I.K CLl-TK. r>ol
Sacranicnlaux, Bellarm., De sacr., II, 29; De cultu sanct., III, 7; (iretser, De beiied., II, 23 ; L. Pfaimeuschmidt, Das Weihwasser (formules de bénôdiction, Const. ap., Vill, 2iJ), im heidn. u. christl. CuJtiis, Hanovre, 1869. Sur le sigae de la croix, De Kossi, Do christ, titulis Carlhag. (Spicil. Solcsm., IV, 'ôli et seq.)j Goltofred., in Cod. Theod., XVI, 10, 2.S; Comment., t. VI, p. 332; Julian., ap. Cyriil. Alex., lib. VI contra eumd., Op. VI, ii, p. 194. Le lavement des pieds (lotio pedum, pcdilavium) fut aboli dans plusieurs localités de l'Espagne, après le concile de Tolède, XVII, 094, can. m, [mis inculqué de nouveau. En Afrique, son usage est attesté par saint Augustin, Ep. cxvni ad Jan.; à Milan, par saint Ambroise, De niyst., cap. vi, n. 32.
La consécration des églises.
287. Uno cérémonie particulièrement solennelle était celle de la consécration des églises; nous la voyons déjà mentionnée après la persécution de Dioclétien. Soiivetit plusieurs évoques se réunissaient à cette occasion et en profitaient pour tenir (les synodes, La fête durait quelquefois jusqu'à huit jours, et on célébrait ordinairement lanniversaire de cette consécration (encénies). Le Sacramentaire de Grégoire le Grand contient déjà le rituel précis de cette cérémonie. Les conciles aussi mentionnent souvent la consécration de l'autel de pierre avec le chrême, et quelques cérémonies particulières de la consécration. On faisait alors des processions solennelles avec les reliques des saints, de même qu'on en faisait souvent en actions de grâces ou pour demander quelque faveur. Outre les processions qui avaient lieu pour les funérailles et pour les noces, lus processions avec des palmes et des cierges, il y en avait encore pour la consécration des évèipies, pour les fêtes célébrées à l'occasion de quoique victoire ou autres circonstances analogues; on y portait des croix, des bannières, des cierges allumés, des tableaux et des reliques, récitait des prières, faisait des invocations, exécutait des chants conformes à la circonstance. La même chose avait lieu dans les grands et nombreux pèlerinages f]ui se faisaient aux lieux saints de la Palestine, aux tombeaux des princes dos apôtres, saint Pierre et saint Paul, à Rome, au tombeau de saint Martin de Tours et aux plus fameux sanctuaires de la Mère de Dieu. Les docteurs de l'Église exigeaient qu'on y apportât des intentions i)ures. que tout se fît avec é(U-
552 HISTOÏKK DK l/ÉOLlSF,.
fication et qu'on évitât tout acte coupable et superstitieux. C'est ainsi que les fidèles trouvaient dans le christianisme diverses occasions de se livrer à des joies et à des récréations innocentes.
OUVRAGES A CONSULTKR ET REMAROl'KS CRITIQUES SUR LE N" 287.
u Dedicatio ecclesiœ, » Euseb., Hist. eccl., X, 3, 4; Vita Const., IV, 45; Soz., II, 26; Socr., I, 28; Theod., I, .31; Sj'nes., Ep, lxvii; Aug., Ep. ccLXix ad Nob.; Gaudent. Brix., Serm. xvii de dedic. basil. 40Mart.; Conc. \gatb., can. xiv; Epaou., oil, can. xxvi. Saint Athanase eut à se justifier d'avoir célébré le culte dans une église non encore consacrée, Apol. ad Const. , n. 14 et seq., p. 240, éd. Maur. I.es processions, TT(ioî>.EÛT£i; 'Gfctser, De ciilli. V.cc\. sacr. process., IfiOO, Op. V, 1 ; Hinteiim, Denkw., IV, I, p. '6'6 et suiv.), furent d'abord des processions «funèbres » et « nuptiales; >- vini'ent ensuite les processions avec les reliques, puis les rogations, supplicationes, rogatione», Xitat, ).tTaveîai, comme dans les grandes calamités; Nicepb. Call., XIV, 3; voyez sur le § 262. Pèlerinages .'i Jérusalem, Euseb., Hist. eccl., VI, 8, 9; Chron., an. 228; Hier., Catal., cap. Lxri (Alexandre d'Hiérapolis); Greg. xXyss., De euntibus in Hier., ep. u, m (Migne, t. XL VI, p. 1009 et seq.j; Sulpic. Se ver., II, 33; Hier., Ep. xlix, lviti; Epitapb. Paula?; Eus., Vita Const., IV, 62; De loc. bebr.; Paulin. Nolan., Ep. xi, xxxvi; Tillemont, Mém., t. XII, p. 100; Saint Jérôme, art. 42 et seq.
Les tombeaux des apôtres à Rome étaient visités par des princes, Isid. Peius., lib. Il, Ep. v; saint Cbrj'sostome, Hom. xxxu in Rom., n. 2 et s4q. Cf. Hom. vin in Eph., n. 1 (Migne^ t. LX, p. 678 et seq.; t. LXIi, p. Ö7), aspirait aies visiter. La relation du pèlerin de Bordeaux, vers 333, e.<t célèbre. Revue archéol., nouvelle série, VII, 99, Paris, 1864. Voyez aussi Ang., Serm. m de sanct.; Serm. i de verb. ap.; De Civ. Dei. XXII, 8; Cbrys., Hom. xxx in II Cor., n. 1 ; Hom. i inPbilem., n. 2; Hom. iri ad pop. Antioch., n. 2 (Migne, t. LXI, p. 606; t. LXll, p. 707; t. XLIX, p, 46), et aussi contre l'abus des pèlerinages. Gretser, De sacr. et relig. peregrinat., Op. IV, II; Binterim, IV, I, p. 606 et suiv.; Mamacbi, Ant., t. H, p. 27 et seq.; J. Marx, Die Wallfahrten in der katbol. Kirche, Trier, 1842.
Les funérailles.
288. Les funérailles des chrétiens étaient sans doute empreintes d'une gravité solennelle qui rappelait les espérances de la vie future, mais elles n'avaient rien de lugubre. Les morts eux-mêmes étaient devenus l'objet d'une tendre sollicitude. Les cadavres étaient lavés et purifiés; souvent même on les oignait et les embaumait, puis on les plaçait sur la bière
avec des vêtements blancs, ou bien on les exposait pendant (juelque temps, surtout les évêques, les prêtres et les princes. La sépulture avait lieu de jour, et les proches parents étaient souvent revêtus de leurs habits de fête. Les habits de deuil, d'abord désapprouvés d'un grand nombre, finirent par prévaloir.
Les corps des fidèles étaient portés au lieu de leur repos par des fossoyeurs ou parabolanes, quand il y en avait, ou par d'autres chrétiens, au milieu du chant des psaumes et des prières, des flambeaux, des branches de palmier et d'olivier.
Les places de sépulture (cimetières, dormitoires) étaient bénites par l'Église. La défense futre nouvelée à plusieurs reprises d'inhumer les simples fidèles dans les églises. Ce privilège, d'abord réservé aux évêques et aux rois, fut peu à peu accordé à d'autres fidèles. Les places ordinaires de sépulture se trouvaient autour des églises et elles jouissaient comme celles-ci du droit d'asile. Près de la tombe, on récitait des prières et on prononçait des discours funèbres, surtout quand le définit était ime personne de qualité. Ceux qui n'avaient pas été de leur vivant dans la communion de l'Eglise ne l'obtenaient pas après leur mort; on leur refusait la sépulture ecclésiastique. Outre les messes de défunts, qui se célébraient immédiatement après la mort, il y en avait encore les troisième, neuvième et quarantième jours, puis le jour de l'anniversaire; on distribuait alors d'abondantes aumônes. L'Église laissait à la coutume et à la législation le soin^de fixer la durée du deuil. Les festins des funérailles subsistèrent longtemps dans différentes contrées.
OLVRAGKS A CONSL'LTEll ET REMARQUES CIUT[QUES SUR LE >" 288.
Voy. [»lus liant § 273. Ghrys., Hom. i de pat. Job; Hom. iv in Hebr.; .Vug., De Civ. Dei, I, 13; Euseb., Hist. eccl., Vil, 22; Conc. Toiet., 389, ••an. xsii 'défense de remplacer, dans les enterrements, le chant des psaumes par des cantiques funèbres, et de se frapper la poitrine en signe de deuil). Corip., ap. Baron., an. Sfi.ï, n. 21 ^sur la sépulture de .lulieul. l/usage emprunté aux Égyptiens de garder chez soi des défunts «■héris et respectés, après les avoir embaumés, fut réprouvé par saint Antoine, Äthan., Vita Ant., n. 00 /Migne, t. XXVI, p. 969). « Benedictio cœmeterii, « voyez fireg. Turon., Degloria confess., I, 106 ; Marténe, De ant. Eccl. rit., lib. 11, cap. xx. Prescriptions sur les sépultures, Conc. Hracar., 3f53, can. xvrn (contre l'inhumation dans les églises). Matisc. :î^;>, i-;in. xvti; cnnci|p d'Auxprre. "iTS. can. xiv. xv. Sur i'ensembb'.
554 hisiouîj: l>k i/égusk.
Greiser, De christ, funere, Ingolst., löll ; Ouufi". Panvinii. Lib. de ritu sepeliendi morluos, Lips., 1717; Franzen, Conim. de fun. vet. christ.. Helmst.j 1709; Lips., 171:]; Raoul Rochette, Mémoire sur les antiquités chrétiennes, Paris, 1839, n. 1-3 (Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. Xllll; Hornstein, les Sépultures chrétiennes, Paris, 1868. Voyez 1, !^ 208.
LA LITIÈHATUHE ET LA VIE KELIGIEUSE. Le mouvement scientifique. — Travaux littéraires en général.
289. La littérature chrétienne prend an quatrième siècle, dans les langues latine, grecque, syriaque et même arménienne, un développement riche autant que varié. Il est vrai que les auteurs chrétiens s'occupaient plutôt du fond que de la forme, des pensées plutôt que de leur enveloppe extérieure; ils visaient plus à agir par la simplicité et la force de la doctrine que par la magie et la parure de l'art. Cependant on remarquait chez plusieurs un etTort vers l'élégance du style et la pureté de la diction, une tendance heureuse à imiter les originaux classiques; d'autant plus que les ouvrages des écrivains religieux n'étaient plus uniquement suscités par le besoin de repousser les attaques du dehors, mais aussi par le goût des recherches, la passion du savoir ou le besoin d'édifier les contemporains en élevant leurs esprits. Si l'apologétique et la polémique, surtout contre les hérésies, continuaient d'absorber la plupart des auteurs ; si les nécessités du moment faisaient négliger quelquefois les agréments et la correction du langage , le mouvement plus libre des esprits permettait cependant d'espérer de grands progrès. Quant aux saints Pères, qui travaillaient pour leurs contemporains, ils ne pouvaient ni ne voulaient répudier entièrement le goût de leur époque.
Cette époque est surtout remarquable par la précision du langage théologique, par une plus grande exactitude dans la terminologie, chez les Grecs aussi bien que chez les Latins. Ce résultat était dii principalement aux controverses dogmatiques. On employa pour formuler le dogme les termes foiunis par la philosophie, et on le fit d'une manière qui pouvait servir de modèle à la postérité. La diversité des tendances se continuait au sein de l'ÉgUse, mais elle allait se fondre peu à peu dans nue unité supérieure. Les théologiens s'approprièrent successi-
!.A l.!l JÉRAllKK El LA Vit KEJ.IGIEliSK. 5oo
veinent les travaux des écoles d'Alexandrie et d'Antioche, tandis i^ue les Syriens, avec leurs productions poétiques et l'indigence de leur spéculation, les Arméniens, avec leurs œuvres toutes pratiques, ne pouvaient exercer au loin qu'une influence secondaire. La théologie positive et traditionnelle, attacliée à l'Écriture et à la tradition, subsistait toujours, et à côté d'elle la théologie spéculative et dialectique, qui s'appuyait de la philosophie des anciens.
Platon avait eu une grande influence sur plusieurs Pères de l'Église, notamment sur Grégoire de Nysse; cependant Aristote finit par l'emporter, et la dialectique, u ce rempart des dogmes, » envahit la première place. Les formes didactiques d'Origène, élaborées et transfigurées par les Pères, tels que Basile et Grégoire de Nazianze, eurent toujours une grande importance. Dans la théologie mystique de Denis l'Aréopagite, divers éléments platoniciens se mêlèrent à la théologie. Après le concile de Chalcédoine, la littérature gréco-orientale commence peu à peu à décliner, soit par suite des guerres extérieures et des invasions des barbares, soit par la cessation de l'ancienne lutle avec la culture païenne, par la négligence et le mépris des études classiques. L'amour de la science survécut sans doute, mais les travaux distingués devinrent chaque jour plus rares.
Dans l'Occident aussi, plus voué aux choses pratiques, la décadence arrive peu de temps après Léon le Grand; la langue grecque tombe en désuétude, l'histoire se change en une maigre chronique ou en légende ; la pensée devient diffuse eà insipide; plus de travaux en philosophie ni en exégèse. .Justinien, en défendant d'étudier la philosophie à Athènes, entrava son développement. Cette décadence toutefois ne fut que successive et ne se produisit point partout à la même époque.
Omn.VGliS A CUNSLI.ÏER ET HEMARQUES CRITIQUES SCR LE N° 289.
Sur la littérature sjTienne et arménienne, voyez A § 20, 1, § 179; 11, ,!5 -23, 18J ; As=emani, Bibl. or., Rom., 1710 (extrait par Pfoitfer, Erlanjjfen, 177fi); AJjeloos, De vita et script. S. Jacohi Sar., Lovan., 1867; Rickt'll, Conspectus (A 20). Sur les poètes occidentaux, voyez Baîhr, nie clirisll. Dicliter und. Geschichtschreiber Roms, Karlsrahe, 183<>.
I.a plupart des auteurs qui ont écrit des hymnes (§ 263) se sont aussi
:;.j,nalés par des panégj'Hques et des œuvres didactiques eu vers. Tel-;
sont : .Jiiveuce (mort eu 330), Prosper, Sidoine Apollinaire, Avile de
Vienne. Mérobaudes (Gallandi . IX. '(02K Orienlius d'Aucb fibid.. X,
o56 HISTOlKli DE LÉGl.lSE.
iSo); parmi les Grecs, Draconlius (Hexaein., ibid., IX, 705;; l'iinpératrice Eudoxie, Nonne, Paul Silenliaire, Georges de Pisidie. L'imitation des auteurs classiques est sin-tout visible dans Grégoire de Nazianze et Apollinaire, et, en Occident, pour la prose, dans saint Ambroise, Sulpice Sévère, Léon le Grand.
Dans l'Église, on compte parmi les syncrétistes plusieurs néoplatoniciens chrétiens, tel que Sjnésius de Cyrène, évèque de Ptolémaïs (Krabinger, Ueber Synes. Leben und. Schriften., Munich, 4825; Tüb. Q.-Schr., 1832, p. 146 et suiv.; Kraus, ibid., 1865, 111, IV; 1866, 1. Op., ed. Petav., Paris., 1612, in-fol., 2 vol., emeud. 16+0; éd. Krabinger, Landish., 1830, t. I; Migne, Patr. gr., t. LXVI); Némésius d'Émèse (Ilcpi 7J<7£w; àv6pw7rou, Hal., 1802, Gallandi, VII, 333 et seq.; Migne, t. XL, p. 503 et seq.; Zacharie le Scholastique (Migne, t. LXXXV, p. 1005 et seq."; Énée de Gaza (ibid., p. 863 et seq.). Ausonius, maître de Gratien. poète latin, mort en 394, etc. Concernant les études platoniciennes et aristotéliciennes, voyez les ouvrages ad 1, § 170. Sur la terminologie théologique, Passaglia, Comm. 1 de nexu nominum et rerum in Comment, theol., Romae, 1850. Sur la dialectique, Basil., In Isa., cap. n, p. 890; Naz., Carm. bist., Hb. II, sect. ii, p. 1310 et seq.: Aug., De ord.. II, 13. Sur le pseudo-Denis, ci-dessus, ad § 163.
La théologie dogmatique.
290. Origène avait essayé de coordonner en un corps de doctrine toutes les matières qui constituent la théologie dogmatiijue. Cette tentative ne fut pas poursuivie; quelques parties seulement furent élaborées par saint Athanase, saint Basile. Didyrae, saint Cyrille et saint Maxime; en Occident, par saint flilaire, saint Ambroise, Pacien, saint Augustin, saint Leon et saint Fulgence. L'Église laissait aux écoles le soin d'établir l'accord des vérités révélées avec la spéculation savante, exigeant la foi comme condition fondamentale de la srience ecc]ésiasti{iue. Elle rendait témoignage à la révélation et protégeait son territoire en prévenant les écarts de la pensée humaine. Ses maîtres employaient la philosophie, mais à un rang secondaire ; elle leur servait surtout à réfuter les objections des héréti(]ues, à éclaircir les vérités de la foi et à les présenter sous un meilleur jour.
Ce sont précisément les plus illustres docteurs qui ont fait usage de la méthode positive et historifjue, en s'appuyant de rÉcriture et de la tradition. Saint Cyrille ne traite les vérités chrétiennes qu'au point de vue des catéchumènes: saint Epi-
LA r.rTTÉRATURE ET LA VIF. RELIGlErSE. a.H7
phane les développe dans son Ancoral. Saint Augustin, Vincent de Lérins, saint Fulgence el Gennade les étudient à un point de vue général; ils s'occupent de leurs propriétés et de leurs caractères, de leur nécessité et de leurs effets. Plusieurs, d'après Denis l'Aréopagitc, ont traité la théodicée au point de vue négatif et au point de vue positif; ils ont considéré Dieu dans l'unité de sa nature comme dans la pluralité de ses personnes, et puisé sa connaissance dans la révélation et dans la raison. Il appartenait à la raison d'établir ce qui répugne à Dieu, ce qui est indigne de lui, et de préparer ainsi les voies à la connaissance révélée. On démêlait ce qui revient à la divinité comme telle et ce qui appartient aux trois personnes divines; on distinguait le particulier du général, l'abstrait du concret, l'essence des personnes.
OUVRAGES A CONSL'LTER ET REMARQUES CRITIyLES SUR LE N° 290.
Le discours d'un évèque simple et sans savoir (dans Socr., I, 18) pi'ouve combien on tenait à ses convictions religieuses et aux vieux principes (1, § 171). Naz., Or. xxviii, p. 519 : niaxtç ôè àyeTw jxàXXov f,[iâ; f, Xôyo;; Basil., Hom. in ps. cxv, 1 : nîdTiç fiysidôw twv Trspi Geoù Xôyoi, xai ij.?! àTtôSeiÇi;; Aug., Tract, xl in Joan., n. 9 : « Credimus ut cognoscamus non cognoscimiis ut credamus; » Ep. cxx ad Consent. : <* Ut ea quœ lidei firniitate jam tenes, rationis luce conspicias. » Cf. De Trin., I, i, 2 ; De utilit. cred., cap. ix, n. 21 ; De mor. Eccl. cath., cap. xxv; De vera relig., serm. xiiir, etc. Citons encore Vincent de Lérins, Coramonitor. adv. haer. (cf. ÏNoris, Hist. Pelag., II, xi, t. I, p. 387; t. III, p. ä9.'l); Fulgent., Lib. de fide; Gennad., Lib. de eccles. dogmat.; Cyrill. Hier., Catech.; Epiph., Ancor., ap. Migne, Patr. gr., t. XXXIII, XLIII. Voyez ci-dessus, II, § 72; Scheeben, Dogm., I, p. 640. — OeoXoyia rivwjxévri et oiaxexptiJLÉvr,. Ps. Dionys., De div. nom., cap. ii ; Maxim, schol., in h. I.; Dam., F. 0., I, 10. Nous n'avons pas à citer les nombreuses monographies sur des sujets dogmatiques, telle que celle d'Eustrate de Constautinople contre les psychopannycbites, Phot., Biljl., cod. 178, ap. Allât., De purgat., p. 336-580. Voyez mon ouvrage, Photius, III, p. 644.
La théologie biblique.
29i. La théologie biblique eut pour promoteur Eusèbe de (lésarée, dans ses ouvrages préparatoires à l'étude de la Bible et dans des commentaires particuliers (sur les Psaumes, sur saint Luc); Didyme l'Aveugle (mort vers 395), qui lit de l'allégorie un emploi plus réservé que n'avait fait Origène et combattit les hérétiques avec le sens littéral de la Bible; les grands
o58 HISTOIRf; DE l.'ÉGLISE.
docteurs de Cappadoce, qui tentèrent de concilier la lettre et l'allégorie, puis surtout les Antiochiens, notamment saint Çhrysostome et Théodore!.
En Occident, nous trouvons Marins, Victorin, saint Hilaire, saint Ambroise, saint Augustin, ^aint Grégoire le Grand : la plupart cultivaient un peu trop exclusivement la méthode allégorique. L'hérésiarque Pelage poursuivait seul le sens littéral, et saint Jérôme, fameux par ses travaux bibliques, où il fit usage de sa connaissance de l'hébreu, par sa traduction, ses introductions aux livres de l'Écriture, lui rendit en cela une pleine justice. Le donatiste Tichonius composa ses sept règles d'herméneutique, recommandées par saint Augustin, puis un commentaire (perdu) sur l'Apocalypse. L'Africain Junilius (vers 560) publia, d'après les leçons du Perse Paul de Nisibe, un essai d'introduction scientifique aux livres de la Bible, qu'il dédia à l'évêque Primasius. Le dernier des grands travaux en ce genre fut l'interprétation morale du livre de Job par Grégoire I". Nous avons d'autres traités importants dans les écrits de saint Augustin sur la doctrine chrétienne et l'harmonie des Évangiles, dans les institutions de Cassiodore, et, pour l'interprétation allégorique, dans le livre de saint Eucher (mort en 450) « sur les formules de rintelligence spirituelle. » On trouve dans un commentateur inconnu des Épîtres de saint Paul, 1' Ambrosiaste, comme on l'appelle (autrefois attribué à saint Ambroise), plusieurs remarques de valeur.
ADDITION DU TRADUCTEUR
On doit à saint Eucher deux excellents traités, le premier, adressé à sou ami saint Hilaire, contient un bel éloge de la solitude; le second, sur la vanité du monde, est remarquable par la beauté du style, la délicatesse des pensées et la vivacité des couleurs.
« A peine, dit-il, le monde a-t-il maintenant de quoi nous tromper. Le faux éclat qu'il étalait à nos yeux pour les surprendre s'est évanoui. 11 tâchait auparavant de nous faire illusion par des dehors spécieux ; à présent, il ne peut plus même la faire briller à nos yeux, cette vaine montre. Il a toujours manqué de biens solides, et le voilà qui manque même de biens faux et périssables... A moins que nous ne prenions plaisir à nous tromper nous-mêmes, le monde n'a plus de quoi nous imposer. »
Érasme fait un grand élofre de l'iiuvrage sur le mépris du monde et
dit qu'on y trouve toutes les grâces et tous les ornements de réloquencr chrétienne. « Ces deux petits traités, dit Dupin en parlant de cet écrit et d'un autre envoyé à Hilaire d'Arles, sont écrits d'un style très-pur et très-élégant. Les pensées en sont spirituelle? et tournées d'une manière fort agréable. On peut dire que ces deux petits ouvrages ne cèdent en rien pour la politesse et la pureté du discours à ceux des auteurs qui ont vécu en des siècles où la langue était dans sa plus grande pureté ' . i>
Ritter, K.-G., 1, p. 245 et suiv,, 6« édit. Eusèbe et Didynie, Migne, Patr. gr., t. XXIII, XXIV, XXXIX; Philocalia, Orig., de saint Basile et saint Grégoire de Nazianze, éd. Tarin., Par., 1618, 24«' éd.; Spencer, Gantabr., 16Ö8-77; Basil., Greg. Naz., Op., Migne, t. XXIX, XXXV et seq.; Cluys., Theod., Migne, t. XLVIl et seq., LXXX et seq. Isidore de Péluse (ibid., t. LXXVIII) et Hésychius de Jérusalem (cf. Lequien, Or. christ., III, 248) se sont aussi beaucoup occupés d'exégèse. Exégètes lalins, Migne, Patr. lat., t. IX et seq., XIV et seq., XX; Junilius, De partibus div. legis, Migne, t. LXVIII, p. l.ö et seq. Ibid., Primasius, Ambrosiaster, Comm. in Ep. Pauli, Op. Ambr., II, app., p. 2.o et se.q. (un èvèque uu un diacre nommé Hilaire, d'après A. Tychonius).
Autres travaux : saint Jérôme et saint Augustin, Boèce et Cassiodore. — Censure des livres.
292. Outre les travaux sur l'histoire et le droit ecclésiastique i ci-dessus d. 207), sur la théologie pratique, l'éloquence et la poésie; outre de nombreux ouvrages apologétiques et polémiques, nous pouvons signaler encore des œuvres de mérite dans la théologie biblique comme dans la théologie systématique. Si les Grecs se sont illustrés dans ces deux domaines, et s'ils peuvent citer une foule de noms marquants depuis Eusèbe jusqu'au moment présent, les Latins possèdent deux hommes qui ont acquis, l'un sur le terrain de la Bible, l'autre sur le terrain de la théologie, une gloire exceptionnelle : nous avons nommé saint Jérôme et saint Augustin ; le premier beaucoup plus savant, plus avancé dans la connaissance des langues et de l'histoire ; le second, incomparablement plus philosophe et plus pénétrant.
Saint Jérôme, comme sou ami Rufin, comme saint Hilaire et saint Arabroise, s'était principalement formé sur les Grecs et
< Hist. liUér. de la France, t. I, éd. Palmé.
,S60 HISTOIRlï i)K I.ÊGLISE.
avait débuté dans la carrière littéraire par des traductions d'ouvrages grecs; saint Augustin avait étudié les précédents docteurs de l'Afrique, les Occidentaux en général, et s'était développé d'une façon plus originale et plus indépendante. Saint Jérôme avait une âme de feu, un zèle qui allait presque jusqu'à la passion et qui le jetait quelquefois hors des bornes, un caractère irritable et qui inspirait de l'aversion à plusieurs; saint Augustin avait plus de calme, de réflexion et de prudence; ses dehors, aimables et attirants, annonçaient l'harmonieux équilibre de ses facultés intellectuelles. Si saint Jérôme l'emporte sur lui en hnguistique, en exégèse et en critique, saint Augustin lui est supérieur comme penseur systématique, comme philosophe et écrivain dogmatique. Ils entrèrent en commerce épistolaire, puis eu discussion, à partir de 395, à propos d'un texte de saint Paul, Gala t., n, 14. L'opinion de saint Augustin unit par prévaloir.
L'Église d'Occident trouve réuni dans les ouvrages de saint Augustin à peu près tout ce que l'Église orientale offre de plus exquis, et si elle n'a pas éclipsé la gloire de celle-ci, elle l'a du moins égalée. Saint Augustin a été le guide et le modèle nonseulement des Africains venus après lui, tels que Fulgence de Ruspe (mort en 533), Fulgence Ferrand, Facundus, Libérât, mais encore de la plupart des auteurs ecclésiastiques d'Occident. Ses ouvrages sont pour les générations à venir une mine inépuisable. 11 a mis au service de la spéculation chrétienne une multitude d'éléments platoniques; il a été imité en cela par Boèce (mort en 524), qui essaya d'alher aux pensées de Platon les formes d'Âristote et écrivit une théudicée dans les cinq livres de la Consolation de la philosophie. Comme Jean Philopon en Orient, Boèce essaya de propager en Occident la philosophie péripatéticienne, traduisit et commenta la logique d'Aristote. Les Latins ne cessèrent que plus tard de se rattacher à la littérature et à la civilisation des Grecs ; quant aux Grecs, ils ne connaissaient que fort peu les ouvrages des Latins. Cassiodore fit traduire des ouvrages grecs par Épiphane, Bellator et Mutianus, écrivit lui-même sur l'enseignement des sciences et sur les sept arts libéraux, que l'on considérait comme une préparation indispensable à l'étude de la théologie.
La grammaire, la rhétorique et la logique (le (rivium) étaient
LA LITTÉKATIRE ET LA VJE RELIGIEUSE. 06 1
cultivés avec ardeur, et on attachait dans les couvents une importance particulière à la calligraphie et à la médecine ; puis on passait à l'étude de l'Écriture sainte, pour laquelle on se servait des ouvrages d'introduction et des commentaires des Pères. On traitait les dogmes particuliers en marchant sur les traces des saints docteurs, en utilisant les recueils de canons et les ouvrages d'histoire ecclésiastique. S'il était difficile d'étabUr de grandes bibliothèques, on ne reculait devant aucun sacrifice pour se procurer des livres. Leur choix était subordonné à des règles ecclésiastiques, notamment à l'ancien décret, agrandi par les papes Gélase et Hormisdas, qui faisait une séparation exacte entre les ouvrages bibliques et patristiques reconnus par l'ÉgUse, et les ouvrages apocryphes, hérétiques et rejetés, La censure des livres était basée sur ce décret.
ADDITION DU TRADUCTEUR
Dissertation sur la controverse de saint Augustin et de saint Jérôme '.
« Quand je vis qu'il (Pierre) ne marchait pas droit selon la véi-ité, je dis à Céphas devant tout le monde : Si vous, qui êtes juif, vivez à la manière des gentils et non pas à celle des juifs, pourquoi contraignez-vous les gentils de judaïser? )>
Ce passage de saint Paul aux Galates, n, 14, a suscité de bonne heure une multitude d'interprétations et par conséquent de conclusions différentes, suivant les opinions qu'on embrassait. Ces interprétations se trouvaient encore modifiées par les convictions religieuses des individus. Ainsi Marcion '^ déduisait de ce fait la preuve que la doctrine de Jésus- Christ avait été de bonne heure dénaturée par les idées des juifs. Porphyre s'en servait pour combattre le christianisme même, en accusant les apôtres de se livrer à des querelles enfantines, en imputant à saint Paul d'avoir été jaloux de l'autorité de saint Pierre et de s'être laissé dominer par l'orgueil, soit en écrivant ce qui n'était pas vrai, soit, supposé qu'il le fût, en blâmant audacieusement dans les autres ce dont il était lui-même coupable ^ Hiéroclès en profita également pour attaquer le christianisme.
.Saint Cyprien *, lui, en concluait que chacun a le droit d'exprimer franchement sa manière devoir, et il faisait ressortir combien il est beau de corriger la conduite peu sage qu'on a tenue et d'entendre, sans se blesser, les opinions de son adversaire. Le même emploi de notre passage a été fait par Zosime de Tharasse au concile de Carthage, tenu en
> Mœhler. Mélançjes, 1. 1, p. i et suiv. — ^ lj,id.. note I. p I — - Suit- > p. 1. — » Note 3, p. 1,2.