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archevêchés de Tolède, Burgos, Grenade, Saragosse, Séville, Tarragone et Valence sont restés ce qu'ils étaient. On a supprimé les évèchés d'Albarracin , Barbastro, Ciudad-Rodrigo, Solsona, Iviza, Tenériffe, Tudela et Ceuta. Ciudad- Réal, Madrid et Viltoria ont été érigés en évêchés. Les deux premiers ne le sont pas encore défmitivement , sans doute à cause de la résistance de Tolède. Valladolid a reçu pour suffragants Ségovie, Astorga, Salamanque, Avila etZamora. C'est Tolède qui a le plus perdu. Elle n'a presque rien recouvré de son ancienne splendeur; elle ne devait plus avoir sous sa dépendance que les évêchés de la Nouvelle-Castille : Siguenza, Cuenca, Coria, Placentia, Ciudad-Réal et Madrid. Ce dernier n'ayant pas été créé, il ne lui reste que 4 suffragants, tandisquesajeune rivale en a 5, Valence i, Tarraco 6, Séville 4, Grenade 5, Saragosse 5, Compostelle 5, Burgos 6 : total 51 . Sont compris dans ce nombre les évêchés des îles Baléares et Canaries , et non les trois évêchés des Indes occidentales, ni les quatre des Philippines. Avec ces derniers, l'Espagne compte 58 diocèses*.
En 1865, l'Espagne comptait 39,122 prêtres; en 1862, i0,318. En 1862, les séminaires de Trente et autres institutions ecclésiastiques renfermaient 24,368 élèves, et en 1865 seulement 23,614. La plupart sont externes. En 1862, le chiffre de l'ancienne population des couvents dans tout le pays s'élevait à 7,409; en 1865, à 6,560 seulement. Trente-trois ans se sont écoulés depuis la suppression des couvents. Depuis lors, l'Espagne n'a plus de couvents d'hommes, mais seulement des corporations religieuses. En 1864, elle possédait 610 piaristes avec 34 maisons, 65 lazaristes, 31 oratoriens, 139 jésuites en clausura.
La France, en 1848, ne sachant comment sortir de l'anar-
' Le concordat de 1851, dans Tejada y Ramiro, t. Vll, p. 1, contient la liste de tous les décrets relatifs au concordat jusqu'en 1862. — Suplemento al Biccionario de Teologia del Âbate Dergier, por Antolin Monescillo, d'abord évèque de Calahorra, et maintenant de Jaën, auteur d'une traduction espagnole de la Symbolique de Mœliler sur la version française (Madr., 1837), laquelle contient de nombreux articles sur le concordat. — Hergenroether, Spaniens Verhandl. mit dem rœmischen Stuhle, etc., dans Moy, Archiv fur kathol. Kirchenrechf , 1864. — Castillo y Ayensa, Historia de las negociaciones cou Roma desde la muerte del rey Ferd. VU, 2 tom. Madr., 18o9.
chie où elle était tombée, improvisa une république. Mais il y eut entre 4848 et 1830 une différence énorme. En 1848, la religion avait reconquis l'estime générale; les prêtres n'étaient plus persécutés, ni les cérémonies du culte vouées à la dérision. On respecta jusqu'à la robe dominicaine du P. Lacordaire. Les Français, recouvrant peu à peu la mémoire, se souvinrent qu'ils avaient été autrefois une grande nation catholique. Mais, dès le mois de juin de 1848, une révolution sociale éclatait dans les rues de Paris. L'archevêque, M^"" Denis Affre^ étant intervenu dans l'espoir de mettre un terme à la lutte, fut blessé à mort d'un coup de fusil, et mourut le 27 juin; comme son homonyme le premier évêque de Paris, ce bon pasteur avait immolé sa vie pour son troupeau ^ . La prétendue république eut pour président, depuis 1848, Louis Bonaparte, devenu empereur après le coup d'Etat du 2 décembre 4851. Jusqu'en 4857, la bonne intelligence régna entre lui et l'Eglise. La loi sur l'instruction, du 15 (24) mars 1852, dont la France fut surtout redevable au ministre Falloux, et à propos de laquelle le flexible Thiers se rapprocha sensiblement de la droite, parce qu'il craignait un peuple sans religion, cette loi supprima le monopole de l'enseignement universitaire^. Nous avons vu plus haut combien les écoles ecclésiastiques se sont accrues depuis ; le nombre des membres des corporations religieuses augmente d'année en année ^. Le gouvernement de Napoléon III a doté 6 évêchés nouveaux, dont 5 dans les colonies. On lui doit une reconnaissance particulière pour avoir restauré ou construit plusieurs cathédrales, églises, demeures
* Heuri de Riancey, Msr Affre, archevêque de Paris, esquisse biographique, 1848. — Bibliographie catholique, décembre 1849. — P.-M. Cruice, Vie de Denis-Auguste Affre, archevêque de Paris, 1849. — Le même, Abrégé, 1850, 1861.
* Voir les détail? de cette histoire et les ouvrages à consulter dans Histor.-poL Blœtter, t. XXXIX, 33-48, 89-100; t. XLVllI, 1-29,106-115, 184-208,411-420,441-471, 653-G69-989-1002. — Hettiii^er, Die religiœsen und socialen Zustœnde in Paris. Wiirzb., 1852.
* La France ecclésiastique ne donne point le nombre des personnes religieuses pour chaque diocèse ni pour la France entière ; elle ne cite que les congrégations religieuses établies dans chaque diocèse. Le gouvernement assurait, il y a plusieurs années, que depuis 1848 ce chiffre s'était élevé de 6,000 à 24,000.