CONCILE DE FERRARE- FLORENCE
ment Enée Sylvius Piccolomini et Nicolas de Cuse. Divers partis se formèrent alors au sein même du concile, et en soulevant de violents orages, amenèrent de nouvelles défections parmi les partisans du concile.
Cependant les Grecs étaient arrivés à Ferrare en Italie (1438), où le pape avait convoqué un concile (11 septembre 143I1j qui suivit son cours régulier. Quant à la réunion des . Ct^l
Grecs, elle eut lieu à Florence en 1439. Les Pères de Bâle, ' " ^^ ■ invités de se rendre à Florence, ayant persisté dans leur séparation, Eugène IV déclara leur assemblée schismatique et ^Ay excommunia ses membres. De son côté, le concile de Bâle nomma un antipape, dans la personne du duc Amédée de Savoie, un ermite, qni s'intitula Félix V (1439). Voilà jusqu'à quelles extrémités on en était venu dans cette époque néfaste, et cela pour avoir commencé à discuter si le pape était audessus ou au-dessous du concile. Un concile en était arrivé au point de se dire universel, quoique séparé du pape, de même que Jean XXIII et Benoît XIII se prétendaient papes, quoique séparés de l'Eglise.
La question était maintenant de savoir en faveur de quel concile les nations se prononceraient. Nous assistons ici à un phénomène remarquable : les souverains, trouvant qu'il y avait beaucoup à louer et beaucoup à blâmer dans le concile de Bâle, se tournèrent vers Eugène IV. Ils tinrent donc une sorte de milieu, et voici comment. Le concile de Bâle avait proposé quantité de réformes : la suppression des réserves, des provisions, des annates, des droits de pallium, des taxes et des frais de chancellerie, la simplification des appels à Rome, où les causes majeures devaient seules être portées; dans les cas moins importants, l'appel ne devait être accueilli que lorsque toutes les instances seraient épuisées, et dans ces cas là, le pape instituerait des juges dans les églises d'où émanait le procès, judices in partibus. Ces résolutions et autres semblables, les souverains les approuvèrent, en \ donnant clairement à entendre que si Eugène IV y souscrivait, ils le reconnaîtraient et abandonneraient le concile de Bâle. Tel fut, en 1438, à Bourges, le langage de la France. L'Allemagne7 qui~avait d'aboril gardé la neutralité (1438), adopta en partie les décrets de Bk\e (de 1439 à 1441). Quand J
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Eugène IV les eut adoptés avec certains adoucissements, l'Allemagne à son tour le reconnut comme pape et retira sa protection au concile de Bâle , qui se transféra à Lausanne et fut dissous en 1449.
Déclaré schismatique par Eugène IV, et privé ainsi de son union avec l'autorité pontificale, le concile de Bâle perdait évidemment son caractère d'œcuménicité, et les nations l'abandonnèrent à son sort. Les Français se réunirent à Bourges^ et leurs résolutions, consignées dans la pragmatique sanction, contenaient en substance : V que les évêques seraient de nouveau librement élus, que les nominations î papales et royales seraient supprimées ; 2° que les appels à rtlome seraient ramenés dans les bornes du décret de Bàle,
entionné ci-dessus; 3° que les annates seraient abolies;
° qu'on adhérait aux principes des conciles de Pise et de
Constance, puis de Bàle^ sur la subordination du pape au con-
fcile universel. Ces propositions forment une partie essentielle
ou droit ecclésiastique gallican. Les papes, mécontents, pro-
^testèrent contre la pragmatique de Bourges, principalement
Pie II : elle fut sup'primée~^oiis TeToi François I" et sous
Léon X. La libre élection des évêques fut remplacée par la
•nomination royale (1416); mais il faut reconnaître que les
rois firent un excellent usage du droit qui leur fut concédé.
Des abus pouvaient se glisser également dans les chapitres
cathédraux^ et l'on en vit plus d'un exemple; aussi, du
moins dans les temps modernes , les rois faisaient-ils pour les
évêchés, etc., de meilleurs choix que n'en auraient faits les
chapitres. La suppression de la pragmatique produisit en
France une vive sensation, et provoqua même des résistances
contre le roi ; car le parlement était aussi peu disposé à
î l'enregistrer que le rorXToïïrnir aux papes les annates et'
" autres subventions.
En Allemagne, les princes et les évêques réunis à Francfort en 1438 se déclarèrent neutres; en 1439, et dans les années suivantes , à Mayence , ils adoptèrent avec des modifications 26 décrets de Bàle, mais non le décret de la déchéance du pape, ni rien de semblable. Eugène IV envoya alors en Allemagne, à titre de légats, des hommes aussi respectables qu'habiles, les Espagnols Jean Carvajal et Jean Turrecre-