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LA HÉF0R3IF. FN FRANCE

fut Catiierine de Médicis. Le nombre des victimes dans toute la France ne s'élevait pas à i,000, chirTre bien inférieur à celui des catboliques précédemment assassinés par les huguenots. Ajoutons que ceux-ci s'étaient alliés à l'étranger contre leur propre souverain, et lui avaient livré des villes et des forteresses.

Dans les endroits où la voix des évêques fut écoutée, il n'y eut pas d'autres violences, et plusieurs huguenots rentrèrent dans le giron de l'Eglise. — Le pape Grégoire XllI, informé par Charles IX que dans cette nuit fameuse une conjuration contre sa vie avait été découverte, fit chanter un Te Deum , pour remercier Dieu de ce que le roi avait eu la vie sauve , et non pour se féliciter du massacre de la Saint-Barthélémy. Avant de blâaier les catholiques de France, il faut apprendre à connaître et à apprécier les méfaits de leurs adversaires.

Charles IX, mort en 1574, eut pour successeur le troisième des fils de Catherine de Médicis, Henri III, homme sans talent et sans volonté. Pendant son règne, la confusion parvint à son comble. Le duc d'Alençon, le prince de Coudé et Henri le Béarnais (ou Bourbon) étaient les chefs des huguenots. Les catholiques, effrayés des périls qu'offrait une paix conclue avec ces derniers en 1576, formèrent la ligue catholique sous la direction des Guises. Henri III craignit lui - même pour son trône. Les habitants de Paris, catholiques décidés, voulurent se mettre en garde contre les réformés et fermèrent au roi les portes de la ville*. Il fut assassiné par un dominicain fanatique du nom de Clément (1589). Le vrai successeur au trône était alors Henri de Navarre ; mais il était calviniste, et le peuple le repoussait. Prévoyant qu'il ne serait pas reconnu tant qu'il appartiendrait à la réforme et que la France périrait dans ces agitations, Henri * embrassa le catholicisme (1593) et pubha en 1598 l'édit de Nantes, qui accordait d'une manière permanente la liberté religieuse aux protestants. Cinquante cathédrales, trois cents églises dans le Béarnais,

* Il avait fait assassiner 1b duc Henri de Guise , chef des catholiques français, et mettre à mort le cardinal de Guise.

« Stœhelin, Der Uebertritt Heinrich's IV. Bâlr, 1856. — Michelet, Hist. de France au siècle des guerres de relig. Par., 1864, 3« édit. — F. Puaux, Hist. de la réforni. française, 7 vol. Par., 1860-1864.

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cinquante autres en divers diocèses avaient été détruites par les barbares huguenots. Les réformés, qui étaient en possession de plusieurs places fortes, telles que Rochefort, la Rochelle, etc., prirent aussi une attitude politique. Fatigué enfin de cet Etat dans l'Etat, le cardinal Richelieu voulut le supprimer, et tandis qu'il appelait en Allemagne les Danois et les Suédois^ il assiégea ces places fortes et s'en empara. Les réformés obtinrent cependant la garantie formelle de leur culte (1628).

Sous Louis XIV^ on travailla à extirper complètement le culte réformé du sol de la France. On essaya de tromper le roi, en lui disant qu'on pourrait, avec de la prudence, ramener tous les dissidents dans le sein de l'Eglise. On essaya de les convertir avec de l'argent , et au prix de 5 ou 6 hvres quelques centaines se laissèrent gagner. Louis XIV se persuada que si les autres ne cédaient pas, c'était pure obstination. Il prit des mesures plus énergiques, envoya des troupes contre les réformés, afin de les amener à la raison à coups de dragonnades. Le ministre Louvois passe pour le principal auteur de ces conversions militaires. L'édit de Nantes fut révoqué. Plusieurs calvinistes émigrèrent en Angleterre, en Hollande et dans les provinces du Brandenbourg.

§ 11. La réforme dans les Pays-Bas^.

Dans les Pays-Bas, qu'ils avaient choisis pour leur théâtre, les anabaptistes demandaient l'abolition du gouvernement existant. Les généraux ne parvinrent pas à les distinguer d'avec les véritables luthériens. Le gouvernement espagnol exerçait partout une surveillance attentive. Si Phihppe II donna aux habitants des Pays-Bas plus d'une cause légitime

^ Dan. Gerdeâ, Introductio in hisforiam Evangelii sœc. xvi passim per Europam rénovait doctrinœque reformatai. Grou., 1744-1752, 4 vol. iii-4o (t. III). — Ypeyen Dermdet, Geschiedenissen der ISederlondsche hervormde Kerk. Bréda, 1819-1827, 4 part. — M. Koch, Untersuch. iih. d. Empœrung der Niederlande. Leipz., 1860. — Fr. Holzwarth, Der Abfall der Niederlande. Schaffhausen, 18G5, t. I.

A. Henné, Histoire de Charles-Quint en Belgique, Briix., 1858, 10 t. — Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas, publ. par Gacbard. Par., 1848-1860, 3 tora. — Wil. Prescott, Histor. of the reign of Phi/ipp II. Lond., 1857.

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