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CONCILE DE BALE

relies. La France était régie par un roi insensé (Charles VII) et déchirée par les guerres intestines des ducs de Bourgogne et d'Orléans. C'était le moment où la France était tellement envahie par l'Angleterre, qu'elle ne pouvait plus être sauvée ^£/^/ ' que par la pucelle d'Orléans (1 i29). A Rome même, Eugène ^^^ / '" , > v.// n'était nullement en mesure de gouverner l'Eglise libre-' ^ " '

ment et sans entraves ; car les Colonnes , révoltés contre lui, lui suscitaient mille embarras. Les esprits, irrités contre la cour pontitlcale , étaient partout en éveil , et l'aigreur s'accroissait encore des délais apportés à la réforme ecclésiastique qu'on attendait. Une autre circonstance contribua essentiellement à ce que le concile de Bàle ne donnât que de médiocres fruits : la plupart des évoques, au lieu de s'y rendre en personne, envoyèrent leurs délégués ^ On vit donc à Baie une multitude d'hommes qui n'avaient point l'expérience requise et ne connaissaient point ces procédés délicats dont un évêque doit user à l'égard du pape. Au jour fixé, un seul membre se présenta, l'abbé de Verceil (3 mars 1431). Le nombre des Pères ne s'accrut que lentement. En revanche, Bàle voyait affluer dans son sein, avec d'autant plus d'abondance, des hommes qui n'y étaient point appelés par leur mission, des prêtres et des laïques, accourus de toutes parts et qui ne cherchaient qu'à échauffer les esprits déjà surexcités. Peu à peu, cependant, une assemblée se forma, restreinte il est vrai, mais suffisante pour un concile. Les signes d'hostilité, de défiance, de soupçon qui se manifestèrent aussitôt contre le pape étaient d'un bien triste augure. Les peintures exagérées qu'on fit à Rome de cet état des esprits éveillèrent aussi la défiance du pape, et l'on ' n'avait rien de bon à espérer. C'est pourquoi, dès le début, ■ l'idée vint au pape de clore ce concile et de le transférer à Bologne (31 décembre 1431). Les Pères de Bàle y formèrent opposition et renouvelèrent les décrets de Constance touchant la subordination du pape au concile. Le cardinal-président,

* A Constance, on avait compté 20 archevêques, 92 évèques, 124 abbés, 200 docteurs (il y aurait eu en outre près de 18,000 ecclésiastiques). A Bàlo, la vingt-quatrième séance ne contenait que 10 évèques et 23 abbés; la seconde, du 15 février 1432, que 14 évèques; la sixième, tenue le 6 septembre, en comptait 32.

Julien Caesarini, eut beau supplier le pape avec les dernières instances de ne point dissoudre le concile. Eugène IV, qui n'avait aucune confiance dans cette assemblée, la supprima, donnant pour motif les guerres qui venaient d'éclater et qui empêcheraient que le concile fut suffisamment nombreux, l'intention des Grecs de se réunir aux Occidentaux et qui ne voudraient point aller dans une ville située au delà des Alpes. Ce n'étaient là que des excuses plus ou moins plausibles. La véritable raison, c'est que le pape craignait les dernières extrémités d'une assemblée si orageuse. Cet antagonisme entre le pape qui voulait supprimer l'assemblée, et le concile qui s'y refusait, prit de telles proportions que le concile fixa au pape un délai de seize jours pour retirer sa bulle de suppression. Le 19 février 1433, dans la dixième séance, le pape fut déclaré rebelle et opiniâtre. Plusieurs princes bien intentionnés, entendant le cri de détresse poussé par l'Eglise, s'appliquèrent à réconcilier le concile avec le pape, notamment l'empereur Sigismond, et il y parvint en effet, avec l'aide du duc de Bavière. Le pape retira sa bulle (1" août 1433). \/j La réconciliation toutefois n'était qu'apparente*. Les nuages s'amoncelèrent de nouveau à l'horizon, et bientôt une tempête horrible se déchaîna. Voici à quelle occasion. Les Pères de Bâle se mirent en rapport avec les Grecs pour travailler à la réunion de ces derniers avec l'Eglise, et ils entendaient le faire sans le concours du pape, ce qui était le comble de l'audace et de l'usurpation. En fait, les négociations avec

Il l'empereur grec, Jean VI, étaient déjà fort avancées quand ! les Grecs se retirèrent.

Une autre cause de la division du pape et du concile furent les tendances révolutionnaires qui éclatèrent parmi les Pères de Bâle; elles visaient à énerver totalement la force du centre et à faire de la papauté un pur fantôme. Quand ces tendances se révélèrent, les meilleurs esprits passèrent dans les rangs du pape et abandonnèrent le parti adverse, notam-

' Le 28 février 1434, dans la dix-septième séance, un accord fut conclu, raais ne dura pas longtemps, environ jusqu'à la vingt-troisième séance (25 mars 1436). — Dans la séance vingt-sixième, 31 juillet 1437, les Pères de Bâle invitèrent le pape à comparaître dans l'espace de soixante jours; le l«r octobre, vingt-huitième séance, il fut qualifié d'opiniâtre.

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