CONCORDATS DIVERS
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mata, et le fameux Nicolas de Cuse. Réunissant les princes allemands ou se présentant à leurs assemblées, ils leur exposèrent l'état des choses, et, après avoir disposé les esprits en faveur du Saint-Siège, amenèrent, en 1 446, la conclusion d'un concordat avec Eugène IV {Concorda ta principwn). Eugène confirma encore au lit de la mort les demandes des princes d'Allemagne*. Ce concordat des princes supprimait les droits de confirmation payés jusqu'alors à la chambre pontificale, les annates et autres redevances analogues ; restituait la libre élection des évêques et des abbés, mitigeait conformément aux décrets de Bàle les affaires juridiques qui devaient être vidées à Rome, ainsi que les appels; réintégrait dans l'Eglise les évêques de Trêves et de Cologne, excommuniés (depuis^ \AAo). Restait à stipuler quelles compensations recevrait la chambre pontificale pour la perte des droits de confirmation, des annates, etc. Telle est la question qui fut alors débattue en Allemagne. On imagina différents moyens, mais aucun n'ayant paru satisfaisant, un nouveau concordat, celui de Vienne ou d'Aschaffenbourg , fut conclu avec Rome sous
* Harzheira, Concil. Germaniœ, t. V. — Concordata nationis germanicœ intégra. Fraucf., 1771-1777, 5 tomes (t. IV, Documentorum). — G. -G. Koch, Sanctio pragmatica Germanorum illustrata. Argent., 1789. — Gratz, Nova collectio dissertât ionum selectar. in jus ecclesiasticum, potissime germanicum. Mogant., 1829. — Buss, Die deutschen Concordate , dans sa Revue Capistran, 1847- voir Dictionnaire encycL, éd. Gaume. — Hùbler, loc. cit., p. 315. — Nicol. v. Giies (né en 1401, mort en 14G4), Op. Basil., 1563, 3 vol. in-fol. — Des Cardinals v. Cusa wichtigste Schriften, publié par Scharpff. Freib., 1862. — Le même, Nicol. v. Cues. Mainz, 1843.
— Dur, Nicol. v. Cues und die Kirche s. Zeit. Rgsb., 1847, 2 vol. — R. Zimmermanu, N. als Vorlœufer Leibnit zens , 1852. — Alb. Jaeger, Der Streit des Card. Nicol. v. Cusa mit dem Herzoge Sigismund v. Oesterreich, 2 vol. Innsbruck, 1861. — Cleniens, N. v. Cusa und Giordano Bruno, 1847.
— Th. Stumpf, Die politischen Ideen des Nicol. v. Cues. Kœln, 1803, 120 p.
— Cl.-Fr. Brockhaus , Nicol. Cusani de concilii universalis potestate sententia explicatur. Leipzig, 1867. — Joannes de Turrecremata, 0. S. D., né en 1388, légat d'Eugène IV à Bàle, cardinal en 1439, mort en 1468 évèque de Sabine : Tractatus de potestate papœ , et concilii generalis auctoritate. Venet., 1563. — Summa ecclesiastica, 4 partes : 1*, De universa Ecclesia; 2^, De Ecclesia romana et pontificis primatu ; 3^, De universalibus conciliis; 4^, De schismaticis et hœreticis. Salamanca, 1560; Venet., 1561. — Voiries listes prodigieuses de ses ouvrages, dans Nicol. Antonio, Bibliotheca vêtus hispan., éd. Bayer, t. Il, p. 286-293. — Quetif, Scriptores ordinis prœdicatorum, 1719. — Touron, Histoire des hommes illustres de l'ordre de saint Dominique. Par,, 1743, tom. Ili. — Jean Carvajal, cardinal en 1446, évèque de Porto en 1469.
Frédéric III en 1448. Il fut décidé que les aimâtes et les droits de confirmation seraient rendus au Saint-Siège, que les évéques et les abbés seraient librement élus et les dignités du chapitre conférées par le collateur ordinaire; quant aux canonicats qui deviendraient vacants dans les mois impairs, ils seraient pourvus par le pape; ceux qui le deviendraient dans les mois pairs le seraient par ceux à qui le droit de collation appartient selon le droit commun. C'est d'après ce concordat que toutes les affaires religieuses comprises dans cet ordre d'idées ont été réglées jusqu'à nos jours entre l'Eglise d'Allemagne et le Saint-Siège.
Cependant les secousses imprimées à l'Eglise par le concile de Pise ou plutôt par l'éclosion du schisme pontifical, avaient amené à bien des égards des améliorations très-importantes. La puissance pontificale, loin de sortir affaiblie de ces ébranlements, y avait puisé des forces nouvelles. Plusieurs des résolutions prises à Constance et à Bàle sur la réforme des mœurs, avaient été accomplies. En Allemagne, après la conclusion des concordats, d'importantes réformes furent introduites, principalement par le légat du pape, le cardinal Nicolas de Cuse (1451-1452). La réforme des couvents fut confiée à des sous-délégués. Les papes reconquirent la position éminente qu'ils occupaient aux époques oii rien n'entravait leur activité. Ils furent presque les seuls qui s'efforcèrent de défendre les intérêts de l'Europe contre le génie mahométan et oriental. Le reste de l'Europe n'obéissait qu'à des vues égoïstes et entrevoyait à peine le danger qui la raena- . çait du côté des Turcs. L'empire de Byzance se voyait ravir successivement toutes ses provinces, et était réduit à Textré- [ \ mité. Aucun souverain ne lui portait un intérêt efficace. Les 1 1 papes déployaient une grande activité pour amener une réacl ition contre les Turcs, mais c'était presque toujours sans suc- ^ jcès décisif.
Quant à la science, Nicolas Y* lui rendit d'incomparables
* Vita Nicolai V. P. M. ad fidem veierum monumentorum a Domin. Georgio; accedit ejusdem disquisitio de Nicolai erga lifteras et litteratos viros putrocinio. Rom., 1742, in-4o. — P. Nikolaus V, d'après Rio, Die christ-Kunst. {Hist.-pol. Blœtter, t. XLVll, GoO). — ^Jagemaiiu, Gescliichte d. /reien Kûnste u. Wissenschafien in Italien, t. Ili, part, m, 1777-1781.)