‹ Histoire de l'EgliseChapitre 184 sur 253 · MOUVEMENT LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

MOUVEMENT LITTÉRAIRE

très-orthodoxe Isenbiehl, professeur de Mayence, à cause d'un commentaire, inacceptable il est vrai, sur le texte de la prophétie d'isaïe relatif à l'Emmanuel. Quant à ceux qui se précipitèrent dans le courant joséphiste, ils ne firent rien ou presque rien pour la science ; le dogme et la morale glissèrent de plus en plus dans la théologie vulgaire , et la théologie pratique l'emporta toujours sur la science sérieuse et profonde , la popularité sur la profondeur spéculative. Sous ce rapport^ l'ancienne théologie scolastique était de beaucoup supérieure.

L'histoire était emplo5^ée à des fins particulières , notamment à établir que les réformes demandées par Joseph II et ses amis étaient réalisables et justifiées par toute l'antiquité chrétienne. Mais en s'attardant à ces menus détails, elle perdit de sa noblesse et de son impartialité, dégénéra en polémique contre le pape, en invectives contre les institutions et les coutumes ecclésiastiques. Bans ces préoccupations, peu d'hommes s'adonnaient à l'étude solide des sources : le but où l'on visait n'exigeait pas ces pénibles efforts.

Les vastes études et les savantes recherches de Gerbert, abbé de Saint-Biaise, qui se fit le promoteur de la Germania sacra, et depuis 1783 travailla à une histoire de la Forêt- Noire et à d'autres ouvrages, qui encouragea enfin le moine Neugart à rédiger VHistoire de l'évëché de Constance, ces études étaient étrangères à la polémique que nous venons d'esquisser *.

L'esprit religieux allait s'affaibUssant de jour en jour ; les hommes qui suivaient une tendance négative prédominaient alors et semblaient ne plus conserver le dogme que par intérêt et afin de ne point compromettre leur position extérieure. Féhx Blau, de Mayence, en vint jusqu'à se faire le chef d'un parti qui contestait l'infaillibilité dogmatique de l'Eglise. L'incrédulité atteignit à son plus haut période dans la société des Illuminés, présidée par Adam Weishaupt, professeur de droit canon à Ingolstadt, et par Bader. On y remarquait une foule de fonctionnaires bavarois et de prêtres de haut rang. Une des fins qu'elle poursuivait était la des-

« Voir 1. 1, 53, et C. Werner, Op. cit.

truction du christianisme. Elle fut dissoute en 1784 et défendue sous des peines sévères; mais l'esprit d'où elle était née survécut à sa ruine.

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