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LES FÊTES ECCLÉSIASTIQUES

fêtes ecclésiastiques, si nous ne les avions mentionnées dans la première période, tels que : la fête du Saint-Sacrement au septième siècle, celles de l'Assomption et de la Présentation de xMarie au huitième. Quant à la fête des Trépassés, voici .quelle fut son origine. Un moine de Cluny ayant entrepris le pèlerinage de Palestine, alla pendant son retour visiter un ermite sur le mont Etna. Cet ermite, prenant l'Etna pour le purgatoire, lui dit qu'une multitude d'âmes souffraient au milieu de cette fournaise, qu'il entendait leurs soupirs et leurs gémissements.

Le moine de Cluny ayant voulu s'en convaincre, fut conduit par l'ermite au bord du cratère, et crut entendre réellement les lamentations des âmes du purgatoire. Rentré dans son pays, il raconta ce qu'il avait entendu, et l'abbé Odilon établit la fête des Trépassés dans tous ses monastères. En 998, Grégoire Y voulant contribuer aussi au soulagement des âmes des défunts, l'introduisit dans l'Eglise universelle. La charité compatissante de ces deux hommes avait trouvé un écho dans l'ordre de Cluny, et telle fut l'origine de cette belle fête, pour laquelle nous devons à Dieu une vive reconnaissance.

Des ordonnances très- salutaires furent portées sous le règne de Charlemagne pour assurer la digne célébration du dimanche et des fêtes ; la barbarie de ces temps en faisait une nécessité absolue, car c'était précisément ces jours-là qu'on exécutait les plus pénibles travaux.

Pendant plusieurs siècles les évêques eurent coutume, en visitant les campagnes, de demander aux curés si dans leurs paroisses on ne dansait pas avec des femmes et n'y exécutait point des chants immoraux. Dans certains endroits, le dimanche durait du matin jusqu'au soir de ce jour ; ailleurs, depuis trois heures de l'après-midi jusqu'au soir ; ailleurs encore, depuis les vêpres du dimanche soir jusqu'au lundi matin. Afin de rehausser la solennité des jours de fêtes, Charlemagne s'était efforcé d'introduire le chant romain en France, et avait institué dans ce but des écoles de chant à Metz et à Soissons, pour y former soit des ecclésiastiques, soit des chantres laïques. Les progrès, sans doute, n'y furent pas très-rapides, mais il en faut probablement attri-

buer la cause à la rudesse des gosiers chez les Francs et chez les Allemands *.

Le désir d'établir autant que possible l'unité et l'harmonie dans le culte, fit supprimer sous Charlemagne la liturgie gallicane ; elle fut remplacée par la liturgie romaine, laquelle fut également substituée à la liturgie franque et alemanne.

Ce fut par une disposition particulière de la Providence que la langue latine devint la langue liturgique de tout l'Occident. Cela se fit spontanément et sans aucune prescription. Partout où les Romains avaient pénétré, en France, en Espagne, en Allemagne même, ils avaient implanté leur langue. Elle se trouvait déjà en Allemagne avant la conversion des peuples germains. On maintint donc l'ordre de choses existant , et dans tout l'Occident, où le christianisme avait été importé de Rome, la langue latine demeura la langue liturgique. Ce n'est ni par la sagesse humaine ni par un dessein prémédité que la langue latine est devenue la langue liturgique de l'Occident ; cela s'est opéré d'une manière à la fois naturelle et miraculeuse, par les institutions pénitentiaires.

S k. Les institutions pénitentiaires^.

C'est par ces établissements que l'Eglise exerçait alors le plus d'influence sur l'état général des mœurs. Dans les premiers âges chrétiens, aucun temps précis n'était fixé pour la confession. La piété était si vive et si profonde qu'une telle mesure eût été superflue. Mais après que tant de peuples barbares furent entrés dans l'Eglise et eurent communiqué

* M. Gerbert, De cantu et musica sacra a prima Ecclesiœ œtate usque ad prœsens tempus , 2 t. iii-4o. Sancti-Blasii, 1774. — Scriptores ecclesiastici de musica sacra potissimum, 3 tomes in-4o. — Ibid., 1784.

G. -Ed. -H. Coussemaker, Scriptorum de musica mcdii œvi novam seriem a Gerbertina alteram colleg. nuncque primum éd., t. I, in-4o. Lille, 1865. — Traités inédits sur la musique du moyen-âge, 1865. — Histoire de l'harmonie au moyen-âge. Lille, 1852. — L'Harmonie {au moyen-âge), Orientis partibus, 1857. — A. Schubiger, Die Sœngerschule von Sanct Gallen, vom Yiii-xil Jahrh . Eins., 1859.

* Voir, pour les ouvrages à consulter, t. I, p. 610. Ajouter : Binterim, Die vorz. Denkw. der christkathol. Kirche, t. V, part, m, die œffentliche Bussanstalt im Mittelalter. — Kunstmaun , Die lateinischen Pœnitentialbitcher der Angelsachsen, Mz., 1844. — Wasserschleben, Die Bussordnungen der abendlœndiscken Kirche. Halle, 1851.

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