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LE CAP, LA RÉUNION, MADAGASCAR

année, 80 baptêmes d'adultes, 450 communions pascales. Le nombre des missionnaires était de 9, dont deux indigènes; il y avait 9 églises ou chapelles*. — Le 28 août 1860, un vicariat apostoli(iue fut établie pour Dahomey^.

La mission du Cap (Afrique méridionale) n'a pris quelque développement que depuis 1837, année de la fondation de son premier vicariat apostolique. En 1840, le nombre des catholiques de toute la colonie du Cap n'était encore estimé qu'à 2,588. En 1851, il existait deux vicariats apostoliques : l'un pour le district occidental, avec la ville du Cap pour capitale : l'île de Saint-Hélène en fait aussi partie ; l'autre pour le district oriental, le vicariat de Grahamston. On y joignit ensuite celui de Port-Natal, dirigé depuis 1851 par Allard, religieux oblat. En 1851, une nouvelle éghse fut consacrée dans la ville du Cap en présence de trois évêques^. — La mission des îles Séchelles, reprise en 1853, est placée sous un préfet apostolique et confiée aux capucins de la province de Savoie.

L'île de Bourbon ou de Saint-Denis, qui appartient à la France, forme un diocèse distinct depuis 1850" (28 septembre). En 1852, on y comptait 50 frères des Ecoles, 52 sœurs de Saint -Joseph de Cluny vouées à l'instruction; en 1868, elles possédaient 24 établissements. Leur influence n'est pas moins salutaire dans les Antilles. En 1868, l'île renfermait 84 prêtres, tous ou presque tous Français ; car le séminaire du Saint-Esprit, à Paris, est en même temps le séminaire diocésain de l'île de Bourbon^. — Les missions de Madagascar sont présidées par les jésuites, qui, n'ayant pu pénétrer dans l'île même, ont érigé (1850) sur l'île Bourbon (Réunion) deux écoles, fréquentées par une multitude d'enfants malais. En 1851, les missionnaires n'avaient pu encore pénétrer dans le pays. De 1844 à 1853, il était mort deux évêques (les jésuites Dalmont et Monnet), deux prêtres et deux catéchistes;

* Annales, 1866, p. 244.

' Annalen (de Munich), 1860, 1861, 1863, 1865, p. 22, 213; 1867, p. 234- 250, 385-401.

* Annales de 1854, IV, 45. (Cf. 1851, I, 17.) Sur l'évêché de Natal, voir Annalen, 1868, I, p. 49-72.

* Annales de Lyon, 1854, t. IV, 45.

* La France ecclésiastique pour l'an 1868, p. 633-638.

17 i HISTOIRE DE l'ÉGLTSE.

les deux établissements de l'île Bourbon étaient le seul fruit de la mission*. Depuis 1856, les renseignements ne sont pas meilleurs. La maison de refuge et l'institution de Nazareth étaient florissantes ; mais l'entrée dans l'intérieur de l'île est restée défendue sous peine de mort.

Après la mort de Ranavalo(na), cette femme tyrannique qui avait régné trente-trois ans, le trône échut en 1862 au roi Radama II, couronné en octobre 1862. Orné des plus magnifiques dons, favorable aux Européens et au christianisme, ce prince dégénéra sensiblement dans l'espace de quelques mois ; privé de bons conseils et ne sachant pas se commander, il tomba victime d'une insurrection le 12 mai 1863. Sa femme Rasoaheryna, proclamée reine le jour précédent, protégea les missionnaires, leur confia l'éducation de ses enfants adoptifs et leur accorda la liberté absolue d'enseignement. Les années 1864- et 1865 des Annales des missions ne donnent point de nouvelles de Madagascar ; les dernières sont consignées dans la lettre d'un missionnaire, écrite de la capitale Tananarive le 3 juillet 1866. Selon cette lettre, la reine, dans un discours officiel prononcé le 28 juin 1866 au milieu d'une grande assemblée, aurait dit ces paroles : « Si je règne, c'est que je ne suis point une femme, mais un homme... De méchantes langues ont osé pubher que la prière (la rehgion) des chrétiens allait être défendue et ceux qui la pratiquent jetés dans les chaînes. — Non ! la prière des chrétiens ne sera point interdite ; chacun est libre de s'y conformer. » — La propagation rapide du christianisme parmi ce peuple admirablement doué est puissamment contrariée par les passions qui régnent dans son sein et par diverses autres causes. — Somme toute, l'Afrique est un sol extrêmement ingrat pour le christianisme.

Parmi les (iallas, dans le sud de l'Abyssinie, un capucin nommé Guillaume et évêque de Massaya, travailla pendant plusieurs années (depuis 1846). L'Abyssinie a été évangélisée par le vicaire apostolique Justin de Jacobis (6 juillet 1847, mort le 31 juillet 1860), et par son coadjuteur le lazariste Laurent Biancheri (depuis 1853, mort le 11 septembre 1864).

1 Annalen 1854. II, p. 20-32.

? Annalen der Verhreituny des Glauhens (de Munich), 1867, p. 459-463.

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