Los méthodistes et les horrnhutors furent pendant
quelque temps étroiteiueat unis et tinrent à Londres des assemblées communes. Mais leur alliance ne fut que passagère : car ni Zinzendorf ni Wesley no voulaient s'accommoder d'un rang subalterne ; les herrnimters n'étaient pas assez enthousiastes aux yeux des méthodistes, et ils étaient en désaccord sur plusieurs points. Selon les herrnhuters, toute prière, toute bonne œuvre est non seulement inutile, mais un poison mortel, avant que la vie soit arrivée à son point de perfection ; or Wesley condamnait justement cette doctrine. D'après les méthodistes, la perfection des régénérés est un état dans lequel tous les mouvements désordonnés de la sensualité, toutes les excitations au mal disparaissent; on est exempt de tout péché, ce que les herrnhuters niaient à leur tour.
La division éclata également parmi les méthodistes euxmêmes. Comme les herrnhuters, Whiteheld repensait i'opiniun excessive de Wesley sur la perfection des régénérés ; il soutenait contre Vesley, qui devint plus tard arménien, la théorie sévère des calvinistes sur la prédestination, niait l'universalité de la grâce divine et des mérites de Jésus-Christ, il y eut donc les méthodistes de Wesley et les méthodistes de Whiteûeld. Us se combattirent avec un grand acharnement ; chaque parti voulait que ses expériences intimes servissent de règles aux autres et fussent des raisons péremptoires.
Malgré leurs efforts pour atteindre à la perfection, plusieurs, même les méthodistes de Wesley, tombaient dans les principes antinomistes etdans une complète immoralité. Fiescher, disciple très actif de Wesley, élargit encore l'abime qui séparait celui-ci des Whitetieldiens ; il combattit les méthodistes antinomistes, dont l'un, Hell, soutenait que le meurtre et l'adultère ne peuvent pas nuire aux enfants de la grâce. Frappé de ces phénomènes, John Wesley convoqua en 1770 une conférence, qui découvrit la cause du mal dans cette opinion que Jésus-Christ a supprimé la loi morale et que la liberté chrétienne aifranchit de l'observation des commandements de Dieu. Wesley relevait ici le mérite des bonnes œuvres et déplorait que sou parti se montrât trop enclin au calvinisme.
Organisation et travaux de la secte. — Nouveaux partis.