‹ Histoire de l'EgliseChapitre 55 sur 253 · LES ADVERSAIRES DU SCHISME. M · texte numérisé non relu

LES ADVERSAIRES DU SCHISME. M

comme par leur science éminente, ont exercé sur l'Eglise tout entière une autorité décisive. Tels furent les hommes qui se mirent à la tête de la réaction, et de toutes parts on accourut à eux pour lutter contre le mal. Quelles calamités n'eût pas éprouvées l'Eglise, si des esprits turbulents, passionnés, divisés entre eux, s'étaient emparés des afTaires 1 Les esprits de cette trempe ne manquaient point alors , témoins Wiclef, Jean Hus et leurs partisans. Ces sectaires^ heureusement, furent éclipsés par d'autres hommes qui attiraient tous les regards. Nous avons nommé Pierre d'Ailly, recteur de l'université de Paris, puis évêque de Cambrai et patriarche d'Alexandrie; Nicolas de Clémanges*, recteur de l'université de Paris, ensuite secrétaire privé de Benoît XIII; mais surtout Jean Gerson, chancelier de l'université de Paris ^; et parmi les Allemands : Henri de Langenstein, originaire de la Hesse,un théologien de Yieime, Théodoric de Niem^ etc. Ces hommes envisagèrent d'un œil ferme le mal qui rongeait l'Eglise^ et ce qu'ils découvrirent, ils l'étalèrent franchement aux regards de l'épiscopat et de toute la clirétienté, demandant leur concours pour y remédier. Le principe cathoUque de l'unité avait encore assez de force sur les esprits pour donner de l'écho à leurs paroles et inspirer pour le schisme une répulsion universelle.

Pour arrêter le mal, trois moyens furent proposés : 1° via cessionis , la résignation volontaire de la dignité pontificale : mais il n'y fallait pas songer ; 2° via compromissi , laisser à des hommes impartiaux le soin de décider de quel côté était le droit : ce moyen fut également abandonné ; 3° via concilii

^ Nie. Clémanges, sa vie et ses éerits, par Ad. Aluentz. Strasb., 1846.

* Sur Pierre d'Ailly, Nicolas de Clémanges, et J. Gerson, voir le chapitre suivant.

' Henri de Langenstein (ab Hassia ), professeur à Paris et à Vienne depuis 1384, mort en 1397, composa vers 1381 le Cofisiiium pacis, où il se plaint notamment de la légèreté avec laquelle on nomme aux charges ecclésiastiques. — Théodoric de Niem, secrétaire de Grégoire XI, partisan d'Urbain VI, resta jusqu'à sa mort (1417) à la cour pontificale [De schismaie, lib. IV), Histoire de l'Eglise, de 1378 à 141 G, Nenius unionis. — Rosenkranz, Dietrich von Niem, in seiner Zeit, in seinem Leben und Berufe. — J.-B. Schwab, Ueber Langenstein, loc. cit., p. 1-21. — Citons aussi Conrad de Gelnhausen, 1391 : Tractatus de congreg. concilia tempère sc/iismatis.

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