LES PROVLNCES DL RHIN
gart , le noble baron de Ilornstein fit plnsieurs motions, inutiles il est vrai*, mais dont 1 évoque Relier se trouva fort embarrassé, sentant combien il était honteux qu'un laïque fît ce qu'un évêque négligeait de faire dans la crainte de compromettre la « plante délicate » du nouvel épiscopat et d'attirer sur lui des persécutions et des orages. En revanche, -l'évêque et le chapitre de Fulde réclamèrent (27 août 1830) I (auprès du gouvernement de la Hesse électorale contre l'orijdonnance du 30 janvier, en suite d'un bref pontifical daté du 130 juin'. Les principes de la pragmatique ecclésiastique ayant été reproduits dans une nouvelle constitution pour la Hesse électorale, l'évêque et le chapitre protestèrent encore une fois auprès des états, le 2 janvier J831. Le 5 février, le magistrat de la ville épiscopale, Fulde, adhéra à leur protestation par un acte particulier, qui lui fut reproché comme une « excitation à des entreprises insurrectionnelles. » Le 8 janvier, l'évêque et le chapitre adressèrent au ministère de Cassel une réclamation énergique, dans laquelle ils refusaient de prêter le serment et de célébrer l'office divin exigés par la nouvelle constitution. Le magistrat lui-même ne se laissa pas intimider par les menaces que nous avons vues plus haut , et s'éleva contre les dispositions antireligieuses de la nouvelle constitution. Le 27 janvier, les états firent une réponse menaçante à la protestation de l'évêque et du chapitre : ils donnèrent à entendre qu'ils nommeraient un évêque plus docile et des chanoines plus souples, et les rendirent responsables de toutes les conséquences. Le 4 février, l'évêque et le chapitre, dans une adresse magistrale, revendiquèrent derechef les droits imprescriptibles de l'Eghse contre les empiétements d'une bureaucratie qui voulait accaparer tout '.
Il est consolant de voir au moins, dans un seul des diocèses unis, les chefs de l'Eglise s'élever avec force contre la « servitude honteuse et dégradante » où les petits Etats allemands voulaient plonger l'Eglise *.
* s. Roskovany, p. 298-306; journal le Sion de 1833, n. 36, append.
* Voyez sa protestation dans Wûrzburger Religions freund, de 1831, n. 63, p. 1034; Roskovany, p. 306-312,
' Les pièces citées se trouvent dans Roskovany, Monumenta, II, p. 441-473.
* Beda Weber. Cartons aus dem deutschen Kirchenleben. Mainz', 1858.
388 HISTOIRE DE l'ÉGLTSE.
Sous le règne de Léon XIÏ, les finances pontificales étaient dans un état excellent. Dès son entrée en fonctions , ce pape fit remise aux provinces des redevances arriérées, diminua en 1825 les impôts d'un quart, et, à l'exemple de Sixte V, forma une caisse d'Etat pour subvenir aux éventualités pressantes de l'avenir. Les dépenses de l'année jubilaire, payées par le trésor, furent couvertes dès l'année suivante. Léon XII consacra à l'amortissement des dettes de l'Etat les revenus des domaines , des forêts , des étangs , des mines de métal et des douanes publiques. Cette situation ne l'empêchait pas de secourir magnifiquement les prêtres, les veuves et les orphelins indigents. Visitant souvent les prisons, il rendait la liberté aux prisonniers pour dettes en les payant lui-même. Quatre choses surtout ont signalé son pontificat : le jubilé, la reconstruction de l'église Saint-Paul, l'extirpation du brigandage et la lutte contre les sociétés secrètes. En 1827, les cotisations pour l'église Saint-Paul s'élevaient à plus de 2 millions. Le vaisseau principal et la voûte étaient presque achevés, l'édifice était à l'abri des intempéries. Léon XII établit des prix considérables pour la jeunesse studieuse et artistique, et ouvrit lui-même les cours de l'université romaine, qu'il visitait souvent, de même que les autres établissements pieux et savants ; il doubla le traitement des professeurs, assigna des sommes importantes aux bibliothèques et au musée de physique , enrichit surtout la bibliothèque vaticane d'ouvrages précieux et les musées de Rome de rares monuments. Il rétablit aussi l'imprimerie du Vatican. Le revenu annuel des académies de Rome fut élevé de 10,000 à 25,000 ducats. Il s'intéressa aux collèges des Allemands et des Irlandais * . Sous son règne , Nicolas Wiseman ( depuis cardinal), professeur de langues orientales à l'université de Rome, publia ses Heures syriaques, qui contenaient les pré- ; mices de ses doctes études. Léon XII offrit le chapeau de cardinal au célèbre Lingard, auteur d'une Histoire d'Angleterre, et lorsque celui-ci eut décliné cet honneur, il célébra sa modestie dans une allocution ^. Ce pape montrait partout le plus
» Ami de la Religion, 1829, n. 4 et 7.
* Horœ syriacœ. Romœ, 1828. — Vie de Lingard, dans le The Tablct,