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LES ADVERSAIRES DU SCHISME

A rencontre de ce système, Gerson, Pierre d'Ailly et d'autres encore soutenaient que Pierre avait été établi par le Christ chef de l'EgUse et centre de l'unité, qu'il avait été le premier investi de la puissance ecclésiastique, parce qu'il devait, ainsi que ses successeurs, avoir la primauté. Toutefois , ce n'est pas Pierre qui a ordonné les autres apôtres , ce n'est pas de lui, comme de la source qu'ils ont reçu leur autorité. C'est à tous que Jésus-Christ a dit : Recevez le Saint- Esprit , les péchés seront remis, etc. Les évêques ne sont pas les lieutenants du pape, pas plus que les apôtres n'étaient les lieutenants de Pierre ; ils sont les remplaçants immédiats de Jésus- Christ. Aussi saint Paul répète- t-il en plusieurs endroits, notamment, Gai., i, 1 : « Ce n'est point d'un homme, ni par l'intermédiaire d'un homme, mais par Jésus-Christ que je suis apôtre. » Il suit de là que la puissance ecclésiastique est concentrée dans le concile universel , où elle se révèle telle qu'elle émane de Jésus-Christ, sa source, une et indivisible. Toute autorité, celle du pape lui-même, est subordonnée au concile : l'office du pape se borne à faire exécuter ses résolutions. L'infaillibilité réside dans le concile universel, etc. Sans vouloir décider laquelle de ces deux opinions est la véritable , nous ferons remarquer qu'elles n'existaient point dans les premiers siècles. Par concile universel on entendait un concile dont le pape faisait naturellement partie. Il n'est ni au-dessus ni au-dessous ; il est au milieu du concile. On ne disait point encore : Le pape est infaillible ; on disait : L'infaillibiUté appartient aux évêques unis au pape. On ne les séparait point. Qu'est-ce que la tête sans les membres, et les membres sans la tête? — Nous remarquerons encore, sous le rapport historique, que chacun de ces deux systèmes, qui semblent erronés, si on les entend d'une manière absolue , a eu ses avantages pratiques dans le cours des temps. L'Eglise, sans la puissante centralisation romaine n'aurait pu se sauver au moyen-àge, de même que sans les principes du système épiscopal, elle ne serait point sortie du schisme. Il faut envisager chacun de ces systèmes dans son progrès historique, et pour le reste s'attacher à la croyance de l'Eglise primitive.

dans Héfelé (VI, 672-803), le récit complet des tentatives d'union faiteà jusqu'au concile de Pise. — Christophe, le grand Schisme, III, 50-23!.

452 HTSTOTRE DE l'ÉGLTSE.

On adopta le système épiscopal, et voici la voie que Ton suivit*.

§ 16. Conciles de Pîse (1409) et de Constance ^ (5 novembre lliHi-

22 avril 1418).

Après de longues et nombreuses négociations, les cardinaux des deux papes, après s'être entendus avec plusieurs princes et évêques, convinrent de convoquer un concile universel sous la présidence du doyen des cardinaux, pour travailler à étouffer le schisme. Dans ce concile, réuni à Pise le

* Du Puy, Histoire du schisme, 1378-1428. Par.^ 1654. — Maimbourg , Histoire du grand schisme d'Occident. Par., 1678. — J. Lenfant, Histoire du concile de Pise. Amsterd. (1724-1727), 1731, 2 vol. m-k°. — Mansi, t. XXVI-XXVII. — Harduin, t. VIII. — N. Coleti, t. XV. — Christophe, III, 232-279. — J.-B. Schwab, J. Gerson, p. 213-262. — Héfelé, VI, 853-902. — 22 (24) cardinaux, 4 patriarches, 80 évêques, des délégués de 102 évêques assistèrent à ce concile. Les deux prétendants à la papauté furent déposés dans la quinzième séance (3 juin 1409); le nouveau conclave s'ouvrit dans la dix-neuvième (13 juin;, et le 26 juin, Pierre Philargi (Alexandre V), cardinal de Milan, fut élu à Tunanimité (par 24 cardinaux). Le 7 août, eut lieu la vingt-troisième et dernière séance. — Alexandre mourut à Bologne le 3 mai 1410, prisonnier en quelque sorte de Balthasar Cossa, qui lui succéda sous le titre de Jean XXIII.

2 Hermaun von der Hardt, Magnum œcumenicum constanfiense concilium, 6 vol. in-fol. Francf. et Leips., 1697-1700 (ap. Mansi, t. XXVII- XXVIII; Harduin, t. VIII; Coleti, t. XVI. — (Theodorici de Vrie, De consolât, Eccles. — Theod. de Niem, Vita Joannis XXIII.)

J. Lenfant, Histoire du concile de Constance. Amsierà., 1714 (1727), 2 lom. in-40. — Bourgeois du Chastenet, Nouvelle Histoire du concile de Constance. Par., 1718. — (Casp. Royko, Geschichte der Kirchenversammlung zu Kostniz, 2e édit. Vienne, 1784-1796. — H. Wessenberg, Versuch einer Geschichte der Bestrebungen nach Kirchenverb. in den grossen Kirchenvers. zu Basel und Kostniz, 4 vol. Const., 1840.) — Selig, Anmerkungen zu Royko, — et Héfelé, Bcleucht. der Schrift Wessenberg's ùber die grossen Concilien des XV et xvi Jahrh., 56 p. Tùb., 1841. — Christophe, le grand Schisme, liv. XVIII, le Concile de Constance, III, 280-343. — Rossmann , Wilh., De externo concilii const antiensis apparatu. lenae, 1836. (Raumer, Histor. Taschenbuch, neuc Folge, 1849, t. X.) — Lud. Tosti, Storia del concilio di Constanza. Nap., 1853, 2 tomes. — Jos. Aschbach , Geschichte Kaiser Sigmund's. Hamb., 1838-1845, 4 vol. in-S». (T. Il, Hamb., 1839 ; la préface indique les ouvrages à consulter.) — J. Schwab, J. Gerson. Wûrzb., 1839, p. 439-327. — F. Steinhausen , Analecta ad Histor. concilii constant. Berol., 1862. — Bernh. Huebler, Die Constanzer Reformation und die Concordate von 1418. Leipz., 1867. (Les ouvrages à consulter sont signalés p. XIII-XXIV. Cet auteur, contrairement à la démonstration de Schwab , attribue injustement à Gerson l'ouvrage : De modis uniendi Ecclesiam.)

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