I.K CIJ-TE. rt'ii
(tffrir dans sa chambre le saint sacrilice (Uran., Vila Paul.). Le concile de Tolède, 681, can. v, suppose que la communion du prêtre (lequel pouvait célébrer plusieurs fois en un seul jour) est nécessaire à l'intégrité du sacrilice. Le pape Gélase (Ep. xxxiri, p. 448, à Jean, évèque de Sora), permit de célébrer des messes pour les défunts dans l'oratoire de Mégétia, dame de qualité. Défense de célébrer dans les oratoires aux jours de grandes fêtes : Conc. Agathon., 506, can. xxi (c. 3Ö, d. 1 de lous.\ Punitions intligées aux prêtres qui ne laissaient pas de célébrer la messe : Conc. Carthag., 390, can. vui, et ailleurs. En ö27, le concile de Carpentras défendit de célébrer la messe pendant un an à l'évèque d'Antibes, qui ne sétait pas rendu à son appel pour rendre compte de sa conduite. — Le concile de Gangres, can. xi, justifie les agapes contre les custalhiens; celui de Laodicée, can. xxviii, défendit de les célébrer et en général de manger dans les églises. A Rome et dans les Gaules, elles se maintinrent au-delà du quatrième siècle, mais elles devinrent plus rares. Elles furent abolies à Milan et en Afrique. Aug., Conf., VI, 2; Ep. xxn, xxlx; Serm. ccLii, n. 4. Aux païens noxivellement convertis les papes permettaient encore, les jours de fêtes, des repas de ce genre, accompagnés de chants religieux, atin de remplacer les divertissements du paganisme. Greg. Magn., lib. XI, Ep. lxxvi ad Melit. Cf. Selvaggio. lib. 111, cap. IX, § 6; Hinterim. Il, 2, p. 82 et seq.
Le dogme de l'Eucharistie. — La transsubstantiation (epiclesis).
"l'A. La foi eu la présence réelle et substantielle de Jésus- Christ dans l'Eucharistie, au changement du pain et du vin au corps et au sang de Notre- Seigneur, ainsi qu'au caractère de l'Eucharistie en tant que sacrifice, est proclamée par les termes les plus expressifs dans les liturgies ainsi que dans les ouvrages des Pères, Les Pères distinguent les espèces qui tooibent sous les sens et ce qui est réellement présent sous les espèces. Ils rappellent à ce sujet le changement de l'eau en vin à Cana, la puissance infinie de Dieu et l'amour ineffable du Rédempteur, qui, en s'unissant k nos âmes d'une façon si étroite, fait de nous des porte-Christ, nous nourrit de sa chair, nous abreuve de son sang, renouvelle d'une manière non sanglante le sacrifice de lu croix et fait des prêtres ses .sacrificateurs. Ce qui opère ce changement de substance, c'est, selon les Pères, le Verbe de Dieu, qui a créé toutes choses; ce sont les paroles par lesquelles le Soigneur a institué l'Eucharistie, lorsqu'il commanda de faire ce qu'il avait fait lui-même. Ou trouve, il est vrai, dans
'""22 UISTOIKE bü j/ÉGLlSE.
toutes les liturgies grecques, une prière lepiclesis) ajoutée aux paroles de l'institution, par laquelle on demande à Dieu d'envoyer son Saint-Esprit, afin qu'il change le pain et le vin au corps et au sang de Jésus-Christ : c'est à elle que les Orientaux semblent principalement attribuer l'efficacité de la consécration ; mais les Pères grecs convenaient, aussi bien que les latins, que la consécration a lieu en vertu des paroles de l'institution. La liturgie romaine renferme une invocation semblable ; mais elle précède les paroles de l'institution. Chez les Grecs, sa place paraît avoir été changée, ce qui était d'autant plus facile que les paroles et les actes du célébrant permettent d'assigner à celui-ci une double place : la place de Jésus-Christ, quand le prêtre prononce, en son nom, les paroles de l'institution; la place de l'Église et des fidèles, au nom desquels il prie Dieu d'opérer la transsubstantiation. Ce que Dieu a accompli en un clin d'oeil, les prières et les actions de l'Église, qui doivent s'adaptera l'infirmité humaine, le représentent comme successif et divisé pour ainsi dire en plusieurs parties ; d'où vient qu'on attachait tantôt à une partie, tantôt à l'autre la vertu d'opérer le mystère. Si l'invocation du Saint-Esprit, chez les Orientaux, est la dernière partie constitutive de l'acte de la consécration, c'est probablement parce que l'action humaine succède à l'institution divine ; mais cela pouvait facilement devenir un prétexte pour attribuer la consécration à la prière (epiclesis). On pouvait justifier cette manière de voir en disant que l'ensemble de la consécration comprend les prières de l'Église par lesquelles on demande à Dieu d'accomplir le sacrement, que ces prières expriment l'intention de l'Église, déterminent le sens des paroles de l'institution et la manière dont elles opèrent. Ces paroles ne sont pas simplement récitées, comme dans une narration ordinaire: elles sont employées en guise de commandement el au nom de Jésus-Christ; la prière (epiclesis^ précise, détermine leur signification. Mais ce sont les paroles de la consécration qui décident de tout, (}ui opèrent le changement de substance. Dans le baptême aussi, après que l'acte était accompli, on implorait la grâce du Saint-Esprit sur le néophyte, bien qu'on ne doutât point qu'il l'eût déjà reçue dans renonciation de la formule du baptême et dans l'inuuersion. Sonune tonte, les Pères parlent de l'FAicharistiü avec beaucoup de netteté, bien que la discipline
(le raivaiic, toiijuuis eu vigueur, ubligeàl souvent de no l'expliquer que sous des formes voilées et symboliques.
Allât., Cout. R. Creyght. Exerc, xxii, p. 4H et seq.; De syn., Phot., cap. XIV, p. 470 et seq.; Arciui., De concordia, Par., 162fi, lib. III, cap. I, p. 125 et seq.; Habert, Arcbierat. gr., p. 223 et seq.; Probst, Die Eucliaristie als Sacr. u. als Opfer, Tab., 1837; Scbwane, Dogmcngescb., II, p. 988 et suiv. Autres ouvrages, ad 1, § 197. Parmi les Pères, surtout Cyrill. Hier., Cat. xxir, myst. 4, n. I et seq., p. 319 et seq.; Catecb. xxui, myst. ö, n. 8; il appelle cette fête tyjv TWEynaTixviv ôyiriav, Tï)v àvatitaxTOv ),aTpcîav, n. \0 : XfiTTOv èirçayiaaixÉvov Onèp twv i?i(j.£Ts'pwv à(j.aprr,(iàTwv TtpoTçipofAEv (le terme tecbnique irpodcpépeiv, « offerre, » se trouve aussi dans les conciles de Nicée, eau. xviii; Gaugr., iv; Arel., 314, can. xix); il exprime le cbangement du vin au sang de Jésus-Christ (Cyrill., Cat. xxni, n. 2, 7) par le terme (ASTaêàXXîiv, de même que Grégoire de Nyss., Or. catecb., cap. xxxv[i, l'emploie pour marquer le changement du pain au corps de Jésus-Christ. On trouve aussi |jiETa7ioiet<T6at, et [X£Tappy9(;.îî;£iv (Chrys., De prodit. Jud. hom. a, n. G, etc.). Le sacrifice de la croix et le sacrifice eucharistique sont ti'aités, avec rapport à Malach., i, 11, par Eu?., Dem. ev., I, cap. x. Cf. V, cap. ii (Migne, t. XXII, p. 64-93, 368 et seq.). Nombreux témoignages dans Chrys., In Matth. hom. lxxxui, n. 4; Contra anom., vi, n. 3; Hom. ii in II Tim., n. 4; Hom. xxiv, xxvii in I Coi.; De sacerd., III, 4: Äthan., Or. IV contra ar., cap. xxxvi; Ep. iv ad Serap., cap. xix, et ap. Theod., Dial. n (Migne, t. XXVI, p. 524, 665, 1240 et seq.); Didym., De Trin., H, 14; III, 21; Basil., Ep. xcui ad Cœs. Patr.; Epiph., Ancor., n. 57 Naz., Or. n, n. 95; Or. iv, n. o2; Or. xvii, n. 12; Or. xlv, n. 19; Cyrill. Alex., Ep. xvii (Migne, t. LXXVII, p. 113); Expos. Anath. XI (Migne, t. LXXVII, p. 312); Theod., Dial. II (Migne, t. LXXXHI, p. 164-168); Job mon., ap. Phot., cod. 222, lib. HI, p. 187, éd. Bekker; Dam., F. 0., IV, 13; Ambros., De myst., cap. viii, ix (Op. II, 337, 339, éd. B.); In ps. xxxviii, n. 25; De üde, IV, 10; De incarn. dom. sacr., I, 4; Hier., Dial. contra Pelag., III, 15; p]p. sxi, al. cxLvi ad Dam.; Hilar., De Trin., VIII, 13, 14; Aug., Contra ep. Manich., cap. xu; Enarr. in psal xxxiii; Contra adv. leg. et prophet., l, 39; II, 9; Civ. Del, X, 20; XVI, 22; XVII, 20, 42; XIX, v, 5; XXII, vin, 6; De Trin., III, 10; IV, 14; Ep. xcvih; Contra Faust., XX, xvni, 21 ; Leo M., Ep. lix, cap. 2; Greg. .Magn., Dial. iv, 58. Les anciens Pères, contrairement aux Grecs ultérieurs (Cabasillas, Simon de Thessalonique, Marc d'Éphèse, Gabriel de Philadelphie), n'attachaient point la consécration à Vepiclesis, mais aux partiles de Jésus-Christ, par exemple Auctor. de Sacram., IV, 4; Greg. Nyss., Or. cat., ap. Mai, Nov. coll., VI, 370; Chrys., Hom. i de prodit. Jud., n. vi (Migne, t. XLIX, p. 380 : Oùôè yàp àveptoirôç Èmtv 6 Tiotwv rà 7rpox£{(xeva ycvÉffOat (Tw(J.a xai ai[/,a Xpt<îTOU, à),),' aÙTÔç ... Xp. S^yiia« 7t).r,pwv sixriXEv à t£p£ii;, tx py)jJ.axa ^Oe^YÔiicvoç Èxsïva- -/i ôà ôûva^jn; y.al tj x*f'?
o'24 HisiuiUL i)L l'église.
TO'j 0EOÜ èiTi. ïouxô (Aou ècttï xo (TWfAa, cir|i7i. ToÙTO TÔ pY)(Aa (XîTapp\j6(j,t!^ei xà 7ipoxeî(A£va). Cf. Hom. ii, n. 6 (ibid., p. 389); Hom. ii in II Tim., n. 4 (Migne, t. LXII, p. 6i2); Goar, Euchol. gr., p. 140 et seq., ed. Par.; Arcud., loc. cit., cap. lu-vi, p. 131 et seq.; AUatius, Contra Creght, p. 549 et seq.; Habert, loc. cit.; Observ. in P. VIII, p. 142 et seq.; Toultée, Diss. m in Cyr. Hier., cap. xu (Migne, t. XXXIII, p. 276 et seq.); \ssem., Bibl. or., II, 201; Renaudot, II, p. 2o0; Selvaggio, lib. II, pari. II, cap. ii, § 2, p. 52-54; Dœllinger, Lehrb., I, p. 263; Werner, Cesch. der apolog. Literat., III, p. 159 et suiv. Sur L. A. Hoppe, Die Epikiesis, Schaffh., 1864; Kœs5ing, dans Bonner tbeol. Lit.-Bl., 1866, p. 318 et suiv.; Lit. Erkleer. der hl. Messe, 'i'^ éd., p. 496 etsuiv,; Tüb. Q.-Schr., 1867, p. 238 et suiv.; Catholique, 1866, II, p. 526 et suiv., 679 et suiv.; J.-Th. Franz, Der eucharist. Consecrationsraoment., Würzb., 187Ö. La discipline de l'arcane est encore rappelée dans Pallad., Vita Chrjs., éd. Bigot, Paris, 1860, p. 85; coll. Chrys., Ep. ad Innoc. 1 (Mansi, 111, 1089).
Les sacrements. — Le baptême.
27.5. Le baptême était, comme autrefois, administré après le catéchuménat, qui, dans quelques églises, durait trois ans, ailleurs deux seulement. En ")06, un concile d'Agde, dans la Gaule, limita ce terme à huit mois pour les catéchumènes juifs. Les Pères s'élevaient avec énergie contre l'ajournement du baptême, qui avait pour motifs l'indifférence religieuse et l'amour de ses aises, d'autres fois aussi le désir de le recevoir au même âge que Jésus-Christ et dans le Jourdain, ou de mourir sans péché en le recevant au terme de la vie et d'arriver sûrement au ciel. Dans les dangers de mort, on administrait le baptême aussi rapidement que possible, maison n'aimait pas le baptême des cliniques. Les degrés du catéchuménat furent régulièrement maintenus et même développés. (Ils comprenaient ceux qui se déclaraient à l'Église, les auditeurs, les prosternés, les compétents ou élus.) Les noms des compétents étaient inscrits quarante jours avant Pâques. Le jeune, la prière, la confession, les examens (scnttmia) et les exorcismes précédaient le baptême.
A Rome, le principal examen avait lieu le mercredi de la quatrième semaine du Carême. Les compétents étaient marqués par le clergé et par leurs parrains sur le front et sur la poitrine. On leur mettait du sel bénit dans la bouche ' (en Afrique,
' Marc, IX, 48.
LE CULTE. .^i^fi
à plusieurs reprises), et quelquefois aussi du lait et du miel. Ou distinguait parmi les cérémonies l'insufflation qui suivait l'exorcisme, après quoi le prêtre touchait les oreilles en prononçant ephpheta * ; ouvrez-lui l'intelligence ; l'onction, la lecture du commencement des quatre Évangiles, et en Italie la présentation d'une pièce d'argent en souvenir du talent confié à chacun % un voile placé sur la tête, qu'on enlevait le jour du baptême, la présentation d'un vêtement blanc et d'une bougie. Les catéchumènes devaient apprendre par cœur le symbole de la foi et le réciter solennellement.
Le baptême administré, l'instruction s'achevait dans la semaine de Pâques par l'initiation aux principaux mystères du christianisme et aux sacrements (catéchèses mystagogiques). L'instruction était souvent dirigée par levêque lui-même, plus souvent par des prêtres ou des diacres et des lecteurs. L'évêque faisait également en personne, quand il le pouvait, la solennité du baptême, qui avait lieu dans de belles chapelles (baptistères), à Pâques, à la Pentecôte et à l'Epiphanie. Dans les églises des campagnes, c'étaient les prêtres qui baptisaient. En Orient, le baptême des laïques était vu de mauvais œil. Dans la suite, quand on ne baptisa plus guère que des enfants, on réunissait en une seule action les cérémonies qui se faisaient en différents temps. Le baptême lui-même, excepté pour les malades, se donnait par une triple immersion : l'Orient y tenait d'autant plus qu'Eunome, sous prétexte de ne baptiser qu'au nom de la mort de Jésus-Christ, ne voulait admettre qu'une seule immersion. En Occident, saint Grégoire le Grand la recommanda aux Espagnols afin de faire opposition aux ariens, qui admettaient trois catégories dans la divinité. En 633, le quatrième concile de Tolède fit de ce conseil une loi.
L'eau du baptême était bénite à part ; elle fut bientôt mêlée de chrême. Cette eau, que les fidèles employaient aussi comme un sacramental, ou y plongeait le cierge pascal. Aucune loi ne prescrivait de changer son ancien nom contre un nom chrétien mais c'était l'usage de le faire. On distinguait exactement les différentes classes d'hérétiques, dont le baptême était considéré comme valide ou invalide. 11 était défendu d'exiger des honoraires pour le baptême, mais on tolérait les présents.
' Marc, VII, 34. - « Luc, xix. 12 et suiv.
n26 HISTOIRE DE l'ÉGLISE.
ADDITION DU TRADUCTEUR
Témoignages des protestants sur le baptême des enfants.
Luther : « N'est-ce pas un singulier miracle de Dieu que la nécessité du baptême des enfants n'ait jamais été niée même par les hérétiques, que jamais aucune voix ne se soit élevée contre cette pratique, que toutes les voix au contraire l'aient admise et respectée ? Nier que c'est la confession de l'Église serait une impiété; autant vaudrait nier l'Église elle-même. Si le baptême des enfants n'était pas un article de son symbole, ses enseignements auraient varié : or l'Église n'a jamais confessé que ce qu'elle croit ' . » — Henke : « Le chef de l'Église anglicane i^Henri VIII) ne souffrait pas qu'on pensât autrement que lui. La doctrine des sept sacrements était, à ses yeux, aussi sacrée que sa couronne. » — « Le baptême est nécessaire; par le baptême nous devenons enfants de Dieu -. ■>
La même confession d'Augsbourg, art. Il, s'élève contre les anabaptistes et contre l'erreur dans laquelle ils sont que les enfants peuvent être sauvés sans le baptême {Lettres de Scheffmacher, t. I). — « Il est d'autres dogmes qui, sans porter atteinte au pouvoir, sont hostiles au pur Évangile, par exemple le baptême des enfants, que les fanatiques rejettent, la négation du péché originel... On demande s'il est permis de punir de mort ceux qui soutiennent ces maximes hétérodoxes?... Qui rejette le baptême des enfants ..., qui prêche contre la foi, soit puni de mort ^. » — Lcther : « Qui nie les dogmes de la foi, un seul article même de notice croyance, doit être sévèrement puni... Il n'est pas besoin de disputer avec de pareilles gens, on les punit comme des impies et des blasphémateurs... Quand ce serait un ange, Gabriel luimême, desrendu du ciel, chassez-le comme un apôtre de l'enfer, et, s'il ne s'enfuit pas, livrez le polisson et le séditieux au bourreau '. »
Cassaxder : « Puis donc que cette Église occidentale ou romaine, en laquelle nous sommes nés et avons été régénérés en Christ, et dont par le baptême nous avons été faits, quant à la conversation extérieure, citoyens et membres, retient l'autorité de l'Écriture,... et que les sacrements y sont de la manière que Jésus-Christ les a institués, ... je ne puis m'empêcher d'embrasser et de respecter cette Église comme vraie Éghse. » — J. vuN Gœthe : <■ Il ne se passe pas beaucoup de temps sans que les époux apportent au pied de l'autel un enfant qui reproduit leur image, que l'eau sacrée purifie et unit si intimement à l'Église que ce n'est que par l'apostasie la plus inouïe qu'il pourrait cesser de jouir de ce bienfait... Ainsi, dans un cycle Ijrillant d'actes également
^ Lettre à Mélnnchton. — * Confess. d'Augsbourçi, art. 9. — ^ Actes du synode de Hamboury, 1536. — ^ Luther cité par Audin, Vie de Luther, c. xxxvi.
LE CULTE. h27
solennels, le berceau et la tombe sont unis dans une harmonie ronli-
nue Comme cette harmonie vraiment spirituelle est tristement
rompue dans le protestantisme, puisqu'une partie de ces symboles sont regardés comme faux, comment nous préparer à la pai'ticipation des uns en niant l'efficacité des autres ' ? »
Conc, Agath., cap. xxxiv. Contre l'ajournement du baptême, Basil., Hom. cohort. ad s. bapt. (Migne, t. XXXI, p. 424 et seq.); xNazianz., Or. XL (Migne, t. XXXVI, p. 360 et seq.); Chrys., Hom. i in Act.,u. 0 (Migne, t. LX, p. 23); Nyss., De bapt. (Migne, t. XLVI, p. 42.5 et seq.}; Rites du baptême, Cyrill., Cat., xix, xx, xxn; Aug., Conf., I, 9; Serm. ccxxxn; Ps. Dion., De eccl. hier., cap. n et seq.; Basil., DeSpir. sanct., cap. XII et seq.; cap. xv; cap, xxvii, n. 66; Naz., loc. cit., n. 46, p. 728 et seq.; Job mon., ap. Phot., cod. 222, lib. III, p. 187; German., ap. Call., XIII, 204; Conc. Araus., 441, can. ii (onction avec le chrême); can. xviii-xx. Instruction des catéchumènes, Cyrill. Hier., 345; Catech. xxui (les cinq dernières sont des instructions mystagogiques). Aug., lib. De catechizandis rudibus; Serm. lvi-lix; Serm. ccxii-ccxv; Gaudent. Brix., tract, i-x. Recitatio symboii Laod., xlvi; Trull., Lxxviii. Temps du baptême, LeoMagn., 447, Ep. xvi, cap. 5, 6; 459, Ep. cLxviii, cap. 1 ; Gelas., Ep. xiv, cap. 10, p. 368. En Gaule et en Espagne, quand il n'y avait point de danger, on ajournait le baptême jusqu'à Pâques ^samedi saint). Conciles d'Auxerre, 578, can. xviii; de Màcon , .ö8ö , can. m. Baptême administré par des laïques, Selvaggio, lib. III, cap. n, § 4, n. 9. Mon ouvrage, Photius, III, p. 138-140, 594. Baptême d'Eunome , Socrat., V, 24; Soz., VI, 26; Theod.. Hœr. lab., IV, 3; Epiph., Haer. lxxvi ; Conf. ult., n. 6; Nyss., Contra Eun., lilj. XI fin. (Migne, t. XLV, p. 881). La triple immersion est recommandée dans Can. ap., xlix, al. l; Cyrill., Cat. XX, n. 4; Nyss., In bapt. Chr. (Migne, t. XLVI, p. 583). Une seule immersion, Gregor. Magn., lib. I, Ep. xliii ad Leandr. Hisp., p. 531 H.; Conc. Toi., IV, 633, can. vi. Baptême des hérétiques, Nie, can. viit (valide chez les novatiens), can. six (invalide chez les paulianiens); Laod., eau. vu (pour les quartodécimans et les novatiens). Cpl. 382, can. vil (faussement attribué au deuxième concile en faveur des ariens et des macédoniens, contre le baptême des eunomiens et des sabelliens). Sur le baptême des possédés et de ceux qui sont devenus muets, Conc. Araus., I, can. xir, xiv, xv. Honoraires du prêtre, Turon., 567, can. vu.
La confirmation.
276. La confirmation, qui se donnait ordinairement avec le baptême, en fut insensiblement séparée, depuis qu'on ont per-
' Du devoir de l'homme de bien dans les di/férends de religion.
H28 HISTOIRE DE l'ÉGLISE.
mis aux prêtres de la campagne, en Occident surtout, d'administrer le baptême. En Orient, d'abord à Alexandrie, les prêtres conféraient aussi la confirmation ; en Occident, c'étaient ordinairement les évêques ; les prêtres ne le faisaient qu'avec une autorisation spéciale du pape. Grégoire le Grand la donna aux prêtres de Sardaigne. Mais chez les Latins comme chez les Grecs, le chrême, que saint Cyrille appelait saint et qu'il comparait au pain eucharistique, devait être bénit par l'évêque. Les patriarches d'Orient se réservèrent plus tard cette bénédiction. En Occident, l'évêque le bénissait ordinairement , avec les autres huiles sacrées, le jeudi saint. La confirmation passait, comme le baptême, pour irréitérable. 11 arriva cependant, dans les Églises d'Orient comme dans celles de l'Espagne et de la Gaule, que certains hérétiques, sans être rebaptisés quand ils rentraient dans l'Église, recevaient néanmoins l'onction du chrême et l'imposition des mains, tels que les novatieus et les ariens; mais il y en avait aussi à qui on se contentait de demander l'abjuration de leurs erreurs et une profession de foi.
ADDITION DU TRADUCTEUR
Témoignages protestants sur le sacrement de confirmation. Leibnitz : (' Quant au sacrement de confirmation, il repose, indépendamment de ce que rÉcriture sainte dit sommairement de l'imposition des mains, sur la tradition apostolique de la première Église, attestée par Cornélius, évèque de Rome, dans Eusèbe, et par Cyprien le martyr, par le concile de Laodicée, par Basile, Cyrille de Jérusalem et par d'autres Pères de lÉglise. C'était un sacrement différent du baptême '. •> Marheineke : « Quant à l'usage chrétien, vraiment ancien, de l'imposition des mains, les apôtres ne l'avaient certainement jias introduit sans en avoir reçu l'ordre. » — « Par le symbolum chrismatis, on rappelle l'onction invisible et intérieure du Saint-Esprit, à ceux qui par le baptême ont été faits chrétiens. L'imposition des mains vient des apôtres-. >■ — Leibnitz : « La confirmation couronne l'œuvre commencée par le baptême. » [Loc. cit.)
Cyrill., Cat. xxi, surtout n. 4; Ps. Dion., De eccl. hier., cap. iv : Laod., can. xlvui; Innoc. 1, Ep. i ad Décent., cap. m, n. 6: Gelas., Ep. ad episc. Lucan.; Greg. M., lib. III, Ep. vi, ix; Pacian., Serni. de bapt., n. 6 ; Conc. Epaon., 517. can. xvi (l'oncfion des personnes uior-
' Système Ihéoloii- — " lUe Regensb. Theologen.
tellement malades par des prêtres est exceptionnelle). Conc. Cpl., 382, can. vu (trois classes d'hérétiques]. Morin, Diss. u de sacr.; conf. Arcud., De conc. in vu sacr. adm., lib. H, cap. i et seq.; Bened. XIV, Syn. D., VII, 7 et soq.; IJenzingrer, Hitus orient., Wircel)., 1863, t. 1, p. o4.
La communion.
277. Anciennement, les fidèles recevaient l'Euctiaristie chaque fois qu'on célébrait le culte liturgique, c'est-à-dire Ions les jours dans la plupart des églises. Mais l'indifférence et la paresse, dans les grandes villes surtout, succédèrent bientôt à l'antique ferveur et provoquèrent les plaintes douloureuses des Pères, tel que saint Chrysostome. Sur ce point les fidèles de l'Occident montraient plus de piété, et, au cinquième siècle, la communion journalière était encore en usage dans plusieurs églises. Le concile d'Agde, en 506, statua que tous les chrétiens s'approcheraient au moins trois fois par an de la table du Seigneur, à Noël, à Pâques et à la Pentecôte. Les plus zélés d'entre les chrétiens le faisaient tous les dimanches.
L'usage de communier les fidèles dans leurs demeures ou d'emporter l'Eucharistie dans les voyages devenait chaque jour plus rare. Dans ce cas, comme dans d'autres circonstances, on ne la donnait le plus souvent que sous une seule espèce, notamment aux moines du désert, aux enfants et aux malades : comme chacune des espèces passait pour contenir le Christ tout entier, on la considérait comme suffisante. La communion sous les deux espèces ne continua de prédominer que dans l'office solennel. On la recevait régulièrement à jeun et après s'être lavé les mains. Le jeudi saint seul fit longtemps exception en Afrique, où l'office ne se célébrait que le soir, en mémoire de la dernière cène du Sauveur. Il fut défendu de donner l'Eucharistie aux défunts ou de l'envoyer au dehors selon l'ancien usage, à cause des abus qui en pouvaient résulter; on se contenta d'envoj'er des pains bénits en signe de communion et de charité. Ces pains, on les donnait également aux laïques avec du vin bénit, après qu'ils eurent cessé de communier régulièrement (antidora). Au début du quatrième siècle, les jours de dimanche, on envoyait encore dans les églises accessoires l'Eucharistie {fermentatum) consacrée par l'évèque dans l'église •principale, mais non aux églises pluséloignées delà campagne.