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LES HÉRÉTIQUES ET LES SCHISMA.TIQUES

Eiu Orient.

Les Chaldéens dans les Indes orientales et en Perse.

348. A l'instigation des Portugais et surtout d'Alexis Mene-|

zès, archevêque de Goa, les chaldéens des Indes et les chrétiens de Saint-Thomas abjurèrent, à Diamper, en 1599, le nestorianisme et embrassèrent la foi catholique. Ils eurent successivement (1600-1653) quatre jésuites pour métropolitains. Plus tard, un grand nombre, par l'influence surtout des Hollandais, apostasièrent et chassèrent les jésuites. Les apostats, n'ayant pu obtenir un évêque des nestoriens, s'adressèrent aux jacobites, et adoptèrent avec la doctrine monophysito le rite des Syriens occidentaux. A ceux qui étaient restés fidèles, Alexandre VU envoya un carme qui devint archevêque d'Hiérapolis en 1660, et donnal'ordination episcopale àuu prêtre indieu. Les carmes ramenèrent une foule d'apostats dans le giron de l'Église, et les papesessayèrent,par de sages mesures, d'améliorer lasituation. L'Église nestorienne de l'ancien empire persan n'avait plus qu'un seul métropolitain quand le patriarche Siméon vint à mourir (1551); c'est avec son secours que le neveu de Siméon, Bar Mama, s'appropria le patriarcat devenu héréditaire dans sa famille. Quant aux évèques, ils nommèrent le moine Jean Sulaka, qui alla à Rome et fut élu patriarche par Jules 111 (1553), après qu'il eut fait sa profession de foi. Pendant son retour, il fut assassiné à l'instigation des nestoriens placés sous Bar Marna.

Tous les successeurs de Bar Marna portèrent le nom d'Élie, résidèrent à Mossoul et furent adonnés à l'hérésie. Le successeur de Sulaka, Ebedjésu (1555), se rendit aussi à Rome, fut reconnu par Pie IV (1562), et décoré du pallium. Ses successeurs, en commençant par Siméon Dencha, qui depuis 1582 résida à Urmia, eu Perse, portèrent le nom de Siméon. Vers 1653, on comptait 40,000 familles catholiques chaldéennes. Parmi les patriarches nestoriens qui résidaient à Mossoul, Eue P' avait déjà, en 1586, envoyé à Sixte V une ambassade ; cependant la profession, étant hérétique, ne fut pas acceptée. Élie II au contraire (mort en 1618), nommé en 1591, entra en relations (1591) avec le pape Paul V par des lettres et des ambassades (1607 et 1610) et adopta la doctrine romaine dans un synode tenu à Biarbekir en 1616. Son successeur Eue 111 Siméon la rejeta. En 1636, cependant, son vicaire prononça à Rome la profession de foi catholique, et en 1637, le patriarche adressa lui-même à la Propagande une profession de foi ca- VI. — msT. DE l'église. Q

tholique, et demanda une église à Rome pour le rite chuldécn.

Cordara, Hist. Soc, Jesu, V[, IX, p. 535 ; Mejer, Propag. I, p, 366, 344,- Pichler, Gesch. der kirchl. Trennung, II, p. 467-433, Sur Jean Suldka: Rayn., an. 1553, n. 43-45 ; Le Quien, Or. chr., II, 1097; Bull., Prop. V, 205 et seq. Sur Ebedjesu: Rayn., an., 1562, n. 28; Pallav., 30- Hist.Conc.Trid., XDIII, 9, 5 et seq.; Patriarches de Mossoul: Assemani, Bibl. Or., ni, L, p. 622, et De Catholicis s. Patriarchis Chald. et Nestor. Comment,, Rom., 1775, p. 228-230; Strozza, De Chald. dogmat. disput., Colon., 1617, p. 16 et seq., 240.

Les jacobites de Syrie.

34-9. Parmi les jacobites de Syrie, dont quelques-uns avaient adhéré à l'union de Florence, on remarquait toujours un penchant à y revenir, La profession de foi, remise en 1552 au pape Jules III par le prêtre Moïse, ne fnt pas agréée du patriarche Ignace lequel repoussa également les exhortations de Pie IV (1565) et tomba dans l'islamisme. Le patriarche regretta plus tard sa démarche et mourut à Rome. Son successeur, David Ignace XI, rendit l'obédience à Grégoire XIII et reçut le pallium en 1583; mais l'évèqiie de Sidoa, qui lui fut député, le trouva opiniâtrement attaché à la mémoire de Dioscore. An dix-septième siècle, le patriarche Siméon embrassa la foi catholique et gagna beaucoup de jacobites, mais il fut forcé de se réfugier à Alep.

Evénements sous Jules III, Assem., B, 0. 1, 336 ; sous Pie IV, Rayn,, an. 15(52, n. 31 ; sous Grégoire XIII, Thomas a Jesu, Thés., Lib, Vil, cap. XIV, p. 388; Le Quien, Or. chr., II, 1355; Thomassin., I, I, c. XXIV, n, 2; Strozza, loc, oit,, p. 8; Pichler, II, p. 494 et suiv.

Les Abyssiniens.

350. On conçut de grandes espérances de ramener à l'unité catholique les Abyssiniens adonnés au monophysitisme et influencés par l'islamisme, après qu'ils furent entrés en relations plus étroites avec les Portugais. Leur chef David III (I508-J5iO) écrivit plusieurs fois au roi Jean et au Saint-Siège; de son côté, le pape lui envoya des légats, qui parvinrent rarement à

pénétrer dans le pays. Les relations avec le patriarcat copte de l'Egypte étaient interrompues; on alla même jusqu'à choisir pour chef ecclésiastique le Portugais Bermudez, médecin de l'ambassadeur, que Paul III nomma patriarche d'Alexandrie. Mais comme celui-ci se brouilla avec le fils et successeur de David, l'empereur Claude (Io40-loo9), il lui fallut céder la place à Abuna, envoyé du Caire.

Le pape Jules III et le roi de Portugal résolurent d'envoyerà l'empereur un nouveau patriarche et deux évèques, et d'appuyer .'empereur dans sa lutte contre les Maures. Le jésuite Nunez Baretto, sacré à Lisbonne patriarchedes Abyssiniens, partit avec iix confrères (155C) ; mais il n'envoya d'abord de Goa que les pères Oviedo et Michel Carneyro, consacrés évêques ; ils firent juelques conversions, mais n'obtinrent rien à la cour. L'empereur Adamas Segued était un violent ennemi des catholiques.

Nunez mourut en 1562 dans les Indes orientales. Oviedo [mort en 1577), appelé à lui succéder, ne iiarvint qu'avec beaucoup de peines à porter des secours spirituels aux catholiques jpars dans le pays (230) ; il en fut de même du jésuite Melchior Sylvanus, imitateur de son zèle (1597). Le père Paez, savant ésuite, prêcha, en jieoi, dans la langue du pays; il gagna îomplètement à la cause de l'union le jeune empereur, qui réjna depuis 1596. Ce prince, reconnaissant des secours que lui i valent fournis les Portugais, demanda à Rome et à Madrid l'autres maîtres pour instruire son peuple ; mais un soulèvenent ne tarda pas à éclater et l'empereur y perdit la vie.

Son successeur Socinius (Seltan-Segued, 1605-1632) appela e père Paez à sa cour et lui déclara sa résolution d'embrasser e catholicisme. Il assistait souvent aux discussions des jésuites ivec les moines monophysites du pays, et il témoigna au pape ;a soumission en 1613 ; cependant il attendit encore jusqu'en i621 avant de faire profession de la foi catholique. Paez, second ipôtre des Abyssiniens, missionnaire pendant dix-neuf ans, nourut en 1623. L'ancien parti monophysite, dirigé par Abuna )t ses moines, s'éleva contre l'union et contre l'abolition de a solennité du sabbat, et provoqua des guerres civiles, em- )reintes d'une couleur reUgieuse. L'empereur fut vainqueur et îmbrassa la foi de l'Éguse romaine en 1624.

Grégoire XV avait nommé patriarche d'Ethiopie le jésuite

portugais Alphonse Mendez, proposé par le roi Philippe Ilî : l'oQipereur rendit solennellement en sa présence l'obédience au pape (1626). On s'empressa trop d'abolir les anciens usages ; une fermentation violente s'en suivit, et l'empereur se vit contraint, peu de temps avant sa mort, d'accorder la liberté do religion. Quant à lui, il mourut dans la communion de l'Église romaine.

Le nouvel empereur Basilide (1632-1665) exila son oncle, favorable à la réunion, ainsi que le patriarche et les jésuites, et interdit l'entrée du pays aux missionnaires latins, dont plusieurs furent martyrisés dans la suite. Ni le collège fondé à Rome, en 1639, par le cardinal Barberini pour sept jeunes hommes éthiopiens, ni les capucins envoyés parla Propagande ne purent ranimer le catholicisme. On brûla les écrits des jésuites, on renouvela l'alhance avec les coptes d'Egypte etl'oa traita avec méfiance tous les Européens.

Goes, Fides, religio moresque /Ëthiopum, Paris, 1541, p. 27 et seq.; Alvarez, Hist. descriptive de i'Élhiopie, Anvers, 1558; Balth. Telloz, S. J., Hist. gêner, d'Etiopia alta, Coïmbra, 1660; Rayn., an. 1514, n. 20; 1523, n. 107; 1541, n. 67; 1554, n. 25; 1555, n. 10; 1560, n. 77 (Pi« IV, Invitation au concile de Trente); an. 1563, n. 226 et seq. (Demande de secours à Sébastien, roi de Portugal, pour le pays, affligé de la guerre civile; remerciements pour les secours accordés par le vice-roi des Indes orientales) ; Cordara, Hist. Soc. Jesu, P. VI, c. VI, p. 329; Godigni, S. J., Vita Gonz. Silveira, S. J.martyrium passi in urbe Monomotapce, 15 Mart. 1581, Lugd., 1612; de Abessinorum rebus, Lugd., 1615; Alpb. Mendez, S. J., Exposit. setliiop. libri IV, 1651, M. S., et Sagripandi, Discorso délia religiime dell' Etiopia M. S., extrait des Atti consistoriali ; Ranke, Rœm. Paepste, II, p. 498 et suiv.; cf. Leemmer, Analecta Rom., p. 42, et suiv.; La Croze, Hist. du christ. d'Abess., A La Haye, 1749; Pichler, II, p. 509-525; Marschall, II, p. 360 et suiv.

Les maronites.

351 .^L^alliance intime des maronites avec le Saint-Siège fut au contraire rafTermie ; le patriarche Moïse Accarensis (1524-1567) reçut de Clément Vil et de Paid III différentes facultés, puis un visiteur dans la personne du Gardien Denis de Jérusalem. Sur les conseils du cistercien Antoine Soarcz, le patriarche

demanda à saint Ignace des jésuites pour l'instruction de son clergé, mais saint Ignace refusa d'en envoyer à cause des périls qui en résulteraient pour les maronites du côté des infidèles. Le patriarche chargea le cistercien Soarez de présenter ses hommages à Paul III, qui lui envoya des lettres et des présents (1556). Les maronites étaient alors souvent persécutés par les gouverneurs turcs. Le patriarche dépêcha à Paul IV l'archevêque Georges de Damas, qui devait aussi assister au concile de Trente ; mais il n'y fut pas envoyé parce qu'il ne connaissait pas la langue latine. Le pape confirma les anciens privilèges des maronites.

En 1578, le patriarche Michel se justifia du reproche qu'on faisait aux livres des maronites de renfermer des hérésies, et reçut de Grégoire XIII le pallium (1579) avec différentes instructions sur les sacrements. Le même pape institua, en 1584, un hôpital pour les maronites qui feraient le voyage de Rome, puis le collège des maronites, d'où sortirent une foule d'hommes de talent, tels que Georges Amira (patriarche en 1633), Gabriel Sionita, Abraham Echellensis, et les trois Assemani. Plusieurs maronites (entre autres Pierre Benoit) entrèrent dans la société de Jésus, qui dirigeait ce séminaire. En septembre 1596, Jérôme ûandini, ablégat de Clément VIII, célébra avec le patriarche Sergins Risius un concile maronite, où l'on corrigea une foule d'abus et publia vingt-et-iin canons. Le patriarche Joseph II introduisit dans sa nation (1606) le calendrier grégorien corrigé.

Sous Paul V, Sergius, archevêque de Damas, arriva à Rome avec trois ecclésiastiques. En 1608, le pape exhorta la nation à demeurer fidèle à l'Eglise romaine et à nommer un bon patriarche ; en 1610, il envoya le pallium à Jean XI, qui venait d'être élu, accéda à sa demande de faire imprimer à Rome les livres d'église des maronites, traça des prescriptions sur les jeûnes et les rites, et permit au patriarche de donner la bénédiction apostolique avec une indulgence plénière.

Le patriarche Georges Amira, auteur d'une grammaire syrienne et d'autres ouvrages, de même que l'évêque de Tripoli, Isaac Sciadrensis, également élevé à Rome, grammairien, poète et théologien, opérèrent beaucoup de bien. Nous on dirons autant du patriarche Joseph III (1644-1647), qui exalta la

primante romaine dans un poème épique. Il reçut la visite du jacoliite Abdelgal, qui abjura son hérésie, fut sacré archevêque d'Alep par le patriarche suivant, et ramena beaucoup de jacobites dans le sein de l'Eglise. En 1625, Urbain YIII érigea dans le Liban même un collège pour les maronites ; Innocent X (1648) en établit un autre à Ravenne, qui, en 1665, fut réuni à celui qui existait à Rome.

Assem., Bibl. Or., I, 522 et seq., 552-554; Wadding, Ann., an. 1542, n. 21 ; Kiinstmann, dans Tüb. theol. Quartalscher., 1845, p. 48 et suiv.; Picliler, II, p. 546 et suiv.; Plus IV, Const. Venerabilem fratrem, 1562; Jull., Prop , Append., 1, p. 40 et suiv. ; négociations sous Grégoire Xill, Thomas a Jesu, Thés, theo!., VII, p. 1700-1712;Nairon, Diss., p. 113; questions des Maronites, dans Pignatelli, Consult. canon., t. VI, Gons. 41, p. 115 et seq.; fondations de Grégoire XIII : Const. Salvatoris nostri, et Humana sic fenmt, Bull., éd. Taur., VIII, p. 438-442, 475-480; Bull., Prop., Append., I, p. 82; Bull. Rom., IV, iv, p. 44, 46; Mejer, Propag., I, p. 80, 479; Moroni, Diz. V, Collegio, t. XIV, p. 144. Concile de 1596, Missione apost. al Patr. Maron., Gesena, 1306. 'Extraits : Voyage au mont Liban, par R. S. (Rieh. Simon), Par., 1675 (1685), p. 158-170; Voyage to Mount Liban, Lond., 1698. Autres ouvrages dans Werner, Gesch. der apologet. Lit., III, p. 451, n. 1 ; Coll. Lacens. Il, p. 413 et seq ; Paul V, Const. Benediclus Deus, 28 nov. 1608 ; Bull., Taur., XI, p. 5o5-5o7; Const. l'JO, d. d. 24 fév. 1610, et Const. 223, du 22 nov. 1612; ib., p. 664-666, t. XII, p. 193; Terzi, Siria sacra, p. 53. Collège sur le Liban, Urban. VIII, Const. 151, 152, des 24 et 30 juillet 1625, Bull. Taur., XIII, p. 358-362. Collège à Ravenne : Innoc. X Const. 106, Qiioniam, Bull. cit. XV, p. 575-580. Bull., Prop., Append. I, p. 237-242; Alex. VII, Const., 22 oct. 1665, Romanus Pontifex; Bull. Rom., VI, VI, p. 36; Bull., Prop. loc. cit., p. 286-296.

Les Arméniens.

352. La foi catholique fse maintenait également parmi les Arméniens, grâce surtout au zèle des dominicains, à la tête desquels se trouvait l'archevêque de Nachitschewan (Naxivan). Paul III (1544) lui accorda plusieurs faveurs. Il fit aussi un accueil honorable au patriarche Etienne V (1541-1547), venu à Rome pour visiter le tombeau des apôtres. Michel, successeur d'Etienne, qui ne put résider à Etschmiazin, où il n'était pas en sûreté, envoya de Sébaste (1562) par écrit sa soumission à

Pie IV, par l'entremise duquel il espérait être délivré du joug des Turcs. Les délégués Abgar et Alexandre présentèrent un écrit sur les doctrines et les usages des Arméniens. En lo84, Grégoire XIII décida l'érection d'un collège d'Arméniens à Rome, et Sixte V fonda un hôpital pour cette nation. Léonard Abel, évêque de Sidon, arriva comme délégué auprès du patriarche de Sis, qui signa le décret de Florence, mais fut bientôt mandé à Constantinople pour rendre compte de sa conduite. Les Arméniens étaient constamment accusés par les missionnaires d'erreurs grossières contre la foi, bien que la plupart de ces erreurs ne fussent qu'une déviation du rite romain. Une grande méfiance régnait de part et d'autre.

Le patriarche Grégoire Xlll, gagné par des ermites de Saint- Augustin, envoya (1605) des ambassadeurs au pape Paul V pour l'assurer de son obéissance. Mais le mécontentement de ses sujets l'obligea bientôt d'abdiquer. En 1610 et en 1013, le patriarche Melchisédech et son successeur Moïse, qui avait reçu la visite d'un carme (1629), en firent autant auprès d'Urbain VIII. Ce papo dépêcha à Philippe, patriarche arménien, un dominicain, pour l'inviter à se réunir à l'Église, et il fit préparer à la Propagande des places pour les jeunes arméniens ; les sommes laissées par Paul de Bologne devaient en couvrir les frais. Ce ne fut que plus tard (165o), que le patriarche Philippe témoigna sa soumission à Innocent X.

Paul III, Consi. Etsi ex debito, fehr. 1544 ; Bull. Prop., loc. cit., p. 30 - 32. Sur Etienne V, voy. Tschamlschean, II, 335 et seq. Ambassade à Pie IV :Rayn., an. 1564, n. 51 et seq.; Grég. XIII, Const., I3oct. 1584; Bull. Rom., éd. 1747, IV, iv, p. 78. Relazione di quanto ha trattato il vescovo di Sidonia nella sua missione in Oriente data dalla Sant. di N. S. Sisto V, 1587, dans Hammer, Gesch. des osman. Reiches, Pest, 1829; IV, 161. Une mission religieuse en Orient au xti* siècle : Relation adressée à Sixte V par l'évèque de Sidon, trad. et annotée par d'Avril, Paris, 1866 ; Bahiz., Miscellan., éd. Mansi, Luc, 1764, IV,p. 150 et seq. Sur les erreurs des Arméniens : Guido de Perpignan, Oi'd. Carm., Summa de hœresibus. Colon., 1631, p. 48-79 (et dans duPlessis d'Arg., I, ], p. 274 et suiv.); Thom. a Jesu, Thés. sap. ;div., Antw., 1613, p. 398-401 ;Gualterius,S-J., ap. Bzov., an. 1341, n. 9. Cf.Niceph. Call., Hist. eccl., XVIIl, 53. Négociations de 1605-1644 : Serpos, II, 139; Tsehamtschean, II, 373, 380; Piatti, Storia eritico-cronol. de'

Rom. Pont., Napoli, 1768, XII, 63 ; Cornely, dans les Études l'elig., Paris, 1866, t. IX, p. 211 et seq.; Pichler, II, p. 460465.

Les Italo-grecs.

353. Beaucoup de Grecs-unis résidaient en Italie et en d'autres contrées. Les papes leur permirent de conserver leur rite, notamment l'usage du pain fermenté pour l'Eucharistie, la communion sous les deux espèces, la formule passive du baptême, le mariage (une seule fois contracté) des prêtres avant l'ordination et faculté pour ceux-ci de porter la barbe, ce qui était interdit aux Latins. Ils défendirent de les inquiéter pour leurs rites et de leur enlever leurs églises, les invitèrent à conserver la pureté de la foi, l'obéissance au Saint-Siège et aux évêques latins, lesquels devaient nommer pour eux des vicaires généraux de langue grecque. Mais les Grecs abusèrent de ces privilèges concédés par Léon X et attentèrent souvent aux droits des évêques latins. Clément VIII protégea ceux-ci, tonten confirmant les privilèges. Paul III le fit également en 1534. Quelquefois cependant les Grecs avaient des évêques distincts à côté des évêques latins, comme à Zacynthe et Céphalonie et autres îles placées en partie sous la domination de Venise. Dans ces îles, les plaintes des Grecs concernant les violences exercées sur eux par les Latins décidèrent les papes à déléguer des commissaires spéciaux et à maintenir leurs ordonnances. En 1564, Pie IV déclara que les Grecs des deux Siciles étaient soumis aux ordinaires en matière de doctrine et de culte, et il se plaignit des abus qu'avait fait naître leur prétendue exemption. Ces Grecs niaient le purgatoire et la primauté du pape, rejetaient les indulgences accordées par le pape, méprisaient les censures et brûlaient les cadavres. Beaucoup de Grecs passèrent au rite latin. Les couvents des basiliens tombèrent, et les deux rites, contrairement aux lois de l'Église, furent mélangés.

En 1566, Pie V révoqua tous les induits qui autorisaient les Grecs à célébrer le culte d'après le rite latin, et les Latins d'après le rite des Grecs, et Grégoire XIII (1585) ordonna, conformément au concile d'Amalfi (1284, can. 4), d'introduire le rite latin dans tous les lieux où les fidèles étaient des Latins et les prêtres des Grecs, parce que des prêtres grecs ne pouvaient pas diriger dos communes latines. Clément VIII (1595) donna

une iiibtiuction détaillée sur l'administration des sacrements aux Grecs d'Italie; comme Grégoire XIII, il voulait que tous les Basiliens fussent réunis en une seule congrégation ; mais ce projet ne fut pas exécuté. Il érigea, pour les basiliens d'Italie, trois séminaires ou noviciats à Rome, à Messine et dans le territoire de Naples (1597).

LeoXjConst. Accepimus, 18 mars 1521 (et dansisaac Habert, Archieraticon grsec, Par., 1676 init.) ; Clém. Vil, Const. Cum sicut, 15 juillet io25, et Provisionis nostrœ, 1Q mars 1526: Bull. Prop., Append., I, p. 19 et seq.; Paulus III, Const. Dudiim, 23 déc. 1534, ib., p. 21-24. Commission pontificale pour la protection des Grecs ; Leo X, Cum niijoe/-, 4 juillet 1521, ib., p. 17 et seq.; Plus IV, Const. 90, Romaniis Fontifex, 16 febr. 1564; Bull. Taur., VII, p. 271-273; Bull. Prop., I. I, p. 8-10. Disparition du rite grec en Italie, Pichler, I, p. 512-514 ; Plus V, Con?,iProvidentia, 20 aug. 1 566 ; Bull. Taur., VII, 473 ; Grég. XIII, Const. du 16 août 158^ ; Pichler, I, p. 531 ; Clém. VIII, Instr. super rilibus Italogrfecoruni, 31 aug. 1595; Bull. Taur., X, 211-213 ; Bull. Prop., t. I, p. 1-1. Réunion des Basiliens, Const. Qux ad restituendos, 29oct. 1592. Bull. Taur., IX, 623-626; Const. Cum ad sublevandum, 10 oct. 1597, ib., X, 376-378 Sur les séminaires des Grecs en Italie : Cf. Bedotà, Dell' origine estato présente deirito greco in Italia, Roma, 1758; Morisani, de Protopapis et Deutereis Grsecorum et catholicis eorum ecclesiis, Neapoli, 1768.

Les ruthènes.

354. Les ruthènes, placés sous la domination polonaise, adhéraient au schisme grec et avaient un clergé fort ignorant. Les jésuites, qui possédaient depuis 1570 une école à Wilna, et depuis 1578 une académie que les Grecs fréquentaient volontiers, les préparèrent peu à peu à se rattacher à l'Église romaine. Le métropolitain de Kiew et Halicz, Michel Rahosa, partisan de la réunion, fit adopter en 1590, dans une assemblée du clergé et de la noblesse, un décret portant qu'on se rendrait indépendant du patriarche de Constantinople, puis en 1594', dans un concile de Brest, auquel des prélats latins assistèrent, un autre décret suivant lequel on se rattacherait à l'Église romaine en conservant l'ancien rite.

Eu juin 1595, on nomma l'ambassade qui devait être envoyée

90 msToiRR DE l'église.

à Rome. Cette ambassade, munie des lettres de recommandations dn roi Sigismond III, heureux de cet événement, fut reçue solennellement au consistoire du 23 décembre, et y fit la profession de la foi catholique. Clément VIII notifia dans une bulle à la chrétienté la réunion avec l'Église romaine accomplie par le patriarche et les sept évêques alliés avec lui, permit aux ruthènes de garder leur rite et confirma au métropolitain le droit de reconnaître les évêques élus selon l'ancien usage, tandis que lui-même serait confirmé par le pape.

Michel Rahosa (mort en 1599) et ses successeurs Hypatius de Pociey (jusqu'en 1613) et Joseph Velamin Rudski (jusqu'en 1635) contribuèrent puissamment à consolider l'œuvre de la réunion. Paul V approuva de nouveau en 1615 le rite des ruthènes, autorisa l'archevêque à ériger des écoles et des établissements d'éducation dans sa province, permit aux ruthènes, à cause de la distance des sièges épiscopaux, de recevoir la consécration épiscopale des mains des Latins et aux Latins des mains des ruthènes ; il assigna aux ruthènes unis quatre places au collège grec de Rome. Grégoire XV déclara (16'23) que pour la préséance on n'aurait pas égard à la différence des rites. Urbain VIII (1625) chargea Joseph, archevêque de Kiew, de célébrer un concile provincial tous les quatre ans. Les basiliens furent réformés et plusieurs jeunes ruthènes élevés au couvent de la Trinité de Wilna, qui avait été cédé à l'archevêque Hypatius,

L'archevêque Joseph Velamin ramena à l'union un grand nombre de couvents et forma avec eux la congrégation de la Sainte-Trinité des Unis, qu'Urbain VIII approuva en 1624; un an auparavant, l'illustre basilien Josaphat , archevêque de Poloczk, avait été assassiné par les schismatiques. Urbain VIlî donna à la congrégation des marques nombreuses de sa bienveillance, lui accorda à Rome l'église des saints Serge etBachus, près de laquelle leur procureur général devait résider; il inscrivit en 1646 leur martyr Josaphat au rang des bienheureux, autorisa son office et sa messe et permit à la congrégation de faire pour quatre ans, par l'entremise du chapitre général, l'élection de l'abbé général (protoarchiraaiidrite). Les jésuites acquirent de nouveaux collèges et de nouvelles missions, dont l'une à Kiew, en 1645. Différents attentats commis par les

LE CATHOLICTSME. 91

Grecs schismatiques contre les unis amenèrent des répressions sévères de la part du roi de Pologne, mais aussi des intrigues et des immixtions du côté de la Russie. Les rois se montrèrent souvent irrésolus, tel Ladislas IV, avec l'approbation duquel le schismatique Pierre Mogilas fui élu et consacré métropolitain de Kiew (1633) et mis en possession de l'ancienne cathédrale, tandis qu'on en promettait une nouvelle aux catholiques. Les deux partis étaient en hostilité ouverte, et Mogilas essaya, en fondant des écoles « orthodoxes » et en composant des écrits, de défendre et de propager la cause du schisme.

OUVRAGES A CONSULTER SUR LE N° 35i.

Baron., App. ad t. VII Annal, eccl., p. 582 et seq., ed. 1596; Thomas a Jesu, deConvers. omn. gent., Lib. VI, P. III, p. 140 et seq., éd. 1684; Theiner, Neueste Zustaende der kathol. Kirche in Polen und Ruszland, Augsb., 18il. Docum., p. 17 et suiv., 29etsuiT.; Héfelé, Tüb. Quartalschr., 1853, III, p. 389 et suiv. ; Mejer, Propag., l, p. 452-454 ; Pichler, II, p. 92-95 ; Jul. Pelesz, Zur Gesch. der Union der ruthen. Kirche mit Rom., 1 vol., Vienne, 1878 ; Spillmann, S. J., Die Union von Brest (Laacher Stimmen, 1876, I, p. 417 et suiv. ; II, p. 77, 384 et suiv.); Clém. VIII, Const. M<tgmis Dominus, 1595, Bull. Prop., I, 15- 23; Bull. Taur, X, 239-2i6; Gonst. Decef Rom. Pontificem, 23 febr. 1596; Bull. Prop., I, p. 24-26; Bull. Taur., X, 250-252. Distinctions pourles évèques Hypatius et Cyrille. Const. Romanus, 26 febr. 1596. Bull. Taur., loc. cit., p. 23-27 ; Paul V, Const. Solet, 10 déc. 1615 ; Pus et devotis, 3 déc. 1615; In supremo, 10 déc, h. an. ; Becet Romanum, 2 déc. ; Bull., Prop. Append., t. I, p. 123, 120-123 ; Bull. Taur., XII, 340 et seq.; Grég. XV, Const. Exponi Nobis, 20 mars 1623, d'après decr. Congr. Rit., du 20 août 1620 ; Bull. Prop,, loc. cit., p. 139-141 ; Urban. VIII, Const. 124, Sncro$anctum, 12 mars 1625 ; Bull. Taur., XIII, 297 ; Const. In supremo, 31 août 1624,- Bull. Prop., Append., I, p. 145 ; Const. 706, du 8 febr. 1631; Bull. Taur., XV, 91 et suiv. Sur l'égHse des S'* Sergius et Bachus, avec confirmation du décret de la Congr. Visit. Apost., du 22 mai 1629. Le 12 juin 1660, Alexandre VII soumit la maison et l'église à la Congrégation de la Prop., Const. Ex commissi Nobis, Bull. Prop., Append., I, p. 262. Autres décrets, Bull. Rom., VI, II, p. 381 ; V, p. 390, n. 304, éd. Luxemb. ; Moroni, t. IV, p. 181. Sur les BasiUens, Bened. XIV, Const. Inter plures, 2 mai 1744 ; Bull. Bened., I, 154 et seq., § 2 ; Bull. Prop., IV, 116 et seq. — Vita B. Josaphat Kunc. Archiep. Ploc. auct. Jacobo Susza, Rom., 1665. Sa lettre à Sapieha, 22 avril 1622, Etudes religieuses, août 1867, p. 236 et seq. J'ai réfuté (Chilianeum, 1865, VII, p. 26) le jugement tout à

fait injuste que Pichler porte sur ce prélat canonisé (2 mai 1863). Voyez encore Mich. Harasiewciz, Annal, eccl. Ruthenœ gratiam et commun, cum S. Sede Rom. habentis, Lemberg, 1862. — Pierre

Mogilas, 'OpOoSo^oçTti'aTtCTtàvTWVTwv rpaixwv ou IxOîfftç -r^; twv 'Pu)ctuv 7CI(TT£Wî 1632, solennellement souscrit en 1643 par les pah'iarches Parthenius, de GonstaaUaople,Joannicius d'Alexandrie, Macaire d'Antioche, Paisius de Jérusalem, approuvé de nouveau à Jérusalem en 1672, dans Kimmel, Libri synib. eccl. Or., p. 56-324 ;Héfelé, Russ. Staatskirclie(Qu.-Schr., 1833, III, p. 406 et suiv,).

Les chrétiens en Turquie.

355. Les chrétiens, sous la domination turque, étaient cruellement opprimés. Si les Grecs schismatiques avaient conservé leurs patriarcats et leur constitution, les patriarches étaient soumis à l'arbitraire, souvent forcés d'abdiquer et quelquefois assassinés. Leur charge était vénale; le clergé, rongé par la lèpre do la simonie, ignorant et servile, n'eut pas même le courage de résister à l'institution tyrannique des janissaires. La population chrétienne diminuait sensiblement; elle perdit un grand nombre d'éghses et de biens ecclésiastiques et ne conserva plus, dans beaucoup de localités, que des églises en bois; elle fut souvent persécutée, notamment sous Sélim 1", qui songea même à l'extirper définitivement. Le nombre des renégats était considérable, même parmi le clergé schismatique. L'action exercée par l'étranger était encore très faible à cette époque. A la fin du seizième siècle, nous voyons, parmi les puissances protestantes, l'Angleterre et la Hollande, et parmi les puissances catholiques, la France seule, acquérir de l'influence; l'Autriche était presque toujours en guerre avec la Porte à cause de la Hongrie. Il y eut des jésuites à Constantinople à partir de 1583; mais la plupart succombèrent à la peste, et en 1586, Sixte V rappela ceux qui survivaient.

Le roi de France Henri IV obtint du sultan (1609) la permission pour les jésuites de résider dans sa capitale ; mais après l'assassinat de Henri IV, ils furent cruellement persécutés. Cependant, ils étabhrent des écoles, s'employèrent activement pendant la peste et acquirent de l'influence auprès de quelques dignitaires schismatiques. Le délégué Jacques Curtius, envoyé par Ferdinand II (1623) avec deux jésuites, obtint du sultan une pleine liberté d'action dans tout le pays. Tandis que les

dominicains et les franciscains se bornaient au service religieux des Européens (des Francs) à Constantinople, les jésuites travaillaient à l'œuvre des conversions. En Syrie, ils étaient aidés par les capucins et les carmes, en Mésopotamie par des capucins français, en Arabie par des carmes, en Circassie et dans la Grande- Arménie par des dominicains. Mais les puissances protestantes, jalouses de leurs succès, ne cessaient de les traverser par leur argent et leurs intrigues, et troublaient les missionnaires, qui sans cela auraient pu, d'après le traité de Vienne (1615), bâtir des églises et célébrer leur culte. Les missionnaires avaient contre eux la haine commune des protestants et des schismatiques.

Cuper, Acta SS., t. I, Aug., p. 221 et seq.; Le Quien, Or. christ., I, 312 et seq. ; Heineccius, Abbild, der œlteren und neueren gr. Kirche, Leipzig, 1711, in-4° ; Sachini, Hist. S. J., V, i, p. 420; Pitzipios, l'Église orientale, en allem,, par Schiel, Vienne, 1857 ; Zinkeisen, Gesch. des osman. Reiches in Europa, t. III; J. H. Schmitt, Kritische (?) Gesch. der neugr. und russ. Kirche, Mainz, 1840; Pichler, I, p. 420 et suiv., 503 et suiv.

Les patriarches égyptiens. Tentatives de réunion faites par les protestants.

356. Parmi les patriarches, Métrophane III inclinait à la réunion avec les Latins. Il fut forcé d'abdiquer en 1572, et écrivit à Grégoire XIII en termes pleins de déférence. Son successeur, Jérémie II, montra des dispositions contraires ; il fut écarté en 1579, et réintégré après Métrophane (décembre 1579, août 1580). Jérémie II résista vivement à la correction grégorienne du calendrier, comme à une nouveauté funeste et contraire au concile de Nicée; il fit rendre un décret synodal dans le sens opposé et défendit à tous les évêques ses subordonnés d'accepter le nouveau calendrier. Plus tard, il se rapprocha tellement du pape, qu'il fut déposé pour ce motif; cependant, après avoir occupé deux autres patriarcats, il recouvra sou siège une troisième fois, mais ne l'occupa que peu de temps. Les patriarches suivants, entre autres Raphaël, qui fut favorable à la réunion, passèrent rapidement.

Déjà les luthériens et autres protestants avaient fait des tentatives pour se réunir aux Grecs; la haine du pape leur servait de trait d'union ; mais l'attachement des Grecs à leur doctrine orthodoxe formait un obstacle insurmontable. Sous le patriarche Josaphat II (1555 -1565), le diacre Démétrius Mysius se rendit à Wittenberg, afin de se renseigner à la source mênie sur la nouvelle doctrine. Mélanchthon lui remit (1559) une traduction grecque de la confession d'Augsbourg faite par ûolscius, avec une lettre pour le patriarche, où il exprimait sa joie de voir l'Eglise orientale se maintenir et professer librement sa doctrine parmi ses plus cruels ennemis ; il assurait que les protestants acceptaient l'Ècriture-Saitite, les décrets des saints conciles et les enseignements des pères grecs, mais qu'ils rejetaient les erreurs funestes des manichéens, de Paul de Samosate et autres hérétiques, ainsi que les falsifications superstitieuses des moines latins ignorants.

Le patriarche ne répondit point à cette lettre, car il démêlait les vues de son auteur. Plus tard (1574.), les théologiens de Tubingue, Jacques Andréœ et Martin Crusius, s'adressèrent, par l'entremise du protestant David de Ungnad, ambassadeur de Maximilien II près de la Porte, et de son prédicateur Etienne Gerlach, au patriarche Jérémie II, lui envoyèrent des lettres et des prédicateurs, la confession d'Augsbourg, et lui demandèrent son avis. Le patriarche leur répondit en blâmant sévèrement leurs doctrines sur la justification et les sacrements^ sur l'invocation des saints, le monachisme et la procession du Saint- Esprit. La correspondance fut continuée par les théologiens de Tubingue (1576-1581). Le patriarche, qui voulait les amener à renoncer à leurs doctrines, finit par les prier de faire trêve à leurs pressantes sollicitations. Déjà les catholiques avaient relevé le refus essuyé par les protestants de la part des Grecs et flétri leur déloyauté. Dans la suite, les protestants ne voulurent plus reconnaître les sept premiers conciles que sous condition, c'est-à-dire tant qu'ils les trouveraient conformes à la Bible.

Ouvrages a consulter sur le n° 256.

Metrophanes, III, Cuper, loc. cit., p. 230 et seq.; Spondan. an. 1579, n. 22. Sa lettre à Grégoire XIII, Schelstrate, ActaEccl. Or. ; contra Luth, haeres., Rom., 1739, p. 23i; Héfelé, Beitr., I, p. 4i3 et suiv.;

Jérémie II, Hist. Patriarch., p. 190 et seq. ; Cuper, p. 231, |233 et seq. Décrets contre le calendrier grégorien dans Dositlieiis Hieros., T6[ao; 'AyotTTr,;, ed. Jassy, 1698, p. 538-554. Son attitude ultérieure, Spondan, au. 1582, n. 18 ; Thomassin, 1, 1, c. xvi, n. 10; Ant. Possevin., S. J., de ivuiend. Gregor, adv. Dav. Chytrœum, sect. iV, c. vi ; David. Chyirœus, Saxon., Lib. XXVII, p. 750 ; Cuper, p. 233-234. Ibid., p. 236 et seq., sur Raphanl II. Cf. L. Allât., De consens., Lib. 111, c. vu; ibid., e. viii, u. 2 et seq., c. xi et seq ; Spondan., an. 1574, n. 16 et seq. ; Crusii, Turcograicia, Basil., 1585, p. 557 et seq.; Dositheus, op. cit. Proleg. Acta et scripta Theolog. Wittenberg, et Patr. Cpl. Jer., Viteb,, 1584, in-4° ; Schelstrate, op. cit. ; Schnurrer, De act. inter Tub. Theol. et Patr. Cpl. Urat. acad., éd. Paulus, Tub., 1828; Uéfelé, Tûb. Uuartalschr., 1843, p. 541 et suiv. j Beitr. zur K.-G., I, p. 444-447; Werner, Gesch. der apol. und pol. Lit., III, p. 207 et suiv., où sont cités en outre les écrits de Stanislas Scolovius, chanoine de Cracovie (Censura Or. Eccl. Latio donata, et Ad Wirtenib. Theol. invectivam, Trêves, i586j, et autres ouvrages contemporains.

Tentatives des calvinistes auprès des Grecs.

357. Les mêmes tentatives furent faites par les calvinistes. Cyrille Lucaris, un Grec de Candie (né en 157:2) qui avait étudié a Paduue el à Venise sous la direction de Maxime Marguuius, iiuslile au pape, arriva à (jeneve et se passionna vivement pour le système de Calvm. Plus tard, il entra en relations étroites avec son compatriote, Meletius Pega, patriarche d'Alexandrie, violent adversaire des Latins. Celui-ci l'ordonna prêtre et le lit archimandrite, puis protecteur des Grecs eu Pologne et supérieur de l'école de Wilna, où il ht inutilement tous ses eli'orts pour empêcher la reunion avec iiome. Méiétius mort, Cyrille fut nommé (iüU3) patriarche d'Alexandrie, non sans soupçon de simonie. Depuis son retour de Genève, il était en correspondance avee les savants calvinistes, et il essayait d'inculquer peu à peu les doctrines calvinistes à l'Eglse grecque, il se mit en rapport avec l'ambassadeur de Hollande a Constantinople , Cornehus de llagen , avec le prédicateur Jean Unteunogaerlet Georges Ahhot, archevêque de Cantorbery, puis avec David Le Leu üe Wilhelm, célèbre homme d'ÎLtat de llollande. il envoya un jeune Grec .»leiropiiano Cnlupouios étudier la théologie protestante a Oxford et en AUüinagne. Un 10:21, enhn, après i empoisonnement du patriarche Inno-

Ö6 HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

thée II, Cyrille- obtint le siège de Constantinople, depuis longtemps convoité, et, à dater de ce temps-là, il manifesta de plus en plus ses sentiments hétérodoxes. Un parti violent se forma bienfôt contre lui, le rendit suspect à la Porte et le fit exiler dans l'île de Rhodes.

Ses successeurs Grégoire IV et Anthimus II furent bientôt exilés. Cyrille obtint une seconde fois le patriarcat par la corruption des fonctionnaires turcs et l'influence des ambassadeurs d'Angleterre et de Hollande; il s'y maintint pendant huit ans contre ses adversaires en distribuant de l'argent et en recourant à la violence. Il fonda à Constantinople, avec le secours de l'Angleterre (-1627), une imprimerie particulière, fit expulser les jésuites (1638J et reçut de Genève, pour l'assister, le prédicateur calviniste Antoine Léger. En 1629, il composa en latin, «une confession de foi,» qu'il fit propager en grec depuis 1631. Comme elle était absolument dans le sens calviniste l'irritation des Grecs contre le patriarche qui les trahissait ne connut plus de bornes. Les archevêques Cyrille de Berroë et Alhanase de Thessalonique is'élevèrent contre lui, et en 1639, il fut de rechef relégué dans diflerentes îles, d'où il continua de correspondre avec les calvinistes. En 1636. il supplanta de nouveau par la corruption son remplaçant Athanase, tout en demeurant cette fois encore attaché aux dogmes calvinistes. En 1638 il fut condamné dans un concile et étranglé comme suspect en matière politique. Son successeur Cyrille Contari II réunit un concile contre lui et ses partisans, dont l'un, Métrophane Critopoulos, élevé par lui sur le siège d'Alexandrie, fut déposé.

OUVRAGES ji CONSULTER SUR LE N° 337.

Allât., loc. cit., c. XI, n. 2 et seq.; Spondan., an. 1627, n. 9; Cuper, p. 249 et seq. ; Aymon, Monuments aulhent. de la religion des Grecs ou Lettres anecdotes de Cyr. Lucaris et |du Conc. de Jérusalem, à la Haye, i708, in-4°. Contre : Renaudot, Contre les calomnies et faussetés du livre intitulé : Monuments autli., etc., Par., 1709; De Moni, Histcrit. delà religion des Orientaux, Francf., 1684, p. 52 et seq ; Pichler, Der Patriarch Cyrill Luk. u. s. Z., Munich, an. 1862; Cyrilli Confessio fidei, éd. Genev., 1633, gr. etlat. dans Kimmel, Monum. fid. Eccl. Or. Jen., 1850, 1, p. 25-44; contre Matth.Caryophili ; 'ATtoôoxifxaat'a xaiaxpEaic, censura coufessionis fidei calvinianae, quse nomine Cyrilli Patr. Cpl

iE CATHOLICISME. 9?

circumfertur, Rom., 1631 ; Syn. CpL, 1638-1639; Kimmel, II, 325 et seq., 404; Hard., XI, 179; Schelstr., loc. cit., p. 486 et seq.

Les Grecs unis. Les missionnaires latins.

358. Comme Lucaris s'était créé plusieurs partisans, ses erreurs furent discutées à plusieurs reprises, notamment au concile de Jassy (1642), au concile de Jérusalem, sous Dosithée, et au concile de Constantinople sous ûenys IV (1672). Pierre Mogilas, métropolitain de Kiew, publia, contre le calvinisme, « une confession orthodoxe » , qui après avoir été examinée par Mélétius Syrigus et Porphyre de Nicée (1643), fut souscrite par les quatre patriarches et un grand nombre d'ecclésiastiques et publiée comme devant servir de règle. Quelques Grecs infectés de calvinisme fnrent ,encore condamnés plus tard, notamment en 1691 sous Callinique II.

Mais il y avait aussi des Grecs qui inclinaient à se rapprocher de Rome, comme le patriarche Athanase II, supplanté par Cyrille Lucaris. On pouvait faire davantage dans les parties de l'empire qui se trouvaient sous la domination vénitienne.

A côté des prêtres du collège grec de Rome, il y avait des des religieux qui travaillaient dans les îles, mais ils étaient souvent attaqués et persécutés par les schismatiques. Jean André Carga, originaire du Frioul, et dominicain, remplissait à Galata les fonctions de délégué apostolique ; il fut nommé par Paul V, évéque de Syra (1507), mais devenu suspect à Constantinople sous le rapport politique, il y fut gravement maltraité et mourut martyr le 17 octobre 1617.

Ouvrages a consulter sur le n° 358.

Conciles de Jassy, 1642, et de Jérusalem : Kimmel, I, 409 et seq., 425 ; Synodus Hieros. adv. Calvinist., Par., 1678, de Cpl.; Kimmel. II, 223; Renaudot, Perpétuité de la foi, IV, 420 et seq. ; Pichler, Gesch. der kirchl. Trennung, I, p. 469 et suiv. ; Petr. Mogil. (§ 354), Cozifess. orthod., éd. Amst., 1662, éd. Hoffmann, Vratisl., 1751. Sur Athanase II, Allât., De cons., III, xi, 1 ; Guper, p. 246, n. 1484. — J. L. Pinzani, Vita del ven. Giov. Andrea Carga, San Daniele, 1585.

L'Église russe.

359. Au moyen âge, sous le règne des princes territoriaux, qui depuis 1250 n'étaient plus que les vassaux des Mongols, la

Russie était demeurée sous l'ancienne domination de Dyzance, et c'est de là le plus souvent qu'elle recevait ses métropolitains. Depuis 1329 ces derniers résidèrent à Wladimir et à Moscou et suscitèrent bientôt des divisions. Kiew, qui était échu aux Lithuaniens en 1329, eut au contraire, des métropolitains particuliers à partir de 1415. Iwan 111 Wasiliwitch (mort en 1505) abattit complètement la domination des Mongols et s'empara de la haute direction de l'Église, qui dès lors se sépara de plus en plus de Conslantiuople. La puissance du métropolitain et du clergé allait sans cesse en diminuant, à mesure que celle du czar augmentait.

Celui qui donna le plus de développement au césaro-papisme fat Iwan IV, (1534-1584), qui n'épargna pas même les biens do l'Eglise et régna avec un rafflnement de cruauté. En 1547, il se fit couronner empereur par le métropolitain Macarius et comme la compétence de celui-ci était contestée, il fit confirmer le couronnement par le patriarche Joasaph II. En 1588, Féodor Iwanowitch obtint de Jérémie II, patriarche de Constantinople, qui avait besoin d'argent, l'érection d'un patriarcat distinct à Moscou, résidence impériale ; les autres patriarches acceptèrent et assignèrent à ce patriarcat le premier rang après Jérusalem. Un concile de Constantinople confirma ce décret en 1591 et inséra dans la liturgie de l'Église le nom du czar empereur très orthodoxe. La Russie revendiquait du reste pour son patriarcat le troisième rang, celui qui vient immédiatement après Alexandrie. Le patriarcat donna sans doute un nouvel éclat à TÉglise russe, mais sa dépendance du czar ne fut pas sensiblement modifiée, Au seizième siècle, les Russes propagèrent le christianisme à Kasan, à Astrakan et en Sibérie ; mais les protestants et les sociniens y faisaient aussi invasion, et on les favorisa presque toujours, au détriment des catholiques.

Sur lo couronnement de twan IV, Obolenski Sobornaia Gram., Document grec, édité par Pitra, Civiltà cattol., 1864, V, x, p. 662 et seq.; J. Heinr. Schlosser, Die morgenlsend, orlliod. K. Ruszl. und das europeeische Abendland, Heidelb, 1843 ; Lettres sur les offices div. de l'Église d'Orient, en allem, par Muralt, Leipzig, 1838; Russische Studien zur Theol. und Gesch., ed. M. Brühl, Münster, 18o8 et suiv.;

Iléfelé, Die russische Staatskirche, Tüb.Onartahchr., 1803, III, p. 3K3 et siiiv., 3()6 et suiv. ; Philaret, Hist de l'Ég. russe, en allem, par Blumeuthal, Francf.-sur-le-M., 1872, 2 part. ; Pichler, II, p. 13 et suiv.

Négociations avec Rome.

3fi0. Les papes du moyen âge, principalement Alexandre llf, Innocent III et ?es successeurs immédiats, avaient fait souvent d'inutiles essais pour nouer des relations avec la Russie. Depuis 1232, des dominicains avaient été nommés évêques de Kiew, mais ils n'avaient pu arriver jusque-là. En 1257, Alexandre IV donna à l'évèquo do Losbos la juridiction sur les Latins de Russie. Jean XXII essaya, par l'entremise des dominicains et des Génois, de répandre le rite latin dans lo sud de la Russie (1320 1322), Magnus, roi do Suède, voulut l'imposer aux Russes do Nowgorod, et suscita contre eux une croisade qui fut favorisée par Clement VI, car les Russes persécutaient cruellement les catholiques du voisinage et les traitaient comme des païens.

Un des grands obstacles du catholicisme était la haine des Russes contre les Polonais. Ce fut seulement vers la fin du quinzième siècle que les grands princes de Russie entrèrent avec Rome dans des relations plus intimes, le plus souvent pour des raisons politiques. Des ambassadeurs furent envoyés à Alexandre VI et diverses négociations entamées avec Léon X, Adrien VI et Clement VII. Sous Jules III la Pologne employa tous les moyens pour déjouer la réunion poursuivie en 1552. Déconcerté par les succès des Polonais, Iwan IV écrivit à Grégoire XIII, quilui députa le jésuite Possevin. Celui-ci ménagea un colloque religieux, mais la réunion ne fut pas opérée.

Cependant les relations avec Rome continuèrent. Le czar Féodor (mort en 1598) eut pour successeur son beau-frère Boris Gudonow, qui avait fait assassiner le jeune fils du czar, Démétrius. Un imposteur, qui se donnait pour le fils assassiné du czar, fut secondé par les Polonais et parle clergé catholique; il motita sur le trône de Russie (1605), mais fut tué en 1606. Vient ensuite un second faux Démétrius, qui se rattacha aux chismatiques. La guerre suivit son cours; Moscou fut occupée par les Polonais et Nowgorod par les Suédois.

La paix avec la Pologne ne fut conclue qu'en 1618. Michel Romanow devint czar (1(313) et agrandit sa puissance. Plus puissant encore fut son fils Alexis Michaëlo witsch, qui gagna les Cosaques et remporta de nombreux avantages contre les Polonais. Quant à la réunion, on en était plus éloigné que jamais. Sous le patriarche Philarète (1619-1633), père du czar Michel, il fut prescrit que les Latins qui se convertiraient et qui auraient été baptisés par simple aspersion, seraient rebaptisés, et on refusa à la cour de France l'autorisation de construire une église latine à Moscou.

Alex. III, Herberstein, Rer. Moscov. Comment., Antwerp., 1557, p. 33. Inaoc. 111, Karamsin, III, p. 9! et suiv. ; Turgenetf, Monum., I, 3 et »eq.j Ray n., an. 1214, n.j8; Honor. III et Greg. IX: Rayn., an. 1231 , n. 43 ; Theiner, Vett.jmon. Polon., Rom,, 1860, I, 22 et seq.; Potthast, Reg., p. 732,^84 ; Innoc. IV, 1246 et seq. ; Turgeneff, I, 37, 39 et seq. ; Rayn., an. 1247, n. 29; Pottli., p. 1023, 1067 et seq., 1078, 1093; Alex. IV, Rayn., au. 1237, n.27; Theiner,I, 73, n. 144 ; Iléfelé, op cit., p. 364-366. Evêques lat. de Kiew, in part.; Le Quien, Or. chr,, III, 1126-1130; Joli. XXII, Theiner, I, 162 ; Turgeneff, I, 96, 102 et seq.; Rayn,, an, 1322, n, 43 ; 1324, n. 48 et seq, ; Cieni, VI, Rayn., an. 1251, n, 34;T]ieiuer, I, 372, n. 763; Tui'geneiï, I, 113; Gejer, Gesch. Schwedens. I, p. 183. Alexandre VI et ses successeurs : Fiedler, Nikol. Popiel, erster Gesandter Oesterreichs in Rusziand, Vienne, 1857. Le même, Ein Versuch der Vereinigung der russischen mit d. rœm, Kirche, Vienne, 1862; Possevin, Moscovia, Viiu,, 1386; Antw,, 1387; Rauke, Rœm, Pœpste, II, 389,392; Héfelé, p. 373 et suiv., 393etsuiv.; ïheiner, II, p. 33 et suiv., 101 et suiv.; 166 et^ suiv. ; Pierliug, S. J., Rome et Démétrius d'après des documents nouveaux, Paris, 1878.

Les hérétiques et les seliisiuatiques en Occident.

Conversions.

361 . Le nombre des savants et des personnes de tout rang qui revenaient du protestantisme à l'Église soit par suite d'études personnelles, soit par l'effet de prédications émouvantes, par la lecture des bons ouvrages ou par les exemples donnés par des prêtres édifiants, était considérable, surtout en Allemagne et en France, en Pologne et en Hongrie. Ce résultat est surtout imputable aux jésuites, qui agissaient à la fois par

leurs écrits de controverse, leurs sermons et l'enseignement qu'ils distribuaient sous toutes les formes. Canisius convertit à Vienne un prédicateur protestant et à Augsbourg plusieurs personnes attachées au protestantisme, telles que Sibylle, femme de Marc Fugger, ce qui lui valut les félicitations de Pie IV (1561).

Parmi les théologiens protestants rentrés dans le giron de l'Église, on remarqua : Georges Wizel (1531), qui résida à Fulde et à Mayence (mort en 1 574) ; Jacques Sauer, doyen de la faculté théologique de Leipzig ; il embrassa le catholicisme à Prague en 1514 et fut ensuite prévôt à Vienne; Jean Haner de Nurenberg, prédicateur à la cathédrale de Bamberg depuis iMi ; Vîtus Amperbach de Wemding, professeur de philosophie à Wittenberg, puis à Eichstsedt et à Ingolstadt (mort en 1557) ; H. U. Hunnius, fils du célèbre théologien protestant, dont l'ouvrage sur sa conversion eut un grand retentissement (1631); le célèbre George Agricola, père de la minéralogie et de la géologie , fidèle apologiste de l'ancienne Église, mourut à Chemnitz (looo). En France, David du Perron, Henri Sponde et Jean Morin, trois savants renommés, passèrent du calvinisme au catholicisme.

Catalogue de personnes princières qui, en Allemagne, se sont converties au catholicisme : Seedorfer, S. J., dans la préfaee de son ouvrage : Lettres sur divers points de controverse contenant les principaux motifs qui ont déterminé le prince Frédéric, comte Palatin du Rhin, à se réunir à l'Église cath., Mannheim, 1749, 2 vol.; puis Ammon, Gallerie der merkwürdigen Personen, welche im 16, 17 und 18 Jahrh. von der evangel. zur kath. Kirche übergetreten sind, Erlang., 1833 ; Hœninghaus, Chronol. Yerzeichnisz der denkwürdigen Bekehrungen vom Protest, zur kath. Kirche bis auf die neueste'Zeit, Aschafenb, 1837; Rohrbacher, Die Convertiten, Schafifhouse, 1844;Dr.R3esz, Die Convertiten seit der Reform, Frib., 1866 et suiv., 10 vol. Exemples: Rayn., an. 1564, n. 29. En Lithuanie, Nicol. Christophe Radziwill, prince de Olzka, et Jean Chodkiewicz, 1572, Epistolse Poggianae, ed. Lagomarsini,^S. J., IV, 177 et seq.; Hosii Opp., II, 242 et seq., 321, 324. — Autres dans Sachini, Hist. S. J., IV, V, p. 157; Flor. Riesz, Petrus Canisius, p. 123, 281 et suiv,; Dœllinger, Ref., \, p. 595, 125 et suiv., 131, 139 et suiv., 150 et suiv., 155 et suiv., 526 et suiv. De

i02 HISTÜIRE DE l'église.

H. U. Hunnius : Invectiva et indissolubilia argumenta, quibus convictus et coii.strictiis relicta Lutherana secta cathol. profiteturûdetn H. U. Hunnius, Heidelb., 1631.

Conversions en Suisse.

362. Les conversions en Suisse furent nombreuses. Depuis ihlA, les jésuites, g-râce à la famille Pfyffer, aux subsides du pape et de l'Espagne, y possédaient un collège à Lucerne; ils en reçurent d'autres encore, notamment à Frihourg, qui avait renoncé à l'alliance de lierne. Cbarles Borromée entretenait des rapports avec les petits cantons et était lié d'amitié avec Melchior Lussi , landamman de Lucerne; il y rendit d'importants services. Il y envoya d'al)ord des capucins, puis des prêtres tirés du collège helvétique fondé par lui et qui devint pour un très grand nombre une occasion de rentrer dans l'ancienne Église.

François de Sales exerça également sur la Suisse une salutaire influence; déjà avant son épiscopat, lui et sun cousin Louis avaient converti des milliers de calvinistes dans le Chablais (1602). A Genève même, on redoutait la puissance de ses sermons. La Suisse allemande fournit aussi de nombreux convertis, et on établit des fonds spéciaux pour leur venir (DU aide. L'évêque de Bâle, assuré du concours des cantons catholi(}ues (1579), qui lui avaient promis de profiter de toute occasion favorable pour ramener ses sujets protestants à la foi catholique, puis l'abbé de Saint-Gall, recouvrèrent leur ancienne juridiction sur plusieurs territoires. Dans la Suisse orientale, les capucins, surtout Fidèle de Sigmaringen, déployaient une grande activité.

Sachini, IV, v, p. 145; Rayn., an. 1560, n. 93-96 ; an. -1564, n. 55. Sur S. Franc, de Sales, \vy. § 309. Sur Fidèle de Signiaringen, Eugen Schnell, Dr. Marcus Roy, Freib., 1877; F. Clemens, Istoria delle niissioni de' fl". minori Capucini della provincia di Bi'escia nella Uezia (■1621-1693), Trento, 1702, in-4».

LE CATHOLICISME. j03

Tentatives de réunion en Allemagne.

363. Depuis le concile de Trente, la division croissante des protestants rendait chaque jour plus difficile leur réconciliation avec les catholiques. Déjà en 1557, ils ne reconnaissaient plus la Confession d'Augsbourg comme la base commune des luthériens, et ils offraient aux catholiques le spectacle de leurs dissentiments. L'abîme qui séparait les deux grands partis de l'Occident s'élargissait de plus en plus. Cependant, la vue des tristes résultats qu'enfantait la division religieuse, le désir d'établir une paix assurée, et de tenter de nouveaux essais, éveillèrent la pensée de travailler à la réunion par des colloques religieux, des écrits conciliants et des moyens politiques. Ferdinand I" fit cette tentative en Autriche; il décida le Hollandais Georges Cassandre, esprit pacifique, qui considérait la réconciliation comme un devoir de conscience, à donner par écrit son sentiment sur cette question (4564). Il fut vivement attaqué par Calvin.

Dans cet avis, adressé à l'empereur Maximilien II, Cassandre (mort en 1566) s'exprima sur l'Écriture et la tradition en des termes fort arbitraires, qui ne satisfirent aucun parti. D'autres écrits analogues, tels que celui de Georges Wizel, de Frédéric Staphyliis, ancien professeur à Kœnigsberg, également converti; d'Adam Contzen, jésuite de Cologne; de Jacques III, margrave de Bade, qui avant et pendant sa conversion procura deux colloques religieux à Bade (1589) et à Emmendingen, n'eurent aucun succès.

Au colloque religieux de Batisbonne (1601), les jésuites Gretser, Tanner, etc., essayèrent de démontrer, contre Ilunnius, J. Heilbronner, etc., que la lettre morte de l'Écriture ne saurait être le juge suprême des questions dogmatiques, mais qu'il fallait une autorité vivante. Le colloque fut prématurément interrompu. En 1617, les protestants célébrèrent le jubilé de leur réforme d'une manière qui blessa plus d'une fois les catholiques, ce qui n'empêcha pas ceux-ci de faire de nouvelles tentatives de paix, notamment les jésuites Jean Dez, Scheffmacher et Jacques Masenius,

G. Cassandri Judicium de ofticio pii ac publicae tranquillitatis vere amantis viri in hoc religionis dissidio, 1561. (Beaucoup de choses semblables dans : Erasmus, De amicabili Ecclesiœ concordia, Lutet., 4533, in-8°). Puis De articulis religionis inter Catholicos et Protest, controversis ad Imp. Ferdin. I et Maxim. II, consultatio, 1565, réimprimé dans : Via ad pacem ecclesiasticam, Amst., 1642, p. 21-226. Ibid., Ilugonis Grotii Annotaliones ad consultationem Cassandri script., 1641, pag. 55; Meuser dans Dieringers kath. Zeitschrift II Jahrg., t. in, IV, p. 183 et suiv. ; Buchholtz, Gesch. der Regierung Ferdin. I, t. VII, p. 369 et suiv.; Georgii Wicelii, Regia via s. de conti'oversis religionis capitibus conciliandis senlentia, Colon., 1564; Helmst., 1650, 10-4» ; Typus Ecclesiae cathol.. Colon., 1549. Cf. Dœllinger, Réf., 1, p. 18 et suiv. De Staphylus (cf. Rœtz, Convert., I, p. 337 et suiv.) ; Hist. de dissolulione colloquii Wormat., 1558. Adam Contzen : Discursuum theologico-politicorum libri III, de pace Germaniae ; Politicorum libri X, ad Ferdin. II, Mog., 1621 ; Brischar, S. J., Adam Contzen, Wiirzb., 1879. — Des Markgr. Jak. zu Baden u. Hochberg wohlfuudirte Motive, warum or von der luth, zur kath. Religion übergegangen ist., Cologne, 1591, in-4<'. Cf. Hist.-pol. BL, 1856, t. XXXVIII, surtout p. 953 et suiv.;Freib.Diœce8anarchiv, t. IV, p. 89-122; Rass, III, p. 91 et suiv. Acta colloquii Ratisbonensis, Munich, 1602 ; "Werner, Gesch. d. kath. Theo]., p. 7 ; Ilist.-pol. BL, t. VIII, p. 3ol-354.Suite desévénements : Werner, Gesch. der apologet. Literatur, IV, p. 589 et suiv., 750 et suiv.

Tentatives de réunion en France : en Pologne.

354. En France, le cardinal de Richelieu, obéissant à des vues politiques, provoqua entre le calviniste Moïse Amyrault et le jésuite Audebert un colloque religieux qui échoua à propos du dogme de la transsubstantiation ; il favorisa également un plan de réunion conçu par François Véron, qui proposait d'exiger des protestants qu'ils établissent leurs propositions sur des passages textuels de la Bible, et combattait ceux qui prétendaient rendre les opinions théologiques de l'école obligatoires au même titre que les dogmes définis. Il avait dressé dans ce but une règle de foi (non absolument correcte).

Bossuet obtint dans la suite beaucoup plus de succès. Son Exposition de la foi catholique ramena quantité de protestants dans le sein de l'Église. Les mêmes services furent rendus,

LE CATHOLICISME. lOo

dans une moindre proportion, par le théologien de Paris Henri Holden (mort en 1665) en son Analyse de la foi, et par le converti Barth. 'Nihus (mort en 1657), dans son Nouvel art, où sont développés les arguments de Tertullien sur la prescription.

Encouragé par le retour de plusieurs savants protestants dans le giron de l'Église (Nihus, Barthél. Nigrinus, Christophe Besold),par les déclarations pacifiques de quelques autres, notamment deHugues Grotius et de Georges Calixte, Wladislas IV, roi de Pologne, désireux d'apaiser les troubles religieux de son pays, ménagea un colloque qui eut lieu à Thorn en octobre 16-45. Les théologiens de Saxe et de Brandebourg, et Calixte luimême s'y rendirent. Mais les luthériens Calov et Hulsemann détestaient celui-ci à cause de ses relations avec les réformés, e* aucun résultat ne fut obtenu. Le jésuite Schœnhofer s'acquit de grands mérites; il partait de ce principe que les protestants se faisaient une idée inexacte de la doctrine catholique établie à Trente, supposition qui s'est de plus 'en plus vérifiée, même dans le temps présent.

François Veronius, Methodus nova, facilis et solida hsereses ex fundamento destruendi, P. 1619; Regula fidei seu secretio eorum qusesuut de fide cath,, ab lis quse non sunt de fide, Par., 1644 ; Aquisgr., 1842 (et dans Natal. Alex., H. E., Suppl,, 1. 1, p. 1-62, éd. Bing.). Ce dernier ouvrage, plus tard à l'index, a servi de modèle à Chrismann, Regula fidei cath. etcoUeetio dogmatum credendorum, denuo éd. Spindler, Wirceb., 1853; dans Braun, Bibl. regul. fid., Bonn., 1844, t. II; Bossuet, Exposition de la doctrine cathol., P., 1671 ; H. Holden, Analysis fidei, 1685. Barthal. Nihus, Ars nova. Cf. K. A. Lenzel, Gesch. der Deutschen, XIII, p. 286. — Scripta facientia ad colloquium a seren. et potent. Polon. rege Vladisl. IV, Toruni in Borussia ad diem 10 oct. 1644 indictum. Accessit G. Caîixti Consideratio et epicrisis, Helmst., 1645; Menzel, YIII, p. 102-128. De Hugues Grotius, voy. les Animadversiones in Animadv. Andrée Riveti, Lutet., Par., 1646; Hering, Gesch. der Unionsbestrebungen seit der Ref., Leipzig, 1836 et suiv., 2 vol.; Neudecker, Die liauptversuche zur Pacification der evang. protest. Kirchen Deutschi., Leipzig, 1846; Gieseler, K.-G., III, ii, p. 449 et suiv.

•ÎOa HISTOIRE ItE i/ÉGI.ISE.

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