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LES CARMÉLITES, LES ALCANTARINS» LES URSULINES

Les frères de la Miséricorde, établis dès 1549 par le Portugais Jean de Dieu, furent transplantés en France par Marie de Médicis*. Mais tous ces fondateurs d'ordres furent éclipsés par la gloire de saint Vincent de Paul. Le christianisme seul , avec son esprit de désintéressement et d'immolation, est capable d'enfanter et de maintenir de pareilles œuvres.

L'ordre des carmélites , dont la règle avait été adoucie autrefois par Eugène IV, fut régénéré et ramené à sa primitive vigueur par sainte Thérèse *. Née à Avila en 1515, d'une

Schwestern vom heiligen Karl Borromœus zu Nancy. D'après l'édition fraDçaise, par le D^ Dieringer. Bonn, 1847. — M. Sintzel, Geschichte der Entstehung, Verbreitung und Wirksamkeit des Ordens der barmlierzigen Scimestern. Regensburg, 1847. — J.-H. Reinkens , Die barmlierzigen ScLwestern vom heil. Karl Borromœus von Nancy, 2e édit. Bresl., 1855. — B. Schels , Die neuern religiœsen Frauen-Genossenschaften nach ihren recht lichen Verhœltnissen dargestellt. Schaffh., 1857. — H. Haeser, De cura œgrotorum publ. a christianis oriunda. Greifsw., 1857. — Haeser, Geschichte der christlichen Krankenpflege und Pflegerschaften. Berl., 1857, livre excellent dû à une plume protestante. Von der Wohlthat Christi (Histor.-pol. Blœtt., t. XL, 303-318). « Il est peu de doctrines, dit Hœser, sur lesquelles les protestants et leurs successeurs immédiats aient autant insisté que celle de la suffisance de la foi, mise à la place des mérites acquis par la bienfaisance personnelle. Le dissentiment dogmatique qui en est résulté, bien loin de réchauffer le sentiment religieux des chrétiens au sein du protestantisme , a souvent entravé la manifestation extérieure de l'esprit chrétien. Rien n'est plus consolant, au contraire, que de voir l'essor que la vie intérieure a prise de nos jours dans l'église protestante en ce qui concerne l'assistance publique des malades. »

* L'ordre de saint Jean de Dieu (né en 1495, mort en 1550) fut approuvé en 1617 par Paul V. — Vie de S. Jean àe Dieu, instituteur et patriarche de l'ordre des 7'eligieux de la Charité, par J. Girard de Villethierry. Par., 1691,in-4o. — Wilmel, Leben des hl. Johann von Gott (canonisé en 1690), aus dem Franzœs. Regsb., 1862.

* Nous ne citons que les éditions des œuvres de sainte Thérèse en langues étrangères : Schriflen der hl. Theresia von Jesu, 6 vol., publiés par Gall. Schwab (t. I, Leben, von ihr selbst beschrieben; t. II, das Buch der Klœsterstiftungen; t. III, Weg zur Vollkommenheit; t. IV, Seelenbury; t. V, kleinere Schriften; t. VI, Supplementband). Die sœmmtiichen Briefe der Heiligen, nach den Sammlungen des Bischofs Don Juan de Palafox. Sulzb., 1831-1833. — Auserlesene Schriften, par Rath Fr. Schlosser, 2 vol. Frankf., 1827-1832. — Sœmmtl. Schriften, publiées par G. Schwab, revues par Magn. Jocham, 2e édit., 6 vol. Sulzb., 1851-1853. — Werke, trad. par L. Clarus, 5 vol. Regsb., 1851-1855. -- Jocham, Die Schriflen der heil. Theresia ini Auszuge. Regsb., 18G3. — Acta sanctorum, 15 octobre (nouvelle continuation de l'œuvre), a J. Vandermoere et J. Vanheke, S. J. — Acta S. Theresiœ a Jesu, commentario et observât, illustrât, a J. Vandermoere, avec 15 figures, in-fol. Bruxellis, 1845 (t. VII (15) octobris.

222 IlfSTOIRE DE l'ÉGLTSE.

famille noble, Thérèse manifesta dès sa plus tendre jeunesse un attrait décisif pour la piété, où elle se perfectionna encore au milieu des plus rudes épreuves. Elle a décrit elle-même le progrès de son éducation intérieure, poursuivie dans la lutte et couronnée par la victoire. Des multitudes innombrables ont été gagnées à Dieu et à la vertu par sa vie et ses écrits. Ce fut à partir de 1562 qu'elle rétablit l'ancienne discipline dans les couvents des carmélites d'Espagne. Les carmes furent réformés par elle et par saint Jean de la Croix, premier carme déchaussé (1568), né en 1542, mort à Ubeda en 1591, canonisé en 1726, éprouvé par une vie de souffrances et de tribulations * .

Saint Pierre d'Alcantara, né en 1499, mort en 1562, canonisé en 1669, atteignit au sommet de la perfection en marchant par les voies de la pénitence et en pratiquant des austérités inouïes. A partir de 1538, il rétablit la règle sévère des franciscains. La branche des alcantarins date de 1555, et formait déjà en 1561 une province distincte. Il prêta aussi son concours à sainte Thérèse pour la réforme des carmélites'.

Un ordre remarquable est celui des ursuUnes. Sa fondatrice, Angèle Méricie de Bresce (morte en 1546)^, se joignit

Historia de la reforma de los descalzos de nuestro senor del Carmen. Madr., 1644-1710, 6 vol. in-fol. — Escritos de santa Teresttj 2 tomos, Madr., 1 861-1 8G2, por Vicente de la Fuente (t. LUI et LV de la collection : Biblioleca de autores espanoles desde la formacion del lenguaje hasta nuestros dias. Madr., 1846-1862, irapr. de Rivadeneyra) ; Z)«s Leben der Heiligen, von ihr selbst geschrieben, d'après cette édition, trad. par Ida Hahn-Halin. Mz., 1867. — Leben der hl. Theresia, von ihr selbst geschriebe)i, etc. Aaclien^ 1868 (couf. Donner theol. Literaturblatt, 1868, n. 3).

* Die Schriften des heil. Johannes vom Kreuz, trad. par Gall. Schwab. mit seinem Leben, 2 vol. Sulzb., 1830. — Trad. et 2^ édit. de la trad. de Schwab., publ. par Magn. Jocham. — Werke, trad. en 2 vol. Sulzb., 1858. -- Leben und Werke des heiligen Johannes vom Kreuz j, traduct. de l'espagnol par Leclmer, 3 tom. Regsb., 1858-1859.

* Acta sanct., octobre, t. VllI, p. 623-809. — Annales minorum, continaati a P. S. J. de Luca, t. XVIII. — Juan de san Beruardo, Chronica de la vida de Pedro de Alcantara. Napoles, 1667. — Franciscos descalzos en Castilla la vieja, por Juan de Santo Antonio. Sal., 17-28, 2 tom. in-fol.

3 Das Leben der hl. Angela von Merici. Augsb., 1811, par M. Siutzel. Regsb., 1842. ~ Les Chroniques de l'ordre des urselines (par la mère Marie de Pommereuse). Par., 1673-1676, 2 vol. in-4o. — Annales de l'ordre de sainte Ursule, par Charles Sainte-Foix. Clerm.-Ferrand, J858, 2 vol. (Cet ordre est très-répandu dans le nord de l'Amérique et dans le Canada.)

LES VISITANDLNES. — S. FRAîSCOIS DE SALES. 223

en 1535 à plusieurs autres personnes, et institua sous le patronage de sainte Ursule une congrégation qui dans la suite se consacra spécialement à l'instruction des jeunes filles et trouva aussi beaucoup de vogue en deçà des Alpes.

L'institut des daines anglaises, fondé par Marie Ward, fille d'un catholique d'Angleterre (morte en 16-45), se consacra également à l'éducation des jeunes personnes du sexe*.

L'ordre de la Visitation de Notre-Dame (ou des visitandines) a été fondé par la veuve Jeanne-Françoise Frémiot de Chantai*, avec l'aide de saint François de Sales ^ évêque de Genève, né à Sales en 1567. François fit ses études à Paris et à Padoue, et fut ordonné prêtre en 1593. Avec le concours de son cousin Louis de Sales^ il réussit en peu de temps à ramener les habitants du Chablais dans le sein du catholicisme'. Il fut nommé évêque de Genève en 1602 et mourut à Lyon le 28 décembre 1622. Il est un des saints les plus aimables et les plus populaires qui aient jamais existé; il possédait l'art de rendre la piété attrayante et persuasive.

• Livre de Saintes. Par,, 1835. — B. Schels, Die neuern religiœsen Fraiien-Genossenschaften. Schaffh., 1858, p. 80-147, —Schels prétend que l'histoire de cet institut, telle qu'elle est racontée dans V Encyclopédie calhoL, édit. Mauz ; dans le Dictionnaire de Wetzer et Wellz, Gaume; dans celui d'Asbach, etc., et surtout dans l'ouvrage : Maria Wards, der Stifterin des Institiites der englischeii Frœulein , Leben und Wirken, Augsb., 1840, repose sur des données inexactes et est en contradiction avec la bulle de Benoît XIV, du 30 avril 1749.

* Vie de la mère Jeanne-Françoise Frémiot de Chantai, fondatrice de l'ordre de Sainte-Marie, par H de Maupas du Tour. Par., 1646 (1G53).

— Vie de la bienheureuse mère de Chantai, par Marsollier. Par., 1779 2 vol. in-12. — Histoire de sainte Chantai (morte en 1641, canonisée par Clément XIII), et des origines de la Visitation, par Em. Bougaud, 2e édit. Par., 1863, -2 vol. — Lettres de sainte Chantai, nouv. édition. Par., 18?3.

— Lettres de la sainte mère J.-Fr. Fremyot'de Chantai, publ. et annot. par Ed. de Barthélémy. Par , 1860. — Lettres inédites de la même, publ. par le même, 1860. — Ludwig Glarus, Leben der hl. Johanna Franz von Chantai. Schaffh., 1861. — Daurisnac, Sainte Jeanne-Franc, de Chantai Par., 1858.

3 II serait impossible d'énumérer tous les ouvrages qui ont été publiés .'i son sujet. Parmi ses écrits, nous citerons surtout son Introduction à la vie dévote (à l'usage des gens du monde), dont il a paru une quantité innombrable d'éditions. — La principale édition, celle de Vives, revue sur les documents originaux, a été commencée par l'abbé Crelier et éditée sous ce titre : Œuvres complètes de saint François de Sales évêque et prince de Genève, publiées d'après les manuscrits et les éditions les plus correctes, avec un grand nombre de pièces inédites; précédées

§ 5. Saint François Xavier aux Indes et au japon ^,

Plus la réforme contribuait à raffermir le christianisme au sein de l'Eglise, plus on cherchait à le battre en brèche et plus les missionnaires déployaient de zèle et de dévouement. Le premier entre tous fut saint François Xavier*, qui sut mettre à profit les relations commerciales des Espagnols et des Portugais dans le midi et l'orient de l'Asie. Muni de lettres de recommandation du roi de Portugal pour le gouverneur des Indes orientales, où les rares sectateurs du christianisme ne valaient guère mieux que les païens, François se mit à l'œuvre et travailla d'abord à convertir les chrétiens (1542), en ouvrant des écoles et en y enseignant lui-même. Il commençait sa journée en parcourant les rues de Goa, capitale des possessions portugaises, et en appelant les enfants à l'école au moyen d'une clochette. Les lieureux effets ne se firent pas attendre. François prêchait aussi sur les places publiques. Quand les chrétiens lui parurent suffisamment régénérés, il alla trouver les païens du voisinage et d'abord ceux qui habitaient les côtes poissonneuses. Une femme se trouvait dans les travaux de l'enfantement et souffrait des douleurs atroces ; il lui annonça une couche heureuse, si elle se convertissait. Sa parole se vérifia, et plusieurs solUcitèrent le baptême.

de sa Vie, par M. de Sales, et ornées de son portrait et d'un fac-similé de son écriture. Par., Vives, 4^ édit., 14 vol. in-S». — Vies de huit vénérables veuves, religieuses de l'ordre de la Visitation Sainte-Marie, par la révérende mère Françoise-Madeleine de Chaugy, supérieure du premier monastère de cet ordre, avec préface et notes, par Gh. d'Héricault. \ vol. in-12, édit. Gaume. — L'Esprit du bienheureux François de Sales, représenté en plusieurs de ses actions et paroles remarquables recueillies de quelques sermons, exhortations, conférences, conversations, livres et lettres de M»"" Gamus, par Mg' Depéry, évèque de Gap. 3 vol. in-S", édit. Gaume. {Cit. du trad.)

* Lettres édifiantes et curieuses, écrites des Missions étrangères, par quelques missionnaires, 1838. — P. Wittmann, Die Herrlichkeit der Kirche in ihren Missionen seit d. Glaubensspallang, 2 vol., 1841. — Henrion, Histoire des Missions. — Marshall, voir t. il, p. 312.

* Horat. ïurselliui, De vita Francisa Xaverii lib. IV. Rom., 1494.— Leben von Reithmeier. Schafîh., 1846. — Epistolœ Franc. Xav. lib. IV. Par., 1G31.

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