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LA SCIENCE, L'ART ET LA VIE RELIGIEUSE

I^cs scioDces (héolog-iqiies.

Prospérité des études en général.

365. Au seizième siècle, les sciences florissaient surtout en Italie, en Espagne et en France. C'est l'Italie qui possédait les plus riches bibliothèques, le plus grand nombre de princes promoteurs des études, les professeurs d'universités les plus renommés, les savants les plus accomplis dans le clergé séculier et surtout dans les ordres religieux. En Espagne, la bibliothèque do l'Escurial fut considérablement agrandie par Gonzalez Ferez, secrétaire de Charles-Quint, traducteur de l'Odyssée en espagnol et possesseur des livres d'Alphonse V d'Aragon; par la collection de Diego Ilurtado de Mendoza (mort en 1575), qui, pendant vingt années d'ambassade en Italie, avait acquis un foule de manuscrits grecs ; par celle du savant Antoine Augustin (4574-1586, archevêque de Tarragone), plus tard enfin par les livres de l'annaliste aragonais Jérôme Zurita. Elle trouva un habile directeur dans Arias Montanus (mort en 1589), aussi familiarisé avec les langues classiques qu'avec les langues orientales.

L'Espagne avait en outre plusieurs théologiens célèbres, tels que Pacheco de Ceraldo, archevêque de Burgos; les dominicains Pierre et Dominique Soto, Melchior Canus (mort en 1560) dont les Lieux théologiques présentaient, dans un latin élégant, une excellente introduction à la dogmatique.

Les théologiens de France étaient nombreux, mais non exempts do singularités; il y avait surtout les théologiens de Paris, qui exerçaient une surveillance sévère sur les hvres, composaient de nombreux ouvrages et faisaient preuve d'une grande variété de savoir. La Belgique, possédait dans ses écoles de Louvain et de Douai , des théologiens de marque. L'Allemagne, quand la génération des anciens théologiens eut disparu après la mort d'un Berthold, évêque de Chiemsée, qui, dans sa Théologie allemande, avait déjà réfuté sous une forme populaire excellente les hérésies des réformateurs; d'un Eck, d'un Cochlée, etc., l'Allemagne fut obligée de demander à l'étranger ses plus éminents théologiens, jusqu'au moment où

des jésuites allemands et les théologiens d'universités, surtout de Cologne, et en partie Jean Nas, essayèrent de susciter un mouvement indépendant.

OUVRAGES A CONSULTER SUR LE N° 36o.

Harter, Nomenclator liter. recentioris theol., Œnipont., 1871 et seq., t. I. Notices dans le « Catholique », 1863-186C; Werner, Gesch. der apologet. u. polem. Literatur, t. IV; Gesch. der kath. ïheol. in. Deutschland, Munich, 1866. Divers théologiens dans Migne, Curs. complet, theol., tomi XXVllI, in-4°. Sur les études en Espagne, voy. E.Miller. Catalogue des MSS. grecs de la biblioth. de l'Escurial, Par., 1848; Discours préliminaire, p. 2 et seq. lîerthold de Chiemsee, Teutsche Theologie, ed. Munster, lö28, lat., 1531. Nouv. édit par W. Reithmeier, Munich, 1852, en C chap. Cf. Ilisl. pol. 151., t. Vil, p. 113-124. L'Enchiridion locoruni commun, ad v.l.utherum et alioshostes Eccl. par Eck, Landesh., 1525, a été revu sept fois par lui-même. Jean Nas, né à Eltmannn 1534, prêtre en 1537, puis prédicateur etcontroversiste, morten 1590, en qualité d'évèque coadjuteur de Brixen ,: luthérien à Angsbourg en 1549, catholique en 1352, franciscain en 1553. Raesz, Convert., I, p. 298 et suiv. ; Schœpf, Joh. Nasus, Bozen, 1860.

La dogmatique.

366. La dogmatique fut d'al)ord cultivée sous forme de polémique contre le protestantisme et roula sur des opinions d'école; bientôt après elle .se rapprocha des anciens théologiens, s'appuya sur les nombreux ouvrages des Pères, sur la base solide de l'histoire et sur le génie spéculatif. On s'écarta de plus en plus de l'ancienne méthode scolastique, ou bien on lui doiHia une forme plus appropriée au goût de l'époque, et on la mêla à d'autres formes d'exposition. Les excellentes monographies dogmatiques, les livres de polémique, les travaux sur l'histoire des dogmes étaient abondants. On composait encore des commentaires sur Pierre Lombard, mais principalement sur la Somme de saint Thomas. C'est dans ce sens que travaillèrent les jésuites Grégoire de Valence, qui enseigna à Dillingen et à Ingolstadt, et composa une excellente analyse de la foi chrétienne (mort en 1603) ; Gabriel Vasquez (mort en 1604), beaucoup plus subtil ; Roderic Ariaga; les dominicains Cajétan, Barthélémy Médina, théologien de Philippe il (mort en 1581), Dominique Banez (1604), etc.

Au collège romain, le jésuite Martin Olave expliquait la Somme théologique de saint Thomas, dont la valeur exceptionnelle fut également reconnue par les Pères de Trente. On lui doit aussi des Assert/ans sur l'état primitif de l'homme, sa chute et sa rédemption. Scot fut expliqué en partie par le général des mineurs, François Lychetus (1518) ; saint Bonaventure par le mineur Etienne Brulifer; la Somme de saint Thomas contre les Gentils par le dominicain François de Ferrare (1520). On joignit peu à peu les avantages de la méthode scolastique aux procédés de la méthode moderne, la systématisation rigoureuse à des développements plus attrayants. Dans la controverse théologique on employait les manuels des jésuites Martin Bécan (mort en 1624), François Koster (mort en 1619), Alphonse Pisanus (mort en 1597), etc.

Monographies importantes par Andreas Vega, 0. S. F., Theol. Trid. (Pallav., VI, xvii, 10) : De justificatione. Didace Payva ab Andrada, Theol. Trid., mort en d578 : Defensio Vulgatœ. Ruard Taper, Tbéol. à Louvain, mort en 1559 : De Providentia et prsedestinatione. Franc. Hasselt, 0. S. F., Theol. Lovan., mort en 1553 : De superbenedicta Trinitate, Antw., 1530. Cyprien Benetus, 0. Pr., De prima orbis sede, de Concilio, de Ecoles, potestate, de Pontificis Maximi potestate. Jérôme Vielmns, 0. Pr., de Venise, De opère sex dieriim, de Episcopis titularibus. Jean Driedo de Louvain, mort en 1535, De gratia et libero arbitrio, delibertate christ., de Scriptnris et dogmat. Eccl., Lovan., 1572. Franc. Horantius, 0. S. Fr., mort en 1554, Loci cathoUci pro Rom. fide, de justificatione advers. Calvin. Mich, de Médina, théologien de Philippe II, De sacrorura homiiium continentia, de Purgatorio, deindulgentiis, de recta in Deum fide, libri VU .Ambroise Pélarge,O.Pr., contre Erasme et OËkolampade ; Jean Buuderius, 0. Pr., contre Luther et les anabaptistes, etc. Commentaires sur Pierre Lombard, par Jean Major de Paris,Adrien(VI)d'ütrecht(on lui doit aussi Quœstionesquodlibe'.alesjpar Greg. Cortesius, ïbbé du Mont-Cassin,puis card., mort en 1548 (de lui : de peccato originaU, de potest. EccL, QuodS. Petrus fneritRomœ); par Dominique Soto, 0. Pr., mort en 1556 (Com., ed. Veiiet., 1569, et de natura et gratia libri duo, Antw., 1530, Venet., 1547) ; Greg, de Valentia, Theoiog. commentariorum tomi IV, Diling., 1602 et seq., in-f° ; Analysis fldei cath., Ingolst., 1585 j Controvers., éd. Lug., 1591 ; Werner, Gesch. der kath. Theol. in Deutschl., p. 5 et suiv., 45 et suiv. ; Vusquez, mort en 1604, Com. in S. Thom. Sum. theol., üpp., Lugd.,

LE CATHOLICISME. l09

1620, t. X ; Ariaga, Uisput. theol., Ântw., 1643 et seq.]; Werner, p. 49 et suiv. ; Cajétaa, Com. iu S. Thom,, etc., 0pp., éd. Lugd., 1541 ; Barthol. Médina, In primam secundee, Salmant., 1583; Bannez, Scholastica comment, in P. L. S. Thom., 2 voll., et Comment. 2. 2. partis. Sur saint Thomas : Pallav., VII, xiv, n. 5-9. Voy. encore Natal. Alex., Sœc. XVI, c. V, an. 2, t. XVil, p. 362 et seq. Manuels de polémique : Martin Bécan, Manuale controversiarum libri V ; Franc. Koster, Enchiridion controvers. nostri tenip. ; Alph. Pisanus, De queestionibus fîdei controversis ; Sebast. Heisz, S. J., Apologetica declaratio ad « Aphorismos )), etc., Ingolst., 1609; Hogstraten; 0. Pr., Disputationes cath. adv. Lutheranos, Colon., 1526; Epitorae de fide et operibus adv. monstruosam M. Lutheri libertatem chr., ib., 1524 ; Alph. de Castro, 0. S. Fr., mort en 1558, adv. omnes haereticos libri XIV.

Les théologiens de Pologne, d'Angleterre, de France, de Belgique, d'Allemagne, d'Espagne et d'Italie.

367. Toutes les nations concoururent à défendre et à justifier les principes de la foi catholique ; en Pologne le cardinal Stanislas riosius (§ 129); en Angleterre, Jean Fislier, Reginald Polus (§ 148), Guillaume Allen (Alanus, mort en 1595), Thomas Stapleton, professeur à Douai etàLouvain (mort en 1598), Richard Smith (mort en 1655).

En France, l'apologétique eut pour représentants Jodocus Clitovée, docteur de Sorbonne (mort en 1543); Robert Cenalis (mort en 1560), Jean Viguier, de Toulouse; Gentien Hervet, de Reims (mort en 1584); Claude, de Saintes (mort en 1591), chanoine de Saint-Augustin et évêque; le franciscain Christophe Cheffontaines (mort en 1599); David du Perron, cardinal archevêque de Sens; les théologiens jansénistes, Nicole et Arnaud, qui défendirent, en s'appuyant de l'antiquité, avec beaucoup de savoir-faire et d'érudition, le dogme de l'Eucharistie contre les calvinistes; en Belgique, Jean Driedo (mort en 1535), Jacques Latome à Louvain (mort en 1544), Barthélemi Latome (mort en 1570), Ruard Tapper (mort en 1559); François Somnius (mort en 1574), l'augustin Jean Garet, Jodocus Ravenstein (mort en 1571), Guillaume Lindan (mort en 1588), évêque de Roermond; le jésuite Léonard Less (mort en 1523).

En Allemagne, nous remarquons : A. Pigghe (mort en 1553), Jean Gropper (mort en 1558), Eberhard Billich, carme, puis évêque coadjuteur de Cologne ; Jean Faber, mort évoque de

ilO HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

Vionne ; son successeur, Frédéric Naiiséa, mort en löoO ; Jacques Noguera, doyen de Vienne ; le mineur Conrad Kling (mort en 1552), les jésuites Jacques Gretser (mort en 1625) et Adam Tanner (mort en 153-2), tous deux d'une érudition variée.

Cependant le plus grand nombre des théologiens dogmatiques a été fourni par l'Espagne et le Portugal. Outre ceux que nous avons nonunés, nous citerons encore : les dominicains François Victoria (mort en 15i6), Thomas Malvenda (mort en 1618), Thomas de Lémos (mort en 16-29), Didace Alvarez (mort en 1635),; les jésuites Jérôme Prado (1594), Euiiuanuel Sa (1595), Alphonse Salméron (mort en 1585), Thomas Sanchez (1610), Gaspard Sanctius (1628), Didace Ruiz de Montoya (mort en 1632), Martinez de Ripalda (mort en 16i8), Jean de Lugo (né en J 583 à Madrid, cardinal depuis 16i3, mort en 1660), puis Michel Médina (1570), Didace Payva ab Andrada (mort en 1578), Jérôme Osorius (mort en 1580), Michel Palaeios (1593) ; les mineurs André Véga, Alphonse de Castro (mort en 1558), François Horantius. De plus, les carmes déchaussés, qui enseignaient àSalamanque et à Alcala la pure doctrine de saint Thomas, publiaient depuis 1631 leurs magnifiques manuels de théologie et de philosophie, encore estimés de nos jours {Salmanticenses et Compkitenses). L'Espagne possédait une telle abondance do théologiens remanjuables, qu'elle fut bientôt en mesure d'en fournir à ses colonies : Rubius, qui après avoir enseigné à Alcala^ enseigna à Mexico; Etienne d'Avila et Barthélemi de Ledesma, à Lima ; Pierie d'Oviedo, à Quito; Philippe de la Sainte-Trinité, à Goa. La théologie des Espagnols parut à Trente dans tout son éclat.

L'Italie possédait, outre le fameux Thomasde Vio, surnommé Cajétan, du lieu de sa naissance (mort en 1534), le général des mineurs, Clément Dolera, qui devint cardinal (mort en 1558), les cardinaux Jacobatius, Corte.sius, Contareni, Guillaume Sirlet (mort en 1585), auteur d- plusieurs ouvrages qu'il ne fit pas imprimer; Marins Victorius, évèque d'Améria (1570) ; le dominicain Ambroise Politus, surnommé Catharinus (mort en 1554) ; le jésuite x\ntoine Possevin, d'une érudition très variée (mort en 1611). De nombreux matériaux sur l'Église grecque ont été fournis par les Grecs Pierre Arcudius (mort en 1621) et Léon Allatins (mort en 1669), qui résidaient à Rome,

OUVRAGES A CONSCLTEn SUR LE N° 367.

Natal. Alex., loc. cil. ; Hurler et Werner, opp. cit. De Pierre Arcudiusnous citerons les Opuscula aurea theol. de proc. Sp. S., de Purgatorio et de Concordia in septem sacram. administratione, Par,, 1626 et seq. ; de Léon Allatiiis (Vita Allatii, auctore Stephano Gradio, ap. Mai, Nov. PP. Bibl., VI, II, p. V-XXVIII) ; le de Eccles. occid. et orient, perpet. cons., Col. Agr., 1648,in-4'', deSyn. Eplies.,de VIll Syn. Phot., Enchir. proc. Spir. S. (néogrec), Graecia orlhod., etc. Sur de Lugo (Opp. omnia theol., Lugd., 1651-1656, 7 voll. in-f°). Voy. Scheeben, Dogmengesch., I, p. 431 et |suiv., en général, Vie. de la Fuente, La Esenanza thom'stica en Espana, Madrid, 1874. Collegii Salmauticensis fratrum discalceatorum B. M. V. de Monte Carmelo primitivce observantiae Cursus theologicus Sumniam theol. D. Thomae doctoris Angelici complectens, Salm., 1631 et seq. ; Venet., 1677, 9 voll. in-f°. Nouvelle éd., Paris, chez Palmé, 20 vol. Complntensis arliuin cursus, Corapluti, 1624, 1631 4 vol]., plus lard augmenté de trois volumes. Theol. moral., Salmantic, 6 vol. iu-f°. Le vœu fait par les théologiens de Salamanque « pro defensione etsequela doctrinae S. Aug. et S. Thomie » fut attaqué par six mineurs (Memorial por la Religion de S. Francisco en defensa de las doctriuas del Seraphico Doctor Scoto y otros Doctores classicos de la mesma Rwligion sobre el juramento que hizo la Universitad de Salamauca, en Madrid, 1628 et seq.), et à leur instigation déclaré nul parle roi; du Plessis d'Arg., t. I, Append., p. XLII et seq. lll, II, p. 238 et seq. Sur le Cardinal Sirlet, voy. Ciacconi, Vitse Pap., 111,978; Moroni, Diz., t. LXVII, p. 35-37. D'Ambroise Catharinus, le « De intentione ministri « était particulièremont célèbre (voy. Pallav., IX, V I, 2 ; Bened. XIV, De Synod. diœ«., VIII, 4). Le maître du sacré Palais, Barth. Spina, l'accusa de 50 erreurs auprès de Paul III;Catharinus écrivit une Défense et soumit toute sa doctrine au jugementde l'Église. Du Plessis d'Arg., III, ii, p. 89, t. I; Append., p. XXXVII. De Possevin, Bibl. selecta de ratione studiorum, Rom. ,1593: Colon., 1607; Apparat, ad Script. Vet. et N. T., Venet., 1608.

Bellarmin, Pétau, Suarez.

368. Les trois principaux auteurs dogmatiques appartiennent à la compagnie de .Jésus. Ils ojit traité ce sujet sous les formes les plus diverses. Robert B3liarmin, né sur le territoire de Florence, en 15i-2, membre de la compagnie de Jésus depuis 1.560, aussi pieux que savant, prédicateur infatigable et professeur de théologie, principalement à Rome, se plaça au premier rang des polémistes par ses disseï t itions sur les arlicles

Il2 HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

controversés de la foi chrétienne. Ces dissertations ^ont fait époque par leur profondeur Ihéologique, par la connaissance exacte des auteurs protestants qui y sont combattus, par la clarté du raisonnenientet par une sage modération. Elles resteront. Bollarmin fut nomme cardinal par Clément YiII(1598) malgré sa résistance et celle de ses confrères. 11 reçut plus tard rarchevèclié de Capoue et mourut en 1620, après une vie noblement employée.

De môme que l'Italien Bellarmin s'était fait l'organe de la dogmatique polôiii'que et positive, le Français Denis Pélau (né enl583, triort en 1652) représente ladogmatique historique, surtout l'histoire des dogmes. Éditeur de plusieurs anciens ouvrages grecs, chronologiste et historien, orateur et poète, Pétau a laissé sur les dogmes théologiques un ouvrage grandiose, qui malheureusement est demeuré incomplet : la diction en est excellente et il contient de riches matériaux empruntés aux Pères et aux historiens ecclésiastiques, dont la critique judicieuse de l'auteur a tiré un très bon parti. Initié à la philosophie platonicienne, il montre le fréquent usage qu'en ont fait les Pères de l'Eglise et justifie les expressions théologiques employées par ceux-ci. Tout ce qu'on peut lui reprocher, c'est de n'avoir pas rendu suffisamment justice aux Pères qui ont précédé le concile de Nicée. Il a jeté les bases d'une histoire scientifique des dogmes. Le côté spéculatif, notamment la manière d'envisager les dogmes sous le point de vue philosophique, a été traité par l'Espagnol François Suarez (né en 1548, mort en 1617), qui s'est signalé dans plusieurs domaines de la théologie.

Bellarm., Disputât, de controversis christ, fidei articulis, Rom.,J581- 92, fol. t. III, reçus. Mog., 1842 et seq. En allem, par Gumposch, Augsb., 1S42 et suiv. Omnia 0pp., éd. Sirmond, Par., 1630 et seq.; Vie du cardinal Bellarm., par le R. P. Frizon, Nancy, 1716. Apologistes de Bellarmin contre ses contradicteurs : Gretser, S. J., Defensio 0pp. Bellarm., 0pp. Grets., t. VIII, 9; Vitus Ebermann, S. J.,, Nervi sine mole, et Bell, controv. a cavillis Amesii... vindicatse, Wiirzb., 1661. Ad. Schulken (ci-dessous § 399). — Petavii 0pp. Theol. dogmatum, tomi III, 1642, t. IV, "v. 1650. De doctrina temporum, 1633. Editions de Synésius (Paris, 1612), Thémistius (1613), Nicéphore, Patr.de Cpl. ßreviar. hist. (1616), Epiphane (1622), Julien l'Apost. (1630) et plu-

sieurs dissertations, comme de Photino hseret. et dupliciSirm. Synode, 1636; De polestate consecrandi et sanctiiicandi, 1639; de la pénitence publique, 1643-1645; de lege et gratia libri duo, 1648; de Trid. Couc. interpret. et S. Aug. doctrine dissert., II, 1649, 1650. Cf. Stanonik, Dionysius Petavius, Graz, 1876; Fr. Suarez, Üpp., ed. Lugd., 1630 et seq., 23 voll. in-f°; Venet., 1740-57, Par., 1656, 28 voU. in-4° ; Werner, Franz Suarez und die Scholastik der letzten Jahrhunderte, Uegensb., 1861, 2 vol.

La morale et l'ascétisme.

369. La morale a été traitée, soit dans des dissertations spéciales par des humanistes, comme Érasme et Louis Vives, et par des théologiens de diliereuts Ordres ; soit dans de grands traités dogmatiques, par Cajétan, etc., en particulier. Elle a été cultivée par les dominicains i). Bannez, Barthélemi Fumus, Jean Tabieusis et par beaucoup de jésuites. La Somme des ca de conscience, ou Manuel des prêtres, parle jésuite François To let (mort en 1596), qui fut aussi cardinal, était ciialeureusement recommandée par saint François de Sales, qui louait sa concision, sa commodité et sa sùrete.

La casuistique était surtout représentéepar Henriquez, J. Azor, Vasquez, P. Laymann (mort en 1635), Escobar, Lustro Paiao, Busenbaum, etc. Elle était indispensable pour le confessionnal et pour la vie pratique en gênerai. 11 y avait alors, comme autrefois, deux camps opposés, les rigoristes et les laxistes. Le probabihsme, dont on s'est lait souvent des idées absolument fausses, n'était pas enseigné par les seuls jésuites, et il n'avait du reste rien de commun avec la morale relâchée. Tandis que le tutiorisme, ainsi que le probabiliorisme, qui huit par se confondre avec lui, conduisaient aux plus graves inconvénients, le probabilisme, de plus en plus épuré par les corrections et les censures de l'Eglise, a su éviter ces écueils. En cultivant le probabilisme, on n'avait garde de néghger la morale seien tihque ; tuutefois, ce ne fut que plus tard qu'on ht valoir et qu'on essaya d'appliquer ce principe (notamment Bon de Merbes, mort en 1 684), qu' il fallait,, en morale comme en dogmatique, utiliser le6 écrits des saints Peres.

La littérature ascétique s'enrichit de nombreux travaux. Un chef-d'œuvre en ce genre, ce sont les Exercices de saint Ignace,

qui, parieur profondeur dogmatique comme par leur vérité

YI.— HIST. Dïï l'église 8

psychologique, pénétraient bien avant dans les cœurs et provoquaient de sublimes méditations. La vie de ce saint, comme celle de saint François-Xavier, offrait les mêmes abondants sujets de réflexions, et c'est à quoi Massei et ïurcellinus les ont fait servir. Venaient ensuite les magnifiques écrits de sainte Ttiérèse, de Jean de la Croix, du bénédictin Louis de Blois (mort en 1566), d'André de la Guadeloupe (0. S. Fr.), de Thomas Valgonera (0. S. D.), de l'augustin Thomas de Villeneuve, archevêque de Valence (mort en 1555), dans ses discours ; de Louis de Grenade {Mémorial de la vie chrétienne, Guide des pécheurs, De la prière et de la méditation), de Barthélémy des Martyrs (mort en 1590, Manuel de la doctrine spirituelle), de saint François de Sales {Introduction à la vie dévote et Lettres aux gens du monde), du théatin Laurent ScupoU {Combat spirituel), de ses confrères Jacques Alvarez, François Arias (mort en 1561), Louis de Pont {Méditations sur les mystères de la foi) et de Paul Segneri (mort en 1694), des cardinaux Bellarmin et Bona, de Coudren, deuxième supérieur de l'Oratoire français (mort en 1641, Idée du vrai sacerdoce de Jésus-Christ) ; d'Olier, fondateur de Saiut-Sulpice (mort en 1657, Catéchisme de la vie intérieure). Qui dira le nombre des âmes qui ont puisé des forces et consolations dans ces ouvrages immortels 1 En Allemagne, les méditations du jésuite Jérémie JDrexelius et le palmier céleste de son confrère Guillaume Nakatenus (mort en 1682) ont eu des résultats inappréciables.

D'Érasme, Enchiridion miiitis chrisliani, ep. cousolatoria ad virgines, modus orandi, modus confitendi (divers passages en sout justement censurés) ; de Louis Vives, Libri V de instit. feminee christ., Com. in orat. Domin., 0pp. Basil., 1560; Valent., éd. 1782^ de Jean Médina, mort en 1546, de PœnilenLia, de restitutione et contractibus ; Bannez, Dominique Soto et le jésuite Molina écrivirent De justitia et jure ; Barthél. Fumus, né en 1545, l'Armillaaurea, JeanTabiensis, mort en 1521, la Summa summarum de casibus conscientiae (Summa Tabieua). Franc. Tolet, Summa casuum conscientiae (éloge de cet écrit par S. François de Sales, liv. I. lett, xxxiv). Voyez sur les auteurs en général : Müller, Theol. moralis, Vindol., 1873, t. 1, p. 32 et seq. Sur le probabilisme et autres systèmes de morale : Müller, loc. cit., p. 279 et suiv. ; Ladwigs, dans la Revue théologiq. d'innsbruck, 1878, III, p. 534 et suiv. Plu-

sieurs jésuites, tels que Comitolus (mort en 1626), combattirent le probabilisme, attribué au dominicain Barth, de Médina (lo72). Ce livre calomniateur : La théologie morale des jésuites contre la morale chré tienne en général fut également condamné par le parlement de Bordeaux le 2 septembre 1844 : Du Plessis d'Arg., 111, ii, p. 248. — Bon de Merbes, Summa christianœ seu orthodoxee morum disciplinée ex SS. Script. Pa tribus et Conciliis excerpta.— S. Ignace (§ 315), sainte Thérèse (§ 313), surtout Reiationes vitee suée — Via perfectionis — Fundatio cœnobiorum — Castrum animce — Lib. in Cantica cant.— epist. — Blosii 0pp., éd. Antw., 1632, Ingolst., 1720; Franc. Arias, S. J. (loué par S. François de Sales, Philothea, P. 1, c. xvn), de Imitatione Christi, Sevilla, 1591 (le Père Léonhard Creder, S. J., en a extrait : Thesaurus inexhaustus bonorum, quœ lu Christo habemus, Monach., 1652); puis de imit. B. M. V.; — 50 mysteria vitœ Ü. IS. et B. V. Cf. Biblioth. des écrivains de la Comp, de J., par A. d'Al de Bäcker, 11* sér., Liège, 1854, p. 35; Ludov. de Ponte, Meditationes. Nouv. édit. par Düx, INœrdl., 1857, 6 vol. S. Franc, de Sales, Philothée, 1608; Traité de l'amour de Dieu, etc.; Œuvres compl.. Par., 1821, 16 voll, in-8% et 1857, 5 voll. — Vie de M. Olier, curé de Saint-Sulpice, Versailles, 1818; Vie du H. P. Condreu, par Caraccioli, Pans, 1764; L. Scupoli, 11 combattimento spu-ituale (la 256« édition parut à Rome eu 1837j. Aiph. Rodriguez, Pratique de la perfection cUrét., trad. de l'espagnol par Régnier des Marais, de l'Acad. franc., Poitiers, 1842, 3 vol. Voy. encore Sion, jan. 1841, n. 10 et suiv.; Pez, Biblioth. ascetica antiquo-uova, Ratisb., 1723 et seq.; Drexelii 0pp., éd. Monast. 1628, in-4", Franco!'., 1680. Sui- lui et sur iNacaténus, Werner, Gesch. der Theologie, p. 30 et suiv. Voyez le catalogue complet des œuvres dans les manuels de théologie pratique.

La prédication.

370. Sur la théologie pastorale, nous devons des guides excellents à saint Ctiarles Borromée, à Barthélémy des Martyrs, à saint François de Sales, à François ïolet, et à l'ierre Fourier. L'éloquence île la chau-e a été traitée par Yaiérius Augustin, Louis de Grenade, saint Charles Borromée. Les prédicateurs qui eurent le plus de succès en Allemagne sont : Jean Just Lansperg, chartreux de Bavière (mort en 1539); le franciscain Juseph Wild (mort en 1554), Jean Faher et Frédéric Nauséa, le Souabe Michel Holding (mort en 1501 evéque de Mersehourg), Pierre Canisius et autres jésuites ; en Pologne, Scarga et Birkowski; en France, le bénédictin Jean Raulen, réformateur de Cluni, et Jean JJogée, éyèque de Laou ; les dominicains Guii-

laume Pépin (mort enil529), et Etienne Paris (1550), Simon Vigor (mort en 1575, arclievêque de Narbonne) ; le franciscain Yillèle de Bordeaux, le jésuite Claude de Lingendes (mort en 1666); son parent Jean, Toratorien François Férault (mort en 1666 ; en Espagne, Jean d'Avila, apôtre de l'Andalousie ; le dominicain Louis Bertrand (mort en 1581), puis Louis de Grenade, Tiiomasde Villeneuve; en Portugal, le mineur F. d'Ossuna(vers 1530), son confrère Didace Stella, Barthélémy des Martyrs, le jésuite Yieira; en Italie, le servite Ambroise de Spiera, François Zamora, de l'ordre des franciscains, théologien du concile de Trente ; le mineur Antoine de Verceil, Clarius, évêque de Foligno; Cornelio Musso, évèque de Bitonto (uiort en 1574); Charles Borromée, les jésuites Benoît Palmius (prédicateur apostolique sous Pie V, mort en 1598), enfin Paul Segneri, jle capucin Jérôme de Narni (1622).

Caroli Borrom. Litt, pastorales, InstiL, Constitutiones synod., conciones, lit., MedioL, etc., 0pp. Lugd., 1683 et seq., 2 vol., Mediol., 1747 et seq., t. V, 1787; Pastoral, instruct., éd. Westhoff, Monast., 1846. Bartliél. des Martyrs, Stimulus pastorum, compendium vitee spiritualis, 0pp. lat., Uomee, 1727, in-l°, t. IL Pierre Fourier, Pratique dei curés, dans sa biographie par Bedel, et Exercices de la journée chrét., Reims, 1817, 1820. Valerius Augustinus, Bhetoric. eccles. libri 111 : Louis de Grenade, Rhetoiùca eccles. Voy. aussi Erasme, Ecclesiastes seu concionator evangelicus. — Brischar, die kath. Kanzelredner Deutschlands seit den drei letzten lahrhunderten, Schatihouse, 1867, 3 vol.; Joh. Wilds Predigten, ISouv. édit. Regensb., 1841 et suiv. Sur Villèle, Mercure français, VIII, 489. Jean d'Avila, Œuvres trad. par Schermer, 1856 et suiv., 3 vol.; Ludov. Granat., Conciones de tempore, Antw., 1593; Maimbourg, La vie de S. Thom. de Villeneuve, Paris, 1666; Pœsl, Leben des hl. Thom. v. Villanova, Münster, 1860. Pour le reste, voyez les manuels d'Homilé tique.

Les catéchèses et la liturgie.

371 . Les catéchèses ont été principalement cultivées par les auteurs de grands catéchismes, les jésuites Augier, en France, Martinez de Ripalda, en Espagne, Bellarmin, en Italie, Canisius, en Allemagne ; la liturgie, par le Belge Pamelius (mort en 1587), Jean-Étienne Durand (mort en 1589), le cardinal Bona (mort en 1674), le Vénitien Christophe Marcellus, archevêque

de Corcyre ; le chanoine-doyen de Budissin, Leisentritt, auteur d'une agende allemande et d'un livre de chant cathohque (1373), qui fut suivi d'un autre plus étendu, par Corner, prieur des bénédictins de Gottweih (1631). On y visait àlafois à combattre le protestantisme et à donner une saine nourriture au peuple chrétien. Il était aisé d'abuser de ces sortes de travaux, ainsi qu'on le vit surtout par les jansénistes.

Le catéchisme de Bellarmin fut encore recommandé par Benoît XIV. Const. 42, Etsi minime, 7 febr. 1742, § 17; Bail. Bened., I, p. 51, éd. Venet. Sur celui de Canisius (400 éditions jusqu'en 1686j. Riesz,P.Canis., p. 109-125. Augier, voy. le § 323. Le catéchisme espagnol de Ripalda passait pour classique ; après 1763, on essaya de le remplacer par un nouveau, mais comme celui-ci était bien inférieur, on revint;à l'ancien ; seulement il fallut raturer le mot « jésuite » sur tous les exemplaires. Theiner, Hist. du ponlif. deClém. XIV, t. II, p. 190 et suiv. Voy. encore Gruber, Prakt. Handb. der Katechetik, p. 12 et suiv.; Dursch, Psedagogik oder Wissenschaft der christl. Erziehung, Tüb. 1831. — Card. Bona, Rer. liturgie, libr., etc.; Opp. Turon., 1747 et seq., t. IV; Ighina, II Card. Giov., Bona, Mondovi, 1874; Christoph. Marcelli (1520) ceremoniarum sacrarum libri III ; Luft, Liturgik, Mayence, 1844-1847, 2 vol.

L'histoire ecclésiastique.

372. Sur le terrain de l'histoire ecclésiastique. César Baronius (mort en 1607), fournit de très importantes annales, auxquelles se joignirent les continuations de^Raynald, etc. L'évêque Sponde, ancien calviniste (mort en 1643), fit un abrégé de Baronius, continua ses annales jusqu'en 1640, et écrivit luimême les annales de l'histoire ancienne. Baronius fut également continué par le dominicain Abraham Bzovius (mort en 4637) puis critiqué par le franciscain A. Pagi. Ferdinand Ughelli (mort en 1670) écrivit son lialia sacra ; l'augustin Panvinio (mort en 1568) et le cardinal Augustin Trivulce traitèrent l'histoire des papes. Un grand nombre de bons travaux furent publiés sur diverses parties de l'histoire.

Vinrent ensuite les nombreuses et excellentes éditions d'ouvrages anciens par les dominicains (François Combéfis, Guillaume Parvi, Goar) ; par les jésuites (Sirmond, P étau

l48 HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

Cordier, Garnier, Fronton Ducée, Grotser) ; par les bénédictins de Saint-Maur (Nie. Hugue Ménard, René-Ambroise Janvier, Claude Chantelou, Luc d'Achéry, etc., par les théologiens de Louvain : Pamélius (mort en 1587), Molanus (mort en 1585, doyen de la faculté de théologie), par Marien Victorius de Reate, Jean-Gabriel de l'Aubespine (Albaspinaeus) , évêque d'Orléans (mort en 1629), par Léon Allatius, Luc Holstein (mort en 1661), Jean Fronton (mort en 1662), Joseph-Marie Suarez (mort en 1673), Henri de Valois (mort en 1676), J.-B. Cotelier (mort en 1686), Henri Canisius (mort en 1610), etc.

Après la découverte du cimetière de Sainte-Priscille à Rome (1578), on vit commencer les études sur la Rome souterraine, et l'archéologie chrétienne fit de grands progrès, grâce aux travaux d'Antoine Bosio(morten 1639), de Philippe de Winghe, Jean FHeureux (Macarius), Baronius, etc.

L'agiographie fut cultivée d'abord par Louis Lipomani, évêque de Vérone, par son neveu Jérôme, par le chartreux Lorenz Surius (mort à Cologne en 1578). Le jésuite Heribert Rosweid (mort en 1629) recueillit encore un plus grand nombre de matériaux, et traça le plan d'un ouvrage monumental sur tous les saints de l'Église. Il laissa à son ordre ce double héritage. Les jésuites désignèrent pour exécuter ce projet plusieurs de leurs membres les plus capables, notamment le père Jean de Rolland, qui a valu à l'ouvrage {Acta Sanctorum) le nom de ßollandistes (1). Il fut aidé dans la suite par son disciple le père Gottfried Henschen (1639), puis par un second plus célèbre encore, Daniel de Papenbrock (1659 et suivantes). On établit pour le triage des sources des principes stables, sur lesquels Mabillon continua de travailler. L'ouvrage trouva partout le plus favorable accueil. Rolland lui-même mourut en 1665. Déjà on préparait d'immenses collections de conciles, et des recherches sur les liturgies anciennes étaient faites par Jean Morin, calviniste converti (mort en 1659), par de l'Aubespine, Marien Victorinus, Jean Fronton. Sur l'art historique, Augustin Mascardi, professeur à Rome, composa en italien huit traités fort estimés.

(1) L'œuvre des BoUandistes a été réimprimée avec la continuation jusqu'au troisième jour de novembre, par M. Palmé, libraire à Paris, rue des Saints-Pères, 76.

LE CATHOLICISME. Ii9

T.I. A., § 23 et suiv.; Natal. Alex., Ssec. XV et XVI, c. iv, a. 6, t. XVII, p. 393 et seq. (les ouvrages spéciaux sur l'histoire sont énumérés en divers endroits). Pitra, Études sur la collection des actes des Saints par les RR. PP. Jésuites Bollandistes, Paris, 1850; Civiltà cattol., III, vil, p. 403 et seq., n. 178. Ouvrages sur les Catacombes, dans Kraus, Roma sotter., 2" ed., Frib., 1879. Einl. l. Abschn.; collections des Conciles 'par Merlin, Paris, 1323, et autres ouvrages (1" vol.,' I, A § 13). — Agostino Mascardi, né en 1390, à Sarnoza, nommé par Urbain VIII professeur d'éloquence à l'université de Rome, se fit, par les 14 écrits qu'il composa, une grande réputation, notamment par les Trattati cinque dell' arte istorica (nouv. éd. par Adolfo Bartoli, Fir., 1839, in-8°),le cardinal Bentivoglio, Memorie, Lib. I, c. xiv, et Tiraboschi, Storia délia letterat. ital., VIII, 428, en font un grand éloge.

Le droit canon.

373. Un grand nombre de traités partiels, puis d'ouvrages plus étendus, furent aussi publiés sur le droit ecclésiastique. On distinguait, parmi les canonistes, Pierre- Paul Parisius, nommé cardinal par Paul III (mort en lo4-o) ; le cardinal Simonetta, qui joua un grand rôle à Trente, ainsi que Gaspard Cervantes, plus tard archevêque de Tarragone et cardinal (mort en 1375) ; les deux frères Didace ('morts en 1577) et Antoine Covarruvias (mort en 1602) ; Jean-Paul Lancelloti (mort en 1591), autour d'un manuel du droit canon imprimé en tête du Corps du droit canon ; Hugues Buoncompagni (plus tard Grégoire XIII); Antoine Augustin (mort en 1586); le cardinal Prosper de Sainte-Croix, éditeur des décisions de la Rote (mort en 1589) ; Cujas (mort en 1590), Garcias Loysa (mort en 1599), Boèce Epo, Pierre de Marca, Aug. Barbosa (mort en 1649), le père Laymann, Wagnereck, professeur à Dillingen (mort en 1664); Gonzalez de Tellez (mort en 1670), Henri Canisius, Cabassut (mort en 1684), Éngel à Salzbourg (mort en 1674) et Pirrhing, jésuite de Dillingen (mort en 1676).

Schulte, Lehrb. des K.-R., 2^ ed., § 21, p. 95 et suiv..; Werner, Gesch. der Theol. in Deutschi., p. 54 et suiv.; Natal. Alex., Seec. XVI, cap. V, art. 5, p. 388 et seq.

i20 HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

La science biblique.

374. Chez les catholiques les études d'exégèse furent stimulées non seulement par le protestantisme et par les travaux préparatoires de la précédente période, mais encore par de nouvelles et excellentes productions. A côté des œuvres d'un Érasme et fd'autres humanistes, de la Polyglotte d'Alcala, des nouvelles éditions des Septante et de la Vulgate, on vit paraître : 1° des grammaires et des dictionnaires hébraïques (par Reuchlin, Pélican, Santés Pagnin, mort en I54I, Bellarmin) ; 2° des ouvrages d'introduction (Santés Pagnin et Sixte de Sienne, mort en 1569) ; 3° de nouvelles polyglottes, comme celle d'Anvers, par Arias Montanus(1569) et celle de Paris en 1645; à° de nouvelles traductions de la Bible en différentes langues, et 5° une foule d'excellents commentaires sur les livres particuliers de la Bible, dans lesquels on s'attachait au sens littéral et aux explications des saints Pères, en évitant les opinions singulières et souvent blâmées du cardinal Cajétan et d'autres commentateurs. Les travaux du savant humaniste Sadolet, évêque de Carpentras (mort en 1547), sur rÉpître aux Romains et sur les Psaumes, rédigés en style cicéronien et dans un esprit de conciliation à l'égard des protestants, n'étaient pas à l'abri de la critique ; il en est de même des Schohes du cardinal Contareni sur les épîtres de saint Paul, des courtes remarques sur le Nouveau Testament de Jean Gagné, professeur à Paris (mort en 1549), des écrits d'Augustin Steuchus, bibliothécaire du pape, puis évêque de l'île de Candie.

Nous signalerons encore parmi les exégètes : le mineur Nicolas Grandis (vers 1550), qui commenta l'Épître aux Romains et l'Epître aux Hébreux ; François Titelmann de Hassalet, franciscain de l'étroite observance (puis capucin, mort en 1557) ; André Masius (mort en 1573), qui expliqua le livre de Josué ; Claude d'Espencé (mort en 1571], qui, dans son explication des Épîtres pastorales, disait souvent au clergé de dures vérités, mais n'était pas exempt de vues hérétiques ; 'Jansen, évêque de Gand (mort en 1576), auteur d'une harmonie estimée des Évangiles.

Les psaumes furent commentés par Bellarmin, par l'évèque

d'Acerno, Agellio ; Simon de Muis et Cyprien Suarez (mort en 1593), le Cantique des Cantiques par le dominicain Soto Major, C}T)rien Suarez, Isidore Clarus, l'augustin Louis de Léon (mort en 1391). Le jésuite Jacques Bonfrère, professeur à Douai (mort en 1643), donna un excellent commentaire sur le Pentateuque, avec une courte, mais substantielle introduction à la Bible. Parmi ses confrères, Jérôme Produs et J.-B. Villalpand expliquèrent Ézéchiel; Pinéda, le livre de Job; Ribera, les douze petits prophètes et l'Épître aux Hébreux (les petits prophètes furent encore mieux élucidés par Christophe Castro, Cornehus a Lapide, van den Steen, mort en 1637), la plupart des livres de la Bible; l'Espagnol Jean Maldonat, très versé dans les langues et dans l'histoire, et tellement recherché comme professeur qu'il était souvent obligé de donner ses leçons en plein air ; il expliqua les quatre Évangiles.

François Tolet commenta l'Épître aux Romains et les Evangiles selon saint Luc et saint Jean. Alphonse Salméron, théologien du pape à Trente (mort en 1585), composa des questions et des dissertations sur la plupart des livres du Nouveau Testament. Un autre jésuite, Lorin (mort en 163i), s'occupa des Actes des Apôtres, des Épîtres catholiques et de plusieurs livres de l'ancien Testament. On doit de courts commentaires sur toute l'Écriture Sainte à Tirinus et à Etienne Ménochius (mort en 1656), lequel s'occupa aussi d'archéologie biblique, de la vie de Jésus et des Actes des Apôtres. Le polémiste Bécan publia une Analogie de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Siates Pagninus, 0, Pr., Isagoge ad sacr. literas, lib. un.; Isagoge ad mysticos S. Script, sensus, libri XVIII, Colon., iö40 et seq. Il alla trop loin en soutenant que tout ce qui dans la Bible n'a pas trait à la foi et aux mœurs doit se prendre dans un sens impropre ; que la partie historique n'est que la paille, la feuille, l'écorce, tandis que le côté mystique est le froment, le fruit, le noyau. Sixt. Senens., 0. Pr., Bibliotli. sancta ex prsecipuis catli Eccl. auctoribus collecta, lib. III, Venet., 1566 et seq., Francof., 1575 et seq.. Col., 1626 ; Lib. III, ars interpretandi S. Scripturas absolutissima, Colon., 1577, 1588 et suiv.; Polyglotta Antwerp., t. VIII, in-f°, 1569-1572 ; Polyglotta Paris., t. IX, in-fo, 1628-1643, par Mich. Le Jay (celle de Londres par Brian Walton, 6 vol., 1637). Traductions de la Bible en Allemagne, ci-dessus § 33; en

Pologne,'par Wajek, § 129; en France, par Fahre d'Étaples, § \1S. Là sainte Bible en français, Anvers, 1528 ; puis 1S30, t. FI, in-f" ; par Vatable (mort en 1547). Traduction avec de courtes notes, 1545 et 1557, dans l'édition de la Bible de Robert Estienne (la Sorbonne signala les erreurs contenues dans ses éditions, et les fit interdire par le roi, 1548. Du Plessis d'Arg., III, i, p. 143-160) ; par François Véron (mort en 1C49), d'après la Vulgate et la traduction des théologiens de Lonvain de 1557; par René Benoist, dont la version (1556) s'accordait trop avec les traductions calvinistes et suscita de longues querelles dans l'université de Paris, 1567-1598 : elle fut interdite (du Plessis d'Arg., II, i, p. 392-441, 533, 534. En Italie, Santés Pagnin donna une traduction trop servilement calquée sur l'hébreu et le grec. Ce travail, fait sur l'original, dura trente ans (imprimé à Lyon, 1528, 1557 et souvent). Commentaires de la Bible dans Migne, Cursus S. Script., t. XXIX, in-4°. Cf. Richard Simon, Hist. critique des principaux commentateurs, etc.; Cajelani Card., 0. Pr., Comment, in Vet. et N. T., 1596 et seq., t. III Lugd., 1639 et seq., t. V, sur tous les livres de la Bible, sauf l'Apocalypse» censuré par Melch. Canus, Ambroise Catharinus et autres confrères, puis en 1544 par la Sorbonne (du Plessis d'Arg., Il, i, p. 141-143). I produisit en 1546 une déclaration « de revocatione errorum » (ib., et t. I App., p. XVI) ; Sadoleti 0pp., éd. Mog., 1607; Patav., 1737 ; Contareni 0pp., éd. Paris, 1571 ; J. Gagnseus, Com. in N. T.; Aug. Steuchus, V. T. ad verit. hebr. recognitio., Ludg.,1531. Dans sa Cosmopeia (1540) il enseigna des erreurs sur le ciel et sur la mort en tant que châtiment du péché : il les corrigea dans la suite (du Plessis d'Arg., t. I,Append., p. 38). Nicol. Grandis, etc.; Natal. Alex.,loc. cit., c. v, a. 1, p. 350 et seq.; Pradi et Villalpandi in Ezech. explanationes, Rom., 1596 et seq. 3 voll.; Cornel. a Lapide, nova ed., Melitai, 1842-1852; Paris, 1857, 1868; Maldonat. in IV Evang., éd. nov., Jansen, Mog., 1841 et seq., ed. Martin, ib., 1862. On a de lui des explications sur les quatre grands prophètes et sur le psaume cix; J.-M. Prat, S. J., Maldonat et l'Univ. de Paris au xvi« siècle, Paris, 1857; Tirinus, Com. in S. Script., Lugd., 1664, in-f°, 2 voll.

375. Entre les commentateurs de rÉcriture Sainte, nous devons citer encore Gaspard Sanctius (mort en 1628), auteur de plusieurs commentaires sur l'Ancien Testament ; Giustiniani, auteur de commentaires sur les Épîtres de saint Paul, Arias Montanus (sur Josué, les Juges, les douze prophètes, les Evangiles, les Actes des Apôtres), le jésuite portugais Viégas (mort enM579, sur l'Apocalypse de saint Jean); l'évêque Jacques Nacknt, de l'ordre des Prêcheurs (sur les Épîtres aux Romains

et aux Éphésiens) ; Jérôme Oléastre, du même ordre (mort en 1573, sur Isaïe et le Pentateuque) ; l'augustin Séripand, le mineur Corneil Musso (mort en 1574); Louis Lipomani, évêque de Vérone (mort en 1559); le cistercien Cyprien (mort en 1560); Pierre Serranus de Cordoue (vers 1570), le jésuite Emmanuel Sa.

Une mention à part revient au chancelier de l'Université de Douai, Guillaume Estius (van Est, mort en 1613), commentateur de toutes les Épîtres des Apôtres, dont il expose d'une main exercée l'enchaînement des idées; il écrivit aussi un commentaire sur les passages les plus difficiles de l'Écriture Sainte. Les Questions sur la Genèse, par le père Mersenne, de l'ordre des Minimes (1623), sont aussi un excellent travail. Mersenne fit un habile et heureux emploi de ses connaissances en physique et en mathématiques pour défendre le récit mosaïque de la création. Dans l'état où se trouvait alors la science, il se prononçait comme la plupart des savants de son temps, pour l'ancien système de Ptolémée contre le système de Copernic. Si ce dernier système, comme hypothèse, expliquait plus facilement les phénomènes célestes, il rencontrait comme thèse, dans l'état où étaient alors les sciences naturelles, des difficultés tellement insurmontables relativement aux phénomènes terrestres, que des physiciens, des astronomes célèbres le trouvaient insoutenable et ridicule. L'illustre Galileo Galilei (mort en 1638) ne parvenait pas lui-même à résoudre les objections, et on fut obligé de renoncer complètement dans la suite aux explications qu'il avait données, bien que la doctrine ellemême eût définitivement prévalu.

Natal. Alex., loc. cit., p. 359 et seq.; Casp. Sanctius, S. J., in Ezech. Com.Lugd.,16i9; Giustiniani, Com. in epist.S. Pauli, Lugd., 1611-1614. in-f°, tom. m ; Sa, Scholia in quatuor Evang. e sélect. DD. s. collecta, Lugd., 1610, in-4°; W. Estius, Corn. inEpist. apot., Paris, 1697 et seq.; Mogunt., 1838 et seq., cur. Holzammer, etc.; Mersenne, Qusestiones célèbres in Genesin, Par., 1623.

Procès de Galilée.

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