‹ Histoire de l'EgliseChapitre 182 sur 253 · TOME m · texte numérisé non relu

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songé surtout à étendre leurs droits et à opprimer leurs suffragants. L'évêque de Spire s'en expliqua avec beaucoup de franchise et entra dans des observations très-mordantes à propos des métropolitains*. De son côté, Charles -Théodore s'employa avec beaucoup d'empressement et d'inteUigence en faveur de la nonciature de Munich, et menaça les archevêques, s'ils ne restaient pas en repos, de fonder des évêchés sur ses propres domaines et de les détacher de leurs diocèses.

D'autres querelles ayant surgi entre lui et les archevêques, ces derniers agirent avec une grande imprudence. L'élection d'un coadjuteur pour Mayence, dans laquelle l'assentiment du pape était nécessaire, fit encore réfléchir davantage les archevêques, et celui de Mayence n'hésita pas à demander pour lui-même les facultés quinquennales. Les archevêques finirent cependant par tomber d'accord, mais au lieu d*entrer dans leurs vues^ Pie VI leur adressa une pièce où il établissait longuement et habilement le droit des papes d'envoyer des nonces en Allemagne et d'accorder des dispenses en la forme accoutumée ^ (1789) ; car c'étaient là les principaux griefs des arclievêques. Mais les événements qui remuaient la France et occupaient tous les esprits tournèrent bientôt l'attention sur des intérêts d'une tout autre importance.

Outre ces menées qui tendaient à une transformation radicale des rapports des évêques d'Allemagne avec le pape, les archevêques, et principalement Erthal de Mayence, songeaient à modifier la situation de l'Eglise à peu près dans la forme et selon l'esprit du joséphisme. Cependant l'archevêque avait un sentiment profond du droit et un caractère plein de réflexion; il sentait parfaitement la nécessité de mûrir la question , de l'étudier sous ses divers aspects et de

» C'était le comte Auguste Limburg-Styrum (1770-1797). — Fr.-Xav. Remling, Gescliichte dev Bischœfe zu Speyer, t. II. Mainz, 1834, p. 705-803. — Avec Frauçois-Louis d'Ertlial, archevêque de Bamberg et Wurzbourg (1779-1795), le véuérable frère de l'indigne archevêque de Mayence, il était un des meilleurs évêques de son temps. {Franz Ludwig Erthal , Fûrstbischof zu Bamberg undWûrzburg, par G.-M. Sprenke. Wûrzbnrg, 1826. — Franz Ludwig von Erthal , etc. Ein Lebensbild, par Bernard. Tûbg., 1852.)

* Responsio PU VI ad metropolitanos moguntin., trevirens., coloniens. et salisburg., super nuntiaturis apostolicis. Romae, 1789.

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