‹ Histoire de l'EgliseChapitre 110 sur 253 · TOME III. t · texte numérisé non relu

TOME III. t

avait ordonné que dans le lieu de la résidence du pape^ ainsi qu'à Paris, Oxford, Bologne, Salamanque, il serait établi deux professeurs des langues hébraïque, chaldaïque, arabe et grecque; et cette prescription fut renouvelée un siècle après par le concile de Bàle dans les termes suivants : « Nous ordonnons qu'on observe de tout point la constitution du concile de Vienne qui prescrit d'instituer dans les universités établies en ces lieux deux professeurs des langues hébraïque, arabe, grecque et chaldaïque, et afin que ce résultat soit plus efficacement obtenu, les recteurs de ces universités s'engageront par serment, en entrant en charge, de veiller à ce que cette constitution soit exécutée*...» Dans de telles conjonctures, y a-t-il lieu encore d'admirer le courage de ceux qui osaient, en face des maîtres qui enseignaient dans les écoles, cultiver la langue hébraïque, cette langue vouée à l'anathème et que « Reuchlin , suivant notre auteur, aurait trouvée, à son entrée dans le monde savant, complètement éteinte et même dédaignée? »

Pour confirmer ce que nous venons de dire, parcourons rapidement quelques pays chrétiens. Tiraboschi, après avoir parlé du moine Jacques- PhiKppe de Bergame comme d'un savant orientaliste, ajoute^ : Nous avons aussi mentionné ailleurs Pierre Rossi de Sienne, qui s'adonna aux études bibliques vers la fin de ce siècle (le quinzième), après avoir cultivé d'abord la langue hébraïque, qui lui servit à composer de vastes et savants commentaires sur l'Ecriture sainte. Nous avons remarqué aussi que les auteurs du temps font le même éloge de Vespasien de Florence et de Pierre Bruto de Venise, auteurs de quelques écrits contre les juifs. Le prieur des augustins démontre en effet par le témoignage d'auteurs contemporains , que Marc Lippomani , Daniel Rinieri , le ser-

* « Omnibus modis servari preecipimus constitutionem editam in concilio vieunensi de duobus docere debentibus in studiis ibidem expressiâ linguas bebraicam, arabicam, graecam et cbaldseam. Quod ut efïicacius observetur, rectores ipsorum studiorum inter alia quœ in assumptione rectoratus jurant, hoc etiam addi volumus, operam se pro ipsius constitutionis observatione daturos. In couciliis etiam illarum provinciarum, in quibus hujusmodi studia constituta sunt^ omnino disponatur, ut hi, qui prœdictas linguas docturi sunt, stipendia débita percipere valeant. »

* T. VI, p. 590.

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