LA FRANCK
épîscopales et ciiriales, en un mot pour les soins qu'il a consacrés aux intérêts matériels de l'Eglise.
Depuis i8o7, depuis le congrès de Paris, depuis l'attentat du li janvier 1858 sur Napoléon, depuis le compliment adressé de Paris à l'Autriche en 1850, à l'occasion du nouvel an, depuis l'invasion et le pillage des Etats de l'Eglise en 1859 et 1860, à propos desquels Napoléon n'a pas fait une seule démarche en faveur des catholiques ; depuis la fameuse convention du 15 septembre 18()i, dans laquelle Napoléon a sacrifié en fait les Etats de l'Eghse; depuis le 8 décembre 1864 et les suites qu'il a entraînées; depuis que le gouvernement a nommé évêques des hommes qui sont connus pour leur impérialisme, que Rome n'a pas reconnus ou n'a reconnus qu'en hésitant, afin d'éviter de plus grands maux ; depuis l'invasion de l'incrédulité sous toutes les formes ; depuis que l'immoralité croissante a tenté plus d'une fois de se cacher dans les plis du manteau impérial ; depuis que l'équivoque, l'incertitude, l'indécision se sont accrues et qu'on a paru soutenir les partis les plus opposés, les relations entre l'Eglise et l'Etat ont été constamment tendues. Cet ordre de choses dure depuis près de dix années. Heureusement, l'opinion catholique est si puissante en France qu'elle entrame ceux-mêmes qui lui résistent. Le gouvernement de Juillet l'a éprouvé dans plus d'une circonstance, ainsi que l'exprimait le maréchal Soult dans son énergique langage*. Aujourd'hui, le mouvement catholique est encore plus puissant que sous Louis-Philippe.
Les relations entre Napoléon III et les catholiques de France ont été éclairées d'une lueur passagère par l'envoi à Rome d'un corps d'armée en octobre 1867. Sans lui, Rome serait probablement tombée en proie aux garibaldiens. Napoléon III pensait sans doute à l'orage qui se déchaînerait sur la France, si le pape était ou tué, ou fait prisonnier, ou réduit à fuir; il craignait peut-être que cet orage n'emportât son trône, et en secourant le pape, c'est lui-même qu'il a secouru. La force de l'opinion catholique en France peut s'apprécier par l'attitude des deux chambres dans la question romaine.
• Voir son mot, omissis omittendis, dans K.-G. des xix Jahrh., III, 79.
Quant à la littérature théologique en France, elle est trop abondante pour que nous puissions entrer dans le détail. Nous avons déjà cité les publications périodiques. — Un signe caractéristique de l'activité littéraire dans le temps préstint, sont les nouvelles éditions qui se publient de presque tous les grands ouvrages des dix-septième et dix-huitième siècles*.
Depuis 1848, les évêques de France ont rétabh les synodes diocésains, et leur exemple a été suivi par des évêques étrangers. En janvier 1868, un synode provincial a été célébré à Poitiers pour la province de Bordeaux.
De même que c'est la France qui a le plus fait incomparablement pour les missions étrangères , c'est en France aussi, à Lyon, que s'est établie l'œuvre de la Propagation de la foi, dont les recettes, depuis nombre d'années, s'élèvent au delà de A millions et permettent seules de poursuivre et d'entretenir les missions. Nous ne savons si notre siècle a produit une société aussi bienfaisante. Les recettes du collège de la Propagande ne sont rien comparées avec celles-là.
L'Irlande, depuis 1831, possède A archevêchés et 23 (24) évêchés. L'archevêque d'Armagh, primat d'Irlande, a 8 évêchés sutfragants; celui de Dublin, 3; celui de Cashel, 7; celui de Tuam, 6. En d868, la première province possédait 373 paroisses; Dublin, 180; Cashel, 327; Tuam, 193; en tout 1,073 paroisses : ce qui donne en dix-huit ans un surplus de 37 paroisses ; cette proportion se rapproche assez de celle qui existe en d'autres pays. En 1868^, on comptait dans les paroisses 992 prêtres, 1,587 administrateurs, curés et autres ecclésiastiques, en tout 2,933 prêtres^; chiffre bien faible pour 5 millions de cathoUques et fort éloigné de ce qui existe ailleurs. On comptait 2,338 éghses et chapelles.
Comme point de comparaison^ nous allons citer les chiffres correspondants de l'Angleterre et de l'Ecosse en 1868. En Angleterre, nombre des prêtres : 1,438; des églises, chapelles et stations, 1,082; des collèges, 19; des corporations
* Nous en avons déjà cité quelques-uns. Quant aux publications de l'abbé Migne, il serait superflu d'en parler.
* Catholic Directory, 1840. — Irish Catholic Directory, in-folio, 18G8, p. 251.
8 En 1843, 2,337 prêtres.
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d'hommes, 67 ; des couvents, 210. En Ecosse : 201 prêtres, et autant d'églises et chapelles; 17 couvents, 2 collèges. Quant au chiffre des catholiques d'Irlande, d'Angleterre et d'Ecosse, il n'est indiqué nulle part.
En I8i3, l'Irlande avait li séminaires diocésains, outre le séminaire des Irlandais rétabli à Rome depuis 1826, composé de 50 élèves et dirigé pendant plusieurs années par M«' Cullen, cardinal de Dublin. Le séminaire des Irlandais, à Paris, renfermait environ 100 élèves. En 1843, l'Irlande comptait encore sept millions et demi de catholiques. Alors commence cette vaste émigration, inouïe depuis des siècles, qu'on a appelée le grand Exode des Irlandais, et qui a réduit peutêtre le nombre des catholiques à moins de cinq milhons. Quant aux prêtres, ils ne peuvent se décider à quitter le pays dans une telle proportion. Les dons volontaires des fidèles, seule ressource du clergé, sont offerts à Pâques et à Noël. Les recettes produites par des fondations de messes sont rares, du moins à la campagne. Les évêques perçoivent un impôt sur tout le clergé. Depuis 1845, l'Etat fournit au collège de Maynooth, séminaire central des Irlandais renfermant 500 élèves, 26,300 hvres (autrefois 9,000); il en a donné 30,000 pour de nouvelles constructions. La question irlandaise fut « la grande controverse politique de l'année 1845; il semblait que le monde allait en perdre la tête. » Il y a quelques années encore, on considérait comme un attentat révolutionnaire toute critique dirigée contre l'établissement de la haute Eglise en Irlande, cette Eglise qui s'engraisse de la substance du peuple irlandais. Cependant, la raison et l'équité ont fini par obtenir un nouveau triomphe en Angleterre, et l'émancipation des catholiques a fait un pas de plus. Le 3 avril 1868, après de longs débats, la maison basse de Londres a voté, à une majorité qui a surpris tout le monde (plus de 50 voix), l'abolition en principe de la haute Eglise angUcane, qui suçait l'Irlande jusqu'à la moelle *.
* La littérature irlandaise contemporaine est indiquée d'une manière assez complète dans VIrish Directory de 18G8, et la littérature anglaiseécossaise catholique dans VEnglish Catholic Directory pour 1868; les ouvrages plus anciens sont signalés en partie dans VHistoire ecclésiast. de Rilter, 4» édit., jusqu'en 1854, et dans Convertitenbilder aus dem TOME m. 33
En Angleterre, de 1688 à 4840, il y a eu 4 vicariats apostoliques, et 8 depuis 1840. En 1850, la hiérarchie épiscopale a été rétablie sous l'archevêque de Westminster et 12 évêques. Le premier archevêque, le cardinal Wiseman (né en 4802, cardinal en 1850, mort le 15 février 1865), a eu pour successeur un converti, M^' Ed. Manning. L'orage qui grondait sur l'Angleterre a été calmé par un bill, c'est-à-dire par la défense de porter le nom et le titre des évêchés anglais. Ce bill n'a fait ni bien ni mal^ et l'Eglise a continué de se développer en Angleterre avec une pleine sécurité.
Après que la Belgique eut été séparée de la Hollande, les catholiques de Hollande, qui forment à peu près le tiers de la population, n'ont plus été persécutés. Le généreux Guillaume II, successeur de Guillaume I" (1840-1848), s'est montré bienveillant aux catholiques, et en 1853 la hiérarchie ecclésiastique a été également rétablie en Hollande. L'archevêché d'Utrecht a pour suffragants les évêchés de Haarlem, Herzogenbusch, Bréda et Ruremond. La tempête soulevée à ce sujet s'éteignit bientôt devant l'humeur flegmatique et le bon sens des Hollandais.
Bans le royaume de Belgique, qui était devenu indépendant en 1830 et s'était donné un roi dans la personne de Léopold P"" de Cobourg, les relations entre les catholiques et les libéraux, race de gens tyranniques qui veulent régner en maîtres, extirper l'Eglise cathohque ou ne lui laisser qu'un semblant de vie, ces relations furent supportables depuis 1830 jusqu'à 1857. Mais en 1857, les élections ayant menacé de tourner au profit des catholiques, le parti libéral s'empara du pouvoir par l'émeute et il l'a conservé depuis. Cette devise : « La liberté comme en Belgique, » a expiré sur les lèvres des catholiques de France, car dans la libre Belgique l'Eglise et le peuple catholique sont foulés aux pieds. L'incrédulité et la démoralisation y gagnent chaque jour du terrain. Ceux qui ont semé le vent récolteront la tempête, et cette moisson-là deviendra de jour en jour plus abondante.
L'archevêque de Matines, François -Antoine, prince de
XIX Jahrh., de Rosenthal, 2 vol. Schaffh., 1868. La très-grande majorité des auteurs anglais de ce siècle sont des convertis.
BELGK^UE, HOLLANDE. 515
Méaii, qui survécut encore à la séparation de la Belgique d'avec la Hollande, s'efforça de maintenir les droits de l'Eglise dans la nouvelle constitution, et demanda notamment la liberté d'enseignement et d'association* (décembre 1830). Il mourut le 15 janvier 1831, et avec lui le dernier prince -évèque de l'empire romain. Son vicaire général, Engelbert Sterckx, ancien curé d'Anvers (né en 1792, la même année que Pie IX), lui succéda en 1832, et fut nommé cardinal en 1838. Cette élection était un hommage rendu à la catholique Belgique.
Sterckx gouverna l'Eglise de Belgique avec prudence et énergie jusqu'à sa mort (4 décembre 1867), et le 20 décembre, le rédemptoriste Déchamps, évêque de Namur depuis deux années seulement, lui fut donné pour successeur. — Les évêchés de Namur, Gaud, Liège et Tournay sont d'origine ancienne. Celui de Bruges a été rétabli en 1835; sou premier évêque est François- René Boussen (1835-1848); son second, le docte Jean-Baptiste Malou (11 décembre 1848, mort le 23 mars 1864) ; son troisième Jean- Joseph Faicht (depuis le 22 septembre 1864).
Liège a eu pour évêques, dans le siècle présent : François- Antoine Méan (1795, résignataire en 1801); Jean Zoepfell (7 juin 1802-1808) ; François- Antoine Léjéas (2 février 1809) n'a été que nommé; François-xAntoine Bommel, homme de mérites et dont le souvenir est en bénédiction (1829, mort le 7 avril 1852) ; Théodore-Joseph Montpellier (depuis le 27 décembre 1852).
L'évêque actuel de Gand est le cinquième depuis le commencement de ce siècle. Le Français Fallot de Beaumont (depuis le 3 juillet 1802), l'un des évêques de cour les plus en relief sous Napoléon, fut transféré à Plaisance en 1807. L'évêque Maurice de Broglie, transféré d'Acqui le 8 août 1807, victime de la persécution religieuse en Hollande, mourut à Paris le 20 juillet 1821. Après une vacance de huit années, l'Eglise de Gand fut dirigée par Jean-François Van der Velde, depuis le 8 novembre 1829 jusqu'à sa mort (7 août 1838). Louis- Joseph Delebecque (évêque depuis le
* L Avenir, n» 29. •— Le Catholique de 1831, I, 356-360. — Roskovany, Monumenta, etc.
51 f) HISTOIRE DE l'ÉGLTSE.
4 novembre 1838), mourut le 2 octobre 1864-, et eut pour successeur, le 27 mars 1865, Henri-François Bracq.
Le cinquième évêché^ Namur, a été occupé par les évêques suivants : Claude-Léopold de Bexon (30 mai 1802 — 15 octobre 1803); Ch.-Fr.-Jos. Pisani de la Gaude (3 février 1804- 1826) ; Nicolas- Alexis Ondernard (28 octobre 1829, mort en 1832). Jean-Aventin Barret, qui avait été vicaire général de Liège pendant la longue vacance du siège (1815-1829), lui succéda le 16 juin 1832 (15 avril 1833), et mourut dès le 30 juillet 1835. Son successeur, Nicolas-Joseph Dehesselle, (1" février 1836), est mort le 15 août 1865. Sont venus ensuite M^' Dechamps (12 novembre 1865), et Théodore-Joseph Gravez (20 décembre 1867), sacré le 8 février 1868.
Tournay, enfin, a eu pour évêques : François-Joseph Hirn (depuis 1802), que Napoléon fit arrêter au concile national de Paris en 1811 ; il mourut en 1819. Joseph Deplancq, qui lui succéda en 1829 seulement, mourut en 1834; il a été remplacé par Gaspard-Joseph Labis (depuis le 6 avril 1835, né en 1792), qui est aujourd'hui le plus âgé des évêques belges.
Les évêques de Belgique sont librement élus par les chapitres, sans l'intervention du gouvernement. La Belgique possède 6 grands et 8 petits séminaires. Les jésuites y sont fixés depuis d835. En 1839, on y comptait 291 couvents de femmes et 42 d'hommes ; plus tard le personnel des femmes fut estimé à 9,717, et celui des hommes à 2,051*. Les universités de Gand, Louvain et Liège dataient de la période hollandaise. Louvain fut supprimée et on conserva Liège et Gand. L'université catholique de Louvain, fondée par les évêques belges le 14 juin 1834, a fait des merveilles pendant la période de trente-quatre ans qu'elle vient de traverser. Son premier recteur, le vieillard François-Xavier de Ram, mort en mai 1865, a bien mérité de l'histoire ecclésiastique belge*.
* Gams, Op. cit., p. 294-388, avec indication des ouvrages à consulter.
* Voir l'article Belgique, dans le Supplément du Dictionn. encyclop. de la théolog. cathoL, édit. Gaume, par Michelis, où l'on montre le côté fâcheux de la situation de la Belgique, situation qui ne fait qu'empirer depuis 1857. L'état des catholiques belges est antinaturel et insupportable; le peuple souffre à la fois dans sa vie morale et dans sa vie matérielle. Un gouvernement hostile à la religion est le pire fléau d'un pays.
PRUSSE, PROVLNCES RHENANES, BAVIÈRE. 517
La situation actuelle de l'Eglise en Prusse a pour fondement, d'une part la bulle Provida solersque, et d'une autre part la constitution prussienne du 15 décembre 1818, dont les articles 12, 13 et 15 garantissent les droits de l'Eglise. Depuis ce temps, aucun conflit sérieux n'a éclaté en Prusse ; ceux qu'on redoutait ont été prévenus par une entente des deux parties. Les ordres religieux, les jésuites mêmes, ont maintenant en Prusse une position respectée. Les catholiques auraient sans doute plus d'un grief à faire valoir, mais au fond leur condition est meilleure que celle des catholiques qui sont en majorité dans certains Etats.
Depuis 1848, les évêques de la province ecclésiastique du llaut-Rhin ont revendiqué l'autonomie de l'Eglise, garantie par la constitution. Le 3 mars 1853, on leur a fait une réponse évasive, suivie de quelques concessions accidentelles. L'archevêque Hermann de Fribourg marcha résolument dans la voie de la hberté religieuse, aux applaudissements du pape , des évêques et des catholiques. Le gouvernement spéculait en vain sur une scission entre l'archevêque et son clergé. Pie IX approuva sa conduite dans deux allocutions (19 décembre 1853, 9 janvier 1854). L'archevêque fut enfermé et gardé à vue dans son palais (23-30 mai). Bientôt après, le gouvernement envoya à Rome des délégués, qui négocièrent les articles préhminaires d'un concordat. Le Wurtemberg entra aussi en pourparlers avec Rome, et une convention fut conclue le 22 juiïi 1857; une autre avec le grand-duché de Bade fut arrêtée le 28 juin 1859 : celle-ci fut rejetée par les états en 1861 , celle-là en 1860. De nouveaux conflits surgirent, et l'hostilité contre l'EgUse, surtout dans le grandduché de Bade, n'a fait que s'accroitje.
En Bavière, l'ordre ecclésiastique repose sur le concordat du 5 juin 1817, lequel a été éludé par l'édit de rehgion*, attribué au protestant Anselme Feuerbach. Sous Louis I" (1825-1848, mort le 29 février 1668), l'Eglise de Bavière atteignit à un degré de prospérité inattendu. Mais des jours plus sombres arrivèrent avant son abdication et se prolongèrent. Le retour vers un état meilleur dépendra de l'esprit
» Dans cet édit, le concordat ne figure qu'à titre d'appendice.
518 HISTOIRE DE LÉGLISE.
de résolution et d'enteiile qui animera les catholiques de Bavière, c'est-à-dire les deux tiers de la population*. En 1848, répiscopat bavarois ayant enfin exprimé ses griefs, fut accusé de se servir des troubles politiques au profit de ses agitations. Depuis que l'édit religieux créé par le chevalier Anselme Feuerbach en opposition au concordat, a été inséré dans la constitution comme partie intégrante, l'Eglise de Bavière est dans les fers et il ne lui reste plus qu'à crier : « Le concordat, tout le concordat, rien que le concordat! » Ajoutons que le concordat primitif 2, conclu le 8 juin 1817, était autrement conçu que le concordat actuel. Une note très-vive , envoyée de Munich à Rome le 7 septembre 1817, disait entre autres choses que la longue vacance des évêchés et les suites qui en étaient résultées étaient imputables au Saint-Siège^. — C'est le langage que Napoléon ne cessait de tenir dans ses négociations avec Rome. Le concordat , qui était daté du 5 juin, mais ne fut conclu que le 14 octobre 1817, fut conduit à bonne fm par le ministre de l'intérieur, le comte Rechberg, favorablement disposé envers l'Eglise. Le roi Maximilien P^ en témoigna sa reconnaissance et son contentement dans
* Concordat und Constituiionseid der Katholiken in Bayern , 1847. — Die katholische Kirche in Bayern, par G. Henner. Wûrzb., 1852. (Le concordat de 1817 se trouve p. 104-118 et dans Bullarium magnum, C07itinuatio, t. XIV, p. 314-320; la bulle du pape figure en appendice). — Anselni Rilter von Feuerbach's Leben und Wirken. Leipz., 1852 (1854); t. II, p. 85. Voir aussi Historisch-pol. Blœtter, 1852, I et II. — Auselm Feuerbach écrivait, le 27 mars 1819 : « Soyez les bien-venus, chers et tendres amis, après une si longue séparation. D'où vient que je semblais mort? Je n'ai jamais autant travaillé que je l'ai fait d'ici (Aiisbach) secrètement. — Il est donc littéralement vrai , cet homme qui a déchiré le concordat bavarois, qui a créé l'édit de religion, le haut consistoire protestant ainsi que les consistoires provinciaux indépendants des gouvernements, sauvé l'université protestante d'Erlangen , cet homme n'est autre que Vésuvius (c'est le nom que Feuerbach se faisait donner par ses amis). — Mais ce n'est point en vomissant des flammes, en mugissant, qu'il a fait tout cela; c'est au contraire dans un calme profond, par une manœuvre un peu hardie, dangereuse, mais bien calculée (en faisant assaut d'adresses et de pétitions) ; la ligne d^opération s'étendait du Bodensée aux monts Fichtel, et était dirigée tout entière par Vésuvius. Mais c'en est déjà trop peut-être pour une lettre. Si seulement je pouvais parler et qu'il ne me fallût pas écrire ! »
* Le concordat primitif se trouve pages 63-74 d'un écrit intitulé : Concordat und Constitutionseid in Bayern.
» Concordat, p. 77-99.