MISSIONS AU PARAGUAY
§ 8. Missions des jésuites au Paraguay.
Dans les Antilles, au Mexique, au Brésil, partout en un mot où des Européens pénétraient, le christianisme Taisait des conquêtes.
La propagation du christianisme au Paraguay fut entravée par les Espagnols eux-mêmes, dont la plupart étaient des aventuriers farouches et grossiers, destitués de tout sentiment humain, et qui maltraitaient horriblement les pauvres Indiens, en même temps qu'ils les scandalisaient par leur conduite. Les franciscains n'y avaient eu que peu de succès. Pour que les jésuites pussent y pénétrer, il fallait que Philippe II rappelât ses Espagnols; il y consentit. Les jésuites se répandirent alors parmi ces sauvages, et plusieurs y trouvèrent la mort. A la fm, cependant, leurs travaux fructifièrent au delà de toute attente. Renonçant à leur vie nomade, les Indiens se réunirent en communautés (réductions) et cultivèrent le sol. Les jésuites les initièrent aux arts et aux métiers, et leur inculquèrent quelques notions de droit. La communauté des biens existait d'abord parmi eux; chacun reçut de ces biens une part déterminée, et chaque commune obtint une part générale pour les pauvres. Bientôt ils apprirent aussi à repousser les attaques du dehors. Pendant plusieurs années on leur accorda la liberté de l'impôt, et chacun fut ensuite astreint depuis dix-huit ans jusqu'à vingt-cinq de payer un impôt annuel d'environ quatre francs. Les évêques avaient la haute surveillance des réductions sous le rapport rehgieux. A la mort d'un curé, les jésuites proposaient trois candidats au gouverneur. Les curés étaient chargés en outre de l'administration de la justice. Les fautes graves étaient punies de l'excommunication, et bientôt s'établirent des habitudes chrétiennes qui rappelèrent les premiers temps de l'Eglise.
de ht décadence du christianisme dans le Japon, par Charlevoix, Rouen, 1715, 3 vol. m-12 ; par M. D. L. G., Par., 183G, 2 t.
Tanner, Societas Jesii usque ad sanguinis et vilœ profusionem militans. Prag., 1675, 4 vol. — Villefrancbe, les Martyrs du Japon. Paris, 1862. — H. Rumpp, Die Japanischen Martyrer. Mst., 1862. — Le Kathoiik, 1862, das Pfingslfest (1862) m Rom, t. Il, 1-34-46.
Charlevoix, dont l'ouvrage fut plus tard exploité contre les jésuites, s'exprime dans le même sens *.
Des établissements de missions furent créés à Rome sous Grégoire XV (1621-1623) et sous Urbain YlII. L'édifice donné aux missions par ce dernier s'appela le Collège de la propagation de la foi, et fat fondé en 1622 par Grégoire XY*.
A Paris, on institua la Congrégation des prêtres des Missions étrangères, qui subsiste encore de nos jours ^ et se partage en missions orientales et en missions américaines. 11 est étrange que rien d'analogue n'ait jamais été tenté en Allemagne. Des Français, des Italiens, des Irlandais sont les seuls qui consacrent leurs forces aux missions". Les protestants sont un sujet de honte pour les catholiques allemands '*.
§ 0. Histoire de la papauté.
Depuis le quatorzième siècle déjà la papauté était en butte à des attaques incessantes. Tant que l'EgUse fut victorieuse, le pape fut exalté comme l'auteur de ses triomphes, bien qu'il ne fit que concentrer en lui et diriger les forces existantes; mais depuis le moment où l'Eglise a essuyé des défaites, le pape a été constamment assailli^. Tous les vices, tous les abus qui ont souillé l'Eglise lui ont été imputés, comme si tous avaient émané de lui. Et plus on contestait les droits et l'autorité du pape sur l'Eglise, plus on les revendiquait en faveur des princes et des évêques. Contrairement à ce qu'on avait vu au moyen-âge, où la papauté avait grandi et ses droits s'étaient multipliés, ils diminuaient maintenant au
* Fr.-Xav. Charlevoix, Histoire du Paraguay. Par., 1756, 3 t. in-4o (6 vol. in-12). — Mumtori, Cristianismo felice nelle missioni nel Paraguai. Venet., 1743, in-4o.
* Annali di Gregorio XV, pont, mass., scritti dal P. Giampietro Maffei e dati ia luce da Car. Gocquelines. Roma, 1742, 2 vol. in-4o.
' H. Fisquet, la France pontificale, t. II, Par. {Histoire de l'archevêché), p. 664-763 [Congre'gation des prêtres des Missions étrangères).
* Il y faut joindre aussi des Espagnols, des Portugais, des Allemands, des Belges, des Anglais, des Polonais, etc.
6 Depuis 1833, la situation s'est beaucoup améliorée.
^ La même chose se voit encore de nos jouis. Plus les défaites s'accumulent, plus le pape et les vrais catholiques sont injuriés. La rage et le courage de leurs ennemis croissent avec leurs victoires.
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profit des souverains et de Tépiscopat. Au seizième siècle aussi bien qu'au quinzième , les droits du pape furent considérés comme accidentels et comme n'ayant pas appartenu à la papauté dans l'Eglise primitive. L'histoire tout entière des papes fut jugée d'un point de vue antihistorique, et l'époque où l'on vivait prise pour le critérium de tous les âges, comme si la société humaine pouvait toujours être gouvernée de la même manière *.
Nulle part les choses ne furent poussées aussi loin qu'en France. Le signal fut donné par les querelles du pape avec Henri IV. Après l'assassinat de Henri III, le trône devait échoir à un huguenot, Henri de Navarre, ou le Béarnais. Sixte-Quint, craignant pour la France, excommunia Henri IV et délia ses sujets du serment de fidélité. Henri IV embrassa le cathohcisme, mais on continua de discuter sur la mesure adoptée par le Saint-Siège. Examinant la question d'une manière toute spéculative, on se demanda si le pape avait eu le droit d'agir ainsi. On répondit négativement, car une telle puissance ne se rencontrait que chez les papes du moyenâge. On alla plus loin encore : on rechercha quelle était l'étendue de la puissance des papes, et sous le nom de libellés gallicanes, on proclama les droits de la France. Il fut établi : 1° que le pape, en matière civile et hors de l'Etat ecclésiastique, ne possède aucun droit direct ni indirect, et ne peut conséquemment déUer les sujets du serment de fidélité;
* Pétri PoUidori De vita, gestis et moribus Marcelli IL Romse, 1744, m-40. — Storia di Paolo IV, scritla da Carlo Bromato (D. Barlholom. Carara , C. R.). Raveuna, 1748-1753, 2 vol. in-40. — Leonardi Oralio de laudibus PU IV. Pad., 1363. — Vita del papa Pio V, con una raccoUa di letlere di Pio V a diversi principi , e le riposte, con altri particolari, etc., da Girol. Caleua. Rom., 158G, in-40. — Gabutii De vita PU V. Rom., 1605, 1 vol. in-fol. — Epistolanim PU V, pont, max., libri V. Autv., 1640, 1 vol. iii-40. — Histoire de saint Pie V, pape, par le vicomte de Falloux. Par., 1846, 2 vol. m-80. — Bzovius, Pius V. Rom., 1672, 1 vol. in-fol. — Maffei, Vita di S. Pio F.. Rom., 1712, in-40. — Chiappoui, Acta canonisationis Pli V. Rom. 1720. (BoUaud., 5 mai, I, p. 616.) — Ciappi, Compendio délie altioni e s. vita di Gregor. XIII. Rom., 1591 (1596), 1 vol. in-40.
Robardi, Sixli V gesta quinqiiennilia. Rom., 1590, 1 vol. in-4o; Vita di Sixlo V, scrilta da Gregorio Leti. Lausanne, 1669 {Sixtus V und seine Zeit, par Lorenz. Maiuz., 185^). — Storia délia vita e geste di Sisto Quinto, da Casim. Tempesti. Roma, 1754, 2 vol. in-4o. (Voir aussi les ouvrages généraux, surtout Ranke, 1. 111.)
2° que Texcommunication lancée contre un roi n'affecte en rien l'obéissance que lui doivent ses sujets : c'était la destruction de ce principe du moyen-âge qui confondait l'Eglise et l'Etat; 3° que les légats du pape ne peuvent être acceptés qu'avec l'agrément de l'autorité civile ; 4° que toute bulle sera soumise au place t r^oyal. — La bulle In cœna Domini fut particulièrement repoussée ; on déclara qu'elle était invalide en France*.
Cette bulle, qui datait du moyen-âge, était lue à Rome le jeudi saint; elle contenait tout le code pénal de Louis IX et de Frédéric II contre les hérétiques. Sa sévérité est suffisamment connue. Maintenant que dans la plupart des pays les catholiques étaient mêlés aux protestants, on refusait de recevoir cette bulle, qui, selon l'ordre de Pie V, devait être lue dans l'univers entier. Elle défendait, entre autres choses, de lever de nouveaux impôts sans l'agrément du pape. Déjà Philippe le Bel avait contesté ce droit. Elle portait aussi qu'il fallait excommunier les princes chrétiens qui venaient au secours des Turcs. Or, François I" fut toujours avec eux en bonne intelligence. Les idées du moyen-âge étaient tout autres que celles de cette époque. On attaqua donc le pape parce qu'il avait autrefois exercé ce pouvoir.
Les rapports du pape avec l'épiscopat ont été particulièrement traités par le gallican Richer, docteur et syndic de Sorbonne ^, suivant lequel le pape n'est que le pouvoir exécutif de l'Eglise, caput ministerialey exequens. Ces principes, qu'il développa sous une forme odieuse, lui suscitèrent des embarras et il fut mandé à Rome. Cependant, comme il travaillait à une réfutation, ses amis obtinrent que le pape se montrerait satisfait. Mais quand Richer s'aperçut que cet écrit passait pour une rétractation, il en composa un autre dans le sens opposé. Rome fut scandalisée de voir qu'il accordait le pouvoir des clés à tous les membres de l'Eglise, y compris les laïques.
* Le Bret, Pragmatische Geschichte der Bulle In cœna Domini. (Elle est l'œuvre de plusieurs papes, à partir d'Urbain V (13G3), et commence par CCS mots : Pastoralis romani pontif. vigilmitia. Elle fut renouvelée par Pie V.) Francf., 1769, 4 vol. (Y. Historisch-pol. Blœtter, t. XXI, p. 57-82.)
2 Ed. Richer, De ecclesiastica et politica potestate. Par., 1611 (1612); Colon., 1761, éditeur des œuvres de Gerson (1606). — Niceron, Mémoires, t. XXVII.
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Il disait aussi, mais à juste titre, qu'en vertu de l'institution de Jésus-Christ l'épiscopat était investi du pouvoir des clefs. Richer avait pour ennemi le cardinal Richelieu, qui était alors au comble de la puissance. Il mourut en 1301.
Les principaux défenseurs de la papauté furent Robert Bellarmin * et le Français Duperron '\ Bellarmin rejette le sentiment qui attribue au pape un pouvoir direct sur l'Etat, mais il lui accorde un pouvoir indirect. Quand des princes abusent de leurs droits et qu'une révolution est imminente , le pape, selon hii, a le droit d'intervenir et de délier les sujets du serment de fidélité. La raison qu'il en donne, c'est qu'il vaut mieux que les peuples ne se vengent pas eux-mêmes , car il est difficile alors d'éviter l'effusion du sang ; tandis que le pape a des moyens plus simples de remédier au mal. Des Romains eux-mêmes reprochèrent ce principe à Bellarmin. L'Ecriture sainte ne reconnaît aux papes aucun pouvoir direct ni indirect sur les princes temporels. Ce que Bellarmin trouve si avantageux dans la pratique, ne l'est pas autant qu'il le croit. Quand Grégoire YII eut prononcé la déposition de Henri IV, les choses n'allèrent pas aussi vite qu'on aurait pu l'espérer selon les vues de Bellarmin : la guerre civile se poursuivit encore longtemps après.
Duperron s'attaqua principalement à Richer et soutint l'infaillibilité du pape comme successeur de saint Pierre. C'est le pape, dit- il, qui transmet à l'épiscopat le pouvoir des clefs. Suivant cette opinion, les évêques ne sont que les vicaires du souverain pontife. Pierre de Marca, célèbre écrivain du
* Bellarmin, S. J., né en 1542, cardinal en 1598, mort en 1621 ; son principal ouvrage : Disputationes de controversiis fidei , adv. hujus temp. hœreticos. Ingolst. (î'e édit.), 1587, 1588, 1590, 3 vol. in-fol. Par., 1688, 4 vol. in-fol. Les nombreux écrits publiés contre lui n'ont plus guère qu'un intérêt archéologique. Ses adversaires, ne pouvant le réfuter, essayèrent de noircir sa réputation par des procédés indignes. — Explan, in psalmos. — De scriptor. eccles. — Catechismus. ~ Plusieurs magnifiques ouvrages ascétiques. — G. Fuligati, Vita. Rom., 1624. — D. Bartoli, Bell. vita. Rom., 1G78. — Frizon, Vie du card. Bellarmin. Nancy, 1708.
' Duperron, J.-D., né en 155G, mort en 1618, card. on 1604, De ecclesiasticd et politica potestate. — Traite du sacrement de l'Eucharistie (contre Duplessis Mornay). — Opéra, 3 vol. in-fol. Par., 1622. — Ambassades et négociations du card. Duperron. Par., 1623, in-fol. — On vient de produire à la lumière un écrit dans lequel Marca réfute ses opinions {V Univers, 29 févr. 1868).
commencement du seizième siècle, tient à peu près le milieu dans son livre De concordia imperii et sacerdotii; cependant il incline davantage vers le gallicanisme. Son ouvrage est fort savant et parfaitement écrit. Il parle du pape d'une manière très-solide et en s'appuyant de l'histoire. Nommé archevêque de Paris, il attendit pendant quatre ans l'approbation de Rome et mourut sans avoir été évêque.
Le concile de Trente crut de sa sagesse et de sa prudence de ne point développer les droits respectifs du pape et de répiscopat. Ces sortes de questions sont plutôt du domaine de la science. Jésus-Christ a établi un centre d'unité, et dans ce centre il a fondé la primauté d'honneur et de juridiction. Le concile de Trente, il est vrai, déclara à plusieurs reprises que le pape était investi du pouvoir des clefs, qu'il était le pasteur suprême de l'Eglise; mais il ne le fit qu'accidentellement. Il s'en tint à la tradition.
Au commencement du dix-huitième siècle, un dissentiment éclata entre Paul Y et la république de Venise. Deux ecclésiastiques vénitiens, coupables de délits, ayant été punis par l'autorité civile, Paul Y invoqua les privilèges de la juridiction ecclésiastique. Le gouvernement répondit que l'Eglise n'avait pas de moyens suffisants pour punir de tels crimes. Tant que l'administration de la justice n'avait pas été organisée , les collèges ecclésiastiques avaient été investis d'une juridiction particulière ; mais quand la situation fut changée, il était juste que la juridiction civile eût son cours. — 11 était également défendu à Yenise d'ériger aucun couvent sans l'approbation de l'Etat , et l'Eglise ne pouvait y recevoir que des donations en argent. En ce qui concerne les couvents , Yenise était dans son droit. Comme ville commerciale, elle avait de l'argent en surabondance , mais peu de terres ; on pourrait donc donner de l'argent à l'Eglise , mais non des biens- fonds. Les affaires s'embrouillèrent de plus en plus et larépubUque fut frappée d'interdit; le clergé séculier déclara qu'il n'en tiendrait point de compte. La paix fut enfin rétablie par l'entremise d'un cardinal français, Choiseul. — Un moine, Paul Sarpi, de l'ordre des servîtes, avait été l'instigateur de toutes ces mesures adoptées contre l'Eglise par les Yénitiens. Il fut admis au conseil d'Etat, et pubha plu-
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sieurs écrits contre Rome. Bellarmin et Baronius lui répondirent *.
Les Portugais ayant reconquis leur autonomie en 1640 , Urbain VllI (16i>3-1644), favorable aux intérêts de l'Espagne, refusa la confirmation aux évêques nommés pour le Portugal. De nos jours aussi on a vu plusieurs Etats d'Amérique se séparer de l'Espagne ; mais la nécessité de veiller au maintien de l'Eglise dans ces pays a été aux yeux de Rome une raison suffisante de confirmer les évêques nommés par les nouveaux gouvernements, malgré la résistance de l'Espagne. Dans le démêlé de don Miguel et de don Pedro de Portugal, à propos des droits au trône, Grégoire XVI déclara enfin, en 1832, que l'approbation accordée aux évêques n'impliquait point la reconnaissance politique des gouvernements sous lesquels ils vivaient.
§ 10. Les sciences théolo^iques*
Jean Wessel, né à Grœningue en 1419, et mort en 1489, esprit mécontent de lui-même et du monde, et surnommé le Maître des contradictions, a attendu jusqu'à nos jours avant d'être mis sur le chandelier et célébré comme le chef de la brillante légion des précurseurs de la réforme'. — Un historien moderne, Frédéric, a démontré que sa doctrine avait été
^ Historisch-pol. Blœtter {Blicke in die Zustœnde Venedigs zu Anfang des XVII Jahrh.), t. XI, p. 129-140, 193-205, 347-358, 393-410.
' K. Ullmanu, Johann Wessel, ein Vorgœnger Luther's. Hamb., 1834. {Vorreformatoren, 2 vol., 1841-1842, deuxième partie, corrigée.) — J. Friedrich, Joh. Wessel, ein Bild ans der Kirchengesch. des xv Jahrh. Regsb., 1862. — Le paragraphe 11 de l'introduction de cet ouvrage renferme une peinture du quinzième siècle qui s'éloigne sensiblement de l'opiuion émise plus haut. Voici, néanmoins, ce que nous lisons au paragraphe 12, sous ce titre : Les plus beaux phénomènes du quinzième siècle. « Nos regards découvrent un Jacques de Portugal, qui aima mieux mourir que de suivre le conseil des médecius en faisant usage d'une femme; un cardinal Dominique de Capranica, qui, à l'exemple de l'humaniste Pocci, ne tolérait chez lui aucune personne du sexe, fussent même des parentes ; un Vincent Ferrier, un saint Laurent Justinien , un Denya le Chartreux, uu Jean de Kant, un Jean de saint Faconde, un DiJace, un Nicolas de Flûe, un prince Casiniir de Pologne, un prince Ferdinand de Portugal, une sainte Catherine de Bologne, une Véronique, une Colette, une Lidwine, une Françoise Romaine. Jean Gapistran, Bernardin de Sienne, mettaient au service de leur temps leur éloquence enflammée. Tritbeim cite aussi avec éloge le margrave Bernard de Baden (1465), qui avait toujours gardé la chasteté virginale, et était resté exempt des vices de la cour au soin même de la cour impériale. Portant un cilice sous la livrée de l'homme d'Etat, il priait et pleurait souvent, et ne se couchait jamais