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paroisses. En Bohème, par exemple, sur 154 couvents 71 furent abolis; en Moravie, 41 sur 75; mais les écoles de la Bohême comptaient 1 i,000 enfants en 1575, 117,733 en 1785, et 23i,-i-i2en 1789*.
Là ne s'arrêta pas le zèle réformateur de Joseph. Supprimant les écoles théologiques diocésaines, il créa pour chaque province un séminaire unique. Sous le rapport de l'instruction , cet établissement offrait sans doute plus de ressources^ par son étendue comme par ses relations avec les universités; il imprimait aux maîtres et aux élèves un élan plus vif et plus général ; mais il avait le tort de séparer l'évêque diocésain des jeunes aspirants au sacerdoce, de l'empêcher de les
• Les statistiques, même les statistiques d'écoles, sont complaisantes. Il n'y a pas de rapport étroit entre la suppression des couvents et la fréquentation des écoles. Dans le temps même où Joseph II rendait l'instruction obigatoire, le noble baron de Fûrstenberg, à Munich, avait organisé dans ce pays l'instruction sur une base beaucoup plus solide ; il avait élevé l'université de Munster à un haut point de prospérité, sans employer la pioche contre les couvents. 11 est vrai que l'électeur Erthal de Mayence, supprima aussi des monastères, mais ce fut pour des raisons d'esthétique et autres causes semblables, afin de se procurer un emplacement convenable pour un jardin anglais. — Esser, Franz von Fûrstenberg (mort en 1810), dessen Leben und Wù^ken. Mûnst., 1842. — Krabbe , Geschichtliche Nachrichten ûber die hœheren Lehranstalten in Munster. Munster, 185-2.
L'histoire des couvents de l'Autriche proprement dite se trouve dans Austria sacra : Oesterr. Hiérarchie und Monasteriologie von Marian, 0. S. Aug. Vienne, 1780-1786. Cet ouvrage, en neuf volumes, comprend l'Autriche antérieure , l'archiduché , le Tyrol , la Styrie , la Carinthie , la Carniole et le pays des côtes. Le véritable auteur de cet ouvrage , brillant monument élevé aux mérites des monastères supprimés alors en Autriche, est Joseph Wendt de Wendtenthal, officiai de la chancellerie secrète de l'empire. On y trouve un catalogue des couvents supprimés sous Joseph II, établi par le Dr Th. Wiedemann dans Oesterr. Vierteljahrschrift f. kath. Theol., 1867, p. 321-328. — Furent supprimés : dans la basse Autriche, 51 couvents appartenant à seize ordres; dans la haute Autriche, 29 couvents ; dans l'Autriche centrale (Styrie et Carniole), 74 couvents; sur le littoral, 15; dans le Tyrol, 38 couvents et autres établissements; dans le Voralberg, 6; en Moravie et en Silésie, 36, selon Wiedmann; 41, selon Mœhler; dans l'Autriche antérieure, 44, dont 37 de femmes. — A Vienne même, 13 couvents, une foule de cliapoUes, d'églises domestiques, de confréries, de réunions nationales furent abolis.
' La plupart des chefs et des supérieurs étaient des hommes indignes. Ces maisons étaient plutôt des séminaires d'immoralité que des foyers de piété et de science. — Joseph II, voulant séparer l'Autriche de Rome, et se constituer pape-empereur, avait besoin d'une génération formée à son image.
connaître individuellement, et de mettre à l'arrière - plan l'éducation morale , religieuse et ecclésiastique.
Enfin, Joseph II porta son attention * jusque sur le culte et la liturgie, et y opéra quantité de réformes*. En 1783, il publia un règlement du culte où il essayait de simplifier les cérémonies saintes, recommandait d'éliminer les tableaux votifs et les ornements superflus, réduisait le nombre des processions et introduisait l'usage de la langue vulgaire dans la liturgie (1786). Toutes ces nouveautés et une infinité d'autres qui se succédaient avec une rapidité effrayante, notamment la fusion de toutes les confréries dans celle de l'amour pratique du prochain, étonnaient les esprits. Par contre, il se montra très-hostile à la suppression du célibat, réclamée de divers côtés ^.
On comprend sans peine que ces divers empiétements du pouvoir civil sur le terrain religieux devaient provoquer des réclamations. Toutefois, les difficultés élevées par plusieurs prélats autrichiens, entre autres par le cardinal Migazzi, archevêque de Vienne, pouvaient être aplanies par la parole souveraine de l'empereur, et il fallait supporter en patience* son inclination à traiter de sottises ou d'entêtement les troubles de conscience éveillés dans quelques évêques par l'exécution de ses ordres. Pie VI, qui était le principal intéressé et que ces actes avaient rempli de douleur, entreprit le voyage de Vienne pour tempérer le zèle de Joseph II (1782) \
L'empereur, quoique fort contrarié de ce voyage, s'empressa, par poUtique, de rendre au pape toutes les marques de vénération extérieures ^ ; mais dès que Pie VI essayait de l'amener sur l'objet de son voyage, Joseph II détournait la conversation, sous le prétexte (mensonger) qu'il laissait ces sortes d'affaires à son ministre. Pie VI fut contraint de re-
* A tel point qa'il reçut de son bien-aimé frère, le roi de Prusse Frédéric II, le titre très-mérité « d'archisacristain du saint-empire romain. »
' Il fixa le nombre de bougies qui devaient brûler à l'autel, ordonna que les morts seraient enfermés non plus dans des cercueils, mais dans des sacs, sans parler d'une foule d'autres manies.
3 Pour des raisons étrangères à la morale.
* G. Dini, Diario ciel viaggio fatto a Viena del Pio VI. Venez., 1783.
* Tandis que le puissant Kaunitz le reçut en robe de chambre.