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MOUVEMENT LITTÉRAIRE

se mettre en intelligence avec tout son diocèse. Il désirait une sage réforme des ordres religieux^ une meilleure organisation des séminaires, du bréviaire, du rituel, de l'administration du sacrement de pénitence, l'abolition d'une foule d'abus et de cérémonies, un meilleur chant ecclésiastique allemand, etc. Pour réaliser ce beau dessein, il se proposa de célébrer en 1792 un svnode diocésain, après avoir, plusieurs années auparavant , exposé ses vues à son chapitre et à ses vicaires généraux, aux monastères et aux chapitres ruraux, en les invitant à y réfléchir et à lui adresser des rapports *.

Malheureusement, le synode ne fut pas célébré ; la mort de Léopold II jeta l'archevêque dans une infinité de comphcations politiques, et déjà les contrées du Rhin étaient entraînées dans les hasards de la révolution française.

§ 9. llouvement littéraire. — Incrédulité.

La littérature théologique, il est aisé de le comprendre, ne pouvait pas rester étrangère à de si violentes secousses; comme c'était elle, au contraire, qui les suscitait en partie et les entretenait, elle devait en recevoir de vives et trèsnombreuses impulsions. Les facultés théologiques furent, en Autriche comme ailleurs, l'objet d'une plus grande sollicitude; du reste, la suppression des jésuites, qui occupaient la plupart des facultés, exigeait de profondes modifications et aidait en même temps à les accomplir. L'université de Mayence fut réformée et agrandie avec les ressources des couvents supprimés. Une université nouvelle fut créée à Bonn par Maximiiien , prince électeur de Cologne. Dillingen fut pourvue d'hommes tels que Sailer 2, Zimmer et ^V^e-

* Mayence était alors un foyer d'incrédulité. Le baron d'Erthal marcha longtemps dans les voies du schisme, et par sa conduite donna pUis d'un scandale. Comparé à lui, l'archevêque Wenceslas de Trêves était un saint. Depuis 1787 jusqu'à sa mort, en 1812, il ne négligea rien pour faire oublier sa participation au congrès d'Ems.

* Talent hors de pair, auteur de plusieurs ouvrages, notamment d'une Théologie pastorale en deux volumes, dont nous avons donné la traduction. Paris, Lecoffre. (Note du trad.)

ber * ; Wurzbourg, dotée d'un évêque tout-à-fait remarquable dans la personne de François-Louis d'Ertlial, eut pour professeurs de théologie Obertliur, Onymuset Berg^; àFribourg, on distinguait les professeurs Klupfel et Dannenmayer ; mais la plupart de ces hommes ne déployèrent leur pleine activité que dans la période suivante.

Si la constitution ecclésiastique et le . ulte extérieur tendaient à secouer les formes du moyen-âge , la dogmatique aspirait au même but. Le jésuite Stattler à Ingolstadt (1781) et Klupfel à Fribourg (1789) travaillèrent habilement à l'adapter aux besoins de l'époque, l'un avec plus de détails, l'autre sous une forme plus abrégée. On doit aussi au premier une excellente apologie du christianisme (1770). Purgée de la casuistique, présentée sous des dehors simples et majestueux, telle fut la morale enseignée par Joseph Lauber à Vienne (1788) et par le Bohémien Augustin Zippe (1778). A Vienne encore, Giftschutz (1785) et Geiger (1789) traitèrent la théologie pastorale de manière à placer dans un équilibre harmonieux les fonctions du prêtre comme ministre et ses fonctions en tant que docteur, tandis qu'auparavant on n'avait mis en relief que son ministère sacerdotal. L'histoire ecclésiastique trouva des abréviateurs dans Slœger (1776) , dans Roy ko (1788), qui agrandit plus tard son esquisse des premiers siècles, et dans Dannenmayer, professeurs à Vienne, à Prague et à Fribourg ^

Cette méthode d'eHseignement répandit parmi le clergé des connaissances infiniment plus abondantes et plus lumineuses que celle qu'on avait suivie précédemment. Répudiant les vues étroites et superstitieuses, les formes gourmées et pédantesques , on visait constamment à donner aux études un but utile et pratique. Un autre avantage qu'on ne saurait trop apprécier, c'est une plus grande part de liberté accordée au talent sur le terrain de la science, surtout quand on songe aux persécutions qu'avaient subies naguère le savant et

1 Les universités de Mayence et de Bonn se montrèrent plus d'une fois hostiles à l'Eglise et au christianisme.

* Bernhard, loc. cit., p. 136. {Schule?i, Universitœten und Klœster in Franken.)

• Werner, Geschichte d, kath. Théologie seit dem Trienter Concil, I, 59.

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