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PÉROU, CHILI, LA PLATA, PARAGUAY

les anciens diocèses de Cusco, Arequipa , Truxillo , Chachapoyas ou Maynas, Guamancha ou Ayacucho. rétabli par Grégoire XVI. Pie IX a créé Huanuco et Puno, occupés depuis 1865 et 1862. La république du Chili (1 ,500,000 habitants) possède l'archevêché de Santiago, dont la magnifique capitale de ce nom compte autour de 100,000 habitants, qui rivalisent de zèle religieux avec ceux de Lima. Le diocèse de la Conception remonte à la période espagnole ; Séréna fut érigé en 18-42, et San- Carlo di Ancad en 1843. Santiago, qui dépendait de Lima, a été constitué en archevêché. De nombreux capucins venus d'Italie (54 en 1852) furent accueilUs avec la plus grande joie et envoyés en mission chez les sauvages Araucanos. Les jésuites s'y fixèrent également '. En 1856, une controverse religieuse ayant éclaté entre l'archevêque Rafaël Valentin Valdivieso et le gouvernement, elle fut vidée en faveur de l'Eghse, grâce à la fermeté des habitants de Santiago '.

L'Eglise de Buenos -Ayres^ et des Etats de la Plata eut beaucoup à souffrir des agitations politiques. Déjà en 1820, il y avait 13 gouvernements différents dans les pays de la Plata. Don Manuel Rosas, à partir de 1829, exerça pendant vingt années une domination oppressive. Dictateur en 1835, il fut renversé en 1852, et eut pour successeur Urquiza. Rosas était un homme violent, qui voulait faire de l'Eghse son esclave. Les relations avec Rome étaient rompues, le schisme étabh, les sièges épiscopaux orphelins, la disette des prêtres permanente. Pendant plusieurs années Buenos -Ayres fut administré par un évêque in partibus. Ce fut en 1854 seulement qu'il reçut le titre d'évêque de Buenos -Ayres". Les diocèses de Tucuman (Cordova) et Salta étaient anéantis; ils sont repourvus depuis 1858 et 1860. Buenos-Ayres a été érigé

» Le Catholique, 1848, n. 2, append. En 1837 déjà, 150 franciscains s'étaient embarqués à Gènes pour le Chili, la Bolivie et le Pérou. {Allg. Ztg., 24 janv. 1837.) — Ces départs pour les missions, surtout à Gènes, se sont continués jusqu'à nos jours. {Missionsannalen, 1854, VI, p. 1-13.)

' Eyzaguirre, I (337-436), p. 380. — Dénouement heureux d'utie dispute ecclésiastique au Chili , dans Deutschlund , 22 février 1857 (de Santiago, 9 novemb. 1856).

' Buenos-Ayres et les provinces argentines, par Ch. Andrée, 1856.

♦ Sa cathédrale ferait l'admiration des plus grandes villes européennes. (Weech, Reise nach Brasilien und La Plata, t. III. Mch., 1831, p. 34.)

502 HlSTOlî'E DE l'église.

dernièrement en archevêché (4- mars 1865), et on a institue le diocèse de Parana.

Le Paraguay, dont la population est d'environ 750,000 habitants, possède un évêque à l'Assomption, où le dictateur Francia* règne avec une sévérité de fer depuis 1840. 11 a persécuté l'Eglise, supprimé les couvents et expulsé l'évêque, qui est mort en exil. Il était devenu tellement étranger à l'Eglise qu'il disait : « Je me souviens à peine du temps où j'étais encore catholique comme vous. »

L'Uruguay (120,000 habitants environ) n'a point encore d'évêché ; mais le préfet des missions de l'Amérique septentrionale a son siège dans la ville principale, Montevideo, et préside à toutes les corporations de missionnaires destinées à venir au secours des diocèses du Chili , du Pérou , de la Bolivie , des Etats de la Plata^, etc.

Le Brésil, qui s'était détaché du Portugal le 7 avril 1831, voulut cependant lui rester uni dans la guerre contre l'Eghse. Bon Pedro, le grand persécuteur de l'Eghse, après un règne de cinq ans , fut rassasié de l'empire du Brésil , et abdiqua le 7 avril 1831 en faveur de son fils don Pedro II, âgé de cinq ans (d'Alcantara, né le 2 décembre 1825). Plusieurs régents gouvernèrent pendant la minorité de ce dernier. Le siège épiscopal de Rio-Janeiro étant devenu vacant, la régence nomma en 1833 le docteur Antonio M. D. Moura, que recommandaient ses tendances antireligieuses. Une longue froideur en résulta entre Rome et le Brésil en 1833 , et un schisme était à craindre. Deux choses sont remarquables dans cette controverse : les armes qu'employa la régence et la fermeté religieuse des états du Brésil, qui empêchèrent une rupture avec Rome. Le 23 septembre 1835, le gouvernement adressa à Rome une note grossière, qui n'était qu'une copie, digne d'un écolier ^, de la note adressée à la sublime Porte par le lord

» Âllg. Ztg.y 31 janv. 2 févr. 1835.

'Michelis,art. Amérique du Sud, dans V Encyclopédie de la théol. cathol. Un établissement semblable, pour les missions du Sud-See, se trouve à Valparaiso, dans le Chili.

' Voici une phrase qui donnera une idée de la fécondité littérdre du gouvernement du Brésil : « Le Saint-Siège est dans l'erreur (la haute Porte est dans l'erreur), s'il (si elle) doute de l'unité de vues, d'intentions et de vœux qui préside aux déterminations du gouvernement du

LE BRÉSIL. aO.'î

anglais Strangford. Si le pape ne cédait pas dans l'espace de deux mois, le Brésil se séparerait de lui. Le pape voulut que cette note fut communiquée au corps diplomatique. En 1837, le gouvernement sollicita auprès des états du Brésil l'établissement d'une Eglise séparée. Mais, ô miracle du dixneuvième siècle I les deux chambres, les journaux libéraux eux-mêmes s'opposèrent à la rupture avec Rome. Le docteur Moura demanda d'être déchargé de son diocèse. Mais le gouvernement voulut pousser les choses à l'extrémité, et le docteur Moura ne fut congédié que sous un nouveau ministère. 11 partageait les sentiments du P. Feijo, qui réclamait l'aboUtion du célibat et autres usages ecclésiastiques *.

Jusqu'ici le Brésil n'a encore qu'un archevêché, Bahia, ou San-Salvador ; l'archevêque porte le titre de primat du Brésil. M^' R.-A. de Seixas (30 mai 1827, mort le 29 décembre 1860, âgé de soixante- treize ans) est un des meilleurs écrivains du Brésil ; ses œuvres complètes ont paru de 1839 à 1860 en six volumes. Ses Mémoires ont été pubhés en 1861, après sa mort*. C'était une des grandes lumières de l'Eglise au Brésil. L'archevêché a pour suffragants les 8 évêchés anciens de Rio- Janeiro ou Saint-Sébastien, Belem ou Para, Cujaba, Olinda ou Fernambuco , Lodovico de Maranhao, Marianna , Goyaz, Saint- Paul et Saint- Pi erre dans la province de Rio- Grande-del-Sur, fondé par Pie IX. Diamantina et Fortalezza ne datent que de 1860 : en tout 12 diocèses pour 6,500,000 âmes environ'. — En 1852, les 16 paroisses de Rio-Janeiro comptaient 265,000 âmes, et la province entière 500,000". L'Eghse du Brésil a été indigente dès le principe et asservie par le gouvernement. Depuis 1824, tout ce qui pouvait être confisqué l'a été, et maintenant il n'y a plus aucune dotation assurée. Les églises sont misérables , les prêtres clairsemés.

Brésil (des cours alliées). » La note impériale n'a pas une seule phrase qui lui soit propre.

* Voir d'autres détails sur ce conflit dans Wiseman : Abhandlg. ûber verschiedene Gegeastœnde, t. 1, 1854, p. 253-285 : Das Ansehen des heiligen Stuhles in Sûd-Amerika.

* Diccionario d. Inn. da Silva, t. VII. Lisboa, 1862, p. 186. ' Burmeister, Reise nach Brasilien. Berlin, 1853, p. 587-589.

* Burmeister cite les paroisses et les succursales, p. 577-583. — Cf.

o04 HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

§ 3. Situation de l'K«|^iise en Europe.

Parmi tant de sujets de tristesse et de deuil qu'offre depuis plus d'un siècle le gouvernement du Portugal^, dominé par l'esprit de Pombal, il présente aussi plus d'une cause de consolation. Le peuple portugais est encore foncièrement catholique ; laborieux et sobre, il a conservé ce noble orgueil national, qui, d'une part, peut conduire aux abîmes ou endormir dans la mollesse et l'indolence une génération qui voudrait se reposer à l'ombre de ses vieux lauriers, mais qui, d'autre part, est nécessaire à un peuple catholique et chrétien qui veut remplir sa divine mission. Et cet orgueil n'est pas l'effet d'un égoïsme étroit et individuel : il se plaît à rendre hommage au peuple tout entier dont le Seigneur a fait l'instrument de sa gloire dans les siècles passés. Une foule de laïques catholiques combattent encore aujourd'hui pour les vrais intérêts de l'Eglise. — Plusieurs sont enclins à jeter un regard de mépris sur la littérature portugaise : c'est à tort. Nous avons sous les yeux le Diccionario bibliographico Portuguez , estudos de Innocencio Francisco da Silva applicaveis a Portugal et ao Brasil, tomes I-YII^ Lisbonne, 1858- 1862. A mesure que nous le parcourons, nous sommes de plus en plus étonné de la richesse et de la variété de cette littérature dans le temps présent. Malgré tous les orages et toutes les persécutions, malgré les pertes extérieures qui ont désolé l'EgUse portugaise, le clergé catholique actuel ne le cède à aucun autre en activité littéraire. Tout évêque ne peut pas être auteur, cela est vrai en Portugal comme partout. Parmi les nombreux auteurs portugais dans le siècle présent, nous ne citerons que les suivants : le franciscain Manuel do Cenaculo, premier évêque de Beja, 1770-1802, puis archevêque d'Evora, mort le 26 janvier 1814; auteur de grands travaux en philosophie, en théologie et en his-

Allg. Ztg., 2 juin 1839. — Reise um die Welt in den Jahren 1845-1851, par Seemanu, 1 vol. Hanov,, 1853, p. 15-18. — Reise nach Brasilien , par Martius et Sphix, nouvelle édition. Augsb., 1854. — Eyzaguirre, t. I, p. 1-86. — Ce voyageur, comme la plupart des autres, fait une sombre peinture de la situation religieuse et morale de ce pays. — Marschall, III, p. 15-75.

l'église en EIJROPF-. : l'ORTî (ÎAL. 50.S

toire, « il a rendu aux sciences des services tels qu'ils ne s'effaceront jamais du souvenir reconnaissant de ceux qui aiment et cultivent les lettres. »

François de Saint-Louis* (a Sancto Ludovico), bénédictin, patriarche et cardinal, né à Lisbonne en 1766, mort le 7 mai 18i5, était un vrai prodige par la variété étonnante et la solidité de ses connaissances. Silva cite de lui jusqu'à centtrente-cinq écrits ou traités sur l'iiistoire politique et religieuse, sur l'archéologie sacrée et profane, sur les langues, la navigation et les conquêtes des Portugais, sur des questions pratiques 2, etc. Le bénédictin François - Alexandre Lobo, évèque de Viseu (1820, mort le 9 septembre 1844, exilé depuis 1833 jusqu'en 1844), était un théologien profond et universel; Alexandre Herculano, quoique ennemi du clergé, le donne pour « un modèle en matière de scrupule littéraire, d'érudition et de style ^. » Tous les savants ne sont pas auteurs , ils ne peuvent ni ne veulent l'être tous ; mais le nombre des évêques savants est beaucoup plus grand que celui des évêques publicistes. Jean de Magelhaës, évêque de Porto depuis 1816 (mort le 16 mai 1833), « était un des plus savants hommes de son temps, mais il était surtout versé dans l'histoire et dans la science des antiquités; sa mémoire était prodigieuse. Il a beaucoup écrit, mais il n'a rien publié. Dans l'espace de trente ans, il s'était formé une bibliothèque de plus de 3:2,000 volumes, à laquelle il avait sacrifié sa fortune*. » (Elle fut vendue dans la suite par le gouvernement, et sa collection de monnaies, non moins précieuse, prit la route de l'xAngleterre).

Ce que nous avons dit du Portugal convient également à l'Espagne. La masse du peuple y est foncièrement catholique, tempérante et appliquée. Cela est généralement vrai du nord

* Silva, t. V, p. 389-396. Silva énumère soixante-dix de ses écrits, dont plusieurs inédits.

* Obras complétas de D. Fr. Francisco de S. Luis, cardeal jjatnarcha de Lisboa, t. I. Lisboa, 1855.

3 Obras de D. Francisco Alexandre Lobo, Bispo de Viseu, t. l. Lisboa, 1848; t. II, 18 i9; t. lll, 1853. (Cette publication devait avoir dix volumes, mais l'éditeur étant mort sur ces entrefaites, personne ne s'est trouvé pour continuer son œuvre.)

* Silva, III, 403-404.

tout entier, du centre et en partie du sud. Je trouve, en somme, que le Nord, surtout la Catalogne, la Navarre et les provinces basques, s'est très-bien conservé ; mais il me semble aussi que Madrid a été et est encore pour l'Espagne ce que Vienne a été et est encore pour l'Autriche, du moins pour les pays cisléthaniens. Séville et Malaga sont singulièrement déchues. La perte de l'Amérique méridionale a été beaucoup plus funeste à l'Espagne qu'on ne veut l'avouer. La vigueur naturelle, la force expansive du peuple s'est trouvée toutà-coup arrêtée et comme refoulée sur elle-même. Les énergies qui demandaient à se déployer au dehors ont été emprisonnées dans l'Espagne, et comme elles n'avaient rien perdu de leur nature, elles se sont retournées les unes contre les autres pour s'entre-déchirer dans des luttes barbares. — Que l'Espagne était grande, magnifique, merveilleuse dans les années 1803 à 18i3; et qu'elle nous parait petite, misérable, sauvage et aveugle dans les années 1820 à 1823! Que s'est-il donc passé dans ces quelques années ? L'Espagne ayant perdu de l'autre côté de la mer la seconde moitié d'elle-même, s'est livrée à sa mauvaise humeur, et chaque parti a rejeté sur le parti contraire la faute de leur commun désastre. « Donnez nous une constitution, s'écriaient les libéraux, la plus hbre constitution du monde, et les blessures du pays seront fermées. Une constitution ou la mort ! » L'Espagne était profondément tombée. Ce furent la noblesse, la couronne, l'Eglise surtout qui durent en subir la peine. C'est pourquoi : « A bas les couvents! A bas l'inquisition ! A bas la fortune de l'Eglise! Dans nos mains tout prospérera de nouveau. » On pilla les églises, on s'enrichit de leurs biens, mais on continua de haïr l'Eghse. Il est inconcevable tout ce que renferme d'incrédules un pays qui passe en deçà des Pyrénées pour le pays de la foi et de la piété. L'Eglise est réduite à la mendicité et vouée aux gémonies, ses étabhssements détruits, ses bibliothèques éparpillées et saccagées. Comment, dans une telle détresse, les études théologiques pourraient-elles prospérer ?

Et toutefois l'Espagne ne le cède à aucun autre pays en talents, en écrivains capables. Chez nous, me disait un historien ecclésiastique, Vicente la Fuente, il faut que l'auteur vive

l/ESPAfiNE. riOT

du professeur. Il y a plus : (luanlité d'auteurs sont obligés de vendre leurs bibliothèques pour faire imprimer l'un ou l'autre ouvrage. — Dei)uis que le clergé est deveim pauvre, personne n'achète plus d'ouvrages scienti tiques un peu coûteux. La somme annuelle dont disposent les bibliothèques de l'Etat est incroyablement minime, et l'on trouverait difficilement un pays où il y eût autant qu'en Espagne de manuscrits qui attendent un éditeur. Malgré cela, la littérature espagnole contemporaine peut citer les plus magnifiques œuvres. L'Es pana sa g racla, commencée par H. Florez en 1747, est arrivée depuis 1866 à son cinquantième volume, à peu près la moitié du tout^ Ni l'Angleterre, ni la France, ni l'Italie, ni l'Allemagne ne pourraient montrer un ouvrage aussi bien réussi, aussi riche en documents de la plus haute importance. C'est un vrai trésor pour l'histoire de l'Eglise. Une autre publication digne de figurer à côté de celle-là est le Viage literario a las Iglesias de Espana^ voyage littéraire aux églises d'Espagne, par Jean Yillanueva, qui a paru en 22 volumes de 1804 à 1821, puis de 1850 à 1852 aux frais de l'académie historique. C'est l'histoire des diocèses de Valence et de Catalogne^. Deux capucins ont rédigé en 9 volumes l'histoire de l'Eghse de Saragosse (t. I-IV par Huesca; V-YII par Jacca et Barbastro, VIII-IX). Cet ouvrage, parfaitement écrit, a été presque entièrement détruit par un incendie ^. Il en est de même du beau travail de Latassa, en H volumes, sur les auteurs de l'Aragon*.

Nous renvoyons au manuel de Thomas Munoz y Romero ceux qui veulent connaître le nombre prodigieux des mono-

' Espana sayrada , commencée par H. Florez (29 vol.), continuée par Risco, t. XXX-XLIl (anu. 1774-1801); t. XLIII-XLVI, par Merino et Canal (tous augustins); t. XLVII-XLVIII publiés par le prêtre Sainz de Baranda; t. XLIX-L (Madr., 1865-1800), par le laïque Vicente la Fuente, déjà mentionné, professeur d'histoire ecclésiastique à Madrid, auteur de Historia ec/esiastica de Espana, 4 tom. Barcelona, 1855-1858.

« Viage literario. Madrid, 1803-180G, t. I-V; t. YI-X, Valencia, 1821; t. XI-XXII, Madr., 1850-1851.

3 Je n'en ai pas trouvé un seul exem[ilaire complet en Espagne; mais dernièrement on en a vendu un 400 fr. pour l'Amérique. — Teatro histôrtco de las iglesias de Aragon. Pamplona, 1770-1807, t, 1-IV, por Fr. Lamberto Zaragosa; V-IX, por Fr. Ramon de Huesca.

* Biblioteca antigua (t. I-II) y nueva de los Escritores aragoneses , t. III-VIII. Pamplona, 1796-1802.

graphies sur l'histoire ecclésiastique et profane des villes, localités et provinces*. On y voit indiqués 109 écrits sur Saragosse, 84 sur Séville, 73 sur Grenade, 67 sur Tolède, 120 sur Valence, 40 (seulement) sur Barcelone, 39 sur Cordoue, etc.

Dans le présent siècle, trois collections des conciles d'Espagne ont été publiées ; la première, par Antoine Gonzalès, de 1808 à 1820, ne renferme que la collection visigothe; la seconde, par Tejada y Ramiro (5 volumes, 1848-1855)*, qui en a donné quelques années après une édition entièrement nouvelle et fort augmentée^.

Ceux qui voudront compléter cette revue des richesses de la littérature espagnole dans des temps et des conjonctures si défavorables, pourront consulter les articles Bibliothèques et Collections de l'ouvrage de don Denis Hidalgo, sur la littérature espagnole au dix-neuvième siècle".

La base de l'ordre ecclésiastique actuel en Espagne est le concordat du 5 septembre 1851, en 46 articles'*; la religion catholique y est reconnue pour la seule religion du pays. Les

' Diccionario bibliograficG-histôrico de los antiguos reinos, provincias, ciudades, villas, Iglesias y santuarios de Espana, por Don Tomas Munoz y Romero, obra ... impresa é expensas del gobierno. Madr., 1858. — Pour la province d'Estramadure, l'une des plus pauvres en villes et en monuments, on possède l'ouvrage déjà cité : Catâlogo de los libros, etc., que tratan de las provincias de Extremadura, compuesto por Vie. Barrantes. Madr., 1865.

' Tejada y Ramiro, Coleccion de canones y de todos los concilios de la lylesia espagnola, unica compléta en Castellano. Madr., 1849-1855; 5 vol. in-fol.

' Les tomes I-IV sont intitulés : Col. de canones de la Iglesia de Espana y de America (1859). Le tome V (1855) contient les conciles de 1473 à 1601, notamment les deux conciles de Mexico, les trois de Lima, outre de nombreux conciles omis précédemment. Le tome VI (1859) contient divers appendices , ainsi qu'un recueil précieux , publié pour la première fois, de quarante-deux conciles de Tarragone, le dernier de 1752, le quatrième de Mexico en 1771, sous le grand cardinal Lorenzana; le quatrième de Lima (du 12 janvier 1772 au 5 septembre 1773), sous l'archevêque Didace -Antoine de Parada. Ces deux conciles étaient jusqu'ici inédits. Un appendice, généralement désiré, s'y rattache sous le titre de : Coleccion compléta de concordatos Espanoles, Madr., 1862 (de J418 à 1851).

* Diccionario gênerai de bibliografia espaiiola, par don Dionisio Hidalgo. Madr., 1862, t. I (seul volume publié, l'auteur étant mort sur ces entrefaites.)

» Acia PU IX, t. I, p. 311-341.

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