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Ces événements jetèrent de nouveau l'empereur Ferdi

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nand TI dans une grande détresse. Il demanda à Urbain VIIT de lui accorder de plus amples subsides et de déclarer que la guerre était une guerre de religion. L3 pape avait déjà consenti à des cotisations considérables fournies par les églises d'Italie et avait essayé par ses nonces de détacher la cour de France de l'alliance avec les protestants allemands. Quant à la guerre, il la considérait pour ce qu'elle était en réalité, comme une guerre purement politique, et ses caisses étaient trop épuisées pour qu'il consentît à de nouveaux subsides. La prépotence de l'empereur était une menace pour l'autonomie italienne, et la France suspectait l'Espagne à cause de ses menées secrètes avec les huguenots. Le cardinal Borgia fit en consistoire, au nom de l'Espagne, une protestation inacceptable pour le fond comme pour la forme contre la tiédeur du pape, et Urbain VIII se décida à publier une constitution. Il y exhorta formellement les princes catholiques à la paix, et émit l'espoir que la France changerait de politique.

Cependant, après la mortdeTilly et quand les Suédois eurent pénétré dans le Tyrol, le pape envoya de nouveaux secours en Allemagne; il reconnut que les plus grands intérêts catholiques étaient enjeu. Plus tard (1634.), il renouvela encore les redevances fournies sur les biens de l'Église; car, après la mort de leur roi, les généraux de Suède continuèrent la guerre, surtout Bernard de ^Yeimar et le chancelier Oxenstiern, constamment appuyés par l'argent de la France. Ce dernier fonda, en 1633, à Heilbronn, une alliance entre les États protestants, qui le prièrent humblement d'en accepter la direction. Les cathohques aussi redevenaient plus unis entre eux. MaximiHen de Bavière se rattacha plus étroitement à l'empereur. Wallenstein, remis en activité de service (1632), mais suspect d'infidéhté, fut assassiné par ses officiers (25 février 1634). On continua de combattre avec des fortunes diverses, entremêlant la guerre de négociations pacifiques. Le pape aussi désirait la paix, mais non sous des conditions qui porteraient à la cause catholique des préjudices durables, ainsi qu'il le disait à ses nonces dans plusieurs lettres.

Frz. V. Soden, Gustav Adolph und sein Heer in Suddeutschland

â20 HISTOIRE DE L*ÉGLISE.

1631 et suiv.; Erlangen, 1866, t. I; Dudik, Correspondenz K. Ferd. II, mit M. Becanus und W. Lamormain S. J., Vienne, 1876, Urbain VIII, Const. CLX Superna dispositions, 19 Jan. 1631, Bull., éd. Luxemb., 1742, V, 237-240. Travaux des nonces à Paris : Lœmmer, Anal. Rom., p. 39 et suiv., N. 24. Ranke, II, p. 562-565. Sur le caractère politique de la guerre (Boguslav Chemnitz) ; Hippolithus a Lapide, De ratione status in imperio nostro, 1640, P. III, c. i; Janssen, Schiller als historiker, Fribourg, 1863, p. 97 et suiv., 110 et suiv. ; Onno Klopp, Kleindeutsche Geschichtsbaumeister, p. 25, 52, 302. Autres événements : Banke, II, p. 562, 565 ; Laemmer, loc. cit., p. 38 etsuiv., n. 33 ; Artaud. Hist. des souver. Pontif., V,369. Bullar., loc, cit. Const. 178, p. 255 et seq.; Const. 403 Cum nuper. Mon ouvrage : Kath. Kirche, p. 712 et suiv. Convention des protestants avec Oxentzjerna : ^KhevenhuUer, Annal. Ferdin., XII, 54 seq. ; Barthold, Gesch. des grossen deutschen Krieges vom Tode Gustav Adolphs ab, Stattgart, 1842, 2 vol.

La paix de Prague. Négociations de paix. Paix de Westphalie.

429. Après une victoire remportée par les impériaux près de Noerdlingue en 1634, le prince-électeur de Saxe se sépara des autres protestants, et conclut avec l'empereur la paix de Prague (30 mai 1636), à laquelle d'autres États protestants adhérèrent aussi. Dans ce traité, Ferdinand II fut contraint de renoncer à l'édit de restitution. Les biens médiatement ecclésiastiques devaient rester pour toujours aux protestants, et les autres, ceux même qui n'avaient été confisqués que depuis la pacification religieuse, devaient être restitués après quarante ans. La liberté de religion fut accordée aux protestants de Silésie, mais non à ceux d'Autriche. Cependant la politique suédoise et française voulait que les protestants allemands jouissent des mêmes droits que les catholiques, et elle cherchait à continuer une guerre qui causait d'effroyables ravages. Les Suédois, conduits par Banner, défirent en 1636 l'arméeimpériale et saxonne. Un congrès de paix fut réuni à Cologne, et le pape y envoya le nonce Ginetti avec des instructions modérées. Il n'eut aucun résultat, et le noble, le grand Ferdinand ne put, malgré tous ses efforts, voir la fin de la guerre (mort en 1637).

Sous Ferdinand III (1637-1657), Banner, général suédois, fut repoussé jusqu'en Poméranie (1637), mais il reparut en 1638, tandis que le duc Bernard s'emparait de Brisach.

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Banner envahit même la Bohême en 1639, et en 1640, Torstenson fit de grands progrès dans ce pays et en Saxe. Pendant ce temps, les négociations de paix se poursuivaient, et en 1641, à la diète de Ratisbonne, Ferdinand III accorda une amnistie très étendue. Les Français combattaient dans différents pays. Des préliminaires de paix furent négociés à Hambourg en 1641 et continués en 1645 ; mais le traité de Westphalie ne fut conclu qu'en 1648. Déjà la France et la Suède faisaient la loi aux Allemands; le pays était ravagé, appauvri. Les bibliothèques, les œuvres d'art étaient transportées en Suède ; le nombre des habitants diminuait dans des villes d'ailleurs animées; le prestige impérial s'évanouissait et les différents princes ne cherchaient à agrandir leur puissance qu'en s'alliant avec les ennemis de l'empire.

OUVRAfiBS A COMSÜLTER SUR LB M° 429.

Paix de Prague : Ranke, II, p. 567. — Hurter, Friedansbestrebungen K. Ferdinands II, Vienne, 1860, Koch, Gesch. des Reich, unter Ferdinand III, Vienne, 1865 2 vol. ; sur ce point et sur ce qui précède, voy. Janssen, Die neuesten Forschungen über den 30 jœhrigen Krieg (Tub. Qu.-Schr., 1 861 , p. 532 et suiv.); et Gindely, Gesch. des 30 jeehrigea Krieges, t. II, Prag., 1877. Décadence et appauvrissement de l'Allemagne, Theatrum.Europœum, VI, 295. Forstner, dans Lebret, Magazin, IV, p. 322.

Paix de Munster et d'Osuabruck.

430. La paix fut établie dans deux documents, rédigés à Munster et à Osnabrück (24 octobre 1648) ; le premier regardait la France, le second la Suède. Chacun de ces deux actes renfermait dix-sept articles. L'Allemagne dut céder à la France les évêchés, déjà perdus autrefois, de Metz, Toul et Verdun, Brisach, la haute et la basse Alsace, le Sundgau , la prévôté de Haguenau et le droit d'occuper la forteresse de Philippsbourg. La Suède obtint la Poméranie antérieure, l'île de Rügen, avec Stettin et Wismar, les évêchés de Brème et de Yerden (sous des titres temporels) ; la Suède reçut en outre cinq miUions de tha- 1ers pour ses frais de guerre (au lieu de dix qu'elle demandait); le Brandebourg acquit, en échange de la Poméranie, les collégiales d'Alberstadt, Camiu, Minden, avec l'expectative de l'archevêché de Magdebourg, sauf quatre dignités qui échureut à

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la Saxe. Le landgrave de Hesse- Cassel obtint (pour son alliance avec la Suède) la riche abbaye d'Hersleld et 600,000 thalers, que Cologne, Munster, Paderborn et Fulda lurent obligés de payer. Le duc de Mecklenbourg eut les évèchés de Schwerin et de .Katzebourg comme principautés temporelles, et le Brunswick les monastères de Grœningue et de Walkenried, ainsi que l'évêché d'Osnabruck, eu cas de vacance.

La transformation des établissements ecclésiastiques en domaines temporels reçut pour la première fois le nom de « Sécularisation». Charles-Louis, lils de Frédéric V du JPalatinat, recouvra le bas Palatinat, avec la huitième dignité électorale ; la Bavière garda le septième électoral, le haut Palatinat et Cham. Bans les fondations sécularisées, la juridiction des évêques devait être abolie ; pour le reste, les chapitres cathédraux seraient maintenus avec des restrictions; dans quelquesuns (comme à Osnabrück), des chanoines protestants devaient être prébendes. Relativement aux détails des affaires religieuses, on devait se conformer au traité dePassau et à la paix religieuse d'Augsbourg. (Les calvinistes furent pour la première fois mis au même rang que les luthériens en qualité de « réformés »). L'égalité devait être observée, conformément à la constitution de l'empire. Ainsi, les deux partis devaient avoir le même nombre de membres dans tous les tribunaux et dans toutes les députations de l'empire. Lorsque dans les diètes les catholiques et les protestants seraient partagés de sentiments, au lieu de décider à la majorité des voix, on se bornerait a une convention amiable. Un permit ce qu'on appelait fus eundi in partes et le partage en deux corporations (corpus (Jalkolicorum et corpus Evangelicorum.

Les Etats qui relevaient immédiatement de l'empire obtinrent le droit de reformation, ce qui était abolir la liberté de conscience et rendre l'égalité des droits illusoire. Les princes pouvaient aussi, en vertu de leur suprématie, prescrire à leurs sujets une forme de religion, priver de leurs droits les partisans d'un autre culte, et même retirer aux juifs la tolérance dont ils jouissaient. Ce droit ne fut pas accordé aux villes. Cependant le prince ne devait pas changer l'exercice public du culte soit dans les anciens domaines, soit dans ceux qu'il acquerrait à l'avenir, ni confisquer des éghses et des écoles,

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quand une confession aurait déjà été en possession de ces droits dans Iduiiée normale — les catholiques avaient choisi l'année 1029, et les protestants l'année 1618, — on se décida enün pour l'année 1624, qui tenait le milieu. Ceux qui en 1624 étaient eu possession du culte privé ou du culte public étaient libres de le conserver. Les autres n'eurent que la faculté d'émigrer. Le temps normal pour les biens ecclésiastiques, les églises et les écoles fut fixé au 1" janvier 1624. Daus les États héréditaires, l'empire ne ut aucune prescription. Seuls les protestants du Schleswig obtinrent des faveurs qui dépassaient celles dont les catholiques jouissaient dans les territoires protestants. La réserve ecclésiastique de la paix religieuse d'Augsbourg fut conhrmée, et, en un certain sens, étendue aux protestants relativement aux fondations qui relevaient immédiatement de l'empire et qui se trouvaieui entre leurs mains.

lasu'um. pac. Westphal., éd. ßeriiinger, Moaast,, ,1648; éd. Meyern,Hanuov., 1734 et seq. 6 t. iu-l'°, avec les suppléments ia-folio, t. 111; Gultmg., 1747. Corp. jur. publ. acad., par Struve, léna ; 1734, p. 520-047. Adam Adrami, Arcaua Pacis \Vt;stplial., Fraucof., 1698, éd. Meyeru, GoLt., 1737, Struve, Austùlirl. historié der Kel.-Beschwerdea im deulsciieu Heiciie, Leipzig, 1722, Part. 11 ; W. Gsertner, Westpheel. Friedeaskauziey, Leipzig, 1731-1738, Part. IX, iu-8'' Pütter, Geist des westphißlischen Friedens, Güittingue, 1795 ; VVolemann, Gesch. des wesLphaeiischeu Friedens., Leipzig, 1808, 2 vol.; Raumer, Gesch. Europa's, t. 111, K. A. Meazel, t. VUi; Phillips, Iv.-H., 111, p. 462 et suiv. ; llist.-pol. bl., 1863, t. LI, p. 537 et suiv. Sur la pai'ité^:F. M. Backmanu, iNouuulla de régula aequalilatis ex ^ 1, ai't. V. Pac. Westphal., Eri'ord., 1792, iu-4'=. INégociations au sujet de l'année normale, Mejer, Propaganda, t. il, p. 158 et seq. L'article 4 de la paix de Hyswick en 1697 la modilia en ce sens que dans 1922 localités les catholiques purent conserver l'exercice public de la religion qui leur avait été accordé sous Louis XIV. Schmauss, Corp. jur. publ., p. Ilu4j Pütter, Historiche Entwicklung der heutigen Staatsverfassung des deutschen Reiches, 11, p. 300 et suiv. ; PhUiip*, Iv-R., 111, p. 479.

Protestation du pape.

431. Ce contrat portait de nombreuses et graves atteintes à l'Église catholique d'Allemagne. Le nonce du pape, Fabio Chigi,

â24 flisToiRE DE l'Église.

protesta à Munich contre tout ce qui était contraire aux droits de l'Église, prit l'ambassadeur de Venise à témoin qu'il s'était plus d'une fois retiré des négociations et n'avait pas signé les documents. La conduite du nonce était modérée et prudente. Innocent X approuva son opposition dans une bulle du 26 novembre 1648, où il déclarait nuls tous les articles contraires aux droits de l'Église, ainsi que cette clause, ajoutée à dessein, qu'on ne recevrait aucune protestation contre le Traité. A son point de vue, le pape devait agir ainsi. Sa protestation n'atteignait point la paix conclue avec les protestants, mais les articles qui violaient les droits de l'Église et du Saint-Siège et empiétaient sur le domaine intérieur de l'Église, mais surtout l'abandon de tant de biens ecclésiastiques, l'admission des hérétiques aux évêchés catholiques, la suppression des évèchés et des chapitres opérée sans le concours du pape, l'attribution au pouvoir civil de prérogatives purement ecclésiastiques. Le traité, sous le rapport juridique, était absolument inacceptable ; au point de vue politique, on ne pouvait le justifier que par la nécessité d'empêcher à l'avenir l'effusion du sang.

Le pape se devait à lui-même et il devait à sa charge de déclarer qu'il ne consentait point à cette iniquité et à ses incalculables conséquences, mais qu'il protestait solennellement. Cette paix néfaste, imposée par la prépondérance de l'étranger, devait produire de nouveaux inconvénients ; mais c'était en même temps un fait colossal dont il fallait tenir compte désormais et qu'on ne pouvait pas considérer comme non avenu. Le système territorial des protestants venait de triompher en Allemagne. Il ne fut pas même permis de publier la bulle pontificale ; les catholiques, et parmi eux un grand nombre de théologiens, croyaient qu'en pratique elle n'avait d'autre valeur que celle d'une censure et d'une désapprobation ecclésiastique.

Sur les nonces du pape*au Congrès de la paix : Ginetti, Macchiavelli, Rosetti, Ghigi, voy. Ranke, II, p. 569 et suiv. Protestation du nonce Chigi, d. d., Münster, 26 oct. 1648, dans Gsertner, Corp. jur. eccl., Salzb., 1799, II, p. 380; Kliiber, Uebersiclitder diplom. Verhandlungen des Wiener Congressecs, p. 483, 486. Roscovany, Mon,, I, p. 198-200. n. 201. Voy. Mejer, Propag., Il, p. 172 et suiv. Bulle Zelus domus Dei,

Bulj. Rom., éd. Luxemb., V, 466; Bull., éd. Taur., XV, 603 seq.; Roscovany, loc. cil., p. 200-203, n, 202. Importance de la protestation : Schmidt, S. J., Instit. jur. eccl. Germ,, P. I. p. 83-93. Walter, K.-R., XIII A., p. 268. Phillips, R-R., III, § 141. Dœllinger, Kirche, u. Kirchen, p. 49 et suiv. Mon ouvrage cité, p. 703-711.

Empiétement des princes sur les affaires religieuses.

432. Déjà en 1586 et en 1641 on avait essayé d'introduire le « droit de piacet » dans les États de l'empereur. Cette fois on le maintint malgré les protestations du pape. Même dans les États catholiques de l'Allemagne, le pouvoir civil s'était souvent immiscé aux choses de la religion ; mais comme il l'avait fait d'abord en vue de sauvegarder la foi catholique, il n'avait rencontré que peu d'obstacles dans l'autorité ecclésiastique. L'Autriche et la Bavière avaient obtenu de Rome de nombreux induits ; la Bavière exerçait sur le clergé une surveillance sévère ; elle avait un conseil de religion (plus tard un conseil spirituel), qui comptait aussi des membres laïques. Depuis les concordats passés avec les évêques (1583, 1587, etc.), ce conseil était principalement composé d'ecclésiastiques. On établit, pour veiller aux affaires religieuses, des collèges provinciaux où le système de l'asservissement de l'Église prévalut de plus en plus. Faible et rarement appliqué dans le principe, il se fortifia avec le temps et devint d'un fréquent usage. Le traité de Westphalie, qui favorisait ce système, demeura un grand obstacle à l'exercice de l'autorité ecclésiastique.

Le piacet en Autriche et en Bavière : Papius, dans Archiv für kath. K.-R., 1867, t. XVIII, p. 204, 205, 209 et suiv. ; Friedberg, Die Grenzen zwischen Staat und Kitche, Tüb,, 1872, p. 218-249, 827-836. Dove, dans Friedbergs Ztschr, für K.-R., IX, p. 400 et suiv.; X, p. 40iet suiv. M. Frhr. v. Freiberg, Pragmat. Gesch. der bayer. Gesetzgebung, Leipzig, 1838, IR, p. 180 et suiv., 375 et ,suiv.; Marnkœnig, Die Staatsrecht!. Stellung der kath. Kirchein den kath. Laendern des deutscheii Reiches, Erlangen, 1855, p. 130 et suiv.

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