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La Bohème fut évangélisée par l'Allemagne et par la Mo

ravie. Là résidaient, depuis le sixième siècle, les Tchèques, partagés en plusieurs principautés. Déjà Charlemagne avait acquis quelque influence sur le pays, mais sans pouvoir l'assujettir. A Ratisbonne, en 845, le roi Louis le Germanique décida quatorze seigneurs de la Bohême à recevoir le baptême, et les évêques de cette ville s'appliquèrent à consolider dans ce pays, habité aussi par des Allemands, le règne du christianisme. Quant aux seigneurs qui venaient d'être baptisés, ils furent expulsés par les païens indigènes, puis rétablis par les Allemands. Saint Méthode décida aussi le duc Borziwoi à se faire baptiser et à prendre un prêtre avec lui. Sa femme Ludmilla, chrétienne très fervente, et son fils Spitignew (915) aidèrent à la diffusion de la bonne nouvelle. 11 n'en fut pas de même de Drahomire, femme de Wratislaw, frère de Spitignew : partisan fanatique du paganisme, elle se déchaîna contre les chrétiens, chassa les prêtres et assassina sa belle-mère, sainte Ludmilla.

Tout autre fut la conduite de son fils Wenzeslaw, élevé par Ludmilla : les chrétiens, à qui il était favorable, s'affermirent sous son règne, jusqu'au moment où il fut tué par son frère encore païen, Boleslaw le Cruel, qui fit mourit une foule de chrétiens et chassa leurs prêtres (938). Impliqué dans une guerre avec Otton I", à qui il avait refusé le tribut, le duc se vit enfin contraint de laisser un libre cours au christianisme. A partir de ce moment, Boleslaw se fit lui-même chrétien et régna en bon prince.

Son fils Boleslaw II le Pieux (967-999) assura le triomphe définitif de l'Évangile. 11 obtint que la Bohême aurait à Prague un évêché distinct (973) ; cette demande, que son père avait vainement adressée aux évêques de Ratisbonne, saint Wolfgang la lui accorda volontiers. Déjà auparavant le pape Jean XIII avait approuvé cet établissement, sous la condition que le service divin se ferait non en langue slave, mais en langue latine, suivant ce qui avait lieu autrefois. La liturgie slave ne fut introduite que plus tard, par l'abbé Procope, du couvent de Sazava (1039); elle se maintint longtemps, avec des vicissitudes diverses, dans un petit nombre de monastères. Le nouvel évêché, approuvé par Benoît VI, fut placé sous la dépendance non pas de Salzbourg, mais de Mayeiice, qui devait être dédommagé pour l'érectiou do la métropole de jlagdebourg.

PROPAüATlON DL CHKISTIAMSME. 519

Le premier évêqiie de Prague fut le saxon Thietmar, auquel saint Adalbert (Wojtach) succéda en V)82. Celui-ci trouva encore la Bohème sous l'influence des mœurs païennes : pluralité des femmes, mariages incestueux, divorces arbitraires, vente des prisonniers et des esclaves chrétiens aux païens et aux juifs, clergé barbare. Désespérant du succès, il quitta plusieurs fois son Eglise, se rendit dans divers monastères, puis à Rome, enfin en Prusse en qualité de missionnaire; il y subit la mort du martyre en 997. L'évéque ïhiddag (mort en 1017) eut de rudes combats à soutenir sous le féroce Boleslaw III, et les nombreux changements de souverains empêchèrent l'améUoration de l'ordre de choses. Ce fut seulement sous l'évéque Sévère (1031- 1067) que des lois plus rigoureuses furent édictées contre les usages de l'ancien paganisme.

Cosmas Prag, (mort en 1125), Chronic. Bohem. (Script, rer. Boh.. Prag., 1784 et seq., t. I; Pertz, t. IX) ; Vita S. Ludmillaeet S. Wenceslai auct. Christiano de Scala monacho, Acta SS., sept. t. V, 825; Passio S. Ludmillse, dans Wattenbach, Beitr., p. 52, 54; Joan. XIll, ep. ad Bolesl.. Migne, t. CXXXV, p. 997 ; Pertz, Script., XI, 49; Vita S. Wolfgangi, Mabill., saec. V, 0. S. B., p. 986; Vita S. Adalberti, Pertz, VI, 581 et seq.; Canis, Lect. ant., III, i, 41 et seq.; Gelas, a S. Catharina (Dobner), AnnaJ. Hag. Bob. illustr., Prag., 1761 et seq., V, p. 4, et .Monum. bist. Bobem., Prag., 1764; Balbini, Miscell. bist. Bob., et Epit rer. bohem., Prag., 1877 et seq.; Palacky, Gesch. v. Bœhmen, I''«^part., Prag., 1836; Zeleny, de Relig. cbr. in Bohemia principiis, Prag., 1855; Frind., K.-G. Bœbmens, Prag., 1862 et suiv:, I-IV, et 1864 et suiv.. 2 vol.; Gindely, Mon. bist. Bob., Prag., 1867. — Sur la bulle de Jean .XII, révoquée en doute par Assemani, Pubitschka, Dümmler, Erben, Jaffé, voy. Ginzel, op. cit., p. 134 et suiv.; Dudik, II, 33 et suiv. Sur le rite slave en Bohème, Ginzel, p. 130 et suiv., 137 et suiv.; sur les deux premiers évoques de Bohème, Dudilv, II, p. 39, 51 et suiv.; sur saint Adalbert, Voigt, Gesch. Preussens, t. I, Beil. III; Tornwaldt, das Leben Adalb. v. Prag, dans Illgens, Hist. Ztscbr., 1853, p. 167 et suiv.

Les Slaves eu Allemagne. — Leurs évêchés.

246. Plusieurs tribus slaves, complètement indépendantes les unes des autres et toutes païennes encore, vers l'an 900, résidaient au nord-est de l'Allemagne et étaient constamment en lutte avec la population indigène allemande. On leur donnait aussi le nom général de Wendes. Les Sorabes habitaient l'est

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de la Thuringe, sur l'Elbe, la Saale et la Sprée jusqu'à la Havel. A eux se rattachaient aussi les ûaleminzes, dans le margraviat de Meissen; les Leutizes, les Lusizes, dans la Basse- Lusace; les Milzéniens, dans la Haute-Lusace ; les Colédisiens, dans le Kœthen et le Bernbourg. Au nord de ces peuples, entre l'Elbe et l'Oder jusqu'à la Havel, se trouvaient les Wiltzes; plus loin, jusqu'à la mer Baltique, les Polabcs, puis les Obotrites du Meckïembourg, les Wagrcs près de la ville d'Oldenbourg. L'empire d'Allemagne dut songer de bonne heure à subjuguer ces tribus avides de pillage et qui l'exposaient à de continuels dangers. Charlemagne eut beau les humilier et leur fixer des bornes précises : il ne put empêcher de nouvelles incursions en Saxe et en Thuringe. Sous l'empereur Louis H, des moines de Corbie prêchèrent parmi ces peuplades avec peu de succès. Henri I", en 926, défit les Sorabes et leurs alliés, et érigea les margraviats de Meissen, du nord et de l'est de la Saxe. Otton I" poursuivit ces victoires, et en 949 pénétra jusqu'à l'Oder. La barbarie et la cupidité des généraux saxons furent cause que le christianisme ne fit que de faibles progrès. Boson, moine de Saint-Emmeran, puis chapelain d'Otton V% apprit le slave et prêcha dans cette langue avec beaucoup de fruit. Il fut le premier évêque de Mersebourg. Car Otton fonda plusieurs évêchés dans les provinces qu'il avait soumises : Havelberg (946), Brandebourg (949) et Meissen (965-967) ; plus tard, Zeitz (transféré à Naumbourg en 1029), Mersebourg, Aldenbourg (Oldenbourg). En 968 fut érigé l'archevêché de Magdebourg, avec l'approbation du pape Jean XII, déjà accordée en 962. Son premier archevêque, Adalbert (mort en 981), avait prêché auparavant dans l'île de Rügen. Là fut étabUe, au couvent de Saint-Maurice, une école florissante, dirigée par le savant Otrich.

247. Cependant les Obotrites, sous la conduite de leur prince Mistewoi, se soulevèrent bientôt contre l'Allemagne et le christianisme (983) ; ils martyrisèrent soixante prêtres, massacrèrent les chrétiens d'Aldenbourg et détruisirent l'évêché de cette ville; ceux d'IIavelberg et de Brandebourg n'existèrent bientôt plus que de nom. Mistewoi regretta dans la suite son apostasie, rentra dans le sein de l'Église, mais ne fut plus toléré par ses compatriotes. Il mourut à Bardewik dans la profession du christianisme. Son petit-fils Godeskalk (Gottschalk), élevé chré-

PROPAGATION DU CHRISTIANISME. .H2l

tienncmeiit à Lunebourg, réunit en 104o les Obotrites et les Leutizes en un grand royaume slave, et s'efforça de les amener au christianisme. Déjà l'archevêque de Hambourg pouvait diviser le diocèse d'Aldenbourg en trois évèchés, en en érigeant deux nouveaux à Mecklembourg et à Ratzebourg. Une insurrection éclata en 1066. Les païens massacrèrent le vaillant duc, sacrifièrent Jean, évêque de Mecklembourg, à leur dieu Radegast, à Rhetra, détruisirent plusieurs églises, même à Hambourg et à Schleswig. Dans le Mecklembourg et le Holstein, le paganisme était pleinement rétabli. Parmi les Sorabes, saint Bennon de Meissen, dit l'apôtre des Slaves (mort en 1100), prêcha avec beaucoup de succès à partir de 1066. L'archevêché de Magdebourg, qui avait été richement doté par Otton I" et avait acquis une grande partie de l'évêché d'Halberstadt, se maintint dans un état florissant et rivalisa avec celui de Hambourg.

Wittichindi Corb., 070, Ann. de reb. Saxon., libri III, éd. Meibom., Francof., 1621, in-fol.; Pertz, III, 408 et seq.; Adam. Brem., II, 10 et seq.; Pertz, t. VII; Thietm. Merseb., ibid., V, 723 et seq. (1. I, p. 326 et seq., ed. Leibn.); Helmoldi (mort après 1170), Chron. Slavon., edit. Lubec, 1839, in-4''; Arnold. Lubec. Chron., Pertz, XXI, 101 et seq.; Vita S. Bennon., Acta SS., III jun., d. 16, p. 148 et seq.; Mascb, Gottesdienstl. Altherthiimer der Obotrilen, Berlin, 1771; Gebhardi, Gesch. aller wend.-slav. Staaten, Halle, 1790, in-4°, 2 vol.; Menzel, Gesch. d. Dtschn., Breslau, 1847, t. II, liv. IV, ch. vu, vin, p. 592 et suiv.; Giesebrecht. Wendische Gesch., 780-1182, Berlin, 1843, 3 vol., et Gesch. der deutschen Kaiserzeit, II, p. 460, .^62 et suiv.; Neander, II, p. 176 et suiv.; Doellinger, I, p. 333 et suiv. Négociations au sujet de Magdebourg, Héfelé, IV, p. Ö79, 399 et suiv. École de Magdebourg, Büdinger, sur l'iniluence scientifique et politique de Gerbert, p. 34-60. Ouvrages sur les évèchés parmi les Slaves, dans Ritter, I, 406 et suiv., n. 2 et suiv. — Regesla Archiep. Magdeb., Sammlung von Auszügen aus Urkunden und Annalen, i"^ livrais., Magdeb., 1877. — Laspeyres, die Bekehrung Nordalbingiens u. die Gründung des Wagrischen Bisth. Oldenburg-Lübeck (Jubelschrift), Brème, 1864.

Le christianisme en Pologne.

248. Depuis le dixième siècle, le terme de Polonais (autrefois Lèches) était le nom générique des tribus slaves appelées Belo-

chrobates, qui habitaient la petite Pologne et la Russie Rouge, des Polonais qui résidaient sur la moyenne Vistule, et des Masun3S établis près de Polotzk. C'est de la Moravie, avec laquelle la Pologne était en relations politiques, que la connaissance de l'Évangile y pénétra, ainsi que dans la Silésie. Cependant le paganisme n'y fut pas sérieusement menacé jusqu'au moment où la Pologne se vit placée sous la domination allemande (959-965). Le duc Miecislaw ou Miesco I" (964-992), à qui ses sept femmes ne laissèrent aucun héritier, épousa une princesse de Bohême, Dombrowka, fille de Boleslaw I" (965), qui s'efforça de le gagner à la foi chrétienne. 11 se fit baptiser, avec plusieurs seigneurs, par un prêtre bohémien nommé Bohuwid (966), et il ordonna bientôt de renverser les idoles dans tout le pays et de les jeter à l'eau : ces ordres furent exécutés, mais le plus souvent au milieu" des gémissements du peuple païen. L'évêché de Posen, fondé en 968, fut occupé par l'évêque Jordan et placé par l'empereur Otton sous la métropole de Magdebourg. Si indulgent qu'on se montrât d'abord envers ces nouveaux chrétiens, les préceptes de l'Évangile parurent encore trop onéreux à un peuple si profondément attaché à ses anciennes -idoles, et donnèrent lieu à une foule de révoltes.

Boleslaw I" le Violent (Chrobri, 992-1025) édicta des lois sévères contre les infractions aux ordonnances de l'Église, racheta des Prussiens le corps du saint martyr Adalbert, et lui donna une sépulture honorable à (înesen. L'empereur Otton III (1000) s'y rendit lui-même en pèlerinage, fonda de concert avec Boleslaw l'archevêché de Guesen, auquel furent subordonnés les nouveaux évêchés de Colberg, Cracovie et Breslau (puis ceux de Plock et de Lebus). Boleslaw entra sur ce sujet ou négociation avec le Saint-Siège, appela des reUgieux camaldules et institua l'abbaye des bénédictins de Tyniec. D'autres évêchés furent établis sous le règne de Miecislaw (1025-1034). Après sa mort, le pays fut entièrement bouleversé par des discordes intestines. Alors les Polonais appelèrent du couvent de Cluny au trône le prince Casimir, qui rétablit la tranquillité, réprima le paganisme et s'occupa des couvents. En face de l'opposition des archevêques de Magdebourg et des évêques de Posen, aucune métropole ne fut instituée : les évêques étaient indépendants de fait. Boleslaw II (depuis 1058) régna d'abord, à l'exemple

de son père, avec douceur et équité, mais il tomba ensuite dans des vices grossiers. Saint Stanislas, évêque de Cracovie, lui en fit de sévères reproches et le frappa d'excommunication. Boleslaw se vengea en le tuant à l'autel de ses propres mains (1079). Le peuple fut tellement indigné de ce forfait révoltant, que Boleslaw se vit obligé de prendre la fuite. Excommunié par le pape Grégoire Vil, il mourut misérablement en Hongrie dans des accès de rage (1081).

Poloii. Chron., Pertz, XI, 425 et seq.; Martini Galli (c. 1130) Chron., avec Vinc. Kadlubek, éd. Gedani, 1749; éd. Bandtkie, Varsov., 1824; éd. Klimes, ad cod. stec. XIII; Teplens., Prag., 1859; Longin. Dlugosz (mort en 1480), Hist. Polonife, éd. Huyssenaux, Grodekius, Francof., 1711,2 vol. in-fol.; Cromeri, ep. Warm, (mort en 1Ö89), Polonia, seu de origine et reb. gest. Polon., Basil., 1554; Seygielski, Aquila Polono- Benedictina, Cracov., 1663, in-4''; Lengenich, Diss. de relig. chr. in Polonia initiis, 1734, in-4°, et Jus public, regni Polon., 2<= éd. Gedani, 1735 et seq. (traduct. polon., Kreskow, 1836, livre III, ch. v, p. 225); J. A. Zaluski, Conspect. nov. collect, leg. eccl. Polon., seu Synodicou Poloniae orthod., Varsov., 1774, in-4°; Ostrowski, Dzieje i prawa kosciola polskiego, Varsov., 1793, 3 vol.; Naruscewicoz (§239); J. Bartoscewicz. Cod. diplom. Polon,, Varsov., 1847 et seq., 1852, 1858; Lelewel, Introduction du christianisme en Pologne, dans Ossolinski, Vinc. Kadlubek, en allemand, par Linde, Warschau, 1822, p. 365 et suiv,; Friese, K.-G. des Rgr. Polen., Breslau, 1786, 2 part.; Rœpell, Gesch. Polens, F« part., Hamb., 1840 (jusqu'au XIV" siècle), t. I, p. 95-104, Beil. IV, p. 622 et suiv.; Joh. Heyne, Documentirte Gesch. des Bisthums Breslau, t. I, Breslau, 1860, p. 49 et suiv.; Heinr. Zeiszberg, Archiv f. Kunde œsterr. Gesch. -Quellen, t. XXXVIIT, année 1867, et : die Polnische Geschichtsschreibung des Mittelalters , Leipzig; 1873. Sur le cantique à Marie attribué à saint Adalbert, voy. Wiezniewski, Historya liter. polsk krak., t. I, p. 374-386 et suiv. Autres sources : Petrus Dam., Vita S. Romualdi, cap. xivni; Gregor. Vil, lib. II, ep. Lxxiii. (M. PP. lat., CXLVlll, p. 423 seq.); Inuoc. IV, Bulla canonis. S. Stanislai Cracov., BulL, éd. Taur.,ni,o77 ; Polthast., Reg., n. 15137, p. 1246. Sur les évêchés polonais : Rzepenicki, S. J., Vitae praesulum Polon., libris IV comprehensae, Posnan., 1761; Heyne, I, p. xiv et suiv.; Ritter, Gesch. d. Diœcese Breslau, F^ part., Bresl., 1845; Leporovski, de Primis Episcopatibus in Polonia conditis, Herbip., 1874, Cet auteur rejette également l'opinion de Dlugosz, déjà combattue par Lengenich, ou de Kautz (1734), que Miecislaw I^' aurait fondé deux métropoles et sept évêchés.

o2i HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

Commencements du christianisme chez les Russes.

249. Les Russes, qui appartiennent aussi à la grande tribu des Slaves, étaient établis dans les principautés centrales de la Russie actuelle, entourés au nord par les tribus tchoudiques ou finnoises, au sud par les Chazares. En 862, Rurik, un chef de Warègues, appelé par eux de Scandinavie, les groupa plus étroitement sous son autorité. Il fonda un empire et lui donna Nowgorod pour capitale, tandis que les deux frères Ascold et Dir, ses compagnons, établissaient le royaume de la Petite- Russie du Sud, avec Kiew pour capitale. Les chefs Scandinaves communiquèrent à ce peuple nouvellement formé leur goût pour le pillage, et en 865 déjà des vaisseaux russes se présentaient devant Constantinople. Cette ville eut tant à souffrir, que le patriarche Photius, dans un chaleureux discours, exhorta le peuple à la pénitence. La robe de la sainte Vierge, qu'on y vénérait, fut portée solennellement en procession autour des murs de la ville et trempée dans l'eau de la mer. Une affreuse tempête détruisit alors un grand nombre de vaisseaux russes, et l'on réussit à peine à en sauver quelques-uns. Photius essaya, par l'envoi d'un évêque, d'amener au christianisme ce peuple féroce; cette démarche fut probablement sans succès, de même qu'une autre faite plus tard par le patriarche Ignace, malgré ce que l'on raconte de ce prélat, qui, en jetant au feu un livre des Évangiles demeuré intact, aurait converti un grand nombre de Russes.

Les Russes demeurèrent païens jusqu'au milieu du dixième siècle; ils offraient encore des sacrifices humains, menaçaient souvent l'empire grec, et rompaient les traités qu'ils faisaient avec lui. Cependant les expéditions mihtaires, les relations commerciales avec Ryzance, ainsi que les Warègues qui prirent du service à Constantinople, contribuèrent beaucoup à propager le christianisme parmi les Russes. Lorsque le grand duc Igor (9U-945) conclut un nouveau traité avec les Grecs, il y avait déjà des Russes baptisés et une église à Kiew. En 955, Olga, veuve d'Igor, alla elle-même à Constantinople, où elle reçut un brillant accueil et fut solennellement baptisée sous le nom d'Hélène. Olga entra pins tard (959) en relation avec l'empereur Otlon I", qui nomma évêque de la Russie d'abord le moine Li-

. PROPAGATION hV CHRISTIANISME. S25

bulius, et, après la mort de celui-ci, Adalbert (nommé dans la suite archevêque de Magdebourg) . Adalbert rentra chez lui au bout d'un an, après le massacre de quelques-uns de ses compagnons.

Déjà les prêtres grecs exerçaient dans le pays la principale influence; les missionnaires latins, ignorants de la langue et des mœurs, demeurèrent impuissants. Quant aux grands-ducs, ils n'obéissaient qu'aux suggestions de la politique. Swaetoslaw, malgré toutes les exhortations de sa mère Olga, ne voulut point recevoir le baptême; il demeura païen, et les guerres continuèrent avec les Byzantins, qui vainquirent les Russes à plusieurs reprises (970 et 972).

Première expédition des Russes contre Byzance. Georg. Hamart., Chron., VI, p. 736 ; Sym. Mag., in Mich., III, c. xxxvii, xxxviii, p. 674; Georg, mon., p. 826 et seq.; Leo Gram., p. 240 et seq.; Theoph. Cont., IV, xxxin.p. 196; PhotiiOr., 1 et II, de AdvèntuRussorum, éd. A. Nauck, Lexicon Vindobon., Petropoli, 1867, p. 201-232. Voyez mon article dans le Chilianeum, 1869, I, p. 21Ö-224; Photius, I, p. 531 et suiv. Envoi d'un évèque : Phot., ep. ii, n. 35, p. 58, éd. Mont.; ep. iv,p. 178, éd. Bal. L'envoi ultérieur d'un autre évêque, par Ignace, est très vraisemblable : car le premier a pu mourir, ou être révoqué ou expulsé, comme je l'ai prouvé en détail contre Pichler (Gesch. d. tirchl. Trenn., II, p. 2 et suiv,), dans mon Photius, II, p. 595 et suiv. Voyez aussi Schrœckh, K.-G., XXI, p. 509; Héfelé, die Russ. Staatskirche (Tüb. Quartalschr., 1853, III, p. 356 et suiv.). 11 est longuement traité des Russes dans Léon Diacre, Hist., VI, x ; IX, vi, viii, x, p. 103, 149, 156, éd. Bonn. 11 les nomme Taupo(7xû9a;, oOç rj xoivyi SiâXexxoç 'Pu; eîwôîv ôvonàÇeiv, et leur applique la prophétie d'Ézéchiel sur Gog et Magog, 1. IX, VI, p. 150. Cf. IV, vi; X, X, p. 63, 175. Autres détails par Ibn- Foszlan, dans Krug, Forschungen z. russ. Gesch., II, p. 465; puis Leo Gram., p. 323 et seq.; Nestor (mort en 1120), Russische Annalen, trad. par Schlœzer, Gœtting., 1802, IV, p. 9.5-99. Voy. Photius, II, p. 597; III, p. 706, 708. Sur le baptême d'Olga, Const. Porphyrog., de Cer. aul. byz., II, 15; Gedr., II, 329; Nestor, V, 60, éd. Schlœzer. Voy. Strahl, Gesch. der russ. Kirche, Halle, 1830, t. I; Sophocles Œconomus, TOpl x^; àYÎaç 'OXy«;, Athènes, 1867; Neander, II, p. 178. Négociations avec Otton I«"", Pertz, Scr., I, 624 et seq.; Schlœzer, V, p. 106-109; Veridière, Origines cath. de l'Église russe (Études relig., Par., 1857, II, p. 133 et seq.); Pichler, II, p. 4. Aschbach, die von Kaiser Otto I nach Rusziand geschickte Mission (Dieringer, kalh. Ztschr., 1844,1, p, 82 et suiv.). Hist.-pol. Bl., 1855, t. XXXVl, p. 24 et suiv. Victoires des Grecs sur les

Russes, 970 et suiv; Leo Diac, VI, 8-13; VIII, p. ^02 et seq., 428 et seq.; IX, c. v-ix., p. 147 et seq.; Gedr., Il, p. 382, 386, 392 et seq., 401 et seq.; Photius, III, p. 720 et suiv.; Gfrœrer, Byz. Gesch., Il, p. 530-538.

La Russie se rattache à l'Église grecque.

250. Ce fut le petit-fils d'Olga, Wladimir, conquérant victorieux, qui le premier fonda le christianisme en Russie. 11 n'obtint la main de la princesse grecque Anne, soeur de Basile II, que sous la condition qu'il se ferait baptiser. Il se convertit donc, et fut baptisé à Cherson, en 988, par des prêtres grecs. Les idoles de Kiew furent renversées et la statue de Perun jetée dans le Dnieper. Les Russes furent amenés au baptême sans autre préparation. Plusieurs évoques, ordonnés à Constantinople pour la Russie, se fixèrent à Kiew, Nowgorod, Rostow, Jaroslaw, Tschernigow; des églises et des couvents furent bâtis, des écoles érigées. Ce fut probablement à cause des longues relations qu'avait eues ce pays avec la Bulgarie qu'on y adopta l'alphabet slavon de saint Cyrille, ainsi que la langue slave dans la liturgie.

Jaroslaw (1019-1054), fils de Wladimir, essaya d'affermir l'État par des alliances de famille avec les cours européennes, d'adoucir les mœurs du peuple par son recueil de lois, de donner à l'Église plus de consistance on élevant l'évêché de Kiew à la dignité de métropole (1035). Kiew obtint cette dignité sous son quatrième évêque, Théopemptos, après avoir été régie par Michel I", Léontias et Jonas. Jaroslaw, ayant eu des démêlés avec Byzance, où le métropolitain devait être ordonné, laissa après la mort de Théopemptos le siège métropolitain vacant pendant quatre ans; puis, en 1051, il chargea les évoques de son royaume d'élire et de consacrer un Russe de naissance, le moine Hilarion (1051-1072). Ce dernier fut le fondateur du célèbre couvent de la Grotte, à Kiew, où le fameux Nestor (1056- 1111 ou 1120) écrivit ses annales dans la langue du pays, en s'aidant de chroniques grecques.

A Hilarion succéda, en 1072, un autre Grec nommé Grégoire, envoyé de Constantinople et ordonné en cette ville. En général, l'influence grecque demeura prédominante, surtout dans les villes nouvellement fondées. Et c'est par là que l'Église russe se

vit impliquée dans le schisme des Grecs, malgré les relations passagères qu'elle eut encore avec l'Église romaine. Isseslaw (1054- 1072) fut, après sa première expulsion, rétabli avec le secours de la Pologne (1069). Chassé une deuxième fois, il se constitua dans Mayence le vassal du roi d'Allemagne Henri IV (1073); plus tard, il envoya son fds à Rome pour offrir son pays au Saint- Siège. Le pape lui procura de nouveaux secours en Pologne, d'où il revint avec une armée (1077) et se réconcilia avec ceux de ses frères qui vivaient encore. Toutes ces démarches, résultat d'une détresse momentanée, ue modifièrent pas essentiellement la subordination ecclésiastique de la Russie à Byzance.

Diss. de conversione fid. Russor., in Act. SS., t. II sept., n. JI; Asseman., Kalend., t. IV, p. 1 et seq., 34 et seq.; J. S. Semler, de Primis Initiis christ, inter Russos relig., Hal., 1763, in-4°; Ew.ers, Gesch. der Russen, Dorpat, 1816, t. I; Karamsin, Gesch. des russ. Reiches, en allemand, par Hauenschild, Riga, 1820, 1. 1 et II (d'après lui. Tappe, Gesch Ruszt., Dresde et Leipzig, 1828); Strahl, op. cit.; Ustrialow, Gesch. Ruszt., 4 vol.. en allemand, par E. W., Stuttg., 1839 ; Schmitt, Kritische Gesch. der neugriech. u. russ. K., Mainz, 1840; Theiner, die Neuesten Zustsende der kath. K. beider Ritus in Polen, Augsb., 1844,

I. p. 1 et suiv.; Murawiew, Gesch. der russ. Kirche, en allemand, par J. Kcenig, Carlsruhe, 1857; Chronique de Nestor, éditée par Miklosich, Vienne, 1860; Philaret, Gesch. der Kirche Rusztlands, trad. par Biumenthal, 2 vol., Frankf., 1872; Pichler, II, p. 6-8 (ibid., p. 14 et suiv. Sur la translation des reliques de saint Nicolas à Bari ; cette fête se célébrait aussi en Russie) : Stolberg-Kertz, part. XXXII, p. 29 et suiv.; Héfelé, Tüb. Quartalschr., 1853, ill,et Beitr. z. K.-G., 1, p; 344 et suiv.; Gfrœrer, Byz. Gesch., Il, p. 613 et suiv., 650; Hist-pol. Bl., loc. cit., p. 108 et suiv.; Werner, III, p. 317 et suiv. Sur le XI« siècle, Cedren.,

II, 444 et seq.; Sigeb. Gemblac, an. 1073; Greg. VII, lih. II, ep. lxxiv, p. 425; Turgenetf, Historica Russiae monumenta. Petrop., 1841, I p. 1 et seq.

Conversions parmi les peuples tatars. — Les Ghazares. — Les Bulgares.

251 . Les Tatars (Touraniens), issus des peuplades du centre de l'Asie et fixés dans les provinces de la mer Caspienne, depuis la Caucase et le Volga jusqu'au Danube, se présentèrent en Europe sousdill'erents noms. A cette tribu se rattachaient, outre les Avares (III, 42), qui, après avoir été si puissants au septième et

àu huitième siècle, disparaissent de l'histoire dans le siècle suivant, d'abord les Chazares, qui au neuvième siècle habitaient entre le Don et le Dnieper, et principalement dans la Russie du Sud et la Crimée. Ils étaient entrés en relation avec les Grecs depuis que Pétronas (836-839) leur avait construit une forteresse sur les frontières pour les abriter contre les Petschenègues (Patzinakites) et était devenu le premier gouverneur impérial pour la péninsule taurique. Ils avaient quelque teinture des doctrines juives, chrétiennes et mahométanes. Embarrassés de cet amas d'idées qui flottaient confusément dans leur esprit, ils demandèrent des missionnaires. L'empereur Michel III leur envoya Constantin (Cyrille), qui devint si célèbre dans la suite comme apôtre des Slaves. Constantin apprit leur langue, fit rendre la liberté à plusieurs captifs, et convertit une multitude de Chazaress En 862, il rentra dans l'empire grec, d'où il alla en Moravie. L'archevêque de Cherson conserva la haute surveillance sur les chrétiens du pays.

Les Chazares convertis n'avaient point encore, au commencement du dixième siècle, d'évêque particulier. Nicolas le Mystique chargea l'archevêque de Cherson de se rendre en Chazarie, d'y prendre les mesures nécessaires et de retourner ensuite à son siège. Mais dans la suite, lorsque plusieurs eurent embrassé l'islamisme et que la doctrine de Mahomet eut fait de grands progrès parmi eux, le patriarche de Constantinople chargea l'archevêque de choisir un prêtre capable pour le nommer évèque de Chazarie, et de l'envoyer à Constantinople pour y être ordonné. Le même patriarche, qui était en relations épistolaires avec les princes d'Abasgie, envoya aussi des missionnaires aux Alains, rassura l'archevêque de ce pays, Pierre, qui se désolait de ne pouvoir extirper assez vite les abus qui régnaient parmi les nouveaux convertis, lui donna pour collaborateur Euthymius, et travailla à consolider le christianisme parmi les Chazares. Les succès néanmoins furent peu sensibles. Achmed- Ibn-Foslan, parcourant la Chazarie en 921, y trouva des mahométans, des juifs, des païens et des chrétiens régis par un roi juif. L'islamisme surtout prenait une rapide extension.

TranslatioS.Clem. (parGauderic, évêque de Vellelri. — Voy. ci-dessus,

§ 240), n. 1.; Nicol. Mystic, ep, lxviii, cvi ; cf. ep. xlvi, li, lu, cixxv; Ibn-Fosslan, dans Fraehn, Mémoires de l'Acad. de St.-Pétersbourg, 1820, t. VII, p. 590, et des extraits sur les Chazares empruntés à des auteurs arabes, St.-Pétersb., 1829; J. S. Asseman.,Kalendar. Eccl. univ., Romae, 1730 et seq., 111, p. 1 et seq.; Photius, I, p. 535-539.

Les Bulgares.

259.. Les Bulgares, qui de l'Asie centrale, du Volga et du Dniester, s'étaient avancés jusqu'au Danube et de là jusqu'à l'Hémus, n'avaient pas tardé, quoique Tatars d'origine, d'accepter la langue et les mœurs des tribus slaves ; ils étaient, dès le commencement du sixième siècle, très dangereux pour l'empire grec, auquel ils avaient souvent imposé des tributs; ils avaient battu plusieurs armées impériales et s'étaient créé un puissant royaume. Au neuvième siècle, ils dominaient depuis Varna et l'emboucbure du Danube jusqu'aux monts de Thessalie et de Phocide. Leurs chefs résidaient à Achrida (Ochri), bâtie sur les ruines de Lychnidus. Le christianisme n'y ut pomt de progrès, même après que, sous l'empereur Léon IV, le prince Téléros eut abdiqué le pouvoir et embrasse le christianisme, et que Manuel, évèque de la ville d'Andrinople, conquise par les Bulgares (811), eut fondé pendant sa captivité une petite communauté chrétienne et enduré le martyre.

Plus tard, le christianisme fut propagé par un moine prisonnier, Kypharas, et par une sœur du prince Bogoris, laquelle avait été baptisée à Byzauce pendant sa captivité, et sans doute aussi par Constantin et Méthode, quand ils traversèrent le pays pour aller en Moravie. Bogoris demeura païen jusqu'au moment où, dans une expédition contre les Grecs, alors que la famine ravageait le pays (863), il ut la promesse de se convertir si le Ciel faisait cesser cette calamité. Encom-age par sa sœur et par les prêtres grecs venus dans le pays, il fut fidèle à sa résolution (864). L'empereur Michel 111, son parrain, changea son nom de Bogoris en celui de Michel. Le parti des païens releva la tête, mais le prince étouffa ses révoltes par de sanglantes répressions. Dans la suite (866), Bogoris tourna ses regards vers l'Occident et en reçut des missionnaires, ce qui ne fit qu'envenimer la discorde qui divisait alors l'ancienne et la nouvelle Rome. (Voy. ci-dessus, p. 393 et suiv.)

m. — HisT. DE l'église. 34

Plusieurs font dériver le nom Bulgari de Bulga- Wolga : Montacut., Not. in Phot., ep. ii; de Rubeis, Diss. de Theophylacto, in ejusd. 0pp., I, p. 10 et seq., § 7, n. 22. Ce sont probablement les Huns qui s'étaient retirés vers l'Orient, sur le Pont et le Palus-Méotide : Zeusz, die Deutschen und die Nachbarstsemme, p. 710. Leurs guerres avec Byzance : Theoph., p. 222, 247, 338 et seq., 485, 544 et seq., 572 et seq., 586 et seq., 662 et seq., 723 et seq., 785 et seq., ed. Bonn.; Theophyl. Simoc, VII, in-4°; Cedr. I, p. 628, 651, 766 et seq., 781 et seq.; II, p. 11 et seq.; Fallmereyer, Gesch. der Halbinsel Morea, Stuttg. et Tùb., 1830, 1, p. 151 etsuiv.,203; Photius, I, p. 594 et suiv.; Jirecek, Gesch. der Bulgaren, Prag., 1876. Leur conversion : Assem., loc. cit., p. 45-48, Autres ouvrages ci-dessus, § 151 et suiv.

253. Les prêtres latins étaient de nouveau expulsés de la Bulgarie depuis 870, et l'Église de ce pays régie par un archevêque envoyé de Constantinople. Le Saint-Siège fit de vains efforts pour les ramener sous le patriarcat de Rome. Jean VIII, qui déployait aussi une grande activité pour regagner les Slaves de la Dalmatie, ne put rien obtenir des Bulgares, sinon qu'ils chargèrent des délégués de porter des présents à Rome et d'y faire mille démonstrations de politesse. Le Saint-Siège eut de meilleures espérances sous le second fils de Michel, le vaillant Siméon, qui, à partir de 893, fut engagé dans plusieurs guerres avec l'empire grec et entra en relation avec le pape Formose, bien connu dans son pays, où il avait été légat. Siméon (888-927) avait conçu le vaste dessein de devenir lui- môme empereur et de fonder dans son pays un patriarcat indépendant : il demanda au pape de lui conférer la dignité royale et de nommer patriarche l'archevêque d'Achrida. Il échangea avec Rome de nombreuses ambassades. Malheureusement, le royaume déclina sous son fils, le faible Pierre, qui, en 927, épousa Marie, fille de l'empereur Christophe. Romain 1", père de ce dernier, accorda aux Bulgares de grands privilèges : leurs ambassadeurs obtinrent à la cour la préséance sur tous les autres, et leur archevêque fut affranchi de toute subordination envers le patriarche de Byzance (autocéphalie). La langue liturgique slave fut introduite dans le pays. Il n'y avait donc plus guère d'occasions de se soucier de Byzance.

En 967, IMerre essaya lui-même de renouer des relations avec Rome et fit la guerre à l'empire grec; il fut battu par les

PROPAGATION DU CHRISTUNISME. 531

Grecs alliés avec les Russes, et mourut peu de temps après (968). La Bulgarie tomba dans un profoud abaissement; elle ne fut plus qu'une province grecque, après une guerre qui dura près de trente années et qui ravagea le pays. Le peuple, ne pouvant se faire à l'idée de payer un tribut aux Grecs, se révolta plusieurs fois, et le christianisme se vit dès lors impuissant à combattre l'ancienne barbarie des mœurs. Les Bulgares qui habitaient encore sur le Volga avaient embrassé en 921 l'islamisme, sous le calife Muctedir, qui leur envoya Ibn-Foslan.

Joh. VIII, ep, CLXxjii, cxcu, ccxcvu, cccxix; Mansi, XVII, 126 et seq., 131, 225 ; Jaffé, n. 2480, 2484, 2555, 2580; Farlaü, Llyricum sacrum, VUI, 194, 199 ; Assem., Kal., III, 154; V, 171 et seq.; Theophylact., ep. XXVII ; Liutprand., Leg., p. 351 ; Freehn, Mémoires (§ 251), VII, 590; Pichler, 1, p. 198 et suiv.; Gfrœrer, Byz. Gesch., II, p. 619 et suiv.; Photius, II, p. 300 et suiv., 608, 611 et suiv., 694; III, p. 703 et suiv.

Conversion des Magyars. — Le cbxistianisme en Hongrie. — Saint Etienne.

254. Les Magyars, venus de -l'Asie par les Carpathes dans l'ancienne Panuonie, la Hongrie actuelle, vers 889, s'y étaient formé un soude empire, d'où ils firent de fréquentes incursions dans d'autres pays, surtout en Allemagne et en Italie, puis (en 934 et en 94'2) dans l'empire grec. On a beaucoup disserté sur leur origine : on les a fait descendre tour à tour des Perses, des Turcs, des Mongols et des Finnois ; plusieurs les considéraient aussi comme des descendants des anciens Huns. On croit que leur religion était le dualisme. Ils offraient des sacrifices d'animaux, surtout de chevaux blancs, auprès des sources, dans les bosquets et sur les montagnes. Sous le patriarche Théophylacte (mort en 956;, les chefs magyars Bulosudes et Gylas allèrent à Byzance, où ils reçurent le baptême et la dignité de patrice. Le moine Hiérothée fut ordonné évèque pour la Hongrie par le patriarche, mais sa mission n'eut pas beaucoup de succès. Bulosudes apostasia. Cependant la foi chrétienne se conserva dans la famille de Gylas, et sa fille Sarolta, mariée au duc Geisa (972-997), s'efforça de la propager. Son mari, converti par elle, fit un mélange bizarre des coutumes païennes et des mœurs chrétiennes. Comme le peuple, depuis sa défaite par Otton 1" (933), était

532 HISTOIRE DE l'ÉGUSE.

entré en relations étroites avec le royaume d'Allemagne, Geisa s'adressa à Otton II pour lui demander des missionnaires. Le pays fut donc évangélisé par Pilgrim de Passau et Adalbert de Prague, par Radia, disciple d' Adalbert, et par le moine Wolfgang d'Einsiedeln (plus tard évêque de Ratisbonne).

Mais on obtint beaucoup plus sous le célèbre fils de Geisa, saint Etienne (997-1038), qui fut à la fois le législateur et le bienfaiteur de son peuple. Etienne obtint la main de Gisèle, fille de Henri II d'Allemagne, vécut en paix avec le dehors et veilla au maintien de l'ordre à l'intérieur. Après avoir étouffé, surtout avec l'aide des Allemands, une insurrection de païens dirigée par Kupa, il fonda, outre l'établissement situé sur le mont Pannon, quatre autres abbayes de bénédictins, appela des prêtres de l'Allemagne et de la Bohême, lit construire des églises et établit le payement de la dîme. 11 prit aussi des mesures pour la circonscription des diocèses. Dix évêchés devaient être subordonnés à l'archevêché de Gran (Strigonium) : sur la rive droite du Danube, Raab, Vesprim, Cinq-ÉgUses ; entre le Danube et la Theiss : Bacs, Colocza, Erlau, Waitzen ; au delà de la Theiss : Groswardein et Esauad, et enfin, dans le Siebenburgen, conquis en 1003, Stuhlweissenbourg.

Pour faciliter les relations de son peuple avec le reste de la chrétienté, et les pèlerinages si utiles sous ce rapport, Etienne fonda pour la Hongrie, à Jérusalem, à Rome, à Ravenne et à Constantinople, des couvents qui devaient servir d'hospices aux voyageurs. 11 envoya une députation au pape Sylvestre 11, pour lui marquer sa vénération et le prier de confirmer ses établissements reUgieux. Le pape lui témoigna tous les égards possibles, lui accorda des privilèges personnels très étendus, et ordonna le moine Dominique métropolitain de la Hongrie. 11 donna même à Etienne le titre de roi apostolique, et lui envoya un diadème royal en acceptant la soumission de son pays au Saint-Siège, oU'erte par ce prince.

Etienne, qui songeait à l'avenir de son pays, fut un des souverains les plus sages de son temps; il donna à son lils, saint Emmerich, d'excellentes instructions. Mais ce dernier, pour le malheur de la Hongrie, mourut avant son père (1031).

Réaction du paganisme. ^

255. Saint Etienne étant mort, une effroyable réaction du paganisme, favorisée par les querelles relatives à la succession au trône, éclata en Hongrie. Pierre, neveu d'Etienne, accusé de débauches, fut renversé et privé de la vue par les rebelles; des évêques et des prêtres furent assassinés. En 1046, les Hongrois appelèrent de Russie et se choisirent pour roi André, qui dut autoriser le rétablissement du paganisme. Le venta, frère d'André, se mit à la tête des persécuteurs. Il y eut de nombreux martyrs. André ne put rien d'abord contre la fureur des païens ; mais dès qu'il se vit assez fort, il sévit contre les auteurs de tant de barbaries.

Les prétentions de la cour d'Allemagne, qui fit valoir la subordination, reconnue par Pierre (1045), de la Hongrie à l'Allemagne, et jeta ses troupes dans le pays (1051), furent aussi un obstacle au rétablissement de l'ordre. André, représentant du parti allemand, et son frère Bêla, représentant du parti national, en vinrent aux mains (1061); le premier succomba, et le second monta sur le trône. Une assemblée générale somma le nouveau roi de laisser au pays la liberté de vivre selon les mœurs païennes de ses ancêtres, de briser les cloches des églises, d'étrangler les prêtres et les collecteurs de dîmes. Bêla, par la promptitude de ses mesures, s'empara des insurgés, les humilia et abattit pour jamais la puissance des païens, bien que leurs coutumes dussent encore subsister longtemps parmi le peuple. A dater de là, le principal souci de la Hongrie fut de savoir si elle dépendrait des rois d'Allemagne ou formerait un État indépendant, qui ne serait soumis qu'au Saint-Siège. Après la mort de Bêla (1063), le fils d'André, Salomon, encore enfant, dçjà couronné en 1057, fut favorisé par l'empire d'Allemagne en sa qualité de vassal et reconnu comme roi, tandis que les fils de Bêla, Geisa et Ladislas, reçurent quelques comtés. Le Saint-Siège désirait que la Hongrie demeurât indépendante de l'Allemague, et il essaya de négocier la paix entre Salomon et le duc Geisa. Il y réussit, et après Salomon, Geisa et Ladislas occupèrent successivement le trône de Hongrie.

256. Les évêques de Hongrie étaient nommés par le roi. Au onzième siècle, la plupart étaient encore des étrangers, ainsi

qu'une grande partie des habitants. C'était un mélange bizarre de Slaves, de Cumans, d'Allemands et d'Italiens, L'archevêque et les dix évêques — et plus tard l'évêque d'Agram, dans la Croatie nouvellement acquise, dont le siège fut fondé par saint Ladislas — puis les abbés des couvents de bénédictins, les prévôts des collégiales, formaient le premier État du royaume et possédaient des domaines considérables. Il était prescrit aux prêtres, dans leurs relations journalières, de se servir de la langue latine, qui était la langue de la cour et des tribunaux. Dans les affaires religieuses, la législation était de tout point conforme aux anciens canons, aux capitulaires francs et aux conciles tenus à Mayence en 84.7 et en 888.

Thietmar., Chron., ed, Lappenberg., M. G., t. III.; Cedren., II, p. 328; Zonar., Ann., IIb. XVI, p. 194; Vita S. Stephani, Act. SS., 2. sept.; Schwandtner, Script, rer. Hungar., Vindob., 1746, I, 414 et seq. (par l'évêque hongrois Charvitius) ; Asseman., Kalend,, IV, 99 et seq.; Pertz, XI, 229-242; Thwococz, Chron. Hung., ap. Schwandtner, ib.; G. Pray, Annal, vet. Hung., p. I, Vindob., 1761 in-f"; Battyan., Leg. eccl. Hungar., Albae Carol., 1785-1827; Fejer, Cod. diplom. Hung. eccL et civ., Bud., 1828, t. I; Endlicher, Rer. Hung. mon. Arpad., Sang., 1848, p. I. Script., p. II, Leges.; A. Theiner, Monum. Hungariam .sacram illustrantia, 1859, tomi II ; Mailath, Gesch. der Magyaren, Vienne, 1828, t. I (II, A. Ratisbon., 1852); Stolberg-Kertz, part. XXXHI, p. 412 et suiv. ; Neander, II, p. 1 80 ; Dœllinger, I, p. 339 et ; suiv.; Giesebrecht, II, p. 625; Dudik, Gesch. Maehrens, II, p. 187 et suiv., 220, 227, 238 et suiv., 249, 284, 290 et suiv., 367 et suiv.; Kathohk, 1867, 1" moitié, p. 337 et suiv.; 1872, I" moitié, p. 570 et suiv. Voyez aussi Bianchi, t. I, lib. II, § 15, n. 2-7, p. 368-374. Sur la soumission de la Hongrie au Siège de Pierre, Greg. VH, lib. II, ep. xiti, lxiii (Hard , Conc, VI, I, 1273, 1310); Innocent IH disait, le 15 mai 1209, dans une lettre à Jean, archevêque de Gran (1. XII, ep. xlii, Potthast., Reg., n. 3725, p. 322) : « Salva semper Apostolica auctoritate, a qua ungarici regni coronaprocessit. » Au treizième siècle, les rois André' et Ladislas reconnaissaient déjà expressément que le pape avait conféré la dignité royale à saint Etienne (Raynald, an. 1233, n. 54 et seq.; 1279, n. 31, 32 et seq.). Au commencement du douzième siècle, l'évêque Hartwig mentionnait ce fait dans la vie de saint Etienne (Pertz, loc. cit.). Non seulement Bêla IV (1238), mais encore Etienne lui-même (1036), invoquent les grandes concessions faites par le pape (Fejer, op. cit., IV, 113 ; 1, 328). Voyez la lettre de Sylvestre II k Etienne, dans Migne, Patr. lat., t. CXXXIX, p. 274. D'après des auteurs modernes, le franciscain Raphaël Lerakowicz aurait fabriqué, avaut 1 644, le bref papal de l'aji 1000,

avec le titr« de « Rei Apostolicus », et l'aurait envoyé au jésuite Imhofer, qui l'aurait publié dans les Annales regni Hung., an. 1644. Son authenticité est soutenue par Stilting, Acta SS., 2 sept., com. praîv., §20, n. 20b ; Gfrœrer, K.-G.,III, 1535, etc. Voy. Petrus de Rewa, de SacrseCoronse regni Hung. virtute Com., ap. Schwandtner, II, p. 416 et seq., et de Monarchia et Corona Hung,, Cent. VII (ib., p. 608 et seq.) ; Kollar, Hist. diplom. jurispatr. Apost. Hung. regum, Vindob., 1762, in-4'', ILb. I, p. 28 et seq.; A. Horanyi (Piariste), Corn, de sacra corona Hung., ac de regibus eadem redimitis, Pest., 1790; Dudik, II, p. 96-98. Sont contraires à tout ce récit : Gabriel de Juxta-Hornad (Godefroy Schwarz), Initia relig. christ, inter Hung. Eccl. Or. adserta, Francof.,1740, in-4'»; Rœpell, Gesch. Polens, I, p. 162 et suiv,; Blidinger, OEster. Gesch., I, p. 402 et suiv.

Missions dans le centre de l'Asie. — Les chrétiens dans les pays tai^tares.

257. Dans le centre de l'Asie, de nombreuses conversions, quoique rarement durables, étaient opérées par les nestoriens. A la fin du cinquième siècle, il y avait déjà des évêques à Maru et à Hara, les deux principales villes du Khorasan (ancienne HjTcanie), ainsi qu'à Samarkand. Sur la fin du huitième siècle, le patriarche nestorien envoya des missionnaires aux tribus tartares de la mer Caspienne, qui avaient apostasie, les Gèles, les Dailamites et les Taborstans. Au neuvième siècle, il y avait parmi eux des évêques qui résidaient à Raja et à Tabrestana. En Chine même, les provinces situées sur les frontières du nord possédaient, au huitième siècle, quelques communautés chrétiennes ; vers 990, il y en avait dans la tribu tartare des Cérithes, sur les frontières de la Chine. Les catalogues des évêchés nestoriens au douzième siècle indiquent cinq sièges métropolitains dans la grande Tartarie : Kaschar, Novakat, Kanda, Turkestan et Taugouth.

Assemani Bibhoth. Orient., t. II, p. 484 e't seq.; Dœllinger, !, p. .342, 343. Voy. ci-dessous, V, § 266.

Essais de réunion chez les Arméniens. — Missionnaires grecs et latins.

258. De nombreuses tentatives furent faites, par les Grec? surtout, pour ramener à l'unité religieuse les Arméniens monophyàiteg. Des aégociatious, entamées avec eux au commence-

.H36 HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

ment du huitième siècle par Germain I", patriarche deßyzance, au commencement du neuvième par Thomas, patriarche de Jérusalem, demeurèrent sans résultat. Vers 851, les Arméniens chassèrent les Arabes, et en 859 Aschod ou Asutius était formellement reconnu comme prince des Arméniens par le calife Muttawakkil (847-861). C'est à lui, ainsi qu'au patriarche Zacharie, que s'adressa Photius, dans la première période de son patriarcat, pour leur faire reconnaître le concile de Chalcédoine, qu'une suite de circonstances fâcheuses les avait empêchés d'admettre. L'événement, en somme, ne fut pas malheureux, bien qu'il fût longtemps sans justifier toutes les espérances.

Les Arméniens publièrent des canons contre les hérésies de Nestorius, d'Eutychès, de Dioscore, des manichéens et des théopaschites, paraphrasant en termes obscurs et équivoques la doctrine des décrets de Chalcédoine, sans cependant reconnaître formellement ce concile. Photius pouvait donc se glorifier de ses succès auprès des Arméniens, en faisant surtout ressortir l'anathème prononcé contre les chefs de la secte monophysite, de même que son disciple Nicolas le Mystique pouvait dire, en présence des résultats, médiocres en apparence, que la tournure des événements n'avait pas permis au zèle de Photius d'atteindre le but désiré. 11 paraît aussi qu'à cette époque les Arméniens entretinrent des relations avec le Saint-Siège. Il y avait à Rome un couvent d'Arméniens. Quelques extraits des lettres de Nicolas I", conservés en grec, se rapportent au retour des Arméniens, et il est très vraisemblable que les canons publiés par ce pape en 862 contre les théopaschites concernent ces hérétiques, répandus surtout en Arménie. Photius même avait fait valoir contre Aschod l'assentiment de la grande Rome aux décrets du concile de Chalcédoine. L'archevêque Jean de Nicée écrivit au patriarche Zacharie sur la fête de la Nativité de Jésus-Christ, et s'efforça de prouver que les Arméniens avaient tort de célébrer le même jour Noël et l'Epiphanie.

Le philosophe Nicétas essaya aussi, par divers arguments, de faire reconnaître le concile de Chalcédoine, en réfutant longuement une lettre envoyée d'Arménie. En 896, Nicolas le Mystique écrivit à Sembat Bagratunius, fils d'Aschod, pour lui faire comprendre la nécessité de la vraie foi et le fortifier dans le dessein dont il lui avait fait part d'envoyer à Constantinople, pour y

être ordonné et pour délibérer sur les affaires religieuses, le successeur désigné du patriarche. Cette démarche fut également inutile : toujours les considérations politiques l'emportaient. Le nouveau patriarche n'exerça ses fonctions que pendant une année. Son successeur Jean VI l'Historien (depuis 897) se prononça de vive voix et par écrit contre le concile de Chalcédoine, et refusa, malgré de nombreuses invitations, de se rendre à Byzance. L'arrivée du jeune Aschod pendant la minorité de Constantin VII, toujours sous le patriarcat de Nicolas (913-925), ne produisit aucun changement. Nicon, moine du Pont, surnommé le Pénitent (mort eu 998), prêcha depuis 991 la pénitence en plusieurs pays, notamment en Arménie ; on lui attribue un écrit où les points qui séparaient les Arméniens des Grecs sont vigoureusement relevés. Au onzième siècle, la polémique des Grecs contre eux était fort active, surtout depuis Nicétas StethatuSj qui leur reprochait de faire usage, ainsi que les Latins, de pain non fermenté.

German. Cpl. ep. (Mai, Nov. PP. Bibl., Il, 587 et seq., Migne, t. XCVIII, p. 135 et seq.). Cf. Galan., Conciliatio Eccl. Armen., Rom., 1650, III, 77, 341 ; Thom. Patr., ep. scripta arabice per Theodor. Abucar. (Gretser, 0pp., t. XV, Migne, t. XCVII, p. 1503 et seq.). L'Arménie, de 851 à 859; Weil, Califes, I, p. 294, n. 3 ; 469 ; II, p. 361 et suiv.; Samuel Aniens.,Chron., Migne, t. XIX, p. 711 et seq.; Négociations de Photius, Zachar. Chalced. in Syn. Photiana; Mansi, t. XVII, 460; Nicol. Myst., ep. cxxxix (Mai, Spic. R., X^ ii, 418 et seq.); Photii epp. adAsut. et ad Zachar. (ib., p. 449 et seq., Migne, t. Cil. p. 703) ; Mansi, Conc, XV, 639-641, not. ad Pag. crit., an. 862, n. 1; Phot. ep. ii enc, n. 2, p. 49 ; Pichler, II, p. 442 et suiv. Mon Photius, I, p. 478-495. Les relations des Arméniens, qui se trouvaient aussi en Bulgarie (Nicol., ep. ad. cons. Bulg., c. cvi), avec le Saint-Siège, sont constatées, non seulement par le couvent arménien de Saint-Rénat à Rome (mentionné en 649 au concile de Latran), mais aussi par les documents, dans Mansi, Conc, XV, 616, 658 et seq., 182 et seq.; XVI, 304, n. VI, X. Voy. Photius, I, p. 493- 497; Joh. Nie. ep., ap. Combefis, Auctar. PP., III, 298 et seq., Migne, t. XCVI, p. 1435 et seq.; Nicet. philos., Refutatio ep. ab Arm. miss; Allât., Graec. orthod., I, 663 et seq.; Nicon., de impia Armen, relig.; Baron., an. 961, n, 3 et seq., gr. et lat., éd. Cotel.,Par., 1 672 ; Marlene, Coll., VI, 432; Nicet. Stethat., 0pp. polem. — Nicol. Myst., ep. cit., p. 417-419; Mai, Prœf. de Nicol., § 14, p. 19; Sam. Aniens, loc. cit., p. 714, 716. Mon Photius, I, p. 497-504; UI, p. 757, n. 112.

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