‹ Histoire de l'église (volume 5)Chapitre 7 sur 34 · Des tremblements de terre, des inondations fréquentes · texte numérisé non relu

Des tremblements de terre, des inondations fréquentes

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l'invasion des Goths, l'élévation de Procope désolèrent de plus en plus le règne de Valens et amenèrent çà et là quelque répit dans la persécution des catholiques. Vers 370, la tyrannie prit de telles proportions que quatre-vingts prêtres catholiques de Nicomédie, pour avoir prié l'empereur d'user de quelques ménagements, furent emmenés sur un vieux navire et condamnés à y mourir par le feu. Eudoxe étant mort dans ce même temps, Évagre fut choisi par les catholiques de Byzance et sacré par Eustathe d'Antioche, qui séjournait secrètement parmi eux ; les ariens, sous l'influence de Dorothée d'Héraclée, nommèrent Démophile de Bérée. Valens fit enlever Évagre et Eustathe de Constantinople, maltraita leurs partisans et nomma Démophile.

Le siège de Césarée dans le Pont fut occupé par saint Basile le Grand, qui déploya un zèle infatigable pour la foi catholique et résista aux séductions comme aux menaces soit du préfet Modeste, soit de l'empereur lui-même, à qui il inspirait un respect et une admiration profonde (372). Saint Basile sollicita également assistance et protection auprès des Occidentaux. Après en avoir délibéré avec Athanase et Mélèce, il dépêcha au pape Damase (371) le diacre Dorothée, pour le prier d'envoyer, à l'exemple de ses prédécesseurs, des légats en Orient, afin de réunir les dissidents et de rechercher les perturbateurs de la paix. Il reçut d'abord le diacre Sabin avec une lettre d'encouragement, mais il sollicita ensuite renvoi de plusieurs légats (372).

Comme les écrits envoyés à Rome par le prêtre Évagre péchaient par leur inexactitude dogmatique, que l'Orient manquait d'hommes capables d'y remphr une mission, que la route était peu sûre, et qu'enfin l'afîaire de Mélèce d'Antioche était appréciée à Rome à un autre point de vue, les délibérations traî nèrent en longueur. Tantôt l'archevêque de Cappadoce se laissait aller au découragement et au désespoir, tantôt il tournait vers les Occidentaux des regards pleins de confiance, attendant d'eux des médecins pour guérir les infirmes et des maîtres pour instruire les ignorants.

Les décrets des conciles tenus à Rome sons le pape Damase ne furent que tardivement connus en Orient, où tout gémissait sous la plus cruelle tyrannie. Pierre, successeur légitime de saint Athanase, dut s'enfuir à Rome comme un mendiant; il y .

90 lUSJUlKE HE LIiüLlSE.

fut reçu à bras ouverts. Ses prêtres étaient réduits ù la misère, et quiconque, sans distinction d'âge et de sexe, leur témoignait de la pitié, était battu de verges. Le siège d'Alexandrie échut à l'arien Lucius, qui fut ensuite expulsé par le peuple.

OUVRAGES A CONSULTER ET REMARQUES CRITIQUES SUR LE N» 7i.

Basil., Ep. Lxxix, lxxx, cxxvui, n. 2; Naz., Or. xliii, n. 44-53; Nyss., lib. I contra Eunom.; Op., II, 312 et seq.; Theod., IV, 19. Négociations de saint Basile avec Rome, Ep. lxvi-lxx, lxxxix-xcii; cxxxvui, n.2; ixiv, CLvi, clxiv, clxv; ccxiv, n. 2; ccxxxix, n. 2; ccxlu, ccxluf, ccliii- CCLV, ccLxiu, f.CLXM. Saint Basile tolérait la formule ôjioio; tw naipi, en ajoutant à7;apa>.).âxT0)!; (sans distinction).

Triomphe de la foi de Nicée en Orient.

72. La foi de Nicée remportait chaque jour de nouveaux triomphes. Elle eut d'excellents défenseurs dans les trois grands docteurs de Cappadoce, saint Basile, son frère Grégoire, évêque de Nysse depuis 372, son ami Grégoire de Nazianze, Amphiloque, évêque d'Iconium, l'hymnographe Éphrem le Syrien, les antiochiens Flavien et Diodore, Aphraates, Avite, Marcien, Abraam , Antoine , Julien , Cyrille de Jérusalem , autrefois semiarien, Didyme l'Aveugle à Alexandrie, auxquels se rattachèrent ensuite Épiphane de Salamine, Chrysostome, etc. En Occident, après la mort d'Hilaire de Poitiers (366), l'Église trouva un valeureux champion dans saint Amhroise, aussi remarquable par la ferveur de son zèle que par la pureté de sa foi et l'éclat de ses vertus. Il fut nommé évêque de Milan après la mort d'Auxence, déclaré déchu de son siège, mais maintenu par Valentinieu I".

Saint Amhroise fut suivi plus tard par saint Augustin et son école, par saint Jérôme et par les pontifes romains. Tandis que le dogme catholique recrutait d'intrépides apologistes, les ariens perdaient successivement leurs principaux appuis; après Auxence, ce fut Euzoius d'Antioche, qui mourut en 376, puis l'empereur Valens (378), qui succomba dans sa lutte contre les Goths. Le jeune Gratien était catholique, et, à l'exception des manichéens , des photiniens et des eunoméens , il accorda la liberté religieuse à tous les partis. En 378 encore, plusieurs semiariens, dans un concile tenu en Carie, rejetèrent l'expression à'o)nousios , en faveur de l'égalité de substance (la jiiùme chose avait eu lieu en 3G7); d'autres embrassèrent résu-

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hinietit la foi catholique. Cent quarante-six évèques orientaux (septembre 378) souscrivirent à Antioche les décrets d'un concile tenu à Rome sous le pape Damase. En 379, le célèbre Grégoire de Nazianze fut appelé à Constantinople, sans avoir occupé l'évêché de Sasime qui lui était assigné ; il administra le diocèse au nom des catholiques, et, par ses magnifiques sermons, ramena plusieurs hérétiques dans le sein de l'Église.

Sur ces entrefaites, Gratien associait à l'empire le vaillant et catholique Théodose. Ce dernier publia à Thessalonique, où il avait été baptisé par l'évéque Ascholius, le fameux édit (28 février 380) où il prescrivait à tous les sujets d'embrasser la foi de Nicée, telle que l'enseignaient Damase à Rome et Pierre à Alexandrie.

Théodose, associé par Gralien à l'empire, signala aussilôL son zèle l»our la saine doctrine, dont le Saint-Siège a toujours été le dépositaire, par la loi célèbre qu'il adressa au peuple de Constantinole. <c La vr)lonté des trois empereurs, disait-il, est que tous les peuples de l'empire suivent la religion que l'apôtre saint Pierre a enseignée aux Romains, qui s'est maintenue chez eux dans la suite de tous les temps, que l'on voit suivre au pape Damase et à Pierre d'Alexandrie, homme dune eminente sainteté. Cette religion apostolique et évangélique enseigne à croire une seule divinité et une pareille majesté dans la sainte Trinité des personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ils ordonnent que ceux qui en feront profession prennent le nom de chrétiens catholiques et que les autres, qu'ils regardent comme des insensés, portent le nom infâme d'hérétiques, en attendant la justice, «{ue Dieu en fera et qu'il inspirera aux empereurs d'eu faire '. »

* Imperatores Gratiaiius, Valentiniaaus et Theodosius AAA. ad populum nrbis Cp. Cunclos populos, quos clemeutise nostrse regit imperium. in tali volumus religione versari, quam divum Petrnm apostolum tradidisse Romanis religio usque adhuc ab ipso insinuata déclarât, quaraque pontificem Damasum sequi claret, et Petrum Alexandriae episcopuœ. virum aposlolicse sanctitatis : hoc est, ul secundum apostolicam evangelicamque doctrinam, Patris et Filii et Spiritus sancti unam deitatem su!) pari majestate et sub pia Irinitafe credamus.

Hanc legem sequentes chrislianorum catholicorum uomeu jubemus amplecti: reliquos vero dementes vesanosque judicantes hserelici dogniatis intamiain sustinere, divina primuin vindicta, post etiam motus uostri, quem ex coelesti arbitrio sumpscrimus, ullione plectendos. Datum :5 kal. raart. Thess. Gratiano A. V. et Theodosio A. I. cofF. (Lib. Il L>r jide iijihol. Cod. Theod.^

\)'2 HlSlüIKE DE LÉI.LISE.

Or, aüü qu'on ne croie pas que ces lois, adressées à tout l'empire et reçues dans toute l'Église, regardaient précisément la personne de Damase, et non pas son caractère de pontife romain et le privilège de son siège, voici le témoignage que saint Jérôme, qui vivait dans ce temps, rend à l'autorité qui appartient à ce siège, pour fixer et confirmer les chrétiens dans la foi.

« Dans le schisme, dil-il, et parmi les hérésies qui déchirent depuis longtemps l'Église en Orient, il est bien difficile de l'y reconnaître; je m'adresse donc à la chaire de Pierre, et je consulte la foi dont saint Paul a fait l'éloge, pour tirer la nourriture de mon âme du lieu même où elle a reçu la vie en Jésus-Christ. L'étendue des terres et des mers qui m'en séparent n'ont pu m'en empêcher. La nature qui veille à la conservation des animaux les mène dans les endroits où il y a de quoi vivre. Les enfants libertins ont dissipé leur patrimoine, et vous êtes les seuls qui avez fidèlement conservé l'héritage de nos pères. Dans ces terres incultes le bon grain a dégénéré en ivraie; chez vous il a multiplié au centuple. A présent le soleil de justice se lève en Occident, et l'on voit en Orient ce Lucifer, qui est tombé du ciel, mettre son trône au-dessus des astres. Vous êtes la lumière du monde et le sel de la terre. Vous êtes des vases d'or et d'argent; ici on n'en voit que lie bois et d'argile, qui seront brisés et jetés au feu '. ■>

Le iA novembre 380, Théodose fit son entrée dans Constantinople, où les ariens dominaient depuis quarante ans. Ils ne gardèrent qu'une église située devant les portes de la ville ; les autres retournèrent aux catholiques, et Démophile fut obligé de prendre la fuite. D'autres lois affermirent encore la possession et les droits de l'Église, et interdirent les assemblées religieuses des hérétiques. Et c'est ainsi qu'en Orient l'arianisme

' Quoniam vetusto Oriens inter se populorum furore coUisus, indiscissam Domini tunicam, et desuper textam, minutatim per frusta discerpit ... ut difficile ubi fons sig:natus et hortus ille couclusus sit, possit inteUigi : ideo mihi cathedram Pétri, et fidem apostolico ore laudatam ceusui consulendam; Inde nunc niese auimae postulans cibum, unde olim Christi vestimenta suscepi. Nequ« vero tanta vastitas elementi liquentis, et interjacens longitudo terrarum me a pretiosae margaritae potuit inquisitione prohibera.

Ubicumque fuerit corpus, illuc congregabuntur et aquilse. Profligato a sobole mala patrimonio, apud vos solos incorrupta patrum servatur hsereditas, etc. Nunc in Occidente sol justitiae oritur : in Oriente autem Lucifer ille, qui ceciderat, supra sidéra posuit thronum suum. Vos estis lux mundi ; vos sal terra : vos aurea vasa et argentea : hic testacea vasa, vel lignea, virgam ferream et îeternum operientur incendiuui ,S. Hieron., Epist. lvii^

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fut aboli par la même force qui l'avait jusque-là soutenu et propagé.

Basil., Op., éd. Garnier, Par., 1721 et seq.; Migne, Pair, gr., t. XXIX- XXXII; Tillemont, Mémoires, t. LX; Feisser, De vita Basil. M., Groning., 1828; Klose, Basil, d. Gr., Stralsund, 183o; Greg. Nyss., Op., edit. Morelli, Paris., 1615, iu-fol., t. il, ap. éd. Greiser, Paris., 1618; Migne, t. XLIV-XLVI; Rupp, Greg. v. Nyssa, Leipzig, 1834 ; Greg. Naz., Op., ed Clémencet, t. I, Par., 1778; t. II, ed. 1840; Migne, t. XXXV-XXXVIII ; Ullmann, Greg. v. Naz., Darmstadt, 1825. Mon ouvrage (ci-dessus §42). .\mphil. Icon., Migne, t. XXXIX, init.; Ephrem. Syr. (mort après 379); Op., ed. P. B. et Stepti.; Assemani, Rom., 1732 et seq., in-fol., t. VI ; Zingerle, Ausgewœhlte Schriften des hl. Ephrem, Innsbr., 1832 et suiv,, 6 vol.; G. Bichell, S. Ephr. Syr. carmina Nisib., Lips., 1866. D'autres Antiochiens dans Theod., IV, 26-28; Cyrill. Hier, (mort en 386), Catéchèses (23), Ep. ad Const., Op., ed. Touttée, in-fol., Paris, 1720; ed. Reischl, Monach., 1848; Migne, t. XXXIII; Didym. AL, mort en 394, Op., ed. Migne, t. XXXIX; Lib. de Spiritu sancto, Op., Hier., II, 107 et seq., ed. Vall; Libri De Trin., ed. Mingarelli, Bonon., 1769 ; Expos, vji ep. can., etc.; Lücke, Qusestiones ac vindici« Didymianse, Gœttingue, 1829 et seq., in-4''; Epiph., ed. Petav., Paris., 1622; ed. Œhler, Berol.i 1859 et seq.; Migne, t. XLI-XLIII; Chrys., Hom. contra Anom., etc.; Fessier, PatroL, il, p. 89; Hilar., Op., ed. Coustant, Paris., 1693, in-foL; Auct. Scip. Maiîei, 1720, in-foL, 2 vol.; Migne, Patr. lat., t. IX-X; Ambros., Op., ed. Du Frische et Nie. Le Nourry, Par., 1686 et seq.; Migne, t. XV-XVII. Saint Augustin écrivit contre les ariens une foule de lettres et de discours, puis : CoUatio cum Maximino arianorum ep., et Libri II c. eumd. 428, et son grand ouvrage De Trinitate (commencé en 400, achevé l'an 419, en quinze livres). A saint Augustin se rattachent Fulgence de Ruspe et le diacre Ferrand (Ep. ad arian.; Maï, Nov. Coll. III, n, p. 169-184). Parmi les Latins il faut nommer encore Phébade d'Agen (Lib. Cont. ar., cap. cccLvni), Zenon de Vérone (mort en 380 Sermones), C. Marins Victorin (quatre livres De Trin. contra Candidum arianum, — De générât. Verbi divini, — De homousio recipiendo"). Édits de Gratien et de Théodose, Socr., V, 2, 7 ; Soz., VII, 1,5; Theod., V, 1; Cod. Theod., XVI, 1, 2, 3; v, 5. Conciles de 378, Socr., V, 4;' Soz., VI, 2;Mansi, III, 461 et seq., 511 et seq.; Héfelé, p. 714,718; Coustant, Epist. rom. pont., p. 489 et seq.; Merenda , Admon. in Damas., Ep. iv; Theod., V, H ; Gregor v. Naz. in Epi.; Ullmann, op. cit., p. 155 et suiv., 166 et suiv. Mon ouvrage Pholius, I, p. 18-20.

Les derniers ariens et letirs partis.

73. Les ariens cependant, quoique affaiblis et divisés, se soutinrent jusqu'au sixième siècle. Les eudoxiens on ariens

S)i H;IST0IRF. ItK I.Kfil.TSK.

propitiinent dits étaient tombés en même temps que les eunoméens; ceux-ci donnèrent naissance aux eunomothéophroniens, ainsi nommés de leur fondateur Théophrone ; puis aux eunomoeutychiens, qui tiraient leur nom d'un certain Eutychius de Constantinople, suivant lequel le Fils de Dieu aurait ignoré l'heure du jugement'. Après la mort de Démophile (386), Maxime de Thrace, un eudoxien, obtint l'évêché arien de la ville impériale, et entra avec Dorothée d'Antioche en dispute sur la question de savoir si Dieu pouvait être appelé Père avant que le Fils subsistât. Les marinistes, nommés aussi psath)riens, du nom de Théotiste de Psathyropolis, leur principal chef, soutenaient l'affirmative, les dorothéens la négative. La discorde éclata également parmi les marinistes. Agapius, que Marin avait consacré évêque arien d'Éphèse, se sépara de lui. Sous Théodose II, il fut défendu de mentionner les controverses qui avaient divisé les marinistes et les dorothéens ; on parvint à les réconcilier dans la capitale, tandis qu'ailleurs les partis demeurèrent séparés.

Les rangs des ariens allaient s'éclaircissant de jour en jour ; les successeurs de Barbas ou Bardas, qui, en 407, avait hérité du siège de Maxime à Byzance, tombèrent dans l'oubli le plus complet. Sous Anastase (mort en 518), l'évêque arien Deuterins ayant administré le baptême « au nom du Père par le Fils dans le Saint-Esprit, » on prétendit que l'eau du baptistère se trouva complètement desséchée. A tout prendre, les ariens orientaux n'avaient plus aucune espèce d'influence; ils ne subsistaient plus qu'en secret et ils finirent par disparaître sans laisser de traces.

Socr,, V, 23 et seq.; VII, 6; Soz., VII, 14, 17; Philostorg., .XII, H ; Theod,, Haer. fab,, IV, 4; Niceph,, XIV, 13, il; Theod, Lect,, lib, II, p. 562, éd. Vales,; Theophan., p. 234, éd. Bonn.; Le Quien, Or. chr., 1, 214 et seq.

L'arianisme en Occident.

74. A Milan, vers 385, les ariens relevèrent audacieusement la tête. L'impératrice Justine, mère de Valentinien II, essaya d'inculquer à son fils la doctrine arienne, de procurer des

• D'après Marc, xiii. 32.

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églises à ses adhérents, parmi lesquels figuraient les chefs des troupes auxiliaires fournies par les Goths, et de relever la secte. Ses efforts échouèrent devant la fermeté de l'évèque saint Ambroise. Si ce dernier eût cédé, ne fût-ce que sur un point, s'il avait donné une de ses églises, les ariens auraient toujours poussé plus loin leurs prétentions ; heureusement, le saint pontife fut inébranlable. Un second Auxence fut nommé par Justine évêque arien de Milan, mais il ne réussit point à so procurer une seule église. A ceux qui prétendaient que l'empereur pouvait disposer de tout dans son empire , saint Ambroise répondait : Les églises ont été confiées à l'évèque, et non à l'empereur; la pourpre fait l'empereur, mais non l'évèque. La résistance passive du saint pontife l'emporta.

En 387, l'invasion de Tusurpateur Maxence obligea Justine d'implorer l'assistance du pontife, et Valentinien lui-même dut se réfugier auprès de Théodose. Sa mère mourut pendant sa fuite. Saint Ambroise, après avoir soumis à la péniteiîce le puissant Théodose, coupable du massacre de Thessalonique, gouverna paisiblement son Église jusqu'à la fin de ses jours (397).

Vaincu, dépouillé de sa puissance parmi la population indigène des deux empires d'Orient et d'Occident , l'arianisme chercha un refuge chez les nations germaines, qui inondaient l'Italie, la Gaule, l'Espagne et l'Afrique. Ces peuples, si l'on excepte les Suèves, les Ostrogoths d'Espagne et les Vandales d'Afrique, se montrèrent généralement tolérants envers les catholiques, surtout les Visigoths d'Italie, et, au sixième siècle, la plupart entrèrent définitivement dans le sein de l'Église, ou perdirent l'autorité dont ils avaient joui jusque-là. Cette hérésie, naguère encore si puissante, fut réduite désormais à des insignifiantes proportions.

.\mbros., Ep. xx ad Marcel].; Ep. xxi, n. ö et seq.; Serm. cent. Aux., n. 15 et seq.: Rufin., XI, i'6 et seq.; Theod., IV, o-7; V, 12 et seq., 18 : .Socr., IV, 30; V, Il ; Soz., VI, 24; VU, 12 et seq.; Aug., Contra Jul., II, 5; Gilbert, Leben des hl. Ambr,, Vienne, 1841 ; A. Baunard, Gesch, des hl. Ambr., en allemand, par J. Bittl, Fribourg, 1873.

§ 3. Les schismes et les hérésies alliées à Pariantsiue. Le schisme de Lucifer.

75. Tandis qu'Eusèbe de Verceil procédait avec douceur et ménagements à l'égard des ariens repentants (362), un évêque catholique, ardent mais rigide, Lucifer de Cagliari, s'élevait avec force contre eux et réclamait la déposition de tous les évêques qui avaient souscrit la formule de Rimini ou toute autre formule analogue. Inflexible dans sa sévérité, il rompit la communion avec les évêques indulgents , persuadé que l'Église se dégradait en recevant ceux qui étaient tombés. Il se brouilla successivement avec la plupart des catholiques , puis se retira dans son île, où il mourut en 370 ou 371 .

Ses partisans, les lucifériens, contre lesquels saint Jérôme écrivit un dialogue (378-380), prétendaient être seuls la véritable Église et professaient les mêmes principes rigoristes que les novatiens et les donatistes. L'un d'eux, le diacre romain Hilaire , auteur de plusieurs ouvrages autrefois attribués à saint Jérôme, tenait le baptême des ariens pour invalide et croyait qu'il les fallait rebaptiser quand ils se convertissaient. On imputait aussi à plusieurs d'admettre que les âmes sont engendrées par les parents en même temps que les corps.

On comptait parmi les lucifériens les prêtres Faustin et Marcellin, qui, en 383 ou 384, présentèrent aux empereurs une supplique pleine de calomnies contre le pape Damase. Ils étaient partisans de l'antipape Ursicin, qui forma une secte de rigoristes. Le fanatisme s'attiédit peu à peu et les lucifériens disparurent au cinquième siècle.

OCYRAGES A CONSULTER ET REMARQUES CRITIQUES SUR LE N" 7o.

Rufin.,X,20, 27, 30; Sulp. Sev., II, 4b;Theod., III, 4 et seq.; Ambr.,

* De exe. Sat., I, n. 47; Hier., Cat., cap. xcv; Cliron., an. 374; Dial. adv.

Lucif. (Op., II, 171-202; éd. Vall.); Gennad., De dogm., cap. xiv :

Faustin. et Marcellin., Lib. prec, Galiandi, t. VII. Voyez ci-dessus § 64.

11 y avait des lucifériens en Italie et en Espagne. Il n'est pas prouvé que Lucifer ait été canonisé (Klose, art. Lucif., dans Herzogs. Real- Encykl.), quand même il fut honoré par le peuple de Sardaigne. Urbain Vni et Innocent X (1638, 1641, 1647) défendirent de propager son culte. Papebroch, Acta sanct., t. V, maii, diss. xx, p. 197 et seq.: ßened. XIV, De beatif. et canon., lib. I, cap. il, n. 2. 3 : Martini, Storia

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eccl. (Il Saidegna, Cagiiari, 1839, t. 1, p. 46-82; Gams, K.-G. Span., I, 11, p. 310-317. Note sur rilistoive de l'Kglise de Mœhler. I, p. 46ö.

Le schisme d'Antioche.

76. Les partisans catholiques de l'évèque Eustathe , déposé en 330 par les eusébieus, foraiaient à Antioche une communauté particulière el évitaient tout commerce avec les évêques ariens. En 300, lorsque l'évèque arien Eudoxe passa sur le siège de Byzance, les ariens, après de longues disputes, élevèrent sur le siège d'Antioche Mélèce, evêqiie de Sébaste en Arménie (361). Mais ils furent trompés dans leur attente, car Mélèce enseigna la même doctrine que les catholiques ; aussi futil exilé à Mélitène en Arménie et remplacé par l'arien Euzoius. Les eustathiens, quand Mélèce revint de l'exil, refusèrent de l'accueillir, parce qu'il avait été institué par les ariens et qu'il ne s'était pas montré aussi ré.solu qu'ils l'auraient souhaité. Il y eut donc trois partis à Antioche : les eustathiens, les méléciens et les ariens. Les deux premiers auraient pu facilement s'entendre, mais Lucifer, qui était arrivé pour négocier une réconciliation, était tout-à-fait impropre à cet office. Le prêtre Paulin fut consacré évèque et la division ne fit que s'accroître. La plupart des alexandrins et des Occidentaux étaient pour Paulin, tandis que les catholiques d'Orient se déclarèrent pour Mélèce.

Les méléciens enseignaient trois hypostases dans la divinité ; les eustathiens, qui prenaient ce mot dans le sens de nature, d'essence, n'en admettaient qu'une seule. En 378, les deux partis cathohqnes convinrent que celui des deux qui survivrait à l'autre, Mélèce ou Paulin, serait reconnu po'ir le seul évêque des cathoUques d'Antioche. Cependant, quand Mélèce mourut à Constantinople (381), Flavien, prêtre d'Antioche, fut élu par le parti de Mélèce et confirmé par un concile, an grand regret de saint Grégoire de Nazianze, qui désirait vivement le terme de cette scission.

De leur côté , les partisans de Paulin choisirent après sa mort Évagre pour leur évêque (388). Cependant Flavien obtint qu'après le décès de celui-ci, en 352, aucun successeur ne lui fût donné, et en 398, par la médiation de saint Chrysostome et de Théophile d'Alexandrie, il se fit approuver du Saint-Siège,

U. — HIST. DE l'ÉGUSK. T

OK IIISIOIKI". DE L K.r.USE.

à qui il avait envoyé une députation présidée par i'évêque Acace de Bérée. Une partie des eustathiens persistèrent dans leur séparation jusqu'en 415, alors que l'cvè^ue Alexandre, suivi de tous ses fidèles, entra dans leur église un jour de fête et assista à leur office. Tous s'unirent ensemble pour chanter et prier. Ainsi fut rétablie, après une séparation de 85 ans, l'unité dans l'Église d'Antioche.

Socr., H, 43 et seq.; III, 9, 23; V, 5, 9 et seq., 15 ; Soz., IV, 25; VII. 3, 10 et seq.; VIII, 3 ; Philost., V, 7 ; Epiph., Haer., lxxiii, n. 28 et seq.; Theod., III, 2, 8; V, 23, 33; Naz., Carm. de vita sua, v, 1590 et seq.; Amhrus., Ep. lvi ; Walch, Ketzerhist., Vil, 410; Héfelé. Conc, II, 7, 49.

li'hérésie de Photin.

77. Photin, diacre, puis évêque de Sirmium, était disciple de Marcel d'Ancyre. Il distinguait entre le Verbe et le Fils de Dieu ; le Verbe était la raison divine, la vertu impersonnelle de Dieu ; le Fils était la demeure du Verbe dans l'homme Jésus. Il concevait le Verbe, à la manière des anciens (J, 164), d'une part comme résidant en Dieu, et d'autre part comme sortant de Dieu pour créer le monde. Il faisait consister son opération particulière {energeia drastike) non pas dans la vie que le Verbe communique au corps de Jésus- Christ, mais dans son influence illuminante sur l'homme Jésus, composé d'un corps et d'une âme. Jésus, en vertu de cette influence, était élevé audessus de tous les prophètes et envoyés de Dieu, et s'appelait Christ, Fils de Dieu (adoptif), Dieu même, dans un sens impropre. Le Fils n'existe que depuis que Jésus est né de Marie, e! son empire cesse quand il rend à Dieu l'autorité qu'il en a reçue ' . Cette doctrine, où il n'est pas question des trois personnes divines, se rapproche beaucoup de celles de Paul de Samosate et de Sabellius,

Photin fut condamné par les ariens dans un concile d'Antioche (344), qui, jouant sur son nom, l'appela homme de t(^nèbres (scoteinos), au lieu d'homme de lumière (photeinosj. 11 fut encore condamné en ,"{45 et 347 par lesévèques d'Occident, puis déposé en 340 et 350 par les Orientaux assemblés dans sa ville épiscopale.

' / Cor., XV, 2i et siiiv.

LES HKKKftlh> Kl KKS SCHISMES. '.t'.î

Il s'y résig-iui (rautant moins qu'il était fort aiaié de son Kg-lise pour ses prédications. Il informa l'empereur et s'otfrit à soutenir une discussion publique avec ses adversaires. Elle eut lien en présence de commissaires impériaux entre lui et le semiarien Basile d'Ancyre, et fut transcrite par des sténographes. Photin fut déclaré vaincu et sa déposition confirmée; on y Joignit la peine du bannissement. Pendant sa fuite, il rédigea en latin et en grec un livre contre toutes les hérésies, mais en défendant la sienne. Sa condamnation fut renouvelée a .Milan en 355. Il retourna à Sirmium sous le règne de Julien, fut de nouveau expulsé par l'empereur Valentinien en 36-i, et mourut en 466. Il y avait une secte de photinieus dont le baptême fut déclaré invalide par un concile tenu à Arles en U3 ou 45^ (can. xxi). 11 ne paraît pas qu'elle se soit propagée plus loin.

Äthan., De sya., cap. xxvi et seq.; Theod., HcCr. fab., il, iO; Socr., Il, 30 ; Soz., rv, 6; Hilar., De syn., cap. xxxviii : Epiph., Haer., lxxi, i et seq. (ibid., n. 2-6, la dispute avec saint" Basile^; Vigil. ïaps., Adv. Ar., Sab. et Photin. (Bibl. Pati-., Lugd., VIll, 754j; Héfelé, I, 604, 610 et s. (autres ouvrages, ibid., p. 611, n. 2 ; p. 6t4. n. i i, 619 et stiiv.. 623 ; 11, 283.

Les macédoniens et les pneumatomaques.

78. Pendant les troubles de l'arianisme, il avait surtout été question du Fils de Dieu ; on n'avait point touché à la personne du Saint-Esprit. Tant que la divinité du fils ne fut pas hors de conteste, les docteurs de l'Église crurent inopportun d'insister sur la profession expresse de la divinité du Saint-Esprit. Cette conduite, qui était notamment celle de saint Basile, leur était suggérée par la prudence ; ils savaient que tout malade ne supporte pas volontiers la lumière du soleil, qu'un estomac aifaibli rejette les aliments solides. La question surgit d'abord parmi les semiariens. Vers 360 , l'évèque Sérapion de Thumuis fit connaître à saint Athanase l'opinion d'une fraction arienne selon laquelle le Saiut-Esprit n'était qu'une pure créature. Saint Athanase les combattit sous le nom d'ennemis du Saint-Esprit (pneumatomaques) . Us furent reprouvés par un concile tenu à Alexandrie en 362 et par une lettre de saint .\thanase à Jovien, où la trinité et la consubstantialité des

per.S()ii;ii\> i{ivii)es soiit expressément énoucées. Ce parti avait pour 1 [lef '111 évè-i'ie stMiiiarien souvent expulsé, Macédoniiisde Constaiitinople. anqncl se joignirent plusieurs semiariens; puis Marathonius, qui fut successivement homme d'État, moine et diacre, et enfin évêque de Nicomédie : de là leur nom de macédoniens ou marathoniens.

Sous Julien, ils tinrent à Zélé, dans le Pont, un concile où ils se détachèrent à la fois des catholiques et des ariens rigoureux, et déclarèrent que le Saint-Esprit était moindre que le Père et le Fils. Ils étaient disposés à reconnaître la divinité du Fils, mais non celle du Saint-Esprit. Ils soutenaient que le Saint- Esprit recevait l'être par le Fils *, et ils en concluaient qu'il était une créature et n'était pas de Dieu le Père. Us l'appelaient un Dieu non conforme a l'Ecriture, un serviteur, et voici les différents sophismes qu'ils faisaient valoir : Si le Saint-Esprit n'est pas engendré, il y a deux premiers principes ; s'il est engendré, il l'est ou par le Père ou par le Fils ; s'il l'est par le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont frères ; s'il l'est parle Fils, il est le neveu du Père.

Ils furent combattus d'abord par saint Athauase, ensuite par saint Basile, en son Traité du Saint-Esprit (374), par saint Grégoire de Nazianze, dans le cinquième de ses Discours théologiques, par Didyme, dans les livres sur la Trinité et le Saint- Esprit, traduits par saint Jérôme, et enfin par saint Ambroise. Ces docteurs ne niaient pas que le Saint-Esprit ne fût du Fils, mais ils montraient que, d'après l'Écriture, il procède en même temps du Père -, qu'il exerce des opérations divines, qu'il est appelé Dieu, qu'il y a un milieu entre engendré et non engendré, que la procession diffère de la génération et indique un autre mode d'origine, que tout ce qui a été fait l'a été par le Fils *, et, quant au Saint-Esprit, qu'on ne saurait prouver qu'il fasse partie des choses qui ont été faites. Ils développèrent l'ancienne croyance de l'Église sur la Trinité. Cette croyance, le pape Damase l'énonça également dans un concile tenu à Rome en 369; le même pape, en 374, rejeta les doctrines des macédoniens. Un concile d'Illyrie en fit autant en 375 et déclara expressément que le Saint-Esprit était consubstantiel au Père et

' Jean, i, '^i. — ' Jeun. xv. 20. — ' Jean. i. 3.

au Fils, puis un autre tenu eu 376 à Icoiiium sous ÂmpbiloquS, qui se rattacha étroitement à la doctrine de saint Basile.

En 380, le pape Damase célébra dans Rome un concile où furent condamnées les diverses erreurs de cette époque, notamment celles de Sabellius, d'Arius, de Photin, d'Ennome, des macédoniens et de tous ceux qui refusaient d'admettre que le Saint-Esprit a la même nature et la même puissance que le Père et le Fils, et qu'il faut adorer un seul Dieu eu trois personnes, La parfaite divinité du Saint-Esprit fut établie et démontrée à diverses reprises chez les Latins aussi bien que chez les Grecs.

Économie de saint Basile, Naz., Or., xxxi, n. 2, p. 557 et seq.; Or., XLUi.n. 68,69; Ep. xxvi ; Carm. de Sp. sanct.,arc. 3, v. 16 et seq.; Basil.. Ep. Lxxi; Phot., De Spiritu sancto mystag., cap. lxxvii. Contre les pneumatomaques, Attian., Ep. iv ad. Serap.; Tom. ad Antiocti., n. 5 et seq.; Ep. ad Juvian., n. 3 et seq. (Migue, t. XXVi, p. 637 et seq., 801, 817 et seq.); Epipli., Ha^r., uxxiv; Naz., Or. xxxi, cit.; Basil., Lib. de Spiritu sancto ; Suz., IV, 27. Le concile de Zélé, Basil., Ep. ccli, cap. iv (Migne, t. XX.XII, p. 937); Héfelé, I, 708. Autres conciles, ibid., p. 714- 718. La synodique de Damase (dans TUeod., V, il) fut envoyée à Paulin d'Antiucbe et à Ascholius de Thessalonique. Les Latins invoquaient surtout I Cor., u, 10 ; Hilar., De Trin., XII, 35; II, 29.

Deuxième concile cecuménique.

79. En 381, Théodose I" convoqua dans sa capitale les évèques de son empire à un grand concile, en vue d'affirmer la foi de Nicée, de réconcilier les semiariens avec l'Église, et de repourvoir le siege de Conslantinople. loO évêques catholiques de l'Orient s'y réunirent. Les plus remarqués étaient : Mélèce d'Antiûche, (jui fut élu président et mourut pendant le concile ; Grégoire de Nazianze, qui remplaça comme évèque légitime de la ville impériale Maxime le cynirjue, présida l'assemblée après la mort de Mélèce, et, mécontent de l'attitude de la plupart des évèques, surtout en ce qui concernait le schisme d'Ântioche, ne tarda pas d'abdiquer : il fut remplacé par un laïque du nom de Nectaire, qui dirigea le concile dans sa dernière période ; Grégoire de Nysse (frère de feu saint Basile), qui nt une raagnitique oraison funèbre de Mélèce et exerça une laude influence sur les délibérations ; son frère, Pierre de

K>-i IIISIOIKI. i'I. I.Ei.LlSL.

Sébasle, Aiiipliiluquo d'Icoiiium, Gelase dû (^esaréo en Paleiitine, son oncle Cyrille de Jérusalem, Hellade, successeur de saint Basile dans le Pont, Euloge d'Édesse, Diodore de Tarse, Acace de Bérée, et plus tard des Égyptiens et des Illyrieus , ayant à leur tète Timothee d'Alexandrie et Ascholius de Thessalonique.

Parmi les macédoniens, également invités, il y en avait environ 36, la plupart de l'Hellespont, entres autres Éleusius de Cyzique et Marcien de Lamsaque. Leurs résistances contre le (c consuhstantiel » empêchèrent tout résultat. Ils quittèrent le concile en faisant difTérentes réserves et écri\'irent des lettres pour aigrir les esprits contre lui. Quant aux Pères assemblés, ils confirmèrent solennellement la confession dogmatique de Nicée, prononcèrent l'anathème contre les eudoxiens et les eunoméens, et ajoutèrent au symbole de Nicée ces paroles : Nous croyons au Saint-Esprit qui règne et vivifie, qui procède du Père, qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils, qui a parlé par les prophètes.

Cette addition fut dans la suite universellement admise par rÉglise et de nouveau approuvée au quatrième concile œcuménique. L'Occident adopta plus tard les décrets dogmatiques, mais non les quatre canons qui s'occupaient entre autres choses du pouvoir hiérarchique (can. n, m). Sur le désir du concile, Théodose I" l'approuva le 30 juillet 381, et menaça les récalcitrants des peines infligées aux hérétiques.

L'Occident se montra tout d'ahord mécontent d'une foule de mesures qui avaient été prises alors, comme la déposition de Maxime faite par Pierre d'Alexandrie et la procédure relative aux atîaires de l'Église d'Antioche. Lorsque la plupart des évêques assemblés à Byzance en 381 s'y réunirent de nouveau en 382, ils reçurent de l'Occident une lettre synodale qui les invitait à Rome pour un grand concile. Mais comme l'absence d'un si grand nombre de prélats leur semblait alors dangereuse, ils envoyèrent trois évêques en délégation à Rome, condamnèrent les erreurs qu'on y condamnait et demandèrent l'approbatiou de leurs décrets. Le pape Damase l'accorda; et c'est ainsi <jue ce concile, ([ui n'était d'abord qu'une assemblée générale (le rOrient, fut reconnu pour le second concile œcuménique, au moins depuis le milieu du cinijuième siècle.

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