‹ Histoire de l'église (volume 3)Chapitre 16 sur 44 · LA VIE DE L ÉGLISE EN OCCIDEÎVT · texte numérisé non relu

LA VIE DE L ÉGLISE EN OCCIDEÎVT

Le 1" juillet 995, l'ascendant du légat surmonta toute résistance. La déposition d'Arnoulphe et la nomination de Gerbert furent reconnues illégales. Cependant la cour de France retint encore le premier captif, et ce ne fut qu'après la mort de Hugues (23 octobre 996) que le Saint-Siège obtint sa réintégration effective (997). Gerbert, profondément blessé de sa destitution, se rendit à Magdebourg, auprès du roi des Allemands Otton IH. Il ne présumait guère alors qu'il monterait un jour sur un siège plus élevé encore que celui qu'il venait de perdre, et qu'il allait confirmer les droits de l'Église de Reims dans la personne de ce même Arnoulphe dont il avait occupé la place contrairement aux canons.

Mansi, XIX, 94 et seq., 103 et seq., 170, 193; Pertz, Script., III, 644 et seq.; 653 et seq., 686 et seq.; Hœtler, I, p. 71-88; Héfelé, IV, p. 605-617; Reumont, II, p. 298 et suiv.

Otton III et Grégoire V. — Philagathe et Crescentius.

39. Cependant le jeune Otton avançait en âge, sous la direction de sa mère^ la spirituelle Théophano, Grecque d'origine. Après la mort de sa grand'mère Adélaïde, il fut initié à la culture des lettres par le savant Gerbert, qui en cela surpassait tous ses contemporains. Déjà ce jeune homme, à qui l'épiscopat d'Allemagne témoignait une affection et un dévouement sans bornes, concevait des plans gigantesques : aussi l'invitation que lui adressèrent le pape .lean XV et les Italiens de rétablir l'ordre et de recevoir la couronne impériale, arriva-t-elle en temps opportun. Il se trouva à Pavie pour la fête de Pâques de 996, et reçut bientôt après la nouvelle de la mort du pape. Des délégués envoyés par les Romains vinrent supplier le petit- fils du grand Otton I", qui avait le droit de revendiquer la couronne impériale, de leur dé.signer celui qu'il estimait le plus digne du Siège pontifical. Otton III nomma le chapelain de son palais, son cousin Brunon, fils d'Otton, duc de Carinthie et petit-fils de Luitgarde, fille d'Otton I". Bien qu'il ne fût âgé que de vingt-quatre ans, Brunon fut élu, et monta sur le siège du prince des apôtres, sous le nom de Grégoire V (996- 999). C'était le premier pape d'origine allemande. Grand par sa naissance, car il sortait de la famille impériale, plus grand

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encore par l'élévation de son esprit, animé du feu de la charité chrétienne qui se réveillait sur la fin de ce siècle, connu pour SOS vertus personnelles, il fut exalté le 3 mai. Le jour de l'Ascension, il conféra le diadème impérial à son cousin, depuis longtemps couronné roi d'Allemagne. 11 mit tout ce qu'il avait d'énergie à faire régner l'ordre et la justice, réunit plusieurs conciles, et révéla la douceur de son caractère en rétablissant dans sa charge, mais en restreignant ses pouvoirs, le consul Crescentius, qu'Olton voulait faire emmener prisonnier. Sa condescendance ne rencontra qu'ingratitude. A peine Otton m était-il rentré en Allemagne, que Crescentius se rebellait contre le pape et l'obligeait à fuir (997).

Un Grec ambitieux, Jean Philagathe, do Calabre, jadis très favorisé par l'impératrice ïhéophano, promu au siège de Plaisance, que Jean XV dut ériger en archevêché, envoyé d'Otton 111 à Constantinople, s'unit à Crescentius et se posa en antipape sous le nom de Jean XVI. C'était à la fois une ingratitude envers les Otton et une grave atteinte portée à la liberté comme au bon ordre de l'Église. En vain saint Nil de Rossano, fondateur de plusieurs couvents dans la basse Italie, l'avait prémuni contre les tristes conséquences de son ambition. Grégoire V invoqua l'appui de son cousin l'empereur, excommunia Crescentius dans un concile de Pavie, aliolit l'archevêché de Plaisance, et rendit cette ville au métropolitain de Ravenne. Bientôt Otton passa les Alpes avec une armée (janvier 998), et se présenta devant Rome avec le pape Grégoire. L'antipape voulut fuir; mais il fut arrêté, insulté, puis mutilé par le peuple à la façon des Grecs. Saint Nil vint de Gaëte le réclamer pour son couvent, où il se proposait de lui faire expier ses fautes. Le pape et l'empereur penchaient dans ce sens; mais l'arrogance des Calabrais et la crainte qu'il ne s'alliât avec les Grecs, qui aspiraient à dominer dans Rome, les décidèrent à le retenir en prison, où il termina .ses jours. Crescentius, qui bravait ses adversaires du haut du château Saint-Ange, fut, après la prise de cette forteresse, exécuté comme deux fois rebelle, lui et ses complices (29 avril 998). C'était un grand pas vers la pacification de Rome.

Mansi, XIX, 100 et seq.; Watter., 1, p. 67 et seq., 688 et seq.; Vita

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S. Adalb. Prag.; Mabill., Aun. 0. S. B., safic. V, p. 100; Thietmor, Chron., IV, 18; Annal. Quedlinb., an. 906; Vita S. Nili Jun., éd. Rom., 1624; Acta Sanct., sept. t. Vil, Migne, Patr. lat., t. CXXXVII; Phillips, K.-R., III, p. 123; Ilœilcr, 1, p. iH, 127 et suiv., 139 et suiv.; Neander, II, p. 230 et suiv.; Papencordt, p. 183 et suiv.; Reumont, II, p. 301 et suiv.

Travaux de Grégoire V.

40. De la France, où l'on avait paru, sous le dernier papo, nier la primauté pontificale, Grégoire V reçut les plus honorables satisfactions. 11 se prononça franchement, dans un édit, pour la légitimité d'Arnoulphe, archevêque de Reims, contre l'intrusion do Gerltert, encore que celui-ci fût son ami et l'ami de l'empereur ; il con.sacra Hcrluin archevêque de Cambrai, prit les biens de cette Église sous sa particulière protection, obtint du roi Robert l'élargissement d'Arnoulphe, et cita devant son tribunal les évèques français qui avaieut manqué à cet archevêque. Au concile de Pavie (Pentecôte 997), il prononça la suspense contre ceux d'entre eux qui, au Ueu de se présenter euxmêmes, s'étaient bornés à envoyer des laïques, et il demanda satisfaction au roi Robert, qui avait sans dispense épousé sa parente, Berthe, veuve du comte' Odon, ainsi qu'aux évêques qui avaient approuvé ce mariage. Il réitéra plus tard sa demande (998), imposa au roi et à la reine une pénitence de sept ans, suspendit plusieurs évêques du pays oublieux de leurs devoirs, déposa l'évèque du Puy, que son oncle avait choisi pour successeur, ainsi qu'il avait fait précédemment pour l'évèque illégitime d'Auch.

Grégoire V avait pour amis les meilleurs hommes de son temps : Villegise, archevêque de Mayence et vicaire du pape en Allemagne; le docte Gerbert, qui fut nommé archevêque de Ravenne après l'abdication de Jean (28 avril 998), et y tint bientôt des conciles, ainsi qu'il fit plus tard à Pavie; Bernard, evêque d'Hildesheim ; Abbon, abbé de Fleury; Notker, de Liège. D'une activité infatigable, Grégoire V prêchait à Rome en trois langues ditférentes. Il mourut âgé de vingt-sept ans, le 18 février 999.

Mansi, .\IX, 218 et seq., 223 et seq.; Pertz, V, 694; Jaffé, p. 342 et

seq.; Helgald. Floriac. mon., Vita Rob., c. xvii {Bouquet, X, 107); Hœuer, I, p. 125, 169 et suiv.; Héfelé, IV, p. 618 et suiv., 622.

Sylvestre II. — Mort d'Otton III et de Sylvestre II.

41. Alors fut élu le premier Français qui ait occupé le Saint- Siège et le plus savant homme de son temps, Gerbert, déjà plusieurs fois nommé. Né de parents pauvres, élevé par des moines, instruit surtout par l'abbé Gerald et le scolastique Raymond, il avait successivement passé dans diverses écoles célèbres, visité plusieurs pays, étudié en Espagne les mathématiques et l'astronomie des Arabes. 11 avait enseigné ensuite à l'école de la cathédrale de Reims, avait été nommé par Olton II abbé de Robbio (982), puis, renonçant à ce poste, était revenu à Reims. Obligé de quitter le siège archiépiscopal de cette ville, il s'était replongé tout entier dans ses études. Il remplit la charge de précepteur d'Otton III jusqu'à sa promotion à l'archevêché de Ravenne, auquel Grégoire V rattacha le gouvernement de l'exarchat et le comté de Commachio. Chaudement recommandé par l'empereur, il avait été élu sans conteste, et, le 2 avril 999, il prenait possession du premier siège de la chrétienté, sous le nom de Sylvestre II (999-1003).

De concert avec le jeune Otton, qui affaiblit la puissance de l'empire en voulant l'élever à une hauteur jusque-là inconnue, il déploya ime activité prodigieuse. L'empereur aimait passionnément le séjour de l'Italie, dont il préférait la population à celle de l'Allemagne, et il songeait môme à faire de Rome; sa résidence définitive. Les évêques allemands lui résistèrent, dans l'intérêt de leur pays, et lui-même plus d'une fois eut îl essuyer l'ingratitude des Romains. L'Allemagne était émue par diverses contestations, notamment en ce qui concernait la juridiction sur le monastère de Gandersheim, revendiquée par Villegise, archevêque do Mayence, et Rernard, évêque d'IIildesheim. Elle fut assignée au second, mais le premier ne l'abdiqua tout à fait qu'en 1007. En France, le roi Robert se soumit aux demandes du pape, principalement sur les instances d'Abbon, abbé de Fleury (mort en 1004), se sépara de Berthe (1000), et mena jusqu'à sa mort une vie exemplaire (1031).

Sylvestre II combattit la simonie et les dérèglements des clercs, et émit le premier l'idée dos croisades. Plusieurs de ses

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plans, malheureusement, furent anéantis par la mort soudaine de son impérial élève (23 janvier 1002), et l'Allemagne, comme l'Italie, se vit menacée de nouveaux désastres. Sylvestre luimême mourut le 12 mai 1003. Nul doute que, s'il eût vécu davantage et dans des temps moins agités, il aurait fait de grandes choses pour la culture des sciences. Son savoir étonnait tellement les contemporains, que plusieurs le croyaient adonné à la magie noire.

Sylvestri FI Vita et Ep., Mansi, XL\, 240 et seq.; Watter., I, 693-698; Sigeb. Gembl. Chron., an. 998; Hock, Sylvester II u. s. Jahrb., Vienne, 1837; Biidinger, Ueber Gerberts wissenschafd. u. polit. Stellung., Cassel, iSol; OUeris, Œuvres de Gerbert et Vie de Gerbert, Paris, 1867. Sylvestre n aurait dit de lui-même par plaisanterie : « Scandit ab R Gerbertus in H, post papa viget R » fReims, Ravenne, Rome). Sur Olton II, voy. Giesebrecht, II, p. 10; Papencordt, p. 186 et suiv.; Reumont, il, p. 309 et suiv.; Gandersheim, Thancmar, Vita Bernwardi, Pertz, V, 675- 775; Annal. Hildes., ib., 1, 92 et seq.; Héfelé, IV, p. 626-628. Le roi Robert. Helgald., loc. cit.; Mabill., Ann. 0. S. B., 1. I, c. xiv; Hceflcr, I, p. 184; Sylvestri ep. xxvin, ex persona Hieros.; Murât., Scr., III, 400. Le diplôme attribué à Otton III, dans lequel huit comtés sont assignés au pape (Pisaurum, Fanum, Senogallia, Ancona, Fossombrone, Gallium, Esium, Ausinum), et dont plusieurs appartenaient déjà précédenmient à l'état ecclésiastique (Pertz, IV, 6, p. 162; Watter., I, p. 695 et seq.), aurait été copié en 1339 aux archives d'Assise, par ordre du pape. Muratori, Gfrœrer, Pertz, Giesebrecht, Dœllinger (Kirche und Kirchen, p. 502, n. 1), le tiennent pour authentique; Baronius, Pagi, Gretser, Wilmans (Jahrb. des deutschen Reiches, II, ii, p. 233 et suiv.); Reumont, II, p. 313, pour interpolé.

Nouvelle prépondérance des factions de la noblesse en Italie. — Désordres en Allemagne et en Italie. — Benoît VIII et Henri II.

42. Tandis que Henri, duc de Bavière et arrière-petit-neveu du premier empereur de Saxe, promu à la royauté après la mort d'Otton III, avait constamment à lutter dans sa patrie contre des factions intestines, contre l'arrogance et les empiétements des seigneurs, le Siège pontifical semblait redevenu le jouet des intrigues qui divisaient la noblesse. Jean Crescentius, fils de celui qui avait été mis à mort, intriguait en qualité de patrice avec les membres de sa famille, essayait, en lui en-

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vuyant des présents et en protestant qu'il le reconnaissait pour son maître, de tenir éloigné le roi d'Allemagne, même après que celui-ci eut obtenu (14 mai 1004) la couronne de Lombardie à la place d'Hardouin d'Ivrée, naguère couronné à Milan, opprimait les églises et retenait dans une dépendance servile les successeurs, peu connus d'ailleurs, de Sylvestre H. Ces successeurs furent Jean XYII (jusqu'en décembre 1003), Jean X.VII1 (jusqu'en 1008), et Sergius IV (1009-1012), lequel survécut au despote Crescentius, dont la puissance fut accaparée par les comtes de Tusculum, issus de la famille de Théophylacte et de Théodora l'Aînée.

Les comtes de Tusculum firent élever à la papauté un membre de leur famille, Benoît VIII (1012-1023), qui se montra l'un des papes les plus capables. Un nommé Grégoire, candidat du parti adverse, probablement des Crescentiens, lui contesta d'abord le trône, et essaya de se faire reconnaître par le roi d'Allemagne. Benoît écrivit de son côté au roi, et l'invita à se faire le protecteur de l'Église. Il lui offrit en même temps la couronne impériale, avec tous les droits attachés au protectorat : de là vient que depuis 1013 Henri se nomma « roi des Romains ».

« Les dernières années avaient assez montré combien le titre de roi était insuffisant pour contenir longtemps les forces adverses qui s'agitaient en Allemagne. 11 fallait au roi une position plus brillante, une plus haute consécration, de nouveaux auspices, pour que la couronne d'Allemagne brillât d'un aussi vif éclat que dans les jours d'Otton I". » Sur la fin de l'automne 1013, Henri passa les Alpes avec son épouse Cu négonde, célébra à Pavie les fêtes de Noël, et entra dans Ravenne en janvier 1014; il y assista à un concile tenu par.Benoît VIII, avec le consentement duquel il réinstalla sur le siège archiépiscopal de cette ville son frère Arnold, expulsé par l'intrus Adalbert. Le 14 (ou 21) février, Henri et son épouse reçurent du pape la couronne impériale, après avoir promis de se montrer fidèles protecteurs de l'Église. Henri I" ' établit avec le pape d'excellentes relations, confirma les donations précédentes et en ajouta de nouvelles, y compris des monastères allemands, jugea les complices de l'insurrection, puis repassa les Alpes.

I Henri I" comme empereur ; Henri H comme roi d'Allemagne.

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Peu après sou départ, Hardouiu se souleva dans la haute Italie, et s'empara de plusieurs villes qui lui étaient hostiles; puis, changeant tout à coup de sentiments, il se retira dans le monastère de Fruttuaria, fondé près de Turin par le fils de sa sœur, l'abbé Guillaume, de Dijon (septembre tOli), prit l'habit religieux et y mourut (14 décembre 1015).

Mansi, ad Haron.. an. i009, J012; Watter., I. 69. 700. Sergius IV, dans le (".atal. Eccard. et Zwetlens, est appelé : « Pietro Bocca di porco ". Cf. Thietmar, Pertz. V, 83."). Jean Crescentius, Thietmar Chron., p. 243; Bonizo, Lib. ad amie, p. 799, éd. Œfele; Papencordt, p. 188 ; Reumont, II, p. .328. Sur la valeur de Benoit Vlll (Epist., Migne, t. CX.XXIX; Walter., I, p. 700, 708), voy. Giesebrecht, II, p. 172 ; sur le couronnement de Henri, ibid., p. 120 et suiv.; Thietmar (Pertz, p. 836, 838); Jaffé, p. 3Ö2. Henri I"'', père d'Otton I", n'ayant pas été empereur, Henri III se nomma « Henricus secundus v comme à Mayence, octobre 1049: ^Jatlé, p. 370, n. 3187), Benoit aurait remis à Henri le globe de l'empire, avec la croix, comme « symbole de l'empire du monde » (Glaber Radulph., Hist. sui temporis, l, v). et Henri l'aurait envoyé à Cluny. Cependant le globe de l'empire se voit déjà sur les sceaux d'Otton I"'. Coning et Muratori ont voulu contester le diplôme accordé au pape par Henri II (Borgia, Brève Istoria del dominio temp. délia Sede apost., append., 40-43; Theiner, Cod. diplom., Rom., 1861, 1, p. 7, 8; Walter., I, p. 704 et seq.); il se trouve aussi dans Deusdedit, lib. III, c. cliv, p. 339. Catalogue des couvents et des églises d'Allemagne qui devaient payer un tribut au Saint-Siège, dans Hœtler, 11, p. 367.

43. A Rome, le calme était maintenant rétabli. Le frère du pape, Romain, partageait avec lui l'autorité à titre de consul et de sénateur. Les Crescentiens de la Sabine furent réduits à soumission. Comme les Sarrasins inquiétaient de nouveau les côtes d'Italie (1016), Renoît forma une armée avec les vassaux de l'Église, remporta une victoire brillante, envoya à l'empereur une partie du riche butin recueilli, donna en fief l'île de Sardaigne aux valeureux Pisans, et s'unit à eux et aux Génois pour en expulser les infidèles. En 1018, il célébra dans Pavie un nouveau concile, destiné surtout à combattre le concubinage des clercs. Ses décrets furent publiés en Allemagne, dans le concile de Goslar (1019), et presque littéralement adoptés par l'empereur comme lois de l'État. C'est ainsi que les efforts des deux pouvoirs se réunissaient dans un harmonieux concert,

ni. — mST. DE I.'ÉGLISE. 17

Malheureusement, les Grecs faisaient alors de grands progrès dans le midi de l'Italio, et Rome elle-même se vit bientôt menacée. Benoît se rendit en Allemagne, soit pour obtenir le secours de l'empereur, soit pour consacrer la cathédrale de Bamberg, création favorite de Henri. Us renouvelèrent leur précédente alliance (1020). L'empereur partit pour l'Italie dans l'automne de 1021. Presque tout se soumit à lui; la ville importante de Troja fut conquise. Cependant la maladie et les pertes consi-lérables subies par son armée forcèrent bientôt Henri de rentrer en Allemagne. Le pape et l'empereur méditaient le grand dessein de publier, de concert avec les rois de France et de Bourgogne, une paix universelle, et de travailler à une réfor:ne radicale des mœurs dans un concile général célébré en Occident. Mais, avant d'avoir fait d'autres démarches dans ce but, le pape (28 février) et l'empereur (13 juillet 1024) moururent, l'un et l'autre profondément regrettés de toute la chrétienté. iNeuf ans phis tard, l'empereur fut suivi dans la tombe par sa femme, qui trouva également sa sépulture dans la cathédrale de Bamberg. Henri fut canonisé le 14. mars 11-40; Cunégondo, le 3 avril 1200. La réforme que poursuivaient les deux chefs de la chrétienté, ne devait être accomplie qu'après de longs combats et sans le concours de la puissance impériale.

OUVRAGKS A CONSULTER SUTl LK N" 43.

Munsi, XIX, 343 et seq.; Pertz, Leg. Il, 5(H et seq.; a[;j)ond.. p. 173; Fleury, l. XH, 1. LVIII, ii. 47; Glah. Radiilph., III, i; Thietmar Chron., p. 226; Leo Ost., Il, 39; Héfelé, IV, p. 639, 647; Papencordt, p. 189 et suiv.; Reiimont, p. 330-334; Damberger, V. p. 889 et sniv.; Gfrœrer, K.-Ci., IV, p. 1 el suiv.; (iiest-brechl. II. p. 13-210; Lœger, Heinrit:li II uiul Joseph 11 in ilu-em Verluellnitz zur Kiiche, Vienne, 1869.

Jean XIX.

44. A Benoît VI il .succéda, quoique simple laïque, le consul Romain, qui prit le nom de Jean XIX et reçut rnpidoment tous les ordres. L'élection d'un laïque, si sévèrement défendue d'ailleurs, n'était plus rare à cette époque. La France même en offrait un exemple dans Ebulon, archcvê(jue de Reims, défendu par Fulbert. On avait besoin d'un homme capable et expérimenté, et l'élu avait fait pendant longtemps ses preuves sous la conduite de sou frère. 11 demeura uni avec l'Allemagne, où

LA VIF. DE l'Église en occident. 259

le duc Conrad de Franconie, arrit^re-petit-fils do l'aînée des filles d'Otton, avait été nommé roi (8 soptenibre 1024-), et il ne trempa point dans les intrigues dos seif^rneurs de Lombardie, qui voulaient domier ce royaume à un priiico français. Lui et l'archevêque de Milan, Eribert, invitèrent Conrad à entreprendre une expédition contre les Romains (1025). Conrad rég-la (1026) les affaires de Lombardie, dont il obtint la couronne, et en 1027 il reçut le diadème impérial des mains de Jean XIX. en présence des rois de Bourgogne et de Danemark.

Un dissentiment sur la prééminence avait éclaté entre les archevêques de Milan et de Raveune ; le pape le termina en faveur du premier. Capoue et Bénévent se soumirent à l'empereur. Ce prince donna aussi des établissements durables aux Normands dans le midi de l'Italie, et obtint encore dans la suite le royaume de Bourgogne (1032). Cependant il rendit moins de services à l'Eglise que son saint prédécesseur.

.lean XiX, accusé sans doute à tort de négligence et de cupidité, régna jusqu'en 1032. Le plus grand malheur pour l'Église fut (jue sa famille send)lait considérer la papauté comme sou patrimoine et cherchait à le cetenir, sans égard à la dignité du titulaire. Six papes étaient déjà sortis de son sein; elle en voulait un septième, le jeune Théophylacte, âgé de moins de vingt ans, fds d'Albéric, lequel était frère des deux derniers papes. La voix des cardinaux était dédaignée. Le peuple, corrompu à force d'argent, nomma celte fois, d'wne façon passablement tunuillueuse, ce jeune homme vicieux (jui pendant onze ans allait déshonorer l'Église sous le nom de Benoît IX (1033-1044).

OUVRAGES A CONï^uLTF.R .SI K I.E N» 44.

Glub. Rad., IV, 1,0; Honizu, loc. cil., ]t. SOI; Migne, Pair, lai., t. CXLI, p. il II et seq., i.'j4i; VVippo, Vita Cour. (Pistor., Rer. germ. Scr., 111, 470 et .seq.): Jaffé, Reg., p. 308; Arnulf. Medio)., Il, 3; Petr. Dam. Epist. et Op., éd. (;aetani, Rom., 1600, in-fül., ep. ap. Barou., au. 10:i.3; Victor 111, S. Desidcr. Dial., lib. III (Mural., Soi., IV, 39fi); Fulbert. Carnot., ep. ad Guidon., Bibl. Patr. max., t. XVIII; Slenzel, (iesch. Deulscbl. unter den fra-nk. Kaisei'n., Leipzig, 1827 et suiv., 1. 1; Giesebrecht, 11, p. 213 et suiv.; Papencordt, p. 190 et suiv.; Reumoiit. p. 335 et suiv.

260 HISTOIRE DE l'iÈGUSE.

Benoît 1%, neveu de Jean XIX. — Grégoire VI. — Trois papes.

4.5. Cet adolescent indigne et ignare, imposé à l'Église, allait renouveler, surpasser même les désordres du temps d'Octavien. Elle monde catholique se taisait. « Le prêtre était devenu semblable au peuple, et le pays qui avait pour prince un enfant faisait entendre ses lamentations '. » Ainsi parlaient, avec Glaber Radolphe, plusieurs contemporains. Cependant, comme le scandale s'était déjà beaucoup affaibli, non seulement l'empereur Conrad, qui était en bonne intelligence avec la famille du pape, ne voulut point intervenir; mais quand les Romains, à qui la conduite honteuse de Benoît était devenue intolérable, l'eurent chassé de la ville après la mort de son père Albéric, Conrad, auprès de qui il s'était réfugié à Crémone, le rétablit par la force armée (avril t038), et punit sévèrement la révolte des Romains.

Benoît, suftisamment doué du côté de l'esprit, montrait souvent beaucoup de sens pratique ; mieux élevé et accoutumé à tenir ses passions en bride, il serait devenu peut-être un des meilleurs papes. Conrad étant mort (1039) après avoir assuré à son fils Henri la royauté allemande, avec l'empire en perspective, le contre-parti essaya de nouveau de renverser le pape, aidé dans le gouvernement par son frère le patrice Grégoire. Au commencement de 1044, une révolte générale, à laquelle participèrent les factions des villes et la noblesse de la campagne, éclata contre lui. Elle eut d'abord quelques succès. Benoît fugitif fut remplacé par Sylvestre III, mais pour trois mois seulement; après quoi Benoît, soutenu par l'autorité de sa maison, parvint à recouvrer le trône, et frappa son adversaire d'excommunication (avril Ï04i).

Cependant, une année après (i" mai 1045), Benoît abdiqua volontairement en faveur de l'archiprêtre Jean Gratien, universellement estimé pour ses vertus. 11 ne le fit pas néanmoins sans avoir stipulé en dédommagement une forte somme, que son successeur Grégoire VI fut obligé de payer. Ce pape, très consciencieux d'ailleurs, avait cru devoir se résoudre à ce moyen exceptionnel, quoique illicite en soi, pour prévenir les

' Ecrie., X, 16; /*., m, 4; x.xiv, i.

J>A viü HE l'église en occident, 261

maux excessifs et la honte de l'Église romaine. Benoît se retira dans un château de sa famille, après avoir formellement abdiqué.

Benoît I.\, touché du repentir de ses péchés, appela auprès de lui un saint religieux nommé Barthélémy, abbé de la Grotte-Ferrée, dans le voisinage de Rome, lui dérouvrit le fond de sa conscience et hii demanda le remède à ses maux. Le saint homme, sans avoir égard ni à la dignité ni aux faveurs qu'il pourrait recevoir, s'il traitait son pénitent avec indulgence, lui dit que le seul moyen d'apaiser Dieu, qu'il avait irrité, était de s'abstenir des fonctions sacrées du pontificat et de sappliquer aux exercices do la pénitence. Le pape ne remit pas au lendemain l'exécution de cet avis; il abdiqua sur-Ie-chamji le souverain pontificat pour mener une vie privée. Ainsi le rapporte un auteui- contemporain '.

Avant sa retraite, il avait canonisé saint Siméon, religieux d'une abbaye de Trêves^; il avait dispensé des vœux monastiques et des engagements de l'ordre de diacre le prince Casimir de Pologne, moine profès à Cluny, afin qu'il pût se marier, succéder au royaume de son père, et finir les troubles excités au sujet de la sucession à la couronne. Il accorda cette dispense aux instantes prières de la nation polonaise".

Benoît se repentit plus tard de cette démarche; et ses parents, appuyés d'une faction encore puissante, le décidèrent à revenir sur sa détermination. Il y eut donc pendant quelque temps trois prétendants à la dig-nité pontificale : Benoît IX, qui avait abdiqué; Sylvestre III, qui était certainement illégitime, et Grégoire VI, qui, malgré la faute qu'il avait commise lors de

' Qui lune lemporis apostolicae Sedi prieerat humanae fragilitati se prfecipitem dédit. Sed cum tandem ab hoc malo resipuisset, B. Bartholomaeum advocavit. Huic rem totam aperit et opportunum remedium qu®rit. Ipse vero Bartholomseus non est throni celsitudinem veritus, non dignitaiis praestantiam respexit, neque munera et honores, quod p!erique spiritualium medicort.m facere soient; sed mali gravitatem et propterea opportunam mali sbscissionem ilii adhibens. ita inquit : Non licet tibi sacra facere, sed potius abstinere et Deum placare, quem peccando irritasti. lUe vero, neque tardans, neque procrastinans, sed quamprlmum deposita Sede, instar privati hominis se habebat. ' Auctor cosetan. , apud Baron., ad an. 1044, num. 4.] * Mabillon., ssec. VI Bened., parte L ^ Joan. Longin., episc. Leopol., in Hist. refum polonic.

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son exaltation, était cependant reconnu pour le seul pape véritable par les plus gens de bien et les plus nobles esprits.

Grunde était la détresse : la majeure partie des possessions et des revenus de l'Église était en des inains étrangères ; les basiliques menaçaient ruine, et, pour les restaurer, il fallait solliciter le concours des autres nations ; Rome et ses alentours pullulaient de brigands, qui allaient quelrjuefois jusqu'à enlever des autels les oblations des fidèles. Grégoire VI, voyant l'inefficacité des armes spirituelles, fut forcé de lever des troupes et de se mettre lui-même à leur tête pour rétablir la sécurité publique. 11 y réussit. Grégoire fut, à tout prendre, un digne successeur des cinq papes excellents qui l'avaient devancé sous ce nom, et comme eux il semblait appelé à restituer à l'Église son antique splendeur. Mais la Providence en avait décidé autrement, afin de montrer (|ue l'Eglise ne se conduit ni par la sagesse et les combinaisons humaines, ni par la violence et les moyens extérieurs. C'est du dehors que le mal avait envahi l'Église ; c'est liu dehors que le secours allait lui venir. Étoiifîer le schisme et l'esprit de parti, Grégoire n'en avait pas la force. Des hommes clairvoyants, tels que Pierre Damien, attendaient, du roi d'Allemagne le secours le plus efficace.

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Vila r,oned. IX, Mural., R. J. Scr., III, ii, UO, 342 : ^Y;ltlench, I, 71 et seq.: Desid.. loc. cit.: Pelr. Dam., lib, I, ep. i, n; Glab. Rad., Üb. V; Herrn. Contiact., Chrün., h. t.; Papcncordt, p. 192 et suiv.; Hœtler, I, p. 224 et suiv.; Héfelé, IV, p. 673 et suiv.; Heumont. Il, p. 338 et suiv.

Bonizo, évêque de Sulri, puis de Plaisance, mort en 1089, Lib. ad amie, de Persecut. Eccl. (Œf('i..-, Rev. boic.Scr., Il, 801 et seq.; Wattcrich, I, p. 7"t et seq.), raconte que Benoît IX avait même songé à épouser la fille du comte Gerhard de Sas?o, qui lui était proche paient«', mais que le comte n'avait consenti qu'à la éoiiditioa qu'il renoncerait à son pontificat, probablement comme partisan de Sylvestre III ou ôi\ Grégoire VI. Il est [)lus vraisemblable que le clergé, la noble.s.se et le peuple pressaient l'abdication. (Héfelé, IV, p. 674.) Ou porte la somme payée à Benoît à 1,000 ou 1,500 livres d'argent. Sur (Grégoire VI, Otlo Fris., VI, 25 'al. 32) : « llunc miserrimum statum Ecclesio? religiosus quidam prpsbyter Grafianus nomine vidons zcloque pietatis matri suacompatiendo animadvertens, prff-fatos viros adiit eisque a Sede sancta cedere jiecuuia persuasit, Benedicto redditibus Angliai, quia majoris videbalur auctoritatis esse, relictis. Ob ea cives pra-fatum presbytenun tanquum Ecclcsiiu liberatorem ia summum ponlilicem elegeruat, etc.')

LA VIK I>Iv l/ia.l.ISE KN OCCIDENT, 203

Suf Grégoire VI, les Bollanclistes, dans la Prrpf. Tract. II, p. 291, diss. : « Gregoriuni VI verum papam nec ullo modo simoniacum fuisse, neque deponi potuisse, nisi ultro cessisset. »

Prépondérance de l'empire depuis Henri III. — Henri III d'Allemagne. — Abdication de Grégoire VI. — Clément II.

46. Henri III, le pins puissant de tons les souverains d'Allemagne, était lui-même intéressé à la prospérité de l'Eglise; mais il ne fut pas toujours heureux dans le choix des moyens de lui venir en aide. A la demande de Pierre, le pieux archidiacre de Rome, il partit pour l'Italie dans l'automne de 1046, et fut couronné roi des Lombards. Il procura la réunion d'un concile à Pavie (25-57 octobre). Sur son invitation, Grégoire VI alla le trouver à Plaisance, et avant Noël se rendit avec lui à Sutri, où il avait, selon les désirs du roi, convoqué un concile. Sylvestre III y fut condamné, comme simoniaque et intrus, à être enfermé dans un couvent. De Benoît IX il ne fut pas (}uestion ; mais on éleva des doutes sur le caractère simoniaque de la promotion de Grégoire VI. Il abdiqua de son plein gré, et demanda humblement pardon de ce qu'il avait fait par ignorance et avec le seul désir de sauver l'Église romaine. Sur la proposition de Fleuri, Suidger, évêque de Bamberg, fut élu et prit 1«; nom de Clément II. C'était le second pape allemand. Le jour de son intronisation (25 décembre), il couronna Henri III empereur des Romains, et son épouse Agnès impératrice. Jean Gratien, i[u\ avait généreusement "abdiqué le souverain pontificat, se rendit en Allemagne, accompagné de son élève Hildebrand, jeune homme plein de talents. Il est certain que, depuis la résignation de Benoît jusqu'au moment où il abdiqua lui-même, il fut le pape légitime : aussi sa mémoire demeurat-elle en bénédiction dans l'Église romaine.

Henri III acquit la plus grande influence. Les Romains lui conférèrent sctlennellcment le patriciat, exercé par eux dans ces derniers temps, et, sous l'impression encore vivante des troubles suscités par les partis de la noblesse, ils lui garantirent le droit d'empêcher qu'î l'avenir personne ne fût élevé à la papauté sans son consentement. Ou songeait sans doute aussi à justifier après coup l'attitude, irrégulière en soi, que Henri III

avait prise avant d'entrer en possession de la dignité impériale, sous l'empire des circonstances.

Eloge de Henri III, Petr. Dam. Opusc, VI, c. sxxvi, p. 151-153; Mansi, t. XIX, 617 et seq.: Desider., Dial. III, ap. Pagi, an. 1046, n. I; Bonizo, loc. cit.; Herrn. Contract., an. 1046; Sigeb. Gembl., h. a.; Annal. Bom.,Pertz, VII, 469; Watter., I, 72, 82; Hœtler, K p. 229-23.3; Eugelhardt, Observai, de Syn. Sutriensi, Erlang., 1834, in-4" ; Giesebrecht, II, p. 399 et suiv.; E. Will, die Anfa?nge der Restauration der Kirche im 11. Jahrh., I'« section, .Marbourg, 1851», p. 1-7; Héfelé, IV, p. 674 ei, suiv. Sur le patriciat de Henri et les droits qu'il comportait, on n'a que des renseignements très confus. Voy. JafTé, p. 364; Will, I, p. 6-8: Reiimont, H, p. 341.

Damase II.

47. Clément II, qui avait gardé son évêché de Bamberg, mémo depuis qu'il était pape, célébra en janvier 1047, en présence d«l'empereur, un concile, où il frappa d'anathème la collation simoniaque des ordres et des bénéfices, menaça d'une pénitence de quarante jours ceux qui les recevraient par simonie, et décida, en faveur de Ravenne, la querelle de prééminence entre Ravenne, Milan et Aquilée. Il accorda au monastère de Fulde. aux archevêques de Brème et de Salerne, des privilèges étendus, s'aboucha avec l'empereur dans la basse Italie, visita plusieurs couvents, et mourut le 9 octobre 1047, probablement au monastère de Saint-Thomas de Pesaro. Il fut inhumé dans la cathédrale de Bamberg.

Clément II mort, Benoit IX prétendit de nouveau à la papauté. En i047, à Noël, des envoyés de Home allèrent demander un nouveau pape à l'empereur, et lui proposèrent Ilalinard, le savant archevêque de Lyon. Ils n'entendaient point cependant se désister entièrement de leur droit électoral, et plusieurs évêques reconnaissaient combien il était dangereux que l'empereur pourvût à la nomination du pape et à celle de tous les évêques. Wazon, évèque de Liège, représenta que Clément II, dont l'institution n'avait pas été tout à fait régulière, étant mort, tandis que (Jrégoire VI était encore vivant, Dieu semblait indiquer par là qu'on ne devait élire personne à sa place; quo ni la loi humaine, ni la loi divine, ni Tautorité des Pères ne lo permettaient; que ce n'était pas à l'empereur, mais au pape,

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