‹ Histoire de l'EgliseChapitre 176 sur 253 · LITTÉRATURE GALLICANE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE GALLICANE

l'histoire ecclésiastique et sui* les disciplines qui s'y rattachent ^.

Nous remarquons parmi les théologiens français des orateurs de la cliaire qui n'ont point été égalés jusqu'à nos jours pour l'élévation du talent, l'essor et la plénitude de la pensée , l'ordonnance artistique du discours : les noms les plus saillants sont ceux de Fléchier ^, et surtout du jésuite Bourdaloue' et de l'oratorien Massillon*^ tous deux prédicateurs à la cour et remarquables par des qualités diverses.

Dans la foule incalculable des hommes qui se sont signalés par leurs aptitudes scientifiques, nous nous arrêterons seulement aux coryphées et à ceux qui ont déployé le savoir le plus universel.

Bossuet, né à Dijon en 1627, mérite le premier rang. Elevé chez les jésuites, les aptitudes précoces qui se révélèrent en lui attirèrent tellement l'attention qu'il fut nommé très-jeune chanoine de la cathédrale de Metz, puis évoque de Condom, après avoir, par ses oraisons funèbres de plusieurs princesses royales, excité l'admiration universelle. Il fut nommé ensuite précepteur du dauphin et enfin évêque de Meaux. De quelque côté qu'on porte ses regards, histoire universelle, histoire ecclésiastique, exégèse, dogmatique, éloquence de la chaire, on ne découvre que des chefs-d'œuvre. Ses nombreux écrits de controverse, dont le plus important est son Histoire des variations des Eglises protestantes , se distinguent par la vigueur de la dialectique, soutenue par l'érudition la plus vaste et la plus solide. Si, dans Y Histoire des variations, il se montre historien consommé, notamment dans ses recherches sur les sectes du moyen-àge, son talent historique éclate encore davantage dans ses considérations sur l'histoire universelle, rédigées pour l'instruction du dauphin. Comme orateur sacré, il occupe peut-être le premier rang, et ne peut guère supporter de parallèle qu'avec Bourdaloue et Massillon,

* Voyez tome I, p. 41 et suiv.

* Espr. Fléchier, né en 1632, mort en 1710, évêque de Nîmes, Sermons; Vie de Theodose /«>■; du card. Ximénès, etc.

» L. Bourdaloue, né en 1632, mort en 1704, Œuvres. Par., 1838, 5 t.

* J.-B. Massillon, mort en 1742, évêque de Glermont, Œuvres complètes^ S tom. Par., 1838; — Par., 1865-66.

l'un et l'autre classiques à leur manière. Le trait principal de Bossuet est l'élévation de la pensée, la sublimité du langage, la noblesse et la pureté de la diction *. Nous avons déjà marqué ses faiblesses à propos de sa querelle avec Fénelon.

François Fénelon, né en 1651, était fils d'un marquis. L'opposé de Bossuet sous plusieurs rapports, il passa ses premières années loin du tumulte du monde, sans ambitionner ni poursuivre aucun genre de distinction ; tandis que Bossuet attirait déjà l'attention générale par un discours prononcé à l'âge de seize ans. Ce qui domine en Bossuet, c'est une intelligence forte et énergique qui se révèle partout avec éclat, tandis que Fénelon se distingue plutôt par l'intimité et la profondeur du sentiment, par le goût de la solitude et de la paix. Fénelon reçut son éducation religieuse et théologique au séminaire de Saint-Sulpice , et s'appliqua avec le plus grand soin à l'étude des classiques grecs et romains, afin d'épurer et d'ennoblir son goût dans ce commerce avec les chefs-d'œuvre de l'antiquité. Il fut occupé ensuite dans le saint ministère , puis envoyé dans le Poitou pour y aider à l'œuvre de la conversion des protestants poursuivie avec tant d'ardeur par Louis XIV. Il y gagna l'affection générale par sa modération et sa douceur, et surtout parce qu'il repoussait comme indignes du christianisme tous les moyens de contrainte employés pour convertir le peuple. Son beau livre sur V Education des filles le fit nommer précepteur du petit-fils de Louis XIV, le duc de Bourgogne, héritier présomptif du trône. Jamais peut-être éducation ne produisit de meilleurs résultats dans des conditions si peu favorables. Elle fut, à tous les points de vue, admirablement conduite. La nomination de Fénelon à farchevêché de Cambrai fut promptement suivie de sa disgrâce à la cour, provoquée par les controverses quiétistes et confirmée par la pubhcation du Télémacjue, ce témoin éloquent de la cultui'e classique du noble prélat.

Fénelon emporta dans la tombe l'affection de tous ses diocésains. Chacun, et jusqu'aux iroupes ennemies qui environnaient Cambrai, rendait hommage à l'amabilité de son caractère. Fénelon était heureusement doué pour les études

* Voyez t. 1, p. 46,

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spéculatives, ainsi que l'attestent ses œuvres philosophiques, et particulièrement son Traité sur Vexistence de Dieu. Son vrai domaine, cependant, était la reUgion pratique, où il a fait preuve d'une rare connaissance du cœur humain et de ses profondeurs mystérieuses, non moins que de la plus touchante piété. Ses sermons se distinguent par la simphcité du style et par la valeur pratique des idées , contrairement à ceux de Bossuet qui brillent par la magnificence du style et la hauteur des pensées. Il publia contre les jansénistes plusieurs écrits qui autorisent à croire qu'il aurait traité le dogme d'une façon tout-à-fait remarquable si les circonstances extérieures l'y avaient appelé.

Son âme déborde dans sa correspondance * .

§ 6. Histoire de TEglise d'Italie.

Si l'Eglise de France nous présente l'image de la vie et du mouvement, l'Eglise d'Italie nous offre celle d'un calme profond , mêlé cependant d'une certaine activité dans les intelligences. Ce calme ne fut menacé de quelques troubles que vers la fin de cette période ; mais ces troubles ne furent point produits par des éléments indigènes , ils furent importés du dehors.

Si ce calme, semblable à la paix de l'âme, eût été l'effet d'un déploiement pacifique, harmonieux et régulier des forces intellectuelles , il ne faudrait pas s'en plaindre. Malheureusement, il était imposé par la contrainte extérieure, par les rigueurs excessives de la puissance civile et ecclésiastique, et par les défectuosités de l'éducation cléricale. C'était donc plutôt le calme de la paresse, de l'engourdissement de l'esprit, de l'intolérance et de la stupidité (?), autant de vices qui, dans la classe élevée et la classe bourgeoise s'allient volontiers à l'incroyance , dans la classe inférieure à la superstition , à

^ Œuvres de Fénelon. Par., 1820-1824, 22 vol. m-8o. — Lettres et opuscules inédits de Fénelon. Par., 1850. (Contient les lettres écrites sur les jansénistes dans les dernières années de sa vie.) — Histoire de Fénelon, par le card. de Bausset, 3e édit. Versailles, 1817, 4 tom. — Du même : Histoire de Bossuet, avec le Supplément aux histoires de Bossuet et de Fénelon, par Tabaraud. Par., 1822.

l'ignorance même des vérités religieuses les plus essentielles, à l'exagération des pratiques extérieures, et souvent à un vain cérémonial d'où la vie religieuse et morale est absente. Il ne faut pas oublier, toutefois , qu'on trouve souvent en Italie une grande vivacité de sentiments religieux, et que l'incapacité ou l'indolence du clergé ordinaire chargé du soin des âmes trouve au moins quelque contre -poids dans les missions qui ont lieu à des époques fixes, soit à la demande et à la représentation des évêques. Plus d'une fois ces missions ont produit des effets durables et accompagnés de phénomènes religieux qu'on ne rencontre point dans l'exercice mécanique et routinier du ministère pastoral. Cependant, comme ce ministère s'exerce d'une manière permanente, et déploie une activité très-étendue, quoique souvent stérile ; comme en Italie le culte n'est jamais interrompu, sauf par la prédication qui n'a lieu ordinairement qu'en carême, il est incontestable que l'action du clergé ne donne pas tous les fruits qu'on en pourrait attendre.

Aux ordres religieux qui déjà précédemment s'étaient voués à l'œuvre des missions, telle que la compagnie de Jésus à laquelle appartenait Seigneri , excellent prédicateur et écrivain ascétique, l'oratoire de saint Phihppe de Néri, etc., il faut joindre encore la congrégation des rédemptoristes, fondée par le Napolitain saint Alphonse de Liguori, né en 1696, évêque de Sainte-Agathe-des-Goths dans les dernières années de sa vie, mort en 1787*. Issu d'une famille noble et destiné aux grandes charges de l'Etat, Alphonse avait étudié l'un et l'autre droit avec des succès remarquables et s'était signalé avantageusement dans la carrière d'avoué. Il entra cependant à la propagande napolitaine, établissement de missions créé pour le royaume de Naples, où dès son enfance l'avaient attiré ses goûts religieux, qu'une bonne éducation avait encore fortifiés. Initié pendant une mission aux besoins non satisfaits du peuple, il nourrit la pensée d'établir une nou-

« A. Giatini, Vita del B. Alf. Liguori. Rom., 1815 (Vienne, 1835).— Jeaucard, Vie du B. Alph. Liguori. Loiivain, 1829. (S. Liguori fat canonisé en 1839.) — Une édition complète de ses œuvres a été publiée eu allemand par Hugues. Opère complète, 68 vol. Monza, 1839; Venez., 1833-1836. 60 vol. (sans la Morale).

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velle congrégation qui se consacrerait tout entière, et avec un redoublement de zèle, à l'instruction religieuse de la classe populaire.

Ce fut au milieu des plus difficiles conjonctures et des obstacles les plus inattendus que son âme forte et persévérante développa le plan qu'il roulait depuis longtemps dans son esprit, et dont la pureté et la noblesse sont attestées par les fruits éclatants qui ont récompensé l'activité merveilleuse de la nouvelle congrégation.

Voici quelle était la marche ordinaire d'une mission : un premier discours avait pour objet d'en exposer le but et d'inviter l'assistance à y prendre une part assidue. Tous les matins avait lieu une courte instruction, et tous les soirs un sermon plus étendu. Dans les premières prédications on s'appliquait à dépeindre la misère de l'homme et la justice de Dieu, afin d'amener les pécheurs à bien connaître leur état et à en redouter les suites. Les prédications suivantes traitaient de la miséricorde qu'on trouve en Jésus -Christ, dont les mérites nous obtiennent le pardon de nos fautes avec la force de mener une vie nouvelle. On traitait ensuite de la prière et autres sujets analogues. Le sermon de clôture inculquait la persévérance dans la bonne voie où l'on était entré. Pendant ce temps, d'autres missionnaires catéchisaient les enfants et les adultes et entendaient les confessions. Les exercices se terminaient par la communion. On voyait souvent des fonctionnaires, des nobles, etc., faire des retraites particulières sous la direction des missionnaires. Il est certain que lorsque les pasteurs ordinaires savent entretenir cette ferveur extraordinaire des esprits, les missions doivent produire de grands résultats; privées de ce secours, les impressions reçues ne s'effacent que trop facilement.

Comme évêque, saint Liguori déploya une vigueur, une activité intellectuelle, un désintéressement dignes de tout éloge. Quant à sa congrégation, elle fut considérée comme une affiliation des jésuites, et rencontra beaucoup d'eniiemis.

On s'étonne, à voir les exagérations du culte extérieur en Italie, que la diminution des fêtes opérées au dix-huitième siècle ait justement commencé dans ce pays. Ce fut à la demande du roi des Deux-Siciles que Benoît XIV pubha sa bulle

datée de 1748. Cette bulle fut également appliquée à Florence en 1749*.

Malgré le défaut d'encouragements, l'Italie ne manquait point de savants, quelques-uns même jouissaient d'une réputation européenne. Denina^ professeur à Turin, écrivit une introduction très-pratique aux études de théologie. Un ouvrage analogue fut publié par Muratori , célèbre par ses recherches et ses travaux historiques, et bibliothécaire à Modène. Cet ouvrage, intitulé De ingeniorum moderatione in religionis negotio, parut sous le pseudonyme de Lamindus Pritanius. L'auteur y invite à faire un usage sobre et réfléchi de la raison, du principe d'aulorité, de la critique, etc. Ce travail excellent a eu beaucoup de lecteurs. Son principal but est de prémunir contre toute espèce d'exagération , par exemple, dans les instructions reUgieuses, de mettre les esprits en garde contre l'incrédulité et la superstition ^.

* Benedicti XIV Bullarium, 4 vol.; Supplem., 13 vol., 1828.

* Jean-Marie Denina , mort en 1813 à Berlin, De studio theologiœ et norma fidei, lib. II, 2 tom. Turin, 1758.

3 Sur L. Muratori (1G72-1750), voir Schedoni, Elogio di L. A. Muratori. Mod., 1818. — J.-W. Braun, Ehrenrettung E. A. M. durch Benedict XIV. Trier, 1838. — J. Bona (1609-1674), Bertololti, Vita J. Bona. Asti, 1077. — Goujet, Vie du cardinal Bona. — Benedict. XIV (1675-1758), A. Fabroni, Vita di Benedetto XIV. — Galiani, F., Dellc Iode di papa Ben. XIV. — Caraccioli, Eloge historique de Benoit XIV. — Vie du pape Benoît XIV, Prosper Larnbertini. Par., 1775 (1783). — Opéra. Bassani, 15 vol. in-fol. Bullarium, 4 vol. in-fol. Venet., 1760. — J.-B. Rossi (1742-1831) a surtout écrit sur l'hébreu et sur l'Ancien Testament. — Sur Noris , Maffei, Saccarelli, Berti, Orsi, Ballerini, voir le premier volume, pages 49, 50.

Sur Noris, voir A. Fabroni, Leben des Cardin. Noris, dans les Vifœ Italorurn doctrina excellentium, qui sœculis xvii et xviii floruerunt. Pisis, 1778- 1805, 20 vol. in-80 (in t. IV). — Th.-M. Mamachi, né en 1713, mort en 1792; voir sur lui Richard et Giraud , Bibliothèque sacrée. Par., 1824, t. XVI (Ire édit.). — Jul.-L. Selvaggio, né en 1728, mort en 1772, Institut, antiq. christ., lll'i. — A. -M. Kalephati, Commentarius de vita et scriptis J. Selvagii. Neap., 1774. — Al.-Aurél. Pelliccia, né à 1744, mort en 1822, De christ, eccles. politia , 3 vol., éd. Ritter et Braun. Colon., 1829-1838. (Reproduit en substance dans Denkwûrdigkeiten der christkaih. Kirche, de Binterim, 7 vol. en 17 parties. Mayence, 1838-1840.) — J. Bianchini, né en 1704, mort en 1770, éditeur des Vitœ rom. pontificum d'Anastase le Biblioth. Rome, 1735. — Ang. -Maria Queriui, né en 1680, mort en 1755, évêque de Gorfou et Brescia, cardinal en 1726, 0. S. B., Commentarii de rébus pertinentibus ad Angelum Mariam S. H. E. card'. Quirinium. Brescia, 18 'i9 (par lui-même). — Breitîiaupt, D2e GescUichte des Cardinals Querini. Francf. , 1752. — Tipaldo, Biografia degli Italiani illustri del secolo XVIII. Venez., 1835-1845, 10 vol. in-S».

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Le cardinal Bona s'est fait remarquer par ses doctes travaux sur la liturgie ; ils sout rédigés avec beaucoup de talent et empreints d'une haute piété. 11 eut pour successeur Benoît XIV, dans son traité du Synode diocésain. Bernard de Rossi se consacra avec le plus heureux succès à la critique de l'Ancien Testament. Les querelles pélagiennes furent décrites par le cardinal Noris ; les antiquités ecclésiastiques par Mamachi, Pellicia et Selvaggio; l'histoire de l'Eglise, par Orsi, par Saccarelli en grand, et par Berli en abrégé. En général, les Italiens possédaient uu grand nombre de savants très-versés dans la critique et l'histoire des antiquités. A ceux que nous avons nommés, il faut ajouter encore : Scipion MafFei, Bianchini et les frères Ballerini. Un autre savant qui mérite surtout d'être mentionné , c'est le cardinal Querini , qui utilisa ses voyages en Allemagne, en France et en Hollande, ainsi que les nombreuses liaisons qu'ils y avaient contractées avec de doctes protestants, pour travailler à une réunion religieuse.

Plusieurs de ces écrivains dirigèrent leurs travaux vers les questions qui s'agitaient alors en France ; Noris et Scipion Maffei entreprirent leurs recherches historiques en vue des controverses sur la grâce soulevées par les jansénistes ; les frères Ballerini opposèrent à l'édition des œuvres de Léon le Grand par Quesnel leur propre édition enrichie de savants et profonds éclaircissements. Le gallicanisme trouva surtout un partisan habile dans Tamburini, professeur à Pavie. La tendance janséniste et le droit ecclésiastico-civil inauguré par le gaUinisme eurent des partisans et des adversaires en Italie jusqu'au moment où les deux opinions rencontrèrent un organe plus important dans Scipion Ricci *, évêque de Pistoie et de Prato, et un protecteur dans Léopold, archiduc de Toscane.

* Voir Gams, articles Pistoie et Florence, dans vEncyclop. de la théol. cathoL, édit. Gaume. — Se. Ricci, mort en 1810 (V. sa Vie, par Potter, 1827). Bruxelles, 3 vol.; StuUg., 1827. — Agenor Gelli, Memorie di Scipione de' Hicci, scritte da lui ynedesimo, 2 vol. Firenze, 1865. — Polter et Gelli, autiecclésiasliques : Acta et décréta synodi diœces. pistoriensis anno 1786, 2 tom. Pist., 1791. — Acta congregationis archiep. et episcoporum Heiniviœ Florentiœ anno 1787 celebratœ. Ed. Schwarzol, 7 t., Bamberg, 1790-1794. — P. Tamburini, né en 1737, mort en 1827 à Pavie, homme prodigieusement nul et grand joséphiste; il assista au synode de Pistoie en qualité de promoteur.

Ricci, dont le diocèse était situé sur le territoire de Florence, croyait qu'en condamnant le jansénisme, surtout dans la forme que lui avait donnée Quesnel, on avait détruit les bases même de la doctrine du salut. La bulle Unigenitus avait surtout le privilège de lui déplaire. En revanche, les quatre articles de la déclaration, les libertés de l'Eglise gallicane en général, la manière dont Gerson et Richer exposaient les rapports du pape avec l'épiscopat, lui agréaient outre mesure. Il n'en détestait que mieux certaines coutumes ecclésiastiques, comme les empêchements de mariage, la multitude des ordres religieux, etc. En 1786 enfin, dans un synode diocésain tenu à Pistoie , il essaya avec l'approbation du grand duc de réaliser ses plans gigantesques de réforme.

Ce synode approuva les principes canoniques de Ricci, ainsi que ses idées sur la grâce , sur la diminution des empêchements de mariages, sur certains usages ecclésiastiques, etc. Mais en 1787, les Florentins, qu'on avait réunis en concile dans le but de leur faire accepter, pour le grand duché, les décisions locales de Pistoie, s'y opposèrent formellement, et à Pistoie le peuple se souleva contre son évêque. Pie YI, en 1794, condamna Ricci par sa bulle Auctorem fidei. Les commotions politiques qui ébranlèrent l'Europe détournèrent l'attention des affaires ecclésiastiques pour les reporter vers les affaires civiles, et toute cette entreprise irréfléchie, suggérée par de bonnes intentions, mais appuyée sur des idées vagues et obscures, échoua misérablement.

§ 7. Histoire de l^Eg-lise catholique en Alleniag-ne ^.

Le calme que la paix de Westphalie (1648) rendit à l'Allemagne depuis si longtemps agitée de guerres religieuses, fut savouré avec délices , et après un tel déploiement de

* Ph.-J. Huth, Versuch einer Kirchengeschichte des xvill Jahrhunderts , 2 vol. Augsb., 1807-1809 (tom. I, 72). — Robiano, Continuation de l'histoire de l'Eglise de Berault-Bercastel, depuis 1721 à 1830. Par., 1836, 4 tom. — Picot, Mémoires pour servir à l'histoire ecclés. pendant le dix-huitième siècle, 7 vol., 3» édit. Par., 1853-1857. (Cet ouvrage, étendu et le plus exact sur cette matière , contient tous les auteurs morts dans le dix-huitième siècle.) — Voir son Essai historique sur l'influence de la religion en France pendant le dix-septième siècle, "1 vol., 1824,

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