SAINT VINCENT DE PAUL
Renonçant à un héritage opulent, Philippe institua en 1564 l'oratoire italien et lui donna pour mission d'instruire le peuple et de cultiver les sciences. Les oratoriens comptent dans leurs rangs le célèbre César Baronius et ses continuateurs Raynald, André Galandi, etc., etc. Ils ont été transplantés d'Italie en France par Pierre Bérulle*, qui les introduisit en 1611, à cause de la situation du clergé. Les oratoriens ne font point de vœux et sont placés sous la juridiction épiscopale : aucun de leurs membres ne devait accepter de bénéfice, afin de n'encourir aucune plainte. Dans le principe, l'oratoire ne poursuivait pas un but scientifique distinct, mais ses habitudes sérieuses ne tardèrent pas à faire fleurir les sciences dans son sein. Il cultiva avec zèle les diverses branches de la théologie, et produisit des savants tels que Richard Simon, le père de la critique biblique, le spirituel Malebranche, Morin, Thomassin, Houbigand, Massillon , etc.
^ ^. Les prêtres de la mission en France et ailleurs^.
Leur fondateur fut saint Vincent de Paul, né de parents pauvres, en 1576, dans un village de la Gascogne. Il fut longtemps gardien des troupeaux de son village. Les grandes aptitudes qu'on remarqua en lui décidèrent à lui faire embrasser la carrière ecclésiastique. Il justifia toutes les espérances qu'il avait fait naître et fut promu aux ordres sacrés. Mais au moment où il se rendait de Marseille dans son pays par la voie de mer, il tomba entre les mains des pirates, qui l'emmenèrent à Tunis. Vincent y consacra ses heures de loisir à instruire le peuple et à soigner les esclaves. Racheté
' Vie du cardinal de Bérulle (mort en 1629), par de Caraccioli. Par., 1764. — Histoire de P. de Bérulle, cardin., ministre d'Etat sous Louis XIII, et fondateur de la congrégation de l'Oratoire, par M. Tabaraud. Par., 1817, 2 vol. — Le cardinal de Bérulle devant la Champagne , son pays, par M. de Las Casas. Troyes, 1847. — Chronicon congregat. Oratorii D. J. Mechlinensis, 1626-1729 (auct. Swertio), Ins. Flandr., 1740. — Ch. Perraud, l'Oratoire de France au dix-septième et au dix-neuvième siècle. Par., 1865.
* L. Abelly (mort en 1091, évêque de Rodez), Vie de saint Vincent de Paul, instituteur et premier supérieur de la congrégation de la Mission, 2 vol. Par., 1843. — Fr.-L. Stolberg, Leben des fiL Vincenz von Paula. Mûnst., 1819.
par la bienfaisance chrétienne, il arriva à Paris, fut placé à la tête de la paroisse de Clichy, située sur les domaines du comte de Gondy, qui lui confia plus tard l'éducation de ses enfants. Une personne, ébranlée par sa parole énergique, venait de s'accuser à lui en confession d'un crime énorme qu'elle cachait depuis longtemps. Vincent voulut mettre à profit ce touchant exemple de repentir qui rappelait les premiers temps de l'Eglise. Il annonça une mission extraordinaire. Tous les habitants de la contrée se pressèrent autour de sa chaire et reçurent les sacrements. L'esprit de vraie pénitence produisit des fruits tels qu'on n'en avait pas vus depuis longtemps. La famille du comte, d'une piété remarquable, jugeant utile de procurer de temps en temps de pareilles missions , s'adressa aux jésuites et aux oratoriens. Vincent résolut enfin de fonder lui-même une société qui s'obligerait d'aller prêcher dans toutes les provinces de la France, où elle serait appelée (16-24).
Les membres de la congrégation, quoique non religieux, devaient s'engager à elle pour toute leur vie. Ils étaient exempts de l'office du chœur, faisaient des conférences tous les huit jours et des retraites annuelles. Huit mois de l'année étaient consacrés aux missions; ils passaient quinze jours dans une localité, prêchant, catéchisant, entendant les confessions, apaisant les procès et les inimitiés et instituant partout des réunions de bienfaisance. Chaque mission se terminait par une communion générale. Cette institution ne tarda pas à se répandre partout. Vincent fut un des hommes les plus extraordinaires de son siècle. Il créa en France une multitude d'hôpitaux , érigea la première maison d'enfants trouvés et une foule d'autres établissements de bienfaisance. On lui doit aussi l'institution des sœurs de la Miséricorde, qui existent aussi en Allemagne depuis quelque temps *.
* La règle a été composée par saint Vincent de Paul eu 1618. — Vie de Louise c?e ^/a?n7/ac, veuve de Legras, fondatrice des sœurs de la Charité, par Gobillon, et augm. par le P. Collet. Par., 1769, 1 vol. in-12. — Cl.-Aug. Droste, Ueber die Genossenschaft der barmherzigen Schwestern. Mûnst., 1843. — (Cl. Brentauc), Die barmherz. Schwestern in Bezug auf Armen-und Krankenpflege. Cobl., 1831. — J. Eremites (Buss), Der Orden der barmherzigen Schwestern. Schaffhausen, 1844. — Die barmherzigen