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LES ÉTUDES IIÉBRAÏOT'ES

vîie Paul Albertino et Sébastien Priuli^ archevêque de Nicosie, étaient versés dans cette langue, de même que Lauro Querini, Paul Morosini et Paul da Canale*. — Tiraboschi arrive ensuite à Pic de la Mirandole, trop célèbre par sa connaissance des langues orientales pour qu'il soit besoin d'insister davantage. Cet historien s'occupe également de Palmieri, qui avait parcouru la Grèce et une partie de l'Asie , et avait appris le grec, l'hébreu, l'arabe, le chaldéen, afin d'être en mesure de venger, dans un ouvrage solide, le christianisme des attaques des juifs; de Giamozzo Manetti, comparable à Reuchhn comme jurisconsulte, qui traduisit les Psaumes sur l'hébreu, et, afin de montrer l'utilité de son travail , plaça en regard les Septante, la Yulgate et sa version. Toutes ces choses se passaient dans l'Italie du quinzième siècle, et Jean Reuchlin, dans un voyage qu'il fit en Italie en 1182, en compagnie du comte Eberhard de Wurtemberg, se ha avec Pic delà Mirandole, à la cour de Laurent de Médicis de Florence. Il connaissait donc au moins un orientaliste à côté de JeanWessel. Reuchlin, qui ne savait point encore l'hébreu, fut très-probablement poussé dans les études hébraïques par Pic de la Mirandole , dont il suivit de point en point la direction intellectuelle. Dans même temps où Reuchlin posait les bases de sa réputation d'hébraïsant, Augustin Giustiniani préparait sa Polyglotte sur les Psaumes*. C'est alors que vivait Téséo Ambrosio (né en 1469), qui fut ensuite, sur le rapport de Mazurchehi, nommé professeur de littérature orientale à Rologne par Léon X, lequel permit à Reuchlin de lui dédier son ouvrage De arte cabalistica.

* Tiraboschi, t. VI, p. 590. — « Abbiam parimente fatto altrove menzioue di Pielro Rossi Senese, che verso la meta di questo secolo stesso rivoltosi agli studi biblici, premise loro quello délia lingua ebraica, a se ue valse a scrivere sopra i sacri libri ampi ed eruditi commenti. La stessa Iode abbiam parimenli osservato attribuirsi dagli scrittori di que' tempi a Vespasiano Fiorentino e a Pietro Bnito Veneziano aiitor di qualche opéra contro gli Ebrei. Anzi questo studio sembra che iu Venezia più che altrove fiorisse felicemente. Perciocchè il P. degli Agostini colle testiuio- Dianze di autori di que' tempi dimostra, que Marco Lippomano, Daniello Riuieri, Paolo Albertino servita e Sebastiano Priuli arcivescovo di Nicosia erano in essa versati , e oltre di essi Lauro Querini, Paolo Morosini, et Paolo da Canale. »

« Tiraboschi, t. VII, part. i,p. I0.i7.

20 HTfïTOIRE DE L*ÉGLISE.

Plusieurs années avant la publication de la grammaire hébraïque de Reuchlin, le cardinal Ximenès, archevêque de Tolède en Espagne, avait conçu le plan de sa Bible polyglotte, dont une foule innombrable de savants espagnols fournirent les textes hébraïque, chaldaïque, grec, etc., accompagnés de dictionnaires et de grammaires en ces diverses langues. En Allemagne, et dans le même temps que Reuchlin, le franciscain Summenhardt , Paul Scriptoris et Conrad Pélican s'occupaient également d'hébreu. Jean Bœschenstein, chargé en 1505, par le chancelier Eck, de professer la langue hébraïque à Ingolstadt, avait acquis ses connaissances dans les langues orientales indépendamment de Péhcan et de Reuchlin.

Les pages consacrées à la controverse de Reuchlin avec PfefTerkorn et les dominicains de Cologne , au sujet de la proposition faite par ces derniers de brûler les écritures juives, à l'exception de la Bible, sont empreintes d'une grande partialité. Les dominicains allèrent évidemment trop loin en demandant que le Talmud, etc., fût détruit par ordre impérial. Tel fut aussi le sentiment de l'évêque de Spire, arbitre délégué par le Saint-Siège, après que l'affaire eut été déférée au pape. Le pape lui-même , voyant que les dominicains ne restaient pas en repos, finit par ordonner qu'on mît un terme à cette dispute scandaleuse. Ce qui est impardonnable à un historien, c'est de n'imputer que les plus vils motifs aux adversaires de ReuchUn et de méconnaître complètement la part de vérité qui leur revient. Que de fois n'a-t-on pas demandé de nos jours, quand on discutait dans les chambres sur l'extension des droits des juifs, qu'ils renonçassent au Talmud I

L'auteur aurait dû trouver, dans l'injustice même de cette exigence , une raison de rechercher la vraie cause de cette demande qu'on adresse périodiquement aux juifs, de renoncer à quelques-uns de leurs écrits s'ils veulent habiter parmi les chrétiens. Ajoutons que PfefTerkorn et les dominicains avaient fait des propositions dignes d'être sérieusement méditées et sur lesquelles on n'est revenu que de nos jours. Avaient-ils tort d'imputer aux juifs l'esprit d'usure dont plusieurs milliers de familles furent les victimes? N'était-il

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