CHAPITRE PREMIER
HISTOIRE DE l'ÉGLISE DE FRANCE.
§ l*^ Continuation et dénouement des querelles jansénistes.
L'Eglise de France, qui dans la période précédente a déployé le plus d'intelligence, de vie et de mouvement, nous occupera encore de préférence dans celle-ci , et pour les mêmes motifs. Les controverses qui depuis la fin du seizième siècle occupaient plus ou moins les théologiens gallicans, se poursuivent pour la plupart, et c'est maintenant seulement, du moins en un certain sens, qu'elles prennent leur véritable direction. De nouveaux éléments vinrent s'y ajouter. Ce furent les controverses jansénistes qui remuèrent le plus fortement les esprits, et elles aboutirent graduellement aux plus désastreuses conséquences. La question de savoir si l'Eglise est vraiment infaillible quand il s'agit de déterminer un fait historique, de fixer le sens d'un livre, par exemple; ou si son infaillibilité ne s'applique qu'au dogme, perdit de son importance lorsque la plupart des théologiens, entre autres Bossuet et plus tard Fénelon, se furent prononcés pour la première hypothèse; lorsque les évêques contredisants, Nicolas Pavillon, Caulet, Buzenval et Henri Arnauld se furent rangés extérieurement à l'opinion commune (sous Clément IX en 1668) et observèrent religieusement le silence respectueux*.
' Mémoires du P. René Bapin sur l'Eglise, etc., 1644-1669, publiés pour la première fois par L. Aubineau, 3 tom. Par., 1865, Gaume frères. Cet ouvrage est mainteuaut une des principales sources de l'histoire du jansénisme. — Aubineau , Mémoires sur le dix-septième siècle. Par., 1865.