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de sacrifices*. — Joseph-Antoine Salzmann, jusque-là provicaire à Lucerne, fut le premier évêque de Bâle-Soleure (18 mai 1829), et gouverna ce diocèse jusqu'à sa mort (13 avril 1854), au milieu des plus tristes conjonctures. La même situation s'est prolongée et se prolonge encore sous ses deux successeurs, Charles Arnold (4 août 1854, mort le 17 décembre 1862), et Eugène Lâchât (depuis le 26 février 1863). Le diocèse de Bâle (Soleure) est vraiment un diocèse désolé ; la majorité des catholiques de Soleure, résidence de l'évêque, ne s'est jamais signalée que par son hostilité envers l'Eglise.
La bulle de circonscription du diocèse de Bàle et Soleure fut publiée le 5 mai 1828; M^"" Neveu, le vieux princeévêque, eut encore la joie de survivre à la restauration de son ancien diocèse. Il mourut à Offenbourg le 23 août 1828, âgé de quatre-vingts ans et plein de mérites. Il légua au nouveau diocèse une somme de 39,000 florins (et de 3,000 aux pauvres de la ville d' Offenbourg), outre une partie de ses riches insignes et de ses beaux ornements d'église. Il est, après M^' Méan de Malines^, le dernier prince-évêque de l'ancien empire germanique. Charles Rodolphe de Coire fut depuis 1814 administrateur de Saint-Gall, dont l'évêché avait été supprimé en 1805. En 1819, les petits cantons furent annexés au diocèse de Coire. En 1823, l'union des évêchés de Coire et de Saint-Gall fut consommée ^ ; toutefois, Saint-Gall devait conserver un chapitre, un séminaire, un vicaire général, etc. En 1824, le canton de Schwyz se rattacha à l'évêché de Coire; mais le canton des Grisons s'opposa à la
1 V. sa biographie dans Conversations-Lexicon von Manz-Binder, t. XII, p. 365. — Tûb. Quartalschrift, 1826, p. 563.
* Le priuce-évèqae de Brixen, Charles-François comte de Lodron, était mort quelques jours auparavant (2i février 1792, mort le 10 août 1828). Le prinoe-évèque de Coire, Charles-Rodolphe , qui dépendait de l'empire d'Allemagne, au moins partiellement, lui survécut de cinq ans (mort le 19 octobre 1833). L'archevêque de Malines, prince-évêque de Méan, mourut le 15 janvier 1831; nommé prince-évêque de Liège en 1795, il avait résigné en 1801 et avait été nommé archevêque de Malines en 1817. Urkunden zur Begrundung des reorganisirten Bisthums Basel, Soloth., 1847. — Ern. Mûnch , II, p. 690-706. — La Revue trimestrielle tliéolog, de Tubingue de 1819 à 1830 contient la plupart des documents ecclésiastiques relatifs à la Suisse.
^ Voir la bulle Ecclesias,àQXi& Tûb. theol. Quartalschrift , 1825, p. 354.
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nouvelle organisation*. — Les pourparlers relatifs à l'établissement d'un évêché à Saint-Gall durèrent depuis 1829 jusqu'au 26 avril 1830, époque où sa séparation d'avec Coire fut prononcée à Rome. L'évèché de Saint-Gall ne fut reconnu du grand conseil que le 21 novembre 1845. Jean-Pierre Mirer, vicaire apostolique depuis 1836, fut nommé premier évêque de Saint-Gall le 30 juin 1847, et sacré dans sa cathédrale*. Le diocèse possédait un séminaire et un lycée catholique, auquel on joignit en 1849 une école supérieure, qui doit beaucoup à son évêque, M^'" Greith. Le séminaire des instituteurs et les écoles populaires furent réorganisés, sans parler de plusieurs autres œuvres préparées ou accomplies. En 1855, de nouveaux orages vinrent tout détruire ou remettre en question. M^' Mirer, mort le 30 août 1863, âgé de soixante-cinq ans, a été remplacé par M*^*" Greith (16 mars 1863).
Sur le siège de Coire, dont le diocèse fut singulièrement amoindri, le prince-évêque Charles Rodolphe eut pour successeur Jean-Georges Bossi, le 6 avril 1835 (mort le 6 janvier 1844), qui fut remplacé par son coadjuteur Gaspard- Charles de Hohenbalken^, ancien évêque d'fppa inpartibus. (11 mourut le 19 avril 1859.) Son successeur, l'évêque actuel, est M^^ Nicolas-François Florentini (depuis le 16 septembre 1859). Le diocèse de Coire-Saint-Gall comptait environ 221,000 âmes et 200 paroisses. Les petits cantons Uri, Schwyz et Unterwald, avec une population de 14,000, 40,000 et 23,000 catholiques, font aujourd'hui partie du diocèse de Coire. Glaris, qui fut de nouveau annexé à Coire le 24 août 1844, comptait 6,000 catholiques; Appenzell, qui s'y rattachait aussi, comprenait 10,350 cathohques et 41,000 protestants; Saint-Gall, 100,000 catholiques et 58,000 protestants. Ce diocèse possède donc aujourd'hui 160,000 âmes, dont la moindre partie réside dans le canton des Grisons**. — Celui du Tessin, avec 115,000
* Historisch-standesrecht/iche Beleuchtung der Hoheitsreclife des Standes Grauiûndten in Anyelerjenheiten des Bisthunis Chu)\ Coire, 1835.
» Voir les articles Chur-Sct. Gallen et Mirer, dans la Healencyclopœdie de Mauz-Binder.
3 Katholische Blœtter ans Tyrol , Tl nov. 1843, 23 janv. 1844.
* Suivant l'excelleutc statistique du diocèse de Coire pour 1864, les Grisous comi»taient 39,000 catholiques, 52,1 Gfi protnstants, S7 paroisrips,
catholiques, dépend en partie de Côme et en partie de Milan. En 1852 et dans les années suivantes, ce canton a subi une persécution sauvage, dans laquelle le radicalisme suisse, la vengeance et la perfidie italiennes ont célébré leurs orgies * .
Le diocèse de Sion renferme les catholiques du canton du Valais, avec 200 prêtres séculiers, 103 paroisses et 90,000 âmes. Sion a eu pour évêques depuis le commencement de ce siècle : Joseph- Antoine Blatter (3 juillet 1790, mort le 19 mars 1807); Joseph-Xavier de Preux (24 mai 1807, mort le 1" mai 1817) ; Augustin-Sulpice Zen-Ruffinen (28 juillet 1817, mort le 21 décembre 1829) ; Fabien-Maurice Roten (5 juillet 1830, mort le 11 août 1843) 2. Depuis le 25 janvier 1844, Pierre-Joseph de Preux est le soixantehuitième évêque de Sion.
Les libéraux, rentrés dans le canton après la guerre du Sonderbund (1847), chassèrent les jésuites et confisquèrent les biens d'Eglise; ils n'épargnèrent pas même le magnifique hospice du Saint-Bernard, qui s'élevait sur les Alpes comme une providence des voyageurs. Que servaient les protestations des gouvernements et des peuples de l'Europe dans le siècle des droits du plus fort ^ ?
Genève, la Rome du calvinisme, fut privée de catholiques jusqu'à la révolution française. Aujourd'hui, les cathoUques forment déjà la majorité des habitants ; ils ont été rattachés au diocèse de Lausanne par bref du 20 septembre 1829. Le 22 septembre 1864, M. Mermillod a été nommé à la fois évêque d'Hébron et évêque auxiliaire de Genève : premiers débuts d'une restauration de l'évêché de Genève après une
69 prêtres; Lichtenstein, qui appartient aussi à Coire, 8,577 catholiques; Schwyz, 49,049; Uri, U,722; Obwalden, 13,304; Nidwalden, 11,506; Appenzell (Rhodes intérieures), 11,806; Appenzcll (Rhodes extérieures), 2,243; Glaris, 5,866; Zurich (qui fait partie de Coire), 11/(97 cathohques; en tout, 163,000 catholiques (outre 381,812 protestants, 170 paroisses, 273 prêtres séculiers, 357 écoles élémentaires, etc.).
1 De7^ Justizmord in Tcssin (1856), dans Histor. -polit. Blœtter, t. XXXVII, 785-802; Bas Ende des Prozesses Degiorgi (juin 1856) ; XXXVIII, 168-186. — La Question du Tessin, par un citoyen genevois. Genève, 1863 (séparation du canton des deux évêchés précités).
2 Kathol. Blœtter aus Tirol, 23 août 1843.
' Le grand Saint-Bernard (par Riancey), dans l'Ami de la religion, 1852, 6 mars, 2 et 15 juin, etc.