans la connaissance des lettres, (hi chant, de la musi({ue, mais encore de tout ce que l'on comprenait encore alors sous le nom d'arts libéraux et d'humanités. Telle est la première origine des écoles monastiques qui, dans la suite, devinrent si florissantes et si si célèbres.

Lorsque l'abbaye était établie au milieu de la campagne, les moines travaillaient spécialement à défricher, à ])àtir, à planter, moins pour être à l'aise, puisqu'ils vivaient dans une grande frugalité, que pour soulager les pauvres. Si, au contraire, elle était fondée à côté ou dans l'intérieur d'une ville, on y consacrait plus de temps à enrichir la bibliothèque, et, dès le v* siècle, dans quelques monastères, au labeur pénible de l'agriculture fut substituée l'occupation de copier les anciens livres et d'en ronqioser de nouveaux (2).

Nous inclinons à placer dans les premières années du vn^ siècle l'introduction de la règle de saint Benoit

(1) Histoire Littéraire, III, 31 et suiv.

(2) Sur l'oeuvre des moines au moyen-âge on peut consulter, entre autres : Montalembert, Les Moines d'Occident; VioUel-le- Duc, Dictionnaire d'Architecture, I, 256 et suiv ; Molinier, Les Manuscrits et les Miniatures, 30 et suiv.

dans notre région. Elle avait été implantée dès 590 par saint Colomban au monastère de Luxeuil. Nous avons la preuve qu'elle avait été adoptée à Saint- Pierre-le-Vif avant le milieu du vu" siècle (1), et il y a tout lieu de penser, comme nous le verrons plus loin, que l'évêque de Sens l'établit également à Sainte- Colombe. Cette règle était l'œuvre d'un bomme consommé dans la science du salut et suscité pour conduire les âmes à la plus liante perfection. Le })ape Grégoire I" ne pouvait se lasser de l'admirer, à cause de l'esprit de sagesse, de discernement et de discrétion qui y régnait. Le fameux Cosme de Médicis et d'autres législateurs qui la lurent et la méditèrent, y trouvaient la connaisance la plus profonde du cœur bumain et la regardaient comme une source abondante de maximes propres à gouverner les bommes. Mieux que celle de saint Basile, elle prescrivait l'obéissance, l'humilité, la pauvreté, la chasteté, la mortification intérieure et extérieure, le silence et la stabilité dans le monastère. Une des premières occupations intellectuelles des bénédictins dut être l'étude des traditions religieuses et locales et en particulier des documents qui se rapportaient aux martyrs sénonais dont ils gardaient les tombeaux. D'après la règle de saint Benoît, les abbés avaient le droit d'introduire des leçons dans l'office divin (2). Celle qui fut donnée par l'évêque d'Uzès, Ferréol, vers 550, commande, au chapitre xvm*, de lire dans l'oratoire en présence de tous les moines, les jours où l'on célèbre la mort des saints, les passions qui ont été écrites sur eux (3). La règle de saint Aurélien d'Arles donne la même prescription (4). Enfin, vers le même temps, Cassiodore conseillait aux moines « de lire les Passions des martyrs qui ont germé par toute la terre, et particulièrement dans la lettre de

(1) Cf. Histoire (le l'Abbaye de Saint-Pien e-le-Vif, 31.

(2) Cf. IMgr Diichesne, Oris^in^-s du culte chrétien, 437, note.

(3) Cf. Migne. LXVI, col. 965.

(4) Ibid. LXVIII, col. 396.

saint Jérôme à Chromace et à Hcliodore. » Il s'agit ici du martyrologe qui a reçu le nom de hicronymien. La lectuie visée par Cassiodore serait celle des notices empruntées aux actes des martyrs et insérées dans ce recueil. Peut-être existait-il un livre liturgique spécial, une sorte de martyrologe lectionnaire, au moins dans certaines églises (Ij.

Depuis longtemps déjà un se préoccupait, dans la province de Sens, de recueillir les Actes des martyrs et des confesseurs. Dès le v^ siècle. Constance, prêtre de Lyon, célèbre par son talent, écrivait la \'ie de saint Germain d'Auxerre, dans un style élégant mais prétentieux et surchargé d'épithèles (2). Cette époque inaugura le genre littéraire du panégyrique. A l'occasion de l'anniversaire de la mort d'un saint, on faisait son éloge ; c'était un travail de réthorique dans lequel toutefois les renseignements biographiques ne manquent pas et méritent souvent créance.

Cet usage se continua au siècle suivant. Sur la demande de lévêque d'Auxerre, Aunaire, mort en u03, un prêtre de cette ville, Etienne, surnommé l'Africain, écrivit une nouvelle \'ie de saint Germain et une autre de saint Amatre. Vers le même temps, un auteur anonyme rédigea également une \'ie de saint Pèlerin (3). Le style de ces différentes pièces est caractérisé par la même abondance de périphrases (4). De même à Paris, l'évêque, saint Céraunius, s'occupe de réunir tous les gestes des martyrs, et Guarnier, lui dédiant les Actes de trois frères martyrs, le loue très vivement de ses pieuses recherches. Deux personnalités litté-

(1) Cf. pour plus de détails, D. Leclercq, Les Martyrs, Les temps nérnniensA. Introcl. p. XXXI.

(2) Pour n'en cher qu'un t'xcuiplc, une gramle foule est exprimée ainsi : plané iininens.r multitwiinis ninnerositns.

(3) Cf. Mgr Duchesne, l'^astes épisco/imir, II, 'i28.

(4) Etienne appelle la lèpre : lepraticœ iiif/tiinatlonis lan^iior. Les prières sont pour lui : splendidissinia precum lifjimina. D'après l'auteur anonyme, Félerin et son compagnon, arrivés à Lyon, hâtent leur voyage ; ffuia acerfjissiina ubir/iie sse\'iel>at harbaroriim interminata atqiie continua christianorum damnatio.

raires, le poëte Forlunal et Grégoire de Tours, se distinguent dans ce genre, et le premier écrit, entre autres vies de saints, celles de saint Marcel et de saint Germain, évèques de Paris (1).

Alors que les églises suffragantes de Sens s'occupaient ainsi de recueillir les souvenirs ei de développer le culte de leurs premiers apôtres, celte ville ne pouvait demeurer indilïérente à l'égard des siens. Le biographe de saint Loup raconte (2) qu'il visitait presque toutes les nuits, au dedans et au dehors des murailles, les tombeaux des saints. Il s'agit ici évidemment de ceux de sainte Colombe ainsi que de saint Savinien et de ses compagnons. Lorsqu'en 847 on fit la découverte de ces derniers dans les ruines de l'église du Sauveur, on remarqua spécialement une pierre rectangulaire qui portait le labarum de Constantin avec le monogramme du Christ et l'A et l'Q, englobés dans une couronne, ainsi que des restes de murailles ayant appartenu à un oratoire souterrain. Deux inscriptions indiquaient que le constructeur était un nommé Tétulphe. L'épithète de calcalor mundi (3) qui lui est attribuée ne pouvait guère s'appliquer qu'à un moine. Comme les emblèmes religieux mentionnés plus haut n'apparaissent pas en Gaule sur les tombeaux avant le v^ ou le \f siècle (4) il y a tout lieu de penser que la construction de la crypte et une reconnaissance des tombeaux de saint Savinien et de ses compagnons coïncidèrent avec 'la fondation du monastère de Saint-Pierre-le-\'if dont les religieux reçurent mission de les garder.

S'associant aux préoccupations qui se faisaient jour partout ailleurs, les moines des deux abbayes séno-

(t) Cf. Re\<ne d'Histoire ecclésiastique, de l'Université catholique de I.onvain, oct 1900, 539 et siiiv.

('2| Erat consnetudo , ut penè noctihus singulis non snlum intra muroruni nuenia, sed etiarn circumquaque vicina snnctoruin lustrarct oracula. lActa Sancl. septemb. 1,262).

(3) Cf. notre Histoire de Saint-Pierre-le-Vif, p. 53 et 94.

(4) Cf. Ue Rossi, Inscriptiones christianse.

naises s'appliquèrent à reconstituer les Actes des martyrs (lonls ils possédaicMil les restes vénérés. On a vu déjà ({ue le résultat ne répondit pas à leurs efforts. Les documents primitifs avaient disparu et ils ne pouvaient suppléer au silence des siècles passés. A Sainte- Colombe on composa alors la Passion de cette bienheureuse dont il a été parlé ailleurs. De môme on rétiigea à Sainl-l>ierre-le-Vif la Grande Passion de saint Savinien, laciuelle se trouvait, au témoignage de l'historien sénonais Bureteau, dans un légendaire très ancien de l'église de Sens, remontant au delà de Charlemagne. Elle dut servir de leçon à l'office de ce saint, suivant la coutume qui existait alors de célébrer le natale ou anniversaire du martyr sur son tombeau (1). Comme dans les autres écrits sortis de ce monastère, on y remarque l'attention de réunir saint Savinien et saint Pierre dans un même souvenir. Il semble que la pensée de donner à la nouvelle maison religieuse, chargée de veiller sur le tombeau de saint Savinien, le nom du premier des ai)olres, procède de la même préoccupation que l'on reti'ouve dans la Grande Passion, d'attribuer à celui-ci l'envoi de saint Savinien à à Sens.

Dès le temps de Grégoire de Tours apparaît on Gaule l'idée de réclamer des origines tout à fait anciennes et de les attacher aux apôtres ou à leurs disciples immédiats ; et, bien avant lui, vers le milieu du v* siècle, les évoques des environs d'Arles, écrivant au pape saint Léon pour obtenir le rétablissement de leur métropole, se fondent sur cet argument que saint Trophime, le premier évoque venu en Gaule, leur aurait été envoyé par saint Pierre en personne (2). Les mômes prétentions ont pu naître de bonne heure à Sens ; vers la fin du \T siècle, cette ville était la métropole de la région centrale de la monarchie franque, et

(1) BalifTol, Histoire du liréviaire romain, 32.

(2) Cf. Mgr Duchesne, Mémoire sur l'origine des diocèses épiscopaux, 77.

elle avait comme sulïraganls deux sièges alors illustres, Auxerre et Paris.

A côté des marques d'antiquité de la Cli-ande Passion, que nous avons déjà notées, il en est encore d'autres qui viennent les confirmer. En racontant le martyre des saints Savinien et Viclorin, l'auteur met dans leur bouclie les versets 11 et 12 du psaume U5. Or le texte qu'il donne ne se trouve ni dans la Vulgate ni dans aucune des versions de la Bible polyglotte de Walton. On sait que dans les premiers siècles circulaient diverses traductions de l'Ancien Testament : ce n'est qu'au vm^ que les écrivains liagiographes commencèrent à citer la Vulgate et ne présentèrent plus ces divergences que l'on remarque encore dans Grégoire de Tours. Enfin la ressemblance du style de cette composition avec les Vies des évêques d'Auxerre est frappante. C'est le même genre, facile et assez élégant, émaillé de redondances et d'épithètes au superlatif (1) et procédant de la culture gallo-romaine. Vers la fin du vif siècle et durant le vni", la décadence littéraire s'accentuera. La restauration du ix^ ne pourra remonter à l'ancien niveau, et nous verrons certains écrits de ce temps caractérisés par des expi'essions affectées, des tours guindés et bon nombre de mots à moitié barbares.

L'auteur de la Grande Passion est pénétré de la grandeur de la ville de Sens qu'il présente, à l'époque romaine, comme la plus illustre et la plus opulente de la Gaule. Il parle de cent mille Gaulois-Sénons allant combattre en Galicie, et attribue, par erreur, à Jornandès, l'historiens des Gotbs, (-1- 502) le récit de la prise de Rome par les guerriers de ce peuple. De même il donne à plusieurs reprises à saint Savinien le titre de prïvsul que Fortunat emploie dans le sens de Grand Poniile (2). Enfin pour rehausser encore

(1) « Nous vous obéirons » se traduit par: Vestrse propositionis decretiim obsecundantes unanimiler pnrebiinus.

(2) On ne connaissait pas encore alors celui d'archevêque.

l'importance de Sens, il allribiie aux compagnons de saint Savinion la première évangélisation des villes de T)o\ es, Ui'léans, Chartres et Paris.

].a mort de >aint Loup survint le premier septembre 023. 11 se trouxait alors à Brienon, dans un de ses domaines où il avait fondé une église collégiale, sous linxocalion de saint Martin. En dehors des dons qu'il avait faits à Sainte-Colombe, il laissa à la cathédrale de Sens la majeure partie de ses biens. On rapporta dans cette ville le corps du bienheureux qui répandait une odeur des plus suaves, comme s'il avait été embaumé. 11 avait demandé qu'on l'enterrât sous la goiillièie de la basilique du monastère qu'il avait fondé, donnant ainsi un suprême témoignage de son humilité et de la dévotion qu'il portait à la glorieuse martyre du Christ. Son vœu fut exaucé, et sa dépouille moilelle, déposée dans l'endroit qu'il avait choisi, y demeura jusqu'en 853, époque de sa translation solennelle par l'archevêque Yenilon.

L'éclat de sa sainteté était tel que la basilique de Sainte-Colombe lui fut dédiée, ainsi qu'à cette vierge, presque aussitôt après sa mort, car elle porte son nom dans le testament du roi Dagobert. La mémoire de saint Loup est demeurée célèbre dans l'église de France. Il est mentionné avec les plus grands éloges dans les martyrologes, à commencer par celui d'Adon qui s'exprime ainsi : « Apiid Senoncis, B. Lupi episcopi, sanctitate et signis miraculoriini uiustrissimi. » Le diocè.se de Sens le considère comme le plus grand de ses pontifes, après ses fondateurs Savinien et Potentien (1).

Il reste plusieurs objets précieux qui passent pour avoir appartenu à saint Loup. C'est d'abord un anneau

(I) Les reliques du Saint so partagent aujourd'hui entre la catliédr.ile de Sens, la paroisse de Brienon et la nouvelle église du monastère de Sainle-Colombe où eut lieu une translation solennelle, en 1853, au millénaire de celle de Venilon. Plusieurs églises du diocèse de Paris lui sont consacrées. (Cf. Lebeuf, Hist. du diocèse de Paris.)

dont le dessin a été reproduit par VioUet-le-Duc, dans son Diclionnaire du 'Mobilier, (111, 21). Cet anneau, terminé par deux tètes de dauphin mordant le ehaton annulaire, garni de griffes en feuilles de trèfle, et sertissant un saphir cabochon, est conforme au modèle adopté de son temps par les évêques. 11 reste également de ce pontife un peigne liturgique, tel qu'en comprenait au moyen-age une chapelle éfiscopale. Il était taillé dans un seul jnoiceau d'i\ oire et garni dune double rangée de dents, les fines en haut, les grosses dans la i)arlie inférieure. Au milieu, dans une arcade en plein-cintre, deux lions se dressent contre un arbuste surmonté d'une tête de bélier, le tout découpé à jour. Au dessous, une })late-bande à filigrane d'or porte enchâssés des cabochons rouges, bleus et verts, sept sur chaque face, séparés par des filigranes en formes d'S, et encastre la naissance des dents inférieures. Une lame de vermeil ajoutée au xiii^ siècle suit le contour de l'archivolte ; elle porte l'inscription : Peclen S. Liipi, accompagnée de rinceaux gravés. La sculpture centrale est d'esprit, sinon de travail même byzantin ; les filigranes, les sertissures des pierres comme la réparation des dents sont postérieurs et ont été ajoutés, lorsque le peigne était déjà honoré comme relique. Il a été souvent dessiné et gravé (1).

Le travail des métaux précieux eiait alors usité à Sens, car il subsiste plusieurs pièces de monnaie qui furent frappées vers ce temps dans cette ville. Parmi les nombreux privilèges dont jouissaient les églises sous les Mérovingiens, il faut compter celui d'émettre des monnaies à leur nom, et elles avaient très proba-

(1) Cf. Antiquités et Curiosités de Sens, par M. de Monlaiglon, 32. — Dictionnaire du /Mobilier, de VioUet-le-Duc, III, 21. — fnventaire du Trésor de l'église de Sens, par M. Charlraire. — Goblet d'Alviella. dans Bull, de l'Académie royale des Sciences, Bruxelles. 1900, 705-735. — Histoire de l'Orfèvrerie française, par H. Havard, inspecteur gén 'rai des BeauxArIs, 1896. — Pour la bibliographie très abondante de saint Loup, on peut consulter le Répertoire archéologique de l'abbé U. Chevallier et la Bibliotheca hagiogra/iliica Bollandiana.

blemonl des alclicrs })arliculiers cl des monnayeurs placés exclusivement sous leur dépendance (1).

M. A. Duclialais (2) signale dans le cabinet du comte de Vesvrotle un denier en ai'gent de la cathédrale de Sens. Le reclo porte linscriplion ANTELINUS MON. avec un buste tourné à gauche, les épaules couvertes d'un paludanienlum ; grenetis au pourtour. Au verso, rinscri|)lion : HACIO ECLISI Slu\(). Dans le chanii», un AoL 1111 Ll ; ili csl surmonté d'une croix. M. Thomsen, conservalciii- au musée royal de Copenhague, possédait une autre monnaie méi'ovingienne en argent de la juéme église. Au témoignage de M. de Longpérier (pii en a conservé une empreinte, ce denier, dune consei'valion admirable, est un des }»lus précieux spécimens qui sid)sisle de l'art monétaire mérovingien ; il serait contemporain de Dagobert P"" (623-039) ou de Clovis II, époque qui vit le plus beau développement du monnayag*' sous la première race. Le nom du graveur Antelinus n'étant pas cité par Cartier, dans son CalaloQue des inonélaires mérovingiens, on peut croire qu'il est nouveau. M. Prou (op. cit. Introd. cxni, él 130) rectilie Antelinus par Actelinus, et il donne plusieurs aiitres types de pièces mérovingiennes de Sens ainsi que de Âlelun et d'Etampes (3).

Des divers renseignements que nous possédons il est permis de conclure que ce fut saint Loup qui obtint (hi roi l'autorisation de battre monnaie dans son diocèse, et nous trouvons là un nouveau témoignage de la puissante influence qu'il avait exercée pour la prospérité matérielle aussi bien que dans l'intérêt spirituel de son église.

(1) Cf. Maurice Prou, Les Monnaies mérovingiennes, Inlrod. LX.

(2) Revue numismatique, XII, 1847, 102-104.

(3) Le mot racio de l'inscription signifie garantie. Cf. Revue numism. X, 421 .

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