‹ Histoire de l'église (volume 3)Chapitre 17 sur 44 · LA VIE DE LÉOLISE EN OCCIDENT · texte numérisé non relu

LA VIE DE LÉOLISE EN OCCIDENT

qu'il appartenait de juger des choses ecclésiastiques; que le pape enfin ne pouvait être jugé par personne.

L'empereur n'accepta ni cette proposition ni celle des Romains ; il nomma à la papauté Poppon, évêque de Brixen. chargea Boniface, margrave de Toscane, de l'accompagner à Rome et de l'y faire introniser. L'exécution de cet ordre fut ajournée jusque dans l'été. Poppon, intronisé en juillet 1048, sous le nom de Damasc II, mourut dès le 9 août, à Préneste, empoisonné, selon quelques-uns, d'une potion préparée par Benoît, mais probablement par suite des fièvres de la saison et des fatigues du voyage. Benoit s'était retiré au monastère de Grotta-Ferrata, près de Frascati, dirigé surtout par le pieux abbé Barthélémy le Jeune, disciple de saint Nil (mort en 1005). Il mourut après 1065, et alors que quatre de ses successeurs avaient déjà passé sur le Saint-Siège. Sur ces entrefaites, Grégoire VI mourut en Allemagne, et son fidèle compagnon Hildebrand entra au monastère de Cluny.

Maiisi, XIX, 619 et seq., 623 et seq.; Hœfler, I, p. 251 et suiv.; Will, 1, p. 11 et suiv. Selon Herrn. Corttr., il fut exalté à Sutri; selon Désidérius, Lambert, Benzo, les Annal. Rom. el Corbej., à Rome (Waitz, dans Sybel, Ilist. Ztschr., 1860, 111, 188). Sur Wazo, voy. Gesta episcop. Leodiens., Marlene, Coll. ampliss., t. IV; Pertz, IX, 228; Watter., I, 79 et seq. — Bonizo dit de Damase, à cause de sa nomination par l'empereur : <• Sedem pontiticiam invasit. » Sur lui, Mansi, loc. cit., p. 629; Watter.,

I, 74; Hœfler, 1, p. 269 et suiv.; Will, p. 17-19; Héfelé, IV, p. 676 et suiv. Sur Barthélémy le Jeune, voy. Vita, ap. Mai, Nov. Patr. Bibl., VI.

II, 519, 520, c. x; Baron., an. 1044, n. 4; Acta Sanct., t. VIII septemb., p. 792 et seq. Mort de Benoit IX, Placentini, de Sepulcro Bened. IX in templo monach. Cryptœ ferrât», Rom., 1747. Cf. Leo Ost., II, 81; Papebroch., Conatus chronico-hist., p. 187.

Léon IX.

i8. L'empereur ressentit quelque embarras lorsqu'une députation romaine alla derechef lui demander un nouveau pape. Sous l'impression de la mort prématurée des deux derniers pontifes, aucun évêque allemand ne voulait accepter cette charge périlleuse. Après de longues résistances, Brunon, évêque de Toul, céda enfin aux sollicitations de la diète do Worms (décembre i0.i8), à la condition qu'il serait librement

2Ü6 HISTOIRE DE LÉGLISE.

élu par le clergé et le peuple de Rome. Ce pieux et savant liomuie sortait de la famille des comtes de Nordgau (ûagsbourg et Egisheim, en Alsace). Né l'au 100;2, âgé alors d'un peu moins de quarante-sept ans, il avait administré son diocèse pauvre avec beaucoup de sagesse et de discrétion, et il était exempt de toute pensée ambitieuse. Après avoir célébré une dernière fois à Toul la fête de Noël, il prit la route de Besançon, vêtu du simple costume de pèlerin, s'y rencontra avec Hugues, abbé de Cluny, et entendit de sa bouche les paroles généreuses du moine Hildebrand sur Tirrégularité de la nomination du pape par l'empereur, Brunon décida Hildebrand à le suivre en qualité de compagnon et de conseiller, et partit pour l'Italie, où il édifia tout le monde par son humilité. Il fit son entrée à liome le 2 février 1049, et déclara, comme il l'avait fait en Allemagne, qu'à ses yeux l'élection canonique était l'affaire capitale; que, si elle n'avait pas lieu, il était prêt à retourner dans son diocèse. Tous témoignèrent la joie iju'ils ressentaient de sa nomination. 11 prit le nom de Léon IX, et fut inironisé le 12 février. Son pontificat produisit les plus heureux fruits (1049- 1054). Il réunit autour de sa personne les hommes les plus capables, iiumma Hildebrand sous-diacre et trésorier de l'Église romaine, et s'appUqua à rétablir l'ordre partout.

Les caisses pontificales étaient vides ; plusieurs domaines de l'Église avaient été donnés par l'empereur aux nobles ou aux Normands. Pauvre, le pape fut abandonné par plusieurs de ses serviteurs allemands. Cependant des secours lui arrivèrent de Bénévent, puis aussi de l'empereur, qui avait le toit de vouloir trop mettre le Saint-Siège sous sa dépendance. Sur ce point encore, Hildebrand eut bientôt amélioré la situation. Le pape s'était donné pour principale tâche de restaurer la discipline ecclésiastique. Kn 1049, la deuxième semaine après r.àques, il ouvrit son premier concile dans l'église de Latran. Il y renouvela les décrets de Clément II contre la simonie, et déposa plusieurs évoques simoniaques. Il recommanda également les canons relatifs au concubinage des clercs, et agit partout en véritable réformateur. 11 visita d'abord la haute Italie, vida les contestations des monastères et des évêques, tint à la Pentecôte un concile dans Pavic, puis, gagnant l'Allemagne, célébra avec l'empereur la fête des princes des Apôtres à Co-

Page 1