I.KS HKUKSIKS Kl (>KS SCHlSiNIKS
>iitlc que lijs autres restent debunl'. (iliaque Iifivsie alteiut •lirectement un on plusieurs dogmes, puis elle se glisse indirectement dans tout ledirice dogmatique, dans tout l'ensemble de la doctrine chrétienne. C'est là une conséquence de la connexion iutime des dogmes et ce que l'histoire achève de démontrer.
OUVRAGES A CONSULTER ET BEMARQüKS CRITIQUES Sl-R LE N" 30.
Hier., Apol. contra Riifin., lili. 111 : « Constat propter ununi etiani vi^bum aut duo militas ha?reses éjectas esse ex Ecclesia. » Aug., Civit. Dei, XVIII, .ïl : « Qui in Ecclesia niorbidum aliquid pravumque .sapinnt, si correcti. ut sanum rectumque sapiant, resistuni contumaciter. haRrelici fiunt et foras excuntes habentur in inimicis. ..
Effets des hérésies.
:i\. Il en fut de ces combats ce (|u'ii en est des luttes qui agitent le cœur de chaque individu, où les contrastes sont si fréquents; ils eurent des conséquences très-diverses. Ils instruisirent des milliers d'égarés, raffermirent les esprit.s vacillants, fortifièrent les cœurs éprouvés et perfectionnèrent la vertu par la souffrance. L'Église y gagna dans ses membres 'T»mme dans la totalité de son corps. Car tandis que l'hérésie. .!vec ses ramifications infinies, combattait la doctrine catholique, elle contribuait à la dégager de tout alliage impur el faisait briller la vérité d'un plus vif éclat. Le possesseur d'un Ijien ne songe sérieusement à ses titres et ne s'occupe à les faire valoir que lorsque son droit est contesté. C'est alors seulement qu'il .sort de sa retraite mode.ste et déploie toutes ses ressources.
Ainsi, de même que les persécutions des juifs et des païens avaient accru la puissance de l'Église, concouru à sa grandeur et à son extension; de même les assauts de l'hérésie contribuèrent à développer .sa doctrine et à lui donner plus de netteté, en fournissant à ses adhérents l'occasion de pénétrer plus avant dans la nature des dogmes, d'en mieux saisir la plénitude, la \érité, la profondeur et ia sublimité. Et c'est ainsi que l'Église a trouvé son apologie dans l'histoire même des hérésies : sa pathologie a éclairé sa physiologie. Les Pères envisageaient les liérésies comme des infirmités, des souffiances, des épreuves.
' Cf. .Innj., II. 10.
i HISTOIRF. I»K LKGl.ISE.
Pareils à l'orgauisme du corps, qui, après une maladie physique, se relève et s'anime d'une vigueur nouvelle, le corps de l'Église, les membres de Jésus-Christ se fortifient et se rajeunissent par leurs victoires sur les maladies de l'esprit, par le triomphe qu'ils remportent sur les fausses doctrines.
On constate en même temps un accroissement du dedans au dehors ; la doctrine, sous les attaques de ses ennemis, revêt une forme plus concise, et il devient visible à tous que rien ne peut résister à Dieu, que sa Providence sait tirer le bien du mal, et cela d'une manière d'autant plus frappante que l'attaque a été plus forte et plus durable. On le voit, chaque phénomène de l'histoire, même les manifestations du mal les plus funestes et les plus violentes, concourent aux fins de l'ordre universel établi par le Créateur ; tout contribue à l'avantage des amis de Dieu et tourne au salut de l'Église, son épouse. Les savantes spéculations d'un Athanase et d'un Augustin ont été suscitées par Arius et Pelage, et si nous comparons entre eux les différents groupes d'hérésies, nous verrons que ce qui appartient en propre à chacune d'elles, ce qui la distingue des autres, n'en a pas moins été condamné par l'Église catholique, tandis que les réfutations qui en ont été faites par d'autres hérésies justifient la doctrine du catholicisme. Ainsi, quand l'arianisme combat le sabellianisme, il rend hommage à l'Église catholique ; quand le monophysitisme renverse l'arianisme, il venge l'Église, contre laquelle se révoltait Arius ; quand le rationalisme moderne montre l'inconsistance des hérésies qui l'ont précédé, il sert l'Église qui les a condamnées. Les doctrines exclusives se détruisent les unes les autres, et l'Église, en se tenant entre les extrêmes, chemine dans la route royale de la vérité, dans la voie de sa tradition sainte, fermement attachée à l'antiquité, à l'universalité, à l'unanimité, et s'avançant de la foi à l'intelligence. Le schisme contribue aussi à ces avantages partiels de l'hérésie; lui aussi il provoque des questions qui nécessitent un examen, un développement plus approfondi de la doctrine de l'Église; car en essayant de se justifier, il se laisse entraîner à des erreurs dogmatiques : nous en verrons un exemple dans le schisme important des donatistes.
Sur les avantages des hérésies : Soz.. Hist eccl., I fin.: Evagr., J. il :
Hilar., De Triu., VII, 4 : « Hoc Ecclesiae proprium est ut tune vincat, cum lœditur, tune intelligatur, eum arguitur, tune obtineat, eum deserilur. » C'est ici le lieu d'appliquer ce que Clément d'Alexandrie (Strom., I, ïvii, p. 36i), éd. Potter) dit des différentes opinions des philosophes, et ce mot de Tertullien (Contra Marc, I, H) : « Patet mendacio veritas. » Saint Augustin (in Psal. lit, n, 22), dit expressément : « Ex haereticis asserta est catholica et ex his qui raaie sentiunt, pi'obati sunt qui bene sentiunt. Multa enim latebant in Scripturis, et cum praecisi essent hœretici, quaestionibus agitaverunt Ecclesiam Dei... Ergo multi qui optime possent Scripturas dignoscere et pertractare, latebant in populo Dei, nec asserebant Solutionen! quaestionum diflicilium, cum calumniator nullus instaret. Numquid enimperfecte de Trinitate tractatum est, autequam oblatrarent ariani ? Numquid perfecte de pœnitentia tractatum est, antequam obsisterent novatiani?» etc. Cf. De dono persev., n. 53.
Sur le progrès de l'Église, voyez Vincent de Lérins, Commonit., rap. XXIX ; Grégoire le Grand, Hom. xvi in Ezech. : « Fer successiones tcmporum crevit divinœ cognitionis augmentum, et quanto mundus ad extremum ducitur, tanto nobis seternee scientise aditus largius aperitur.» Saint Thomas, Sum., II II, q. i, art. 7, dit aussi qu'il y a « augmentum articulorum fidei quantum ad explicationem, » et non « quantum ad substantiam, » en ce que plusieurs choses qui étaient crues autrefois implicitement l'ont été expUcitement dans la suite. Cf. Melch. Can., De loc. theol., VII, 4. Ce que les hérétiques ont fait et acquis de bon, ils l'ont fait et acquis non pour eux, mais pour l'Église. Hilar., loc. cit. : « Quod vincunt, non sibi vincunt, sed nobis. » De même Origène, Hom. ix in Num., n. 1 (Migne, t. XII, p. 623). La ßa(7i).ixr) ô56;, dans Grégoire de Nazianze, Or. xlii, n. 17, p. 739. Sur la foi et la science, Aug., Tract, xl in Joan., n. 10 ; Basil., in Psal. cxv, 1 ; Naz., Or. xxvin, n. 28, p. 319; Vincent de Lérins, Com. (ed. cum Tert.; Hurter, S. J., Œnip., 1870); Gengler et Héfelé, Tùb. Q.-Schr.. 1833, 1834; Lorinser, Entwicklung und Fortschrift in der Kirchenlehre nach Newman, BresL, 1847.
§ l". — Le schisme des donatisfes.
Opposition contre Mensure et Cécilien.
32. Des discussions personnelles provoquèrent en Afrique un schisme opiniâtre autant que funeste, des tendances séparatistes, qui se rattachaient à la controverse de saint Cyprien sur le baptême et aux principes fondamentaux de l'Église, combattus par les novatiens. Quelques mécontents de Carthage formèrent, avec les évêques numidiens Secundus de Tigisis et Donat de Cases-Noires, un parti contre le vaillant évêque Men-
sure, qu'ils accusèrent d'avoir livré (traditio) les Livres saints aux païens pendant la persécution dioclétienne, manqué d'égard et de respect pour les chrétiens persécutés et méprisé le martyre. Or, Mensure s'était contenté de mettre en sûreté les Livres saints, et il n'avait laissé tomber entre les mains des autorités païennes que des livres hérétiques, dont elles s'étaient montrées satisfaites. Ses ennemis ne voulurent pas accepter cette Jnstification. Il avait également cherché à restreindre les visites trop fréquentes qu'on faisait aux chrétiens captifs, parce qu'elles inquiétaient les païens, à détruire le culte qu'on rendait indistinctement aux vrais martyrs et aux martyrs d'apparence, ainsi que le zèle irréfléchi qui poussait plusieurs chrétiens enthousiastes à affronter d'eux-mêmes le martyre.
Le fanatique Secundus de Tigisis se vantait de n'avoir pas juème livré aux païens des ouvrages hérétiques, évitant, comme Kléazar, toute espèce de dissimulation qui pouvait aisément induire les autres à l'apostasie, encore que les soldats se fussent déclarés satisfaits de quelques pièces inutiles, tels que des écrits hérétiques. Le même Secundus, dans un concile provincial tenu à Cirta, en Numidie, demanda que les évêques examinassent attentivement s'il n'y aurait point parmi eux un traditeur, car il serait excommunié et «inhabile à remplir ses fonctions. Après avoir débattu cette question et s'être mutuellement accusé, on décida qu'il fallait, pour le maintien de la paix, abandonner à Dieu le jugement de ce qui s'était passé. Cependant une grande animation succéda à cette conférence, et elle se traduisit par une scission déclarée, lorsque Mensure, mandé à Rome par l'empereur Maxence au sujet d'un diacre qui s'était réfugié près de lui, fut renvoyé absous.
Mensure mourut pendant son retour (311) et son archidiacre i^écilien fut choisi par le clergé et le peuple de Carthage pour lui succéder; il fut consacré par Féhx, évêque d'Aptuuga, Le parti opposé avait à sa tète une veuve influente par ses richesse.-^, Lucille, déjà aigrie contre Cécilien, qui avait fini par lui défendre, avec menace des peines ecclésiastiques, le culte superstitieux de certains ossements qu'elle donnait sans autorisation pour des reUques, et qu'elle baisait à l'église avant de communier. Déjà avant l'élection, l'évêqne numidien Donat iivait inutilement tenté, de concert avec elle, de prévenir \v
J.KS JI^.RÈSILS Li; LES Si.HISMKS. 7
jieuple contre Céeilieu ; Secundus, de son côté, envoya à Cartilage des prêtres qui tinrent des conventiciiles dans la maison de Lucille, et établirent un visiteur provisoire. Les deux évèques, mécontents de ce que le clergé de Carthage avait procédé à l'élection sans attendre la venue des prélats numidiens, arrivèrent dans la ville peu de temps après la consécration de Cécilien et allèrent loger chez Lucille. Tous les adversaires de Mensure et de Cécilien se rangèrent autour d'elle, surtout les prêtres Botrijs et Célestius, qui briguaient eux-même l'épiscopat.
En 312, près de soixante-dix évêques numidiens tinrent à Carthage un concile dans une maison privée. Leur hostilité contre Cécilien éclata dès le début et, malgré toutes les offres de paix qu'il leur fit, ils le déposèrent. Ils l'accusaient d'avoir, comme archidiacre, manqué à ses devoirs à l'égard des chrétiens captifs et reçu la consécration d'un traditeur, tel qu'était Félix d'Aptunga. îls mirent à sa place le lecteur Majorin, favori de Lucille, chez qui il demeurait. Majorin fut sacré par Douât de Cases-Noires. Pendant que les cathoUques d'Afrique travaillaient à faire reconnaître Cécilien par les Églises du dehors, les schismatiques (appelés donatistes, du nom du consécrateur et du successeur de l'insignifiant Majorin, Donat le (jrand depuis 313), s'empressaient en faveur de leur évêque. Ils ne tardèrent pas à opposer dans les moindres locaUtés leurs propres évêques aux évêques catholiques. Les donatistes voulaient que Cécilien fût condamné à la pénitence ecclésiastique et sa consécration annulée; car ils partaient de cette supposition, que l'efficacité d'un sacrement dépend de la sainteté de son ministre.
Optât de Milève, De schism. Donat., éd. Paris, 1700, cum Monum. vet. ad Donat. hist. pertin.; Migne, Pair, lat., t. XI j kug., Op., t. IX, éd. Maur.; Vales., De schismat. Don. post Eus., Hist. eccL, p. 775 et s.; Tillemont, Mémoires, t. VI; Héfelé, Conciles, I, p. 119 et s., 1G2 et s.; Freib. Ivirchen-Lex., III, p. 234 ; F. Ribbeck, Donatus und Augustin, Elberf., 18ü7; Deutsch, Drei Aktenstücke z. Gesch. des Donatism.. Ijerlin, 1876. Sur Mensure, Optat, Op. .Mon. vet., p. I7i-; Aug., Brev. coli, contra Don., d. 111, cap. xiii, n. 13. Les visites des confesseurs. '< per multitudinem seniel junctam et glomoratim, » étaient déjà blâmées par saint Cyprien, Ep. v, cap. ii.p. 479, éd. Hartel. Le conçue do < irta (Aug., loc. cit.. cap. xvii ; Contra Crescon., III, 17, 30; Héfelé. I
s MlSl'OlKïï. UE l/ÉGUSE.
l't suiv. Los donatistps. qui niaient tout cp qui les contrariait, prétendirent, il est vrai, mais sans raison sufiisante, que le concile de Cirta •^taitinterpolé (Aug., loc. cit., cap. xvii; Contra Crescon., III, 17, 30; Héfelé, I, H 9 et suiv.); la futilité de leurs raisons fut nettement établie en 41 i.
Les donatisles s'appelaient eux-mêmes « pars Donati, » bien qu ils se nommassent ordinairement « Église catholique. » Les catholiques concluaient du premier nom qu'ils avaient apostasie la véritable Église (Aug., Contra Crescon., IV, 7). Cresconius, qui fut plus tard leur grammairien (ap. Aug., loc. cit., Il, 1, 2), disait que dajirès la grammaire latine, on devait les appeler >( donatiani » et non « donatistae. ; » qu'ils pourraient par la même raison appeler leurs adversaires mensuristes et céciliauistes (ibid., IV, 30). On continua de les nommer « pars Donati » et « donatistre. »
.\u-dessus de Donat de Cases-Noires se trouvait Donat le Grand: on jurait même « per canos Donati « (Aug., Enarr. in Ps. x, n. 5).
Conciles de Rome et d'Arles. — Appel à l'empereur. — Lois pénales.
33. Constantin le Grand, devenu, sur ces entrefaites, maître de l'Afrique, reconnut Cécilien comme évêque légitime et exclut les donatistes des faveurs accordées à l'Église catholique. Les donatistes se plaignirent d'être condamnés sans avoir été entendus, et en 313 ils adressèrent à l'empereur une supplique où ils se disaient la véritable Église catholique et demandaient que la controverse qui avait éclaté en Afrique fût soumise à des juges de la Gaule (où il n'y avait point eu de persécution, par conséquent point de traditeurs). Constantin agréa une partie de leurs demandes et décida que, le 1" octobre 313, un concile serait tenu à Rome, sous la présidence du pape Melchiades; quinze évêques de l'Italie et trois de la Gaule examineraient l'afTaire ; chacun des deux partis africains y enverrait dix évêques. Donat de Cases-Noires représentait son parti et (]écilien les catholiques. Après un examen de trois jours, le concile déclara Cécilien innocent et Donat coupable d'avoir en plusieurs points transgressé les lois de l'Église.
Cependant on tendit les mains aux évêques du parti de Majorin en signe de réconciliation. Ces avances furent repoussées et les^évèques continuèrent d'accuser Félix d'avoir livré les Écritures. Sous prétexte qu a Rome ils n'avaient pas été suffisaminenl entendus, ils demandèrent qu'une assemblée plus consi-
LES IIERESItS El LES SCHISMES. '.»
dérable d'évêques se réunît dans les Gaules. Pour leur enlever toute cause de récrimination, l'empereur chargea d'abord un juge séculier d'Afrique, le proconsul Élien, d'examiner l'affaire de Félix, lequel fut reconnu parfaitement innocent. Il indiqua ensuite pour le mois d'août 314 un nombreux concile, qui serait tenu à Arles, dans les Gaules, Des évoques y affluèrent de la Gaule, de l'Angleterre, de l'Espagne et de l'Italie. Le papo Sylvestre y fut représenté par les prêtres Claudien et Vite, et par les diacres Eugène et Cyriaque. Ce concile confirma ce qui avait été fait à Rome ; il se prononça contre les donatistes et rédigea des canons en vue de prévenir la perturbation de la paix. Il reconnut la validité du baptême administré au nom des trois personnes de ki sainte Trinité (can. vni), repoussa les accusations de tradition qui ne pouvaient être prouvées par des documents écrits, et statua que les accusateurs convaincus de mensonge seraient excommuniés à vie (can. xni, xiv).
ADDITION DU TRADUCTEUR
Voici en quels termes, dans leur lettre synodale, les évêques rendirent compte au pape Sylvestre de leur sentence contre les donatistes :
« Plût à Dieu, notre très-cher frère, que vous eussiez fait en sorte d'être présent à ce grand spectacle! Leur condamnation aurait été plus sévère et notre assemblée aurait goûté une joie plus sensible, en vous voyant juger avec nous. Mais vous n'avez pu quitter ces lieux où les apôtres ne cessent de présider et où leur sang rend un témoignagp éclatant à la gloire du Seigneur. Cependant nous n'avons pas cru devoir traiter seulement des affaires pour lesquelles nous avions été convoqués; nous avons jugé que nous devions aussi pourvoir aux besoins de nos provinces. C'est pourquoi nous avons fait divers règlements en présence du Saint-Esprit et de ses anges; mais il nous a paru que c'était principalement à vous, qui avez ime autorité plus étendue, de les faire connaître à tous les fidèles. » Ces règlements, si respectables par leur antiquité, car ce sont les pi'emiers canons de l'Eglise gallicane que nous ayons, sont ainsi conçus :
I. La fête de Pâques sera célébrée en même temps et au même jour dans tout le monde : et, selon la coutume, le pape l'indiquera par sps lettres '.
' Quaud un évoque avait reçu la lettre circulaire du pape qui notifiait •■ jour de Pâques, il rannoncail à son peuple le jour de Noël ou de
10 lllSTollU; hl: i.É(.Lisr..
11. Loï minislios saaé? demeureront dans les lieux uù ils auront été ordonnés.
ill. Ceux (jui quittent le service des armes' seront retraucliés de la rommunion. (Les fidèles n'avaient plus alors de prétextes pour se ■Toire dispensés de servir dans les troupes, parce qu'ils n'étaient plus exposés à des cérémonies idolâtriques, comme sous les empereurs païens. 11 semble que TEglise voulait, par ce canon, témoigner sa reconnaissance à Constantin, qui ne combattait plus guère que pour elle.)
IV. V. Ou excommunie pareillement ceux qui conduisent les chars dans le cirque et les comédiens.
VI. On doit imposer les mains à ceux qui, étant malades, désirent embrasser la foi (ce qui peut s'entendre ou de la confirmation, qui suivait le baptême, ou de l'imposition des mains par laquelle ou mettait au nombre des catéchumènes ceux qui demandaient le baptême.)
VII. Que les lidèles qui sont promus à la charge de présidents prennent des lettres de communion; et cependant, s'ils font quelque chose contre la discipline, qu'ils puissent être excommuniés par l'évêque du lieu où ils exercent leurs charges. On ordonne la même chose touchant ceux qui veulent prendre part au gouvernement de la république.
VIII. Il est ordonné aux Africains- qui suivent la loi qu'ils se sont faite de rebaptiser, que quand un hérétique veut se réunir à l'Église, ils l'interrogent sur le Symbole et que, s'ils reconnaissent qu'il ait été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ou lui impose seulement les mains, afin qu'il reçoive le Saint-Esprit. Mais si, étant interrogé, il ne confesse pas la Trinité, qu'il soit baptisé (On devait juger qu'il n'avait pas été baptisé au nom de la Trinité, puisqu'il n'avait pas la foi de ce mystère.)
IX. On ulera les lettres de communion données par les confesseurs, et ceux qui en sont porteurs en recevront d'autres. (On avait permis
rÉpiphanie, et il marquait en même temps le commencement du Carême.
' Dans queliiues manuscrits il y a : qui projiciunt arma in hello ou in pr:vlio ; mais dans la plupart, et dans les éditions, ou lit : in puce, ce que j'enteuds de la paix rendue à l'Église par Couslantiu. On voit alors moins de sujet que jamais de renoncer à la milice. Un savant critique entend ce cauon comme s'il y avait : qui occidunt, qui conjiciunt arma in alium, qui se servent d'armes. Mais ce n'est pas le sens naturel que présentent les termes. Projice lela manu samjuis meufi, signifie dans Yirpile : mettez bas les armes.
- Dans i)lusieurs anciens mauuscrils, ou lit urianis ou ariis, au lieu iV Afris. C'est manifestement une faute; Arius n'était pas encore connu.
LES HÉRÉSIES Kl' l.r.S SCUlS.MliS. I i
aux confesseurs de la foi de donner des lettres de comiiiuniou, comnif; les évêques; le concile abolit cet usage, où il se glissait des abus.)
X. Pour les chrétiens qui ont surpris leurs femmes en adultère et Huon empêche de se marier, quoique encore jeunes, on leurconseillerd iiutant que l'on pourra de ne se point marier du vivant de leurs femmes, quoique adultères. (Ce que les Pères du concile semblent nonuner un conseil était un précepte, comme ils l'insinuent assez en disant qu'on empêche ces personnes de se marier. Mais comme les lois i-'iviles permettaient ces mariages, l'Eglise les toléra quelque temps et les désapprouva toujours.)
XI. On séparera pour un temps de la communion ks tilles chrétienne;^ qui épousent des gentils.
XII. Les clercs usuriers sont excommuniés selon la loi de Dieu.
XIII. Que ceux qui sont convaincus, par des actes puhlics et nou par «je simples délations, d'avoir livré les saintes Écritures, les vases sacrés ou les noms de leurs frères, soient déposés. Si ces traditeurs ont ordonné quelque personne, de qui d'ailleurs on n'ait reçu aucun reproche, que cette ordination ne leur nuise pas; et parce que plusieurs, contre la règle de l'Eglise, prétendent devoir être reçus à accuser leurs frères par des témoins qu'ils ont subornés, on ne doit les admettre à prouver leurs accusations que par des actes publics, comme il a été dit.
XIV. Que ceux qui iuteuteut des fausses accusations contre leurs frères, ne reçoivent la communion qu'à la mort. (On voit aisément que ces canons ont été faits en faveur de Cécilien et pour ôter tout prétexte de contester la légitimité de son ordination. '''
XV. Les diacres ne doivent pas offrir, comjue nous avons appris qu'ils font en plusieurs endroits.
.XVL Ceux qui pour quelque délit ont été excommuniés ne doivent être rétablis dans la communion que dans les lieux où ils auront été excommuniés.
.XVII, Qu'aucun évèque n'usurpe les droits d'un autre évêque.
XVIII. Les diacres des villes ne doivent pas tant s'élever, mais déférer I honneur aux prêtres et leur être subordonnés dans leurs fonctions. iLa gestion des biens de l'Église qu'avaient les diacres, leur donnait une autorité dont ils abusaient quelquefois.)
XIX. On doit accorder un lieu pour offrir (le sacrifice) aux évêques (jui font vojage et qui arrivent dans une ville.
XX. Que personne ne s'arroge le droit d'ordonner seul un évèque l'I ne présume de le faire dans la suite, sans avoir avec lui sept .Mitres évêques. S'il ne peut en trouver sept, qu'ils soient au moins
XXI. Les piètres el les diacres doivent servir dans les lieux où ils ont iHé ordonnés. S'ils veulent les abandonner et passer en d'autres Églises, ifu'ils soient déposés.
XXII. Ceux qui, ayant apostasie la foi, ne se présentent pas pour rentrer dans l'Église et ne cherchent pas même à luire pénitence, si dans la suite, étant surpris par la maladie, ils demandent la communion, il ne faut la leur donner que quand ils seront revenus en santé et auront fait de dignes fruits de pénitence. (On peut entendre ce dernier canon ou du refus de l'absolution solennelle, ce qui n'empochait pas l'absolution sacramentelle, ou du refus de l'Eucharistie, qui était la marque la plus solennelle de la communion, dont elle a conservé le nom.)
L'empereur remercia les évèques de l'équité de leur jugement et plaignit l'opiniâtreté aveugle des opposants. Une partie des donatistes se soumit, l'autre n'en fut que plus obstinée. Elle eu appela à l'empereur lui-même et le reconnut ainsi pour le juge suprême de l'Eglise. Constautiu parut fort courroucé de cette démarche, ainsi qu'il le témoigna dans une lettre aux évêques catholiques. Malgré sa répugnance, toutefois, il accepta l'appel, parce qu'il y trouvait l'occasion de procéder désormais avec vigueur coutre les schismatiques. En novembre 316, à Milan, il donna audience aux deux partis. Sa décision fut favorable à Cécilien, dont il flétrit les adversaires comme des calomniateurs. Ils auraient dû, selon leurs principes, se soumettre à la sentence de l'empereur; mais ils persistèrent dans leur séparation, dans leur révolte contre le pouvoir spirituel et contre le pouvoir temporel. Ils prétendirent que l'empereur avait été prévenu par Osius, évèque d'Espagne. Constantin édicta coutre eux des lois sévères; leurs églises devaient être détruites, leurs biens confisqués. Plusieurs de leurs chefs furent frappés de bannissement.
ODVRAGES A CONSULTEK SLR LE N° 33.
Voir les documents dans Mansi, Conc, II, 334 et s., 468 et s.; Routh, Rel. sacr., IV, 60-99. Sur les événements qui suivirent le concile d'Arles, Aug., Contra Cresc, III, 71 ; Contra lit. Petil., II, 92; Contra Parm., 1. .■>: Ep. XLiii, n. 20; Ep. Lxxxvm, n. 2; Ep. cv, n. 9.
Liberté religieuse des donatistes. — Les circoncellions. — Puissance croissante des donatistes.