‹ Histoire de l'EgliseChapitre 172 sur 253 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

de Dieu de produire les créatures et de les envelopper de son amour sans en attendre aucun accroissement de félicité. Cet attribut, par lequel Dieu veut sans exception la félicité de tant de millions de créatures, est déjà une partie intégrante de ses perfections , du moins en tant qu'elles nous sont connues; sans cette perfection, l'image que nous nous faisons de Dieu ne serait qu'une caricature grossière. De plus, l'individu ne peut pas s'exclure de l'amour de Dieu et de la béatitude en se disant, par exemple, que Dieu sauve tous les autres hommes, lui seul excepté, parce qu'il en est indigne : une telle pensée impliquerait un doute sur la miséricorde divine et altérerait ses perfections en rejetant l'une d'elles*. Enfin, quiconque aime Dieu et la félicité qui lui est inhérente, celui-là aime Dieu lui-même , car la féhcité qu'il accorde ne peut résider qu'en lui. Cette idée, du reste, qu'il était si facile de réfuter, Fénelon ne la faisait pas entrer dans le pur amour de Dieu ; son dessein tendait tout entier à élever les âmes qui joignaient à l'espérance du salut une idée basse et sensible , et à ne montrer partout que Dieu luimême. Mais ses expressions ne se prêtaient pas à la controverse dogmatique, et, considérées hors du contexte, elles donnaient lieu à de fâcheuses interprétations ^. Le langage de Fénelon n'était autre que le langage enthousiaste des mystiques canonisés, tels que saint François d'Assise, sainte Thérèse, saint François de Sales.

§ 3. iiont>*o verses polStico-relioîeuses. — Les c|uatre articles

du clergé gallican.

Louis XIV était en démêlés politiques avec le pape. C'était une querelle insignifiante que celle qui fut occasionnée par les franchises dont les ambassadeurs de France à Rome jouissaient dans leurs hôtels. Comme elles entraînaient de

* J. Deharbe, Die vollkommene Liebe Goftes im Gegensatze zu der unvollkommenen uncl in ihrer Anwendung auf die Reue. Regsb., 1856.

2 De récentes recherches uous obligent à omettre ici une phrase de l'auteur. Une commission établie par Innocent XII qualifia do « scandaleuses, dangereuses, téméraires, oifensantes , » vingt-trois propositions tirées des Maximes des saints. Mais le pape assura que Fénelon s'était égaré par excès d'amour de Dieu, et que Bossuet avait péché par défaut

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