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ment remplacé le dédain et l'oubli*. Elisabeth, de même que sa parente et son successeur, la duchesse et la veuve Hedwig de Silésie (morte en 1243), savait admirablement concilier la vie active et la vie contemplative. Dix ans après ^ mouraient sainte Glaire et sainte Agnès d'Assise.
Saint Pierre Nolasque ^ (mort vers 1256), fondateur de l'ordre pour la rédemption des captifs (les mercédariens d'Espagne, distincts des trinitaires de France), saint Raymond Nonnate (mort en 1240) et saint Raymond de Pennaforte (1275) firent de nouveau prédominer la vie active et pratique *. Par contre, l'ermite Pierre de Murrhon (mort en 1296), qui fut élevé sur le Saint-Siège, était tellement adonné à la contemplation et à la vie intérieure qu'il fut, dans la longue suite des siècles, le seul pape qui abdiqua ses fonctions, persuadé que c'était pour lui le meilleur parti. — Deux ans après lui mourut le bienheureux Jacques de Voragine, archevêque de Gênes, dont la Légende d'Or, un des ouvrages les plus répandus au moyen-âge, fut traduite dans toutes les langues de l'Occident ^.
Au quatorzième siècle, nous trouvons toute une légion de saints parm^ les divers fondateurs d'ordres. Entre les femmes nombreuses qui ont porté le nom de Gertrude, domine l'abbesse de Eisleben, surnommée la « grande mère, » embrasée d'amour comme un séraphin, et dont le Sauveur, à qui elle était intimement unie, rendit ce témoignage qu'elle l'aimait d'un amour peu commun^. Sa vie, à peu près inconnue jusqu'ici, et où éclate,
* Montalembert, Histoire de la vie de sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe , 1207-1231, Par., 1836, 7e édit., 1855 {Œuvres, t. VII -VIII, Par., 1861). — Monuments de l'histoire de sainte Elisabeth de Hongrie. Par., 1836-1846, 1 vol. in-fol. — Thûringische Geschichtsquellen,, t. I, léna, 1854, Annales reinhardsbrunnenses, éd. Wegele. — G. Simon, Ludwig der Heilige und die heilige Elisabeth. Frankf., 1854.
— Fr. Wegele, Die heilige Elisabeth [Hisior. Zeitschr., 1861, livrais, il).
— Alb. Stolz, Die heilige Elisabeth. Freib., 1805 (1866).
* Aug. Knoblich, Lebensgeschichte der Landespatronin Schlesiens , der heil. Hedwig. Bresl., 1800. — K.-A. Schmidt, Geschichte des Klosterstiftes Trebnitz. Oppeln, 1853. — A. Bach, Geschichte und Beschreibung des Klosters Trebnitz. Neisse, 1859. — Fr.-Xav. Gœrlich, Das Leben der heil. Hedwig. Bresl., 1843 et 1854.
* Acta sanct., 29 janv.. Il, p. 981-90. — Estevan de los Morales, Vida y muerte del glorioso patriarcha S. Pedro de Nolasco. Val., 1629.
''Acta sanct., 7 janv., I, p. 405-429. — Relazione délia vita, de miracoli e degli atti délia canonizatione (par Clément VIII, en 1601) di S. Raimondo di Pennaforte, 0. S. D. Brix., 1602. — {Vita, éd. Pegna, Rom., 1601 ; éd. Spada, Pavia, 1600.) — Vingt-cinq ans plus tard, Pierre Paschal, de l'ordre des mercédariens, évoque de Jaën, fut martyrisé par les Maures (mahométans) de Grenade (1300).
s Jacobi a Voragine, 0. S. D., Legenda aurea, vulgo Historia lombardica dicta, rec. Th. Graesse, éd. 2^. Lips., 1850.
s Das Buch der Offenbarungen der heil. Gertrudis , édité par Blosius, publié aussi sous ce titre : Insinuationes divines pietatis. Paris, 1002, 1004; edit. Mege, 1662, 1676. — Sur ses révélations, voyez : Eus. Amort, Liber de revelationibus privatis. Aug. Vind., 1744, p. 49-192. Cf. Katholik, année 1859, p. 955-966, 1061-1075. — Gampacci , Vita S. Gertrudis. Ven., 1748.