CONGRÈS D*EMS
succès dépendrait d'une entente parfaite entre les archevêques et les évèques.
Mais il était difficile d'aplanir le différend qui régnait entre les promoteurs de la ponctation d'Ems et le pape ; chaque partie invoquait des principes radicalement opposés; les premiers s'appuyaient sur les principes abstraits tirés d'un ordre de choses désirable en soi, et dont les premiers siècles offraient l'idéal; sous ce rapport ils étaient irréfutables. Le pape se plaçait sur une base historique , sur le droit positif : à ce point de vue, ses exigences étaient parfaitement fondées, et les nombreux travaux que des canonistes allemands lui ont opposés n'ont rien pu contre lui, malgré tout l'appareil scientifique qu'ils ont déployé et quelque subtilité qu'ils aient mise dans l'interprétation des concordats et autres traités allemands.
Convaincu que le droit existant et l'autorité de la tradition étaient en sa faveur. Pie VI envoya encore, dans la pleine chaleur du combat^ Bartholomée Pacca en qualité de nonce à Cologne pour remplacer celui qui venait de partir. Les archevêques de la province du Rhin refusèrent d'accepter ses lettres de créance. Pacca, jeune homme plein de feu, se fit annoncer par une circulaire adressée à tous les fonctionnaires ecclésiastiques ; il prouva avec toute la précision d'un diplomate que la nonciature de Cologne avait été instituée en vertu d'un traité, et que les archevêques avaient coutume depuis fort longtemps de demander à Rome les facultés quinquennales. Cette assertion était irréfutable; mais les archevêques n'insistèrent pas moins pour la suppression de la discipline canonique actuelle , qu'ils croyaient contraire au droit. Ils engagèrent les curés à éviter toute relation avec le nonce et à lui renvoyer ses écrits.
C'est alors qu'éclata dans toute son intensité l'inconvénient que Joseph II avait prévu dans sa lettre aux métropohtains. Sans se concerter avec les évêques, ils avaient pris sur eux de n'envoyer au congrès que leurs propres délégués et de régler seuls les futurs rapports des évêques d'Allemagne avec le pape. Cet acte fut considéré à juste titre comme un empiétement, et les évêques soupçonnèrent * les archevêques d'avoir
* Leur soupçon était très-fondé.