CARACTERE DE CETTE PÉRIODE
Dans l'empire romain, le paganisme marchait à sa ruine d'un pas précipité. Des essais ingénieux et habiles furent inutilement tentés pour retenir quelques lambeaux des mœurs et des usages païens que TEghse travaillait à étouffer. L'État romain passe insensiblement dans l'État chrétien, et une nouvelle législation civile s'élève sur les bases de l'ancienne, purifiée en bien des points par des éléments chrétiens. L'Église se revêt d'un éclat extérieur, mais se voit bientôt contrainte de réagir contre les empiétements de l'État. Autrefois, elle avait eu à lutter contre les persécutions des empereurs païens ; aujourd'hui, il lui faut se mettre en garde contre la tutelle des princes devenus ses enfants.
Une fausse politique se form.e peu à peu, dont la théorie ne sera pleinement développée que dans la suite des âges. A peine la puissance temporelle a-t-elle arraché l'Église de l'état d'oppression où elle gémissait sous le monde païen, qu'elle essaie d'exploiter à son profit les nouvelles relations qui l'unissent à elle, d'exercer dans toute la sphère où se déploie son activité une influence souveraine, qui très-souvent est incompatible avec les droits imprescriptibles de l'Épouse de Jésus-Christ. Les empereurs païens, dans la haine mortelle qu'ils portaient à l'Église, avaient essayé de l'anéantir; le despotisme des princes chrétiens tenta de l'étouffer dans ses embrassemenls.
Il y avait sans doute alliance intime entre l'Église et l'État devenu chrétien ; mais cette alliance excluait d'autant moins la lutte entre les deux pouvoirs, qu'on se faisait souvent une