I.F.S IIKHKSlKS KT LES SC.HISMF.S
geignement n'est contredit |)ar aucun témoignage positif. Héfelc. p. 236 et s. On admet géuéi'alement que le nombre des évêques présents était de 318, d après Athanase, Ep. ad Afr., cap. n; Socr., I, 8 ; IV, 12; Damas., ap. Theod., Il, 17 (al. 22); Basil., Ep. cxiv; Hilar., De syn., n. 86; Sulp. Sever., U, xxxv, p. 89; Zeno imp., ap. Evagr., IIl, 20; Ambros.. De tide ad grat., I, 1. Eusèbe, V, C, III, 8, cite plus de 250 évêques; saint Athanase, Apol. contra Ar., cap. xxni, xxv; De syn. Arim. et Sel., n. W ; Hist. Ar. ad mon., cap. lxvi, plus de 300; Soz., 1, 17, 320; Theod., I, 6 (al. 7), en cite 318; plus tard, cap. vu (8), il les réduisit à 270. Il est probable que dans le principe ils furent moin.s nombreux que sur la fin; quelques anciens donnent un chiffre rond. Anon., ap. Mai, Spicil. rom., VI, 608 ; Gelas. Cyz., Hist. conc. Nie, 11, .■i ; — Cowper, Letter to the editor of the Christian remembrancer, Londres, 1838, cite le catalogue du lecteur Théodore, qui se trouve dans le Catalogue des manuscrits de Bassano.
Concile œcuménique de Nicée.
46. Le concile de Nicée était une assemblée infiniment respectable. On voyait parmi les évêques plusieurs confesseurs qui portaient encore les cicatrices des blessures qu'ils avaient reçues pendant la persécution, tels que Potamon d'Héraclée en Egypte, Paphnuce de la Haute-Thébaïde, Paul de Néocésarée. D'autres étaient fameux par le don des miracles, comme Jacques de Nisibe, Spiridion de Chypre, Nicolas de Mire, Léonce de Césarée; d'autres par leur sagesse, leur érudition et par l'autorité de leurs Églises, comme Alexandre d'Alexandrie, accompagné de son diacre, le savant Athanase ; Eustache d'Antioche, jMacaire de Jérusalem, Marcelle d'Ancyre. L'Afrique y comptait Cécilien de Carthage ; la Gaule , Nicaise de Dijon ; l'Italie, Marc de Galabre ; la Péninsule pyrénéenne, Osius de Cordoue.
Osius, avec les deux prêtres romains Biton (Vite, Victor) et Vincent, tenait la place du pape Sylvestre, et présidait avec eux aux déUbérations ; tandis que Constantin, qui s'y rendit personnellement et fit une allocution aux évêques, occupait la présidence d'honneur.
Arius lui-même s'y rencontra et put défendre sa cause dans différentes conférences qui eurent lieu avant l'arrivée de l'empereur et avant l'ouverture des sessions du concile. Dans ces ronférences, tenues en présence de prêtres et de laïques, saint Athanase se distingua tout particulièrement et trouva l'occasion
.'10 HISTOIRE DE lYCtLISE.
de défendre sa cause. Les évêqiies catholiques furent révoltés des blasphèmes qu'y proféra Arins. Vingt-deux soutenaient ses intérêts. Le parti des ariens avait à sa tête Eusèbe de Nicomédie, de là leur nom d'eusébiens. Dans leurs discussions avec ce parti, les Pères ne tardèrent pas à se convaincre que, s'ils voulaient défendre efficacement la doctrine de l'Église, ils devaient réfuter les sophismes des ariens par un langage précis et exempt de toute équivoque. A cette assertion des ariens : (i Le Fils est de rien , » quand on répondait : « Il est du Père, » les eusébiens répliquaient : (( Oui, sans doute, puisque tout vient du Père '. » Préférait-on cette expression : « Le Verbe est la vertu de Dieu, l'image éternelle du Père, semblable à lui en toutes choses, indistinct de lui, immuable, » ils l'interprétaient encore à leur façon, au moyen de textes de la Bible : « L'homme aussi, disaient-ils, est appelé l'image, la splendeur, la vertu de Dieu'; lui aussi, en un certain sens, peut être conçu comme immuable' et éternel '\, d'autant plus que le prophète Joël ' dit des sauterelles qu'elles sont une vertu de Dieu . » A l'expression c( du Père » (ex), qui semblait obscure, on substitua celle-ci : «< de la substance du Père, » et on remplaça le mot « égalité » de substance par celui de « consubstantiel » (homoiisios), afin de prévenir de nouvelles subtilités.
Eusèbe de Césarée proposa un symbole de son Église où il était dit du Fils qu'il est « Dieu de Dieu, lumière de lumière, vie de vie, fds unique, premier-né parmi toutes les créatures, engendré du Père avant tous les temps, » Mais si excellents que fussent la plupart de ces termes, Arius trouva moyen de les tourner à ses desseins, en prenant, par exemple, le mot « engendré » dans le sens de créé. L'expression la plus nette était celle de « consubstantiel, » et l'empereur finit par l'adopter.
En vain les amis ostensibles ou secrets d'Arius objectèrent qu'il ne fallait pas employer des termes inconnus dans l'Écriture, — principe erroné, car les expressions de la Bible ont un tout autre but que celui de donner à la doctrine de l'Église son expression dogmatique, et, de plus, les formes nouvelles de l'erreur imposent à la doctrine de nouvelles formules; — l'im-
' / Cor., viii, 6; // Cor., v, 18. — * Gén., t, 26: / Cor., xi. 7. — ' Rom., VIII, 35. — * // Cor., IV, H. — 5 Joël, a, 25.
portant était de savoir si l'idée exprimée par le terme A'homousion répondait à la doctrine contenue dans l'Écriture. Il en était ainsi, comme le prouva entre autres saint Athanase.
Le concile , dans son symbole, fit plusieurs emprunts à la formule de Césarée, mais il y ajouta ces mots : « Vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père, » et il frappa d'anathème cette assertion d'Arius : qu'il fut un temps où le Fils de Dieu n'était pas, qu'il n'était point avant d'être engendré, qu'il était d'une autre personne ou d'une autre substance que le Père, une créature assujétie au changement.
A cette décision lumineuse de l'Église, plusieurs évêques refusèrent d'abord de se soumettre, notamment Eusèbe de Césarée, (fui finit par céder, mais poussa ensuite la déloyauté jusqu'à essayer, dans une lettre adressée à son Église, d'éluder le sens de la définition. Cinq autres résistèrent plus longtemps ; ce sont : Eusèbe de Nicomédie, Théognis de Nicée, Maris de Chalcédoine, et les deux Égyptiens Théonas et Secundus. Ces deux derniers s'obstinèrent, même après que les autres eurent souscrit, furent frappés d'anathème avec Arius et ses écrits, et, comme lui, exilés par l'empereur. (Les partisans d'Arius devaient s'appeler porphyrianiens.)Le même sort atteignit trois mois après Eusèbe de Nicomédie et Théognis, qui, après avoir souscrit, ne voulurent pas reconnaître le jugement porté contre Arius, donnèrent asile à ses sectateurs et demeurèrent attachés à son hérésie. La foi de l'Église était donc solennellement attestée par le concile œcuménique, dont la décision fut reçue de tous les orthodoxes comme la sentence infaillible du Saint-Esprit luimême.
Sur les membres du concile, voyez Athanase, Hist. Ar. ad mou., cap. XII ; Socr., I, 8; Soz., I, 17; Theod., 1, 1 ; Rufin, loc. cit., cap. iv et s. Sur Jacques de Nisibe, voy. Assemani, Bibl. or., I, p. 17 et suiv.; sur Léonce de Césarée, qui, en se rendant à Nicée, baptisa le père de Grégoire de iNazianze, voyez Grégoire de Nazianze, Or. xviii, n. 12, p. 3.38. Sur la présidence du concile, Héfelé, 1, p. 32 et suiv., 269. Voyez aussi: 1» Äthan., De l'uga, cap. v; Theod., II, 15, sur Osius; 2° Gélase Cyz., II, o; 3° la liste des Pères dans Socrate, 1, 13, d'après le rang qu'ils occupaient; 4" les souscriptions, dans Mansi, II, 692, 697, ex Gelas., ibid., p. 482, 927; 5° la présidence des Romains reconnue, même par les Grecs subséquents, par exemple Pliotius. Ep. \ ad Micli.,
•i'Ù. HISTOIRE DE LÉGLISE.
n. 6 (lequel met à dessein l'évèque de la nouvelle Rome en tète); Ëp. ad Zach. armen., n. 9 (où Sylvestre précède tous les évoques, Migne, I. eu, p. 632, 767). Plusieurs Grecs, a,vec Socrate, citent à tort Jules au lieu de Sylvestre. Voyez les discussions dans Héfelé, p. 264 et suiv. Indignation des évêques contre Arius, Äthan,, Ep. ad episc. JEg. et Lib., cap. xiii, p. 223. Discussions dogmatiques dans Äthan., loc. cit., cap. y, XIII et seq., p. 2t7, 223; De decr. Nie. syn., cap. xix et seq., p. 176 et seq. Les évêques favorables à Arius sont énumérés par Philost.,p.539,ed. Vales.,20; Rufin.,X, 5; Gelas., II, 7:11 n'en cite que 17. La réponse à la plainte concernant les ?tüval âypaçot se trouve dans Äthan., loc. cit., cap. xxi, p. 278. Sur Eusèbe de Césarée et son écrit, Äthan., loc. cit., cap. m, p. 166 ; Theod., I, 12; Eus., Ep., ap. Migne, t. XX, p. 1535 et suiv.; Héfelé, p. 276 et suiv. Sur le concile comme ouvrage du Saint-Esprit, Constant., Ep. ad Alex.; Socr., I, 9 ; Euseb., V, G, III, 20; Äthan., Ep. ad episc. Afr.; Ambros., Ep. xxi; Basü., Ep. cxiv, al. 201 ; Isid. Peius., lib. IV, Ep. xcix : (tuvoSo; Oeôôev i^vrizMtjMsa. Cf. Ruf., loc. cit.; Soz., I, 25. Il est nommé Oixo\j[jL£vixr, duvoSoç dans Äthan., De syn., n. 5, p. 574 et seq. Cf. Eus., V, C, IH, 6.
Suite du concile de Nicée.
47. D'autres affaires occupèrent encore le concile de Nicée. Outre la question de la Pâques (I, 215), il y avait le schisme de Mélèce (I, 226); on chercha à l'étouffer en permettant à xMélèce lui-même, bien qu'on le sût indigne d'un tel ménagement, de garder son titre d'évêque et de séjourner à Nicopole; mais on lui défendit de conférer les ordres et d'exercer la juridiction. On permit à ceux qu'il avait ordonnés de garder leurs fonctions après qu'ils auraient reçu de l'archevêque d'Alexandrie une nouvelle imposition des mains (en forme de récoiicihation). Ils devaient occuper le second rang après ceux qui avaient été ordonnés par l'archevêque d'Alexandrie, mais avec la faculté d'obtenir les postes qui deviendraient vacants par la mort de ces derniers.
Le parti, ainsi qu'on l'apprit bientôt, comptait en Egypte vingt-neuf évêques, et dans Alexandrie seule huit autres ecclésiastiques. Il déjoua les intentions bienveillantes du concile en nommant plus tard un successeur à JMélèce et en faisant alHance avec les ariens.
On usa des mêmes procédés pour ramener les novatiens à l'unité ecclésiastique; l'un d'eux, l'évèque Acésius, donna sa pleine adhésion à la confession de Nicée. On imposa les mains à ienis prêtres, comme on avait fait aux méléciens, et on les laissa
dans leurs postes, pourvu qu'ils fussent décidés à se soumettre en tout, même pour la pratique de la pénitence, à l'Église catholique. Quant aux partisans de Paul de Samosate {paulianistes), on prononça l'invalidité du baptême qu'ils avaient administré, tandis qu'on reconnut la validité du baptême des hérétiques administré dans la forme voulue. Ceux de leurs prêtres qui étaieut du reste à l'abri de tout reproche, on leur conférerait de nouveau les ordres après qu'ils auraient été baptisés. Le concile rendit en tout vingt décrets disciplinaires. Ils sont, avec le symbole, les anathématismes qui y sont annexés et une lettre synodale à l'Église d'Alexandrie, les seuls documents qui nous restent de ce concile. Les pièces relatives à l'approbation du concile par le pape Sylvestre sont apocryphes ; quant à la confirmation des décrets par le Saint-Siège, c'est là un fait indubitable. De son côté, l'empereur Constantin témoigna son respect aux évêques par un brillant festin et de riches présents, et transforma les décrets du concile en lois de l'empire.
ADDITION DU TRADUCTEUR
l.e sixième canon du concile de .Nicée rend un double témoignage en faveur de l'Église romaine : il reconnaît sa primauté dans toute l'Église l't sa qualité de siège patriarcal de tout l'Occident. Voici ce canon : Qu'on observe l'ancienne coutume établie en Egypte, en Libye et dans la Pentapole, de manière que l'évêque d'Alexandrie ait pouvoir sur toutes les provinces, puisque l'évêque de Rome a un pareil usage. De JULime, que les privilèges de TÉglise d'Antioche et ceux des Églises des autres provinces leur soient conservés. En général, qu'on sache que si quelqu'un est fait évêque sans le consentement du métropolitain, le grand concile déclare qu'il ne doit pas être évèque. Mais si deux ou trois particuliers s'opposent par entêtement à un décret rendu en commun et selon les règles, on suivra le sentiment du plus grand nombre. « Antiqua consuetudo servetur per ^gyptum, Libyam et Peutapolim, ita ut alexandrinus episcopus horum omnium habeat potestatem, quia et urbis Romse episcopo parilis mos est. Similiter autem et apud Antiochiam, cseterasque provincias, suis privilégia serventur Ecclesiis. lllud autem generaliter darum est quod si quis praeter sententiam me- Iropolitani fuerit factus episcopus, hune magna synodus définit episcopum esse non oportere. Sin autem communi cunctorum decreto rationabili et secundum ecclesiasticam regulam compi'obato, duos aut très propter contentiones proprias contradicunt, obtineat sententiam pluri- Miorum. ). [Conr. Nie, can vi, éd. Dion. Euig. .
u. — nisT.nE l'éCiUse. :!
*{4 HISTOIRE DK l'ÉGUSE.
Ep. synod., de Melet.; Socr., I, 9; Theod., l, 8 (9); Gelas., II, 33: Äthan., Apol. contra Av., n. 71; Soz., I, 24; cap. via de Novat.: cap. XIX de paulicianis; Héfelé, p. 337, 391 et suiv., 411 et suiv ; mon ouvrage, Photius, II, p. 335 et suiv. Sur les canons de ÎNicéeen général, Hutîn., X, 6; Theod., I, 8; Gelas., Il, 30 et seq.; Héfelé, I, p. 340 et s. On ne saurait prouver qu'il y ait eu autrefois un plus grand nombre de canons, quand même des Orientaux ont prétendu dans la suite qu'il y. en avait do 80 à 84.
J.-B. Romanus, S.-J., trouva sous Pie IV, auprès du patriarche copte, un codex arabe de 80 canons. J.-S. Assemani l'acheta plus tard et le légua à la bibliothèque vaticane (Mai, Nouvelle Collection, X, préface, p. v). Alphonse Pisanus a admis, dans son histoire du concile de Nicée, livre III (Dillingen, 1572), les canons traduits en latin et revus par Fr. TuiTianus; ils ont passé de là dans les collections de conciles. Une traduction nouvelle et plus exacte, pour laquelle on a utilisé un autre manuscrit, a été donnée par Turrianus, Append. ad lat. vers. Const. apost., Antwerp., 1S78.
Le Maronite Abr. Echellensis trouva ces canons chez d'autres Orientaux et en publia 84 (texte dans Mansi, Conc, II, 982-1082). D'autres canons ont été souvent attribués à ce concile. L'histoire qu'en avait écrite Maruthas de Tagrit (tin du iV siècle), est perdue. Nous avons encore le lûvTayjAa twv y.aià ttiv iv Niy.aîa ày. (tOvoSov TcpayOc'vTwv, en trois livres, composé vers 476 par Gélase Gyzicène, évêque de Césarée (Palestine); il ne mérite pas une entière confiance. L'histoire proprement dite se trouve livre II (Mansi, II, 754-946; Migne, Patr. gr., t. LXXXV, p. 1185-1368); Mai, Nov. Coll., II, I; Combélis, Nov. auctar. Patr., Par., 1648; II, p. 374 et seq. Sur les documents apocryphes, voyez Mansi, 11. 719-721, 1082; Héfelé, I, p. 421 et suiv. La confirmation par le p^pe ne se conclut pas seulement de ce qui a été fait par les conciles suivants, mais aussi du concile de Rome en 483 (Mansi, VU, 1140), des déclarations de Denis le Petit (Coustant, Epist. roman. Pont., praef., p. Lxxix, Lxxxu; Append., p. 31 et s.), et surtout de la règle citée par le pape Jules (Socrat., II, 17; voyez ci-dessous § 34).
Sur la confirmation par l'empereur, voyez Eus., V, C, III, 17 et seq.: Socr., I, 9; Gelas., Il, 36; Ruf., X. 3; Héfelé, I, p. 38, '^20.
Les troubles de l'arianisme jusqu'à la mort de Constantin le Grand. — Intrigue des eusébiens , saint Âthanase , Eustathe.
48. Les eusébiens étaient trop nombreux et trop puissants pour cesser définitivement le combat. Ils s'efTorcèrent de recouvrer les bonnes grâces de l'empereur, de se donner des apparences d'orthodoxie au moyen d'expressions ambiguës,
d'écarter au moins indirectement la définition de Nicée, de précipiter les évêques les plus hostiles à leur cause et de les remplacer par leurs affidés. Constantia, sœur de Constantin et veuve de Licinius, n'était pas seulement en relations intimes avec des évêques ariens, elle avait encore pour directeur un prêtre de la secte, qu'elle recommanda vivement à l'empereur au moment de mourir, en même temps qu'elle implora la grâce d'Arius et de ses partisans. Telles furent les causes qui indisposèrent peu à peu ce prince indécis et ignorant des choses de la reUgion. En 328 déjà, Eusèbe et Théognis étaient rappelés de l'exil et rétablis dans leurs évêchés. Trop faibles encore pour renverser le symbole de Nicée, ils s'efforcèrent de démontrer qu'Arius n'était pas atteint par ses anathèmes, qu'il était sincèrement attaché à la foi, digne par conséquent de la faveur impériale.
Sur ces entrefaites, Alexandre venait de mourir, et le siège d'Alexandrie, depuis 3-28, était occupé par le vaillant et docte Athanase, qui était destiné à poursuivre l'hérésie arienne jusque dans ses derniers retranchements et à démasquer ses sophismes. Pour se débarrasser d'un si dangereux adversaire, les eusébiens attaquèrent la légitimité de son élection et de son ordination. Ce premier assaut ayant été repoussé par le témoignage décisif des évêques égyptiens, les nicomédiens dirigèrent leurs attaques contre Eustathe, évèque d'Antioche, qui, pendant et après le concile de Nicée, avait déployé son zèle contre l'aria nisme et avait eu des démêlés avec Eusèbe de Césarée. En 330, dans un concile procuré à Antiochepar les nicomédiens, Eustathe fut déposé et exilé en Illyrie par l'empereur, sous l'accusation de sabelUanisme, d'irrévérence envers la mère de Constantin et d'impudicité, mais en fait à cause de son attachement à la foi de Nicée. Sa déposition provoqua une émeute à Antioche ; le parti catholique ou parti de Nicée, les eustathiens, ne reconnut aucun des successeurs d'Eustathe, ariens pour la plupart, et tint des assemblées particulières. Le môme sort échut aux évêques Asclépas de Gaza et Eutrope d'Adrianople.
Rufin., X, H, i2; Socr., 1, 23; Soz., Il, 27; III, 19; Philost., Il, 7. Plusieurs croient, avec Tillemont, Mém., l. VI, p. 357, n. 8, Conc. de Mené, que l'écrit d'Eusèbc et de Theogui? 'Socr., I, I4-; Soz., II. 22i
:{(.; HISTOIRE DK L ÉGLISK.
est apocryphe; d'autres, avec Montfaucou (Vita Äthan., p. xvm-xxi), le tiennent pour authentique. Voyez Héfelé, p. 428, 431, 436. Elévation d'Athanase, Ath., Apol. contra Ar., cap. vi et seq., p. 101 et seq.; Soor., 1,23; Héfelé, p. 429. Ibid., p. 433-438, sur le concile d'Antioche.
Menée contre Athanase.
49. Le Nicomédien, voyant son parti considérablement fortifié, s'efforça d'obtenir le retour d'Arius à Alexandrie. Il envoya d'abord des lettres et des délégués à Athanase pour qu'il le redemandât. Athanase refusa énergiquement. On réussit enfin à décider l'empereur de lid donner audience, eu représentant Arius comme la victime de haines personnelles. Arius, invité une première fois de se rendre à la cour, s'abstint, soit pour cause de maladie, soit par défiance. L'empereur alors le manda lui-même par une lettre. Arius, accompagné de son ami Euzoius, un diacre destitué, se rendit dans la nouvelle capitale et présenta à l'empereur une profession de foi conçue en termes vagues et généraux^ recouverts d'un vernis d'orthodoxie; sans entrer seulement dans le sujet de la controverse, la consubstantialité du Fils avec le Père, il priait l'empereur de rétabhr l'union en écartant les questions oiseuses, afin que tous pussent en commun adresser à Dieu leurs supplications pour sa prospérité et celle de sa maison.
L'empereur, satisfait de ses explications, lui accorda sa faveur et exigea de saint Athanase qu'il reçût tous ceux qui voudraient se rattacher à son ÉgUse, avec menace de châtiments en cas de résistance. L'évêque magnanime répondit que son devoir de pasteur lui défendait d'admettre des hérétiques à la communion ecclésiastique. Constantin, touché de cette fermeté, se désista provisoirement de ses exigences. Outré de colère, Eusèbe de Nicomédie ne négUgea rien pour exciter les méléciens contre Athanase. Cette accusation inventée par eux, qu' Athanase avait introduit en Orient une édition entièrement nouvelle des décrets de Nicée et fourni aux prêtres des vêtements de un, fut refutée à la résidence impériale de Nicomédie par deux prêtres d'Alexandrie. Saint Athanase réfuta lui-même d'autres accusations (332) quand il fut mandé à la cour» Constantin, persuadé de son innocence, le congédia en lui remettant pour les alexandrins une lettre honorable, où il blâmait les intrigues des mélécieus.
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Symbol. Arii, ap. Socr., I, 26, où Y£Y£vr,[j,évov (factum) est appliqué au Fils; il est aisé de le confondre avec yzytvvruLvio^ (naluni). La lin de la lettre impériale se trouve dans Äthan., Apol. contra arian., cap. Lix. Cf. Soz., II, 22; Socr., 1, 2-3, 27. Evénements de 332, Äthan., loc. cit., cap. Lx et seq.; Soz., loc. cit.; Socr., I, 27; Héfelé, p. 440.
Nouvelles intrigues contre Athanase.
oO. Les ennemis de ce grand homme ne le laissèrent pas longtemps en repos, et les méléciens inventèrent bientôt contre lui de nouvelles accusations. 1" A Mareotis, qui appartenait à son diocèse, un laïque nommé Iscliyras avait été surpris exerçant des fonctions sacerdotales, et Athanase lui avait envoyé le prêtre Macaire pour l'exhorter à s'abstenir de pareilles usurpations. On répandit le bruit que Macaire, sur l'ordre d'Athanase, s'était avancé vers l'autel, l'avait renversé, brisé le calice et brûlé les livres saints. Or, Ischyras n'était pas prêtre, il n'avait pas même été, ainsi qu'il l'assurait, ordonné par le prêtre schismatique Colluthe, dont Osius avait déjà déclaré nulle l'ordination, et Athanase pouvait s'appuyer sur une lettre où Ischyras lui-même avouait son imposture et sollicitait sa réintégration dans l'Église, puis sur le témoignage des assistants, qui ignoraient complètement que Macaire eût exercé la moindre violence.
2° Athanase aurait assassiné Arsène , évêiiue d'Hypsèle , imbu des idées méléciennes, et se serait servi de sa| main pour des opérations magiques. Tandis qu'Arsène demeurait caché dans un réduit afin d'accréditer la nouvelle de sa mort, les adversaires d'Athanase montraient publiquement une main coupée (ju'ils disaient être celle d'Arsène. L'empereur commanda une enquête, et Athanase, invité à se défendre, fit faire des recherches pour découvrir Arsène, qui venait de changer de retraite. Des témoins avouèrent devant le gouverneur d'Alexandrie qu'Arsène était encore vivant.
3° Enfin Athanase était accusé d'un péché d'impureté , et déjà les eusébiens se préparaient à le renverser dans un concile tenu à Césarée en 334-. Athanase refusa d'y comparaître et informa l'empereur des machinations des méléciens. L'empereur, cette fois encore, lui écrivit dans les termes les plus bienveillants.
oS HISTOIRE UE L ÉGLISE.
OLVnACiE A CONSULTER Sin Lt N° oO.
Héfelé, Histoire des conciles, 1. p. 440-443.
Conciles de Tyr et de Jérusalem.
51 . Les eusébiens ne cessaient de représenter à l'empereur la nécessité de réunir un grand concile pour rétablir la concorde parmi les évêques, et ils exprimaient le désir qu'il eût lieu à proximité de la ville sainte, avant la consécration solennelle de l'église de la Résurrection, érigée par Constantin à .Jérusalem pour la célébration des tricennales (la trentième année du règne). Constantin convoqua un concile à Tyr et lui assigna un protecteur civil. Athanase fut contraint d'y paraître. On y comptait, outre les quarante-huit évêques égyptiens qui accompagnaient leur chef, soixante prélats (335), la plupart ennemis déclarés d'Athanase, tels que les deux Ensèbe de Nicomédie et de Césarée ; Théognis et Maris, Ursace de Singidunum, Valens de Mursie, Patrophile de Scythopole, Théodore d'Héraclée. Le prêtre Macaire, le fidèle ami d'Athanase, fut, pour un prétendu crime, traîné devant le concile chargé de chaînes.
Les méléciens, surtout Ischyras et Callinique, évêque déposé de l^éluse, étaient arrivés les mains pleines d'accusations, et les eusébiens, en leur qualité de juges, étaient décidés à tout prix de précipiter le défenseur imperturbable du symbole de Nicée. Plus d'une fois juges et accusateurs furent couverts de confusion; le grief d'impudicité fut abandonné, car la femme de mauvaise vie qu'on avait introduite prouva qu'elle ne connaissait pas même Athanase, en désignant comme coupable le prêtre Timothée qui la questionna sous le nom d'Athanase.
Arsène, qu'on disait mort, fnt amené et tout le monde put voir ses deux mains. Les accusations de violences furent également réduites à néant. Mais les eusébiens avaient perdu depuis longtemps tout sentiment de pudeur ; ils résolurent d'envoyer sur les lieux une députation chargée d'informer sur l'affaire de Macaire et d'ischyras, et ils choisirent pour cette députation les plus furieux ennemis d'Athanase. Aidés par le préfet Philagrius, ces commissaires se procurèrent des témoins tels qu'ils les souhaitaient, firent déposer des juifs, des païens, des catéchumènes, sur ce qui s'était passé à Tautel, et procédèrent avec la plus grande irrégularité. Les prêtres d'Alexandrie et de Maréotis ré-
clamèrent dans plusieurs écrits. Les évèques d'Égyple pruteslèrent également à Tyr contre toute la procédure. Alexandrede Thessalonique informa le commissaire de l'empereur, Denis, des injustices commises par le parti eusébien.
Quant à Athanase, se voyant entouré d'ennemis furibonds, il courut à Constantinople implorer la protection de l'empereur contre les violences des hérétiques. Le pseudo-concile le déclara destitué de sa charge, soit par suite du rapport de son commissaire et des prétendus crimes dont il était convaincu, soit parce qu'il était parti de son propre chef; il lui interdit le retour à Alexandrie, reçut les méléciens dans sa communion et récompensa Ischyras en le nommant évêque de sa bourgade. Une lettre circulaire ordonna à tous les évêques de rompre la communion avec Athanase.
De Tyr, les eusébiens se transportèrent à Jérusalem, célébrèrent avec une grande pompe la fête de la consécration de l'église, tinrent un nouveau concile, où il fut décidé que les ariens seraient reçus à la communion ecclésiastique, et introduisirent un procès contre Marcelle, évêque d'Ancyre, qui n'avait pris aucune part à ce second synode et s'élevait publiquement contre la condamnation d' Athanase.
OUVRAGES A CONSULTER ET REMARQUES CRITIQUES SUR LE N" ol.
Eus., V, C, IV, 40 et s., 43 et s.; Socr., 1, 28 et s., 33; Soz., H, 23 et seq.; Theod., I, 30 et s.; Ruf., X, ii, 16; Äthan., loc. cit., c. lxxi et s., LXxvTi et seq., lxxxiv et seq.; De syn. Ar. et Seleuc, cap. xxi et seq. L'accusation d'impudicité et sa réfutation se trouvent dans Rufin, X, 17; Theod., I, 30; Sozom., II, 25. Le silence d'Athanase s'explique d'autant mieux qu'il ne touche qu'en passant les autres accusations (Apol. cont. arian., cap. Lxxvii;. L'altération de ce fait par Philostorge. M, i\, s'explique sans doute par l'exactitude des renseignements rapportés par Rutin. Athanase ne peut être cité comme un exemple du recours au prince (ainsi que le veulent les gallicans et Brendel, Hist. eccL, § 208, p. 676, note 3); voyez la preuve dans Roncaglia, Noel- Alexandre, Hist. eccL, sœc. iv, diss. xxi, t. VII, p. 557 et seq., cl Philips, K.-R., § 112, p. 372.
Premier exil de saint Athanase — Mort d'Arius et de l'empereur.
■r2. Sur ces entrefaites, Athanase s'était rendu à Constantinople pour exposer ses plaintes à l'empereur, qui refusa d'abord de icntendre. L'empereur approuva sa demande d'être autorisé
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à prouver l'injustice de ses ennemis en leur présence, et il manda dans la capitale lus membres de l'assemblée de Tyr. Les eusébiens renvoyèrent plusieurs é\'èques dans leurs évèchés, et les évêques de Nicomédie, de Césarée eu Palestine, Maris, Patrophile, Théognis, Ursace et Valens, se rendirent seuls auprès de l'empereur. Ils laissèrent tomber les précédentes accusations et les remplacèrent par celle-ci, qui devait être attestée par quatre évèques : Âthanase aurait menacé d'empêcher les transports de blé d'Alexandrie au Bosphore.
Constantin, qui s'était accoutumé à ne voir dans l'évêque persécuté qu'un perturbateur de la paix, l'exila à Trêves sans plus d'informations, mais sans se rendre au désir des eusébiens, qui voulaient qu'un successeur lui fût donné à Alexandrie. Cette circonstance, jointe à une déclaration faite plus tard par Constantin II et par Athanase lui-même, donne quelque vraisembJance à la supposition que l'empereur avait seulement voulu le soustraire pour quelque temps à de nouvelles embûches et se donner à lui-même du repos. Quoi qu'il en soit, Constantin l" ne songea à le rappeler que peu de temps avant sa mort, et les démarches de saint Antoine, du clergé et des vierges d'Alexandrie demeurèrent sans effet. L'évêque exilé fut accueilli à Trêves avec une grande vénération par l'évêque Maxime, et le César Constantin, qui y résidait, pourvut généreusement à son entretien.
En 335, les eusébiens réunirent à Constantinople un nouveau concile, où ils destituèrent Marcelle, évêque d'Ancyre, pour irn»vérence envers l'empereur et à cause de la doctrine hérétique qu'il avait avancée dans sa controverse avec Astère et Eusèbe de Césarée. Il fut remplacé par un nommé Basile. Pour achever le triomphe du parti, il ne restait plus qu'à réintroni.ser solennellement dans l'église l'impie Arius, qui était allé à Alexandrie, et que l'empereur, à la suite de troubles qui venaient d'éclater, avait rappelé dans la capitale. Le pieux évêque de Constantinople, Alexandre, reçut l'ordre de le recevoir. Dans cette extrémité la prière était le seul refuge du saint prélat.
Arius fut frappé de mort subite (33G), tandis qu'il traversait la ville suivi d'un nombreux cortège. Plusieurs considérèrent cet événement comme une punition de la justice de Dieu, et un urand nombre d'ariens rentrèrent dans le sein de l'Eglise. L'é-
l,i;s HÉKÉSIES lil LES SCIIISMLS. i l
vèque Alexandre, fort avancé en âge, raourut peu de temps après. Les ariens nommèrent Macédonius, homme prudent selon Je siècle, et les catholiques, encore en majorité à cette époque, choisirent Paul, qui fut sacré dans l'église d'Irène. Les cusébiens rendirent celui-ci suspect aux yeux de l'empereur et contestèrent la légitimité de son élection, dans laquelle on avait, disaient-il, méconnu les droits du métropolitain Théodore d'Héraclée, ainsi que les droits prétendus d'Eusèbe de Nicomédie. L'empereur, sans reconnaître Macédonius, exila l'évêque Paul. Constantin mourut bientôt après (337), et les ariens trouvèrent dans son fils Constance un souverain tout dévoué à leur cause et encore plus enclin que son père à s'immiscer dans les affaires ecclésiastiques : il se fit l'instrument aveugle des prélats de la œur, des eusébiens et des eunuques influents.
OUVRAGES A CONsLLTEK ET REMARQUES CRITIQUES SUR LE N° '62.
Äthan., Apol. contra Ar., cap. lxxxvi, lxxxvii (ibid., Const., Il ep. ; Hist. Ar. ad mon., cap. l; Socr., I, 35; Soz., H, 28; Theod., I, 31. — On a beaucoup disserté sur Eusèbe de Césarée. Il est traité d'hérétique par saint Athanase, .Jérôme, Épiphane, par les Pères du VIF concile, Nicéphore de Constantinople , Photius (ep. cxliv ad Const. Patr.), Suidas, Zonaras, Baronius, Noël-Alexandre, Pétau, Scaliger, Abr. Scultetus, G. Arnold, Mosheim, Tillemont, Le Clerc, Pr. Maran, Kilber, Fezler. L'ont jugé favorablement : Socr., Theod., Gelas. Rom., le tract. III De duabus naturis, éd. Thiel., p. 547 et seq. Ce dernier pape cite les témoignages d'Eusèbe, in psal. xvii, 88, et de la Prœpar. evaug.; il permit comme pape de lire la Chronique et l'Histoire ecclesiastifjue : « Quamvis in primo narrationis suœ libro tepuerit et posi iij laudibus atque excusatione Oi'igenis schismatici unum conscripseril iibrum, })ropter rerum tarnen singularum notitiam, qua; ad instructionem pertinent, usquoquaque non dicimus renuendos » (Thiel, p.461 . De même Hormisdas, 520, ibid., p. !I35); si plus tard (p. 466, 937) il traite d'apocryphe l'Histoire d'Eusèbe Pampliile , c'est sans doute uniquement <i quia ut ab homine suspecto scriptam nonnisi circumspecte legendam ccnseat » (Thiel, p. 46J, n. 33).
Sont également favorables : Mcéphore Cal., vi, 37; Valois, Petit- Didier, G. Bulius, Cave. La plupart des modernes ont assigné à Eusèbe imc po.sitiou mitoyenne; ils ont distingué l'époque antérieure et l'époque postérieure au concile de Nicée, relevé ses affinités avec l'origénifuie, et l'ont ranti,é parmi les scniiariens, avec lesquels il admet la ressemblance en toutes "choses du Fils avec le l'ère et sa génératinn (lu Père avant tous les temps. Voy. Mœhler (§ 41), II, p. 3G et suiv.; Pdiner l'ibid.), p. 792 cl suiv.: Ho'nell. De Eus. Cœs. relig. div, defeii-
il HISTOIKE bt L EÜL1SE.
sure, 1843: Ritler, Eus. Csps. de diviuitate Chr. placita, Bonn., 1823: Héfelé, [, p. 433; Stein (A. 19), p. 117 et sniv. Il est plus difiicile de porter un jugement sur Marcelle (Rettberg, Marceliiana, Gœtt., 1794;. Il est jugé favorablement par le concile de Sardique (ci-dessus § 37,, Iules I" (§ o4) et saint Athanase (du moins jusqu'en 344). La conduite •le son disciple Pliotin lui fut très-funeste. Ainsi il a contre lui saints Basile, Hilaire, Clirysostome, Sulpice Sévère. Photius (Coll. et Dem., q. I, 4, 8) l'appelle hérétique.
Voyez Epiph., Hser., lxxii; Hier., Catal., cap. cvji; Socr., 1, xxxvi, col. II, 19; Baronius hésite (a. 347, n. 53 et seq.); Tillemont, et surtout Pétau et Schlestraten le déclarent hétérodoxe , tandis que Noël- Alexandre, Montfaucon, Mœhler (op. cit., II, 22 et suiv.) le tiennent pour orthodoxe. Contre son orthodoxie, Dorner, p. 804 et suiv.; Dœllinger (Hippol., p. 217); Héfelé, I, p. 436 et suiv. Vov. Willenborg, Ueber die Orthodoxie des Marc. v. Ane. Munster, 1860 ; Zahn, Marc. v. Ane, Gotha, 1867.
Quelques-uns ont attribué à Marc la doctrine du Samosate (Socrat., I, 36; Sozom., II, 32), parce qu'il fait résider dans l'homme Jésus le Verbe comme vertu divine; d'autres lui imputent la doctrine de Sabellius, parce qu'il nierait la personnalité éternelle du Verbe, lequel n'aurait procédé du Père qu'au moment de la création. Son disciple Photin s'exprimait en termes précis; S ulpic. Sev., II, 36 : « Sed de Photino dubium non erat merito fuisse damnatum ; in Marcello nihil tum damnatione dignum repertum videbatur. Hoc ipsum Marcelkmi gravabat, quia Photinus auditor ejus fuisse in adolescentia videbatur. » Mais il est dit, chapitre xxxvii, qu'Athanase rompit plus tard la communion avec Marcelle.
Mort d'Arius, Äthan., De morte Arii, cap. ii et seq.; Ep. ad ep. £g. et Lib., cap. xix; Socr., I, 37 et seq.; Soz., II, 29 et seq.; Theod., I, 24 ; Ruf,, X, 13 ; Naz., Or. xxi, n. 13; Or. xxv, n. 8, p. 393, 460, éd. Clem. Sur le siège de Constantinople, Äthan., Hist. Ar. ad mon., cap. vu; Socr., II, 6 et s.; Soz., III, 4. Jugement sur Constance, Äthan., loc. cit., cap. LXX : |Ji.ex' È).£yOÉpo'j c!yr,\i.<xioç ... ôou).o; twv éj.xovxtov aOtôv.
L'arianisme jusqu'au concile de Sardique. — Retour et second exil de saint Athanase.
o:}. Les trois empereurs, dans une entrevue en Pannonie, avaient résolu de rappeler les évèques exilés. De même que Marcelle, Asclépas et d'autres, Athanase fut libre de rentrer. Constantin II, avant son retour, adressa aux Alexandrins une lettre fort honorable pour lui. Après avoir été plusieurs fois présenté à Constance, Athanase, exilé depuis deux années et quatre mois, remontait sur son siège le 2.3 novembre ;^38, à la grande satisfaction de tous les catholiques d'Egypte. Peu de temps
après, les eusébiens tinrent à Constantinoplc un concile où ils déposèrent l'évêque Paul (que Constance fit déporter, chargé de chaînes, à Singara, en Mésopotamie), et élurent à sa place l'astucieux Eusèbe de Nicomédie. Eusèbe, connu pour braver les anciens canons et les règlements de Nicée', échangea pour la seconde fois (il avait été d'abord évêque de Béryte) son évêché contre un autre. L'historien Eusèbe de Césarée, mort en 340, fut également remplacé par son disciple Acace, qui s^intéressait activement à la cause de l'arianisme.
On renouvela en les aggravant encore les accusations contre Athanase, qui avait déterminé plusieurs évêques à embrasser la foi de Nicée. Pistus fut nommé évêque des ariens d'Alexandrie, et sacré par Sécundus de Ptolémaïs. Une plainte fut encore en- N'oyée en 339 contre le vaillant défenseur d^ la Trinité aux trois empereurs, puis une ambassade au Saint-Siège pour obtenir la reconnaissance de Pistus et mettre Athanase en suspicion, en faisant valoir les actes de l'enquête relative à l'affaire d'Ischyras. Athanase, à qui le pape Jules I" communiqua une copie de ces actes, envoya aussitôt des délégués à Rome et aux empereurs, et en 339 il réunit à Alexandrie un concile dans lequel près de cent évêques réfutèrent les accusations religieuses et politiques élevées contre lui.
Les empereurs Constantin et Constant, favorables aux idées catholiques, n'avaient donné aucune créance aux accusations (les eusébiens; mais Constance, circonvenu par eux, dédaigna l'apologie d'Athanase, et, en 340, il alla jusqu'à permettre aux eusébiens réunis à Antioche de lui donner un successeur. Ils élurent Grégoire de Cappadoce, homme violent, qui, avec l'aide du préfet Philagrius, parvint à s'emparer des égUses et commit les attentats, les violences les plus honteuses contre les catholiques attachés au légitime archevêque. Déjà avant son arrivée, saint Athanase était parti pour Rome à la suite des nouvelles reçues de la résidence impériale et d'un appel du souverainpontife.
OCVKAGES A CONSULTER Sl'R LE N° 53.
Äthan., Apol. cont. Ar., cap. uf-xix, 87 (Ep. Constantini H); TJieod., Il, 2; Socr., II, 3 ; Soz., III, 2 ; Héfelc, p. 464-478.
^ Gan. apost. xiv ; Nie, c. xv.
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Négociations avec Rome.
:yi. Informé de la présence à Rome des envoyés de saint Alhanase, le prêtre Macaire, qui était à la tête de l'ambassade des euséhiens, se hâta, quoique malade, de prendre la fuite; ses compagnons, les diacres IMartyrius et flésychius, déconcertés, proposèrent la réunion d'un concile, où ils soutiendraient l'accusation contre Athanase. Le pape, que les deux partis avaient reconnu comme juge, les invita à ce concile par des lettres particulières ; après l'arrivée d' Athanase, il envoya à Antioche les prêtres Elpidius et Philoxène pour engager les eusébiens à comparaître avant la fin de l'année 340.
Effrayés de la présence d' Athanase à Rome, les eusébiens retinrent les envoyés du pape jusqu'en janvier 3M, et leur remirent un écrit assez mordant, où ils remarquaient que le terme fixé par Jules était beaucoup trop court, qu'il leur était alors impossible de faire le voyage de Rome, qu'Athanase ayant déjà été déposé par la sentence d'un concile, la reprise de sa cause jetterait le discrédit sur les conciles. Les auteurs hérétiques de cette lettre se plaignaient en outre que le pape n'eût écrit qu'aux eusébiens, et non à tous ceux qui étaient réunis à Antioche, qu'il préférât la communion d' Athanase et de Marcelle à la leur propre. Ils allèrent jusqu'à contester au pape le droit de décider cette affaire, sous prétexte que tous les évèques étaient égaux ; l'Église romaine était sans doute dès l'origine le siège des apôtres et la métropole de la religion, mais ses premiers hérauts lui étaient venus de l'Orient ; par conséquent les orientaux ne devaient pas rester au second rang, attendu que ce n'est pas l'étendue des frontières ni le nombre des sujets qui font la richesse des Églises, mais surtout leur force et leur solidité ; que leurs prédécesseurs sur les sièges d'Orient n'ayant rien objecté contre l'excommunication de Novatien à Rome» le pape Jules devait également accepter la sentence des évèques (jrientaux et ne les pas contrarier.
Jules garda longtemps le secret de cette lettre prétentieuse ; il attendait encore l'arrivée de quelques orientaux. Enfin , lorsque Athanase eut attendu dix-huit mois à Rome et que d'autres évèques orientaux également poursuivis y furent arrivés (Marcelle d'Ancyre, Paul de Constantiuoplc, Asclépas de
LES HERKSIF.S ET T.F.J^ SOIIS.MF.S. i.)
Gaza, Lucius d'Adrianople), pour suivre leur affaire, il indiqua pour l'automne de 341 un concile de cinquante évêques, qui confirma l'innocence d'Athanase et de Marcelle et les déclara réintégrés dans leur charge. Le pape annonça ce résultat aux évêques orientaux assemblés à Antioche (Dianius de Césarée, Flacille d'Antioche, etc.), dans une lettre où respire la gravité et le sentiment de la dignité pontificale. Il y blâme le ton indécent de la lettre qui lui a été remise par ses envoyés, et qui a excité an plus haut degré l'étonnement des évêques réunis à Home, la jactance et l'esprit de contention des adversaires d'Athanase, les atteintes qu'ils ont portées aux décrets de Nicée et les ruses employées pour les étouiTer, la fureur avec laquelle ils persécutent des évêques fidèles à leurs devoirs, et enfin leurs procédés contradictoires. Ils demandaient que leur concile de Tyr fût inviolable, taudis qu'ils travaillaient à abolir celui de Nicée, beaucoup plus important; ils voulaient que l'autorité d'un évêque fût indépendante de l'étendue de sa ville, tandis qu'Eusèbe, non content d'occuper de petits évêchés, s'insinuait dans les grands. Le pape réfute longuement les griefs frivoles par lesquels ils s'excusent de n'être pas allés à Rome, ainsi que les accusations dirigées contre Athanase et Marcelle; il leur rappelle la justice et la crainte de Dieu, au sujet des actes de violence exercés en Egypte. Il déclare expressément que, dans le cas où'Iesdits évêques eussent été coupables, il aurait fallu d'abord en informer le saint-siége, selon l'usage traditionnel, et en attendre la décision . Cette réponse n'était pas du goût des ariens; ils sentaient bien, selon ce qui arriva en effet, que le concile de Rome ne leur serait pas favorable. Il n'y avait là ni comte impérial ni soldats devant les portes, et les affaires du concile ne furent point réglées par ordonnance de l'empereur '.
Ep. Julii ad Ant. Athanas., loc. cit., cap. xxi-xsxv; Coustant, p. 353 : Jafie, n. 32. Cf. Äthan,, Hist. Ar., cap. xi; Socr., U, 15, 17; Soz., 111, 7, 8, 10. Sur les paroles de Jules, souveut mal comprises, voyez Beuuettis (1, § 7), part. Il, t. III, p. 174 et seq.; mon ouvrage, .Anli-Janus, p. 105, n. 44.
' Alhanase. Hisl. de l'arianisme, ch. xi.