Unitaires [antitrinitaires)f sociîiiens
Lorsque l'élément mystique de la réforme, franchissant toutes les limites, eut brisé les liens qui le rattachaient à l'Eglise et perdu les quelques débris de vérité qu'il retenait encore, il ne connut plus de frein, et, après les tentatives
* Après avoir rapporté le récit que Menno fait de sa sortie de Babyloue, Schyn ajoute cette remarque : « Evidentissime constat ipsum sola
sacrae Scripturœ lectione, raeditatione et IHuminatione Spiritus sancti
ex papatu exivisse. » De ce récit de Menno, rapporté par Schyn, il résulte que si Menno fut encore en relations avec les anabaptistes comme prêtre catholique, il blâma les désordres des habitants de Munster.
* Mœhler, Symbolique, les anabaptistes, p. 459-488.
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avortées d'un Louis Hetzer, né à Bischofszell, dans la Thurgovie et exécuté à Constance en 1529; d'un Jean Campanus, originaire du duché de Juliers, connu depuis 1520 et mort dans une prison de son pays en 1580; d'un Michel Servet, Espagnol, brûlé à Genève en 1553 à l'instigation de Calvin; d'un Valentin Gentilis de Naples, décapité à Berne en 1566, il forma la secte qui a reçu son nom de Lélio Socin, mort à Zurich en 1562, et de son neveu Fauste Socin, mort en Pologne en 1604, tous deux Italiens et natifs de Sienne.
Le socinianisme et l'ancien protestantisme orthodoxe forment deux extrêmes, dont l'un représente la portion humaine et l'autre la portion divine du christianisme, suivant ainsi deux directions contraires, dont la conciliation ne se trouve que dans le catholicisme. Si le protestantisme maintient le dogme de la divinité de Jésus-Christ, il n'est pas moins vrai que sa doctrine de l'ubiquité absorbe l'humanité du Christ dans la divinité. Chez les sociniens, Jésus-Christ n'apparaît que comme un pur homme; selon eux, Jésus- Christ n'a point offert de sacrifice pour les péchés du monde ; il s'est contenté de donner aux hommes une doctrine nouvelle et de leur servir de modèle pour leur conduite. Ils n'admettent point le mal moral transmis par Adam à sa postérité. Dieu, après avoir communiqué à l'homme sa doctrine et ses promesses pour la vie future, l'abandonne pour ainsi dire à lui-même.
La Pologne fut le premier siège des sociniens. L'hérésie antitrinitaire y avait pénétré presque dans le même temps ([ue la réforme de Luther et de Calvin. Quelque opposition qui existât entre les antitrinitaires et les amis de la réforme, ils se tolérèrent cependant, vécurent en paix et formèrent pendant quelque temps une seule communauté protestante. Mais sitôt que les antitrinitaires se furent un peu augmentés, dès qu'ils eurent gagné l'appui de quelque protecteur puissant, ils n'eurent plus la force de se taire ou de ne parler qu'à demi-mots. En 1563 et 1565, dans les synodes de Pinczow et de Petricow, les deux partis se séparèrent, et les antitrinitaires, qui étaient d'ailleurs persécutés partout, formèrent sous le nom d'unitaires une secte qui ne fut point d'abord inquiétée du dehors, mais divisée en elle-même par