‹ Histoire de l'EgliseChapitre 64 sur 253 · LA PAPAUTÉ AU QUINZIÈME SIÈCLE. 4G · texte numérisé non relu

LA PAPAUTÉ AU QUINZIÈME SIÈCLE. 4G

affirment qu'Alexandre arracha par la violence sa nomination aux cardinaux. Cette raison les excuse sans les justifier. — Toutefois, le crédit du pape, son influence générale ne souffrirent aucune atteinte même sous le règne d'Alexandre VI.

originaire de Strasbourg, maître des cérémonies à la cour de Rome, évèque de Città di Castellana {1303, mort à Rome en 1505). Deux siècles après sa mort, Leibuitz a composé, d'après des feuilles éparses, écrites en français, eu latin et en italien, le Diarium Burckliardi {Spécimen historiée, sive anecdotœ de vita Alexandri VI papœ, seu excerpta ex diario Joann. Burckhardi, edente G. G. L(eibuitz), Hannoverae, Fosterus, 1696, in-4o. — Le Diarium a été retrouvé à Berlin, eu 1707, par La Groze, — G. Eccard l'a publié, mais avec des falsifications. [Corpus hist. medii œvi sive scriptores res in univ. orbe, prœcipue in Germania enarr. aut illustr. a iempore Caroli Magni usque ad finem sœculi xv. Lips., 1723, t. IL — Cf. Notices des mss. de la bibliothèque du roi, I, 97.) — Ach. Gennarelli, ennemi notoire de l'Eglise, a édité : /. B. diarium Innoc. VIII, Alexandri VI, PU III et Juin II, temporu complectens. Florent., 1854. — Sur Burkard, cf. Christophe, 11, 368-377, (sur Alexaudre VI). Ce deruier auteur, p. 575, cite, d'après le Diarium Paridis, ad annum 1506 (Paris était, comme Burkard, maître des cérémonies à la cour pontificale), le jugement suivant sur Burkard : « Non solum non humanus, sed supra omnes bestias beslialissimus, inhumanissimus, invidiosissimus. «Remarquez, eu effet, que Burkard ne devint pas cardinal, mais simple évèque d'un chétif diocèse, et fut condamné à voir nommer plusieurs cardinaux à côté de lui. Et cependant que de choses rapportées par Burkard sont admises comme des faits, sur sou témoignage! Toutefois, Alexandre VI (qui, du reste, ne reçut les ordres qu'à quarante-sept ans, et qui vraisemblablement était veuf), reste souillé de tant de vices qu'on peut le classer parmi les plus mauvais papes. Christophe, p. 573, a essayé son apologie partielle, et Chantrel, son apologie complète {le pape Alexandre VI, 1492-1503, 2e édit., Paris, 1864, p. 212); il en est de même de VUnivers, 29 avril 1867, qui renvoie à Rohrbacher, Roscoë , TuU. Daudolo , Audin, Jorry, Favé, Constant, Chantrel, etc. — La famille de ce pape fit à la fois son propre malheur et le malheur de l'Eglise.

Pie m , élu trente-sept jours après la mort d'Alexandre VI, passait pour le plus vertueux des cardinaux ; il mourut vingt - six jours après son élection. Jules U, (délia Rovere), nommé le 31 octobre 1503, ouvrit, le 10 mai 1512, le cinquième concile universel de Latran, et mourut avant sa clôture, le 22 février 1513. Ranke l'appelle « une àme noble, pleine d'idées élevées et qui embrassaient toute l'Italie. » Léo dit de lui qu'avec toutes ses faiblesses et ses passions, il compte parmi les plus nobles caractères de l'Italie d'alors {Gesch. Italiens, V, 217, 170-263; Ranke, Die rœmischen Pœpste im xvi u. xvii Jahrh., 5e éd., 1867, I, 54). Sou plan était de restaurer et d'affermir les Etats de l'Eglise et de briser la domination des étrangers en Italie. — « L'esprit du pape dominait le concile (de Latrauj. » Harduin, t. IX. — Coleti, t. XIX. — Lateranense concil. novissimum. Rom., 1520, iu-fol. — La vie du pape Jules II, 1615. « Rien n'était fait encore , sinon que la France avait été invitée à cause de la pragmatique de Bourges, et qu'où avait condamné toute simonie, lorsque Jules II mourut au milieu d'immenses projets. La Haute-Italie paraissait libre, un riche trésor était prêt ; l'Etat de l'Eglise était affermi dans ses TOME II. 30

Il ne faut donc se souvenir ici que de ce qui est connu de tous, qu'il assura aux Espagnols la possession de l'Amérique et prononça entre les Portugais et les Espagnols avec l'autorité d'un homme qui exerce le droit le plus incontesté.

Jules II fut un souverain habile, et même un grand souverain, mais seulement en ce qui regarde l'administration de l'Etat ecclésiastique. Il s'en occupa d'une façon si complète et si exclusive, que ses yeux restèrent fermés aux besoins du reste de l'Eglise. Beaucoup trop Italien pour être un pape dans l'entière acception de ce mot, ses efforts ne tendaient qu'à afTranchir l'Italie de la domination étrangère et à la rendre autonome : de là ses nombreuses querelles avec les plus puissantes nations européennes. Ces querelles,

r jointes à d'autres causes fâcheuses, amenèrent une scission religieuse infiniment regrettable. En 15H, le roi de France,

K //Louis XII, convoqua à Pise, contre Jules II, un concile œcuménique dans le dessein de châtier ce pape, oublieux de ses devoirs, dans le cas où il ne se montrerait pas accommodant. Jules II avait promis en effet de convoquer un concile universel dans l'espace de deux ans pour réformer l'Eglise dans son chef et dans ses membres ; mais les circonstances s'y étant opposées, Louis XII l'avait fait à sa place. Composé seulement de quelques cardinaux et évêques (5 novembre 1511), ce concile fut bientôt obligé de se transférer de Pise à Lyon, où il finit dans la honte et la confusion. Jules II convoqua alors le cinquième concile de Latran^ rangé parmi les conciles œcuméniques (3 mai — 16 mars 1517). Cette assemblée devait aussi réformer l'Eglise dans sa tête et dans ses membres. Malheureusement, nous ne saurions la féliciter d'avoir accompli cette tâche, devenue un besoin si urgent et qui, dans quelques années, allait être exécutée par le concile

plus vastes frontières. Le contraste de la dignité de Jules II avec sou caractère a provoqué en deçà des Alpes des reproches amères et de plaisantes satires. La France se déclara résolue à renverser la nouvelle Babylone ; mais les desseins de cet homme héroïque étaient trop populaires en Italie pour qu'il n'y laissât pas un renom immortel. » (Hase, K. G.. 9^ éd., p. 300.) — Paris de Grassis, Diarium curiœ rommiœ, 1504-1522 (l'édition imprimée est incomplète). — Paris de Grassis était maître des cérémonies, avec et immédiatement après Burkard, évêque de Pesaro en 1513, mort à Rome en 1528.

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