‹ Histoire de l'EgliseChapitre 120 sur 253 · TOME m · texte numérisé non relu

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abrégée et corrigée, qui eut une vogue universelle. Elle fut complétée par le dominicain Jean de Raguse *, sous-délégué du cardinal Julien Gésarini au concile de Bàle, plus tard évêque, cardinal et légat d'Eugène IV à Gonstantinople, polémiste renommé contre les Grecs et les hussites, qui y joignit entre autres les noms indéclinables. Son contemporain Jean de Ségovie, l'un des membres les plus éminents du concile de Bâle, la disposa par ordre alphabétique*.

Entre les exégètes du quatorzième siècle, le premier rang appartient au franciscain Nicolas de Lyre 3. Originaire de Lyre, au diocèse d'Evreux, né de parents chrétiens, il entra chez les franciscains en 1295, arriva à Paris, et expliqua pendant plusieurs années l'Ecriture sainte dans son couvent. Il avait acquis des connaissances remarquables dans la langue hébraïque. Il fut nommé ensuite provincial de son ordre pour la Bourgogne (et mourut le 23 octobre 1341). Outre Texplication de l'Ecriture sainte, il employait son temps à réfuter les juifs. Il insistait principalement sur l'interprétation littérale, ou grammatico-historique , et rejeta l'interprétation allégorique , morale et anagogique qu'il avait préférée jusque-là. On exagère, pour ne rien dire de plus, quand on prétend qu'il fut le premier à restituer le sens littéral en opposition avec le sens mystique. Il se borna à suivre la méthode adoptée en partie par saint Thomas, dont les commentaires sur Job et Isaïe roulent exclusivement sur le sens littéral*. Le principal ouvrage de Nicolas (surnommé Lyranus ou Apostillator ) se répandit promptement dans toute l'Eglise, et, apiès l'invention de l'imprimerie, fut édité pour la première fois à Rome en 1471 ^; avant 1500, vingt éditions au moins furent publiées de l'ouvrage

Gryndonio, Richard de Stavenesby. — Ces deux éditions portent le nom de leur origine : Concordantiœ S. Jacobi.

* On a de lui : De communione sub utraque specie laicis non concedenda, ap. Annales, éd. Ab. Bzovio, ad anu. 1435, p. 599.

* Il reçut de l'antipape Félix V le titre de cardinal, auquel il renonça plus tard, et de Nicolas V celui d'archevêque de Gésarée {monasterio contentus modico).

' Il reçut le nom honorifique de Doctor planus et utilis. — Nicolaus von Lyra, und seine Stellung in der mittelalterlichen Schrift-Erklcerung, dans le Katholik, !1859, p. 934-954. — Rich. Simon, Histoire critique des principaux commentaires du Nouveau Testament. Rotterd., 1693, 1 vol. in-4°. — Gottl.-Wilh. Meyer, Geschichte der Schrifterklœrung. Gœttg., 1802-1809 , 5 vol. — J.-G, Rosenraueller , Historia interpretntionis librorum sacrorum in Ecclesia christiana , ab apostolorum œtate ad litterarum instaurationem. Lips., 1795-1814, 5 vol. (2» édit.).

* Tholuck, loc. cit. : « Probandus tamen Thomas, quod auctoris (bibJici) verba presse sequatur, oculis rarius a textu aversis ; exemplis aliunde ad confirmationem sumptis locutiones illustret; sententiarum nexum sedulo indaget, qui quamquam non plane perspectum habere videtur, quo interpretis partes ac theologi dogmatici différant , repudiavit tamen seriem illam quaestionum ac solutionum perpetuam, a quane Melanchthonisquidem elegantiam abhorruisse jure mireris. »

* Postillœ perpetuœ in Biblia. Roraae, 1471, 5 vol. in-fol.

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