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TOME III. âi

322 HTSTOTRE DE l'ÉGLISE.

clergé se décida à sacrifier aux besoins de la patrie tout Tor et tout l'argent qui n'étaient pas absolument indispensables pour le culte religieux. Là ne s'arrêtèrent pas les sacrifices que l'Eglise dut faire à l'Etat ; il lui fallut encore abandonner toute sa fortune immobilière. Elle s'y résolut moins facilement qu'elle n'avait fait jusque là. Un couvent de la dépendance de Cluny ayant offert à l'Etat tous les biens de la congrégation, et le 10 octobre, l'évêque d'x\utun, TallejTand- Périgord, ayant proposé de confisquer tous les biens ecclésiastiques, un décret du 2 novembre statua en effet que l'Etat avait le droit de disposer de tous les biens d'Eglise en se chargeant de couvrir lui-même toutes les dépenses nécessaires pour le culte.

Le 13 février 1790, on fit encore un pas en avant : on supprima les couvents avec défense d'en ériger à l'avenir. Les conséquences du décret du 2 novembre furent déduites dans une suite de séances tenues à partir du 9 avril 1790 ; on procéda à la vente des biens ecclésiastiques, on assura la subsistance des curés et des évêques, et on fit aux religieux des pensions fort acceptables, mais seulement après que de nouvelles et grandes modifications eurent été opérées. Ici, l'assemblée constituante alla trop loin sous tous les rapports; il fallait conserver au moins les biens des paroisses. On pouvait aussi supprimer le clergé en tant qu'il constituait un ordre politique, tout en laissant subsister les évêchés avec des propriétés réduites à une mesure raisonnable.

On prévoit d'avance que l'exécution des décrets portés jusque-là par l'assemblée nationale allait entraîner le changement des institutions ecclésiastiques encore subsistantes. La simplification du système administratif annonçait les modifications qui allaient être faites dans les revenus ecclésiastiques. Ces revenus, qui répondaient au nouvel ordre de choses , la plus vulgaire prudence commandait à l'Etat de les laisser à l'Eglise ; le grand but de l'assemblée nationale , celui de consacrer la fortune de l'Eglise au paiement des dettes de l'Etat et de supprimer l'ordre politique du clergé , ce but était atteint; aller au delà, entreprendre de son chef une nouvelle organisation ecclésiastique, c'était par trop empiéter sur l'indépendance intérieure de l'Eghse, et, sans nécessité

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