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LA RÉFORME DANS LES PAYS-BAS

de mécontentement, il mérite aussi des éloges, notamment pour avoir multiplié les évêchés, dont il n'existait que (juatre dans tout le pays. Il voulut en établir quatorze, et les placer sous les archevêques d'Utrecht, de Malines et de Cambrai. Ces établissements, dont on couvrit les frais en supprimant des couvents et des abbayes, favorisaient le progrès de l'enseignement religieux ; mais le peuple, qui n'avait point d'égal dans son affection à l'ancien ordre de choses , considéra ces changements comme une violation de la liberté qu'on lui avait garantie. Ceux qui partageaient secrètement les vues des réformés exploitèrent ces dispositions malveillantes, car ce grand nombre d'évêchés était un obstacle au progrès de la réforme. Les mécontents avaient à leur tête Guillaume de Nassau, prince d'Orange, sous-stathouder du Zéland, de la Hollande et d'Utrecht ; le comte Egmont dans la Flandre et l'Artois, le seigneur de Horn, etc. Mais déjà Guillaume avait formé de plus vastes plans.

Dans ce même temps eut lieu la clôture du concile de Trente et la publication de ses décrets. Là aussi on vit une atteinte aux droits des Pays-Bas. On répandit même le bruit que Philippe voulait introduire l'inquisition espagnole; mais il protesta formellement contre ce dessein.

L'archevêque Granvelle de Malines fut éliminé en 1559, parce qu'il déplaisait aux habitants des Pays-Bas. En 1565, deux cents nobles fondèrent l'alliance du Compromis, et comme la régente Marguerite ne put accéder à leurs désirs, une tempête éclata l'année suivante, analogue à toutes les tempêtes soulevées par la réforme. La cathédrale d'Anvers fut saccagée. On a essayé, il est vrai, de mettre ces excès sur le compte du peuple ; mais ces sortes de phénomènes se remarquaient généralement parmi les réformateurs ; leurs ministres eux-mêmes prêchaient l'insurrection , et les chefs trempaient dans le jeu. Les catholiques revinrent enfin de leur aveuglement et se retirèrent du Co/7?p?^owi 5.. Marguerite annonça une amnistie complète et le libre exercice du culte partout où une communauté serait déjà établie. Le nord tout entier était dans la fermentation, et Marguerite dut employer la voie des armes ; les insurgés furent partout vaincus. Egmont déserta l'alliance et Guillaume prit la fuite en 1577.

Philippe envoya alors le duc d'Albe, capitaine fameux, mais dur et violent*, aux habitants des Pays-Bas, jaloux de leurs Ubertés. Albe poussa l'audace jusqu'à lever de nouveaux impôts. A cette vue, les catholiques s'unirent aux novateurs et Albe fut rappelé. Philippe le remplaça par l'excellent Requesens, qui mourut bientôt après. Phihppe mourut lui-même en 1598. Alexandre, duc de Parme, et l'un des plus grands généraux de Philippe, ne vécut pas longtemps. Les provinces du nord obtinrent un armistice de douze ans , qui se termina par la séparation complète de la Hollande (1609). La partie méridionale , la Belgique , resta fidèle à son ancienne religion et à son gouvernement. Les catholiques du nord se virent bientôt, à l'exemple de plusieurs autres pays, interdire le libre exercice de leur rehgion.

En Pologne aussi et même en Hongrie et dans la Transylvanie, le calvinisme gagna quelques adhérents. Chaque éghse réformée avait une confession particulière. 11 en était de même en Allemagne, par exemple dans le Brandenbourg et dans la Hesse.

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