‹ Histoire de l'égliseChapitre 30 sur 38 · CARACTÈRE DE LA II* PÉRIODE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE LA II* PÉRIODE

fausse idée de l'État, dénaturait sa notion et tombait dans les erreurs juridiques les plus grossières. Plus d'une fois l'État se laissa séduire par les hérésies, qui ne sont jamais absentes de l'histoire de TÉglise et qui deviennent d'autant plus puissantes qu'elles sont appuyées par toutes les ressources du pouvoir civil. La victoire de rÉghse n'en fut que plus éclatante. Elle édifia sur les principes du christianisme une science nouvelle, s'empara de la culture païenne pour la transfigurer , abattit la fausse sagesse dans ses conciles généraux et par la plume de ses grands docteurs, poursuivit cnfm dans leurs derniers retranchements les hérésies qui tant de fois entravèrent sa marche et amenèrent les plus terribles combats.

Tous les efforts de la science et de l'art, tous les éléments du culte, de l'ascétisme et de la discipline que nous avons vus dans la période précédente non- seulement se conservent, mais déploient toute leur richesse. La constitution ecclésiastique s'affermit au dehors, malgré les assauts que lui livre l'ambition humaine. Les chefs de l'Église gagnent en influence et ils en profitent pour favoriser les progrès de la liberté générale au sein du despotisme, de la morale au sein de la barbarie. La puissance de l'Éghse s'étend bien au-delà de la puissance des empereurs de Rome ; eUe survit à la chute de l'empire romain d'Occident comme à l'inondation des peuples barbares, dont elle tempère les effets.

Cette influence régénératrice , l'Église l'exerce sur les nations mêmes qui vivent hors des frontières de l'ancien empire romain ; elle s'accommode aux institutions de tous les peuples, à leurs mœurs, à leurs lois, et ne rejette que ce qui contredit la loi de Dieu ' .

Tandis que, dans sa marche glorieuse^ l'Éghse se déploie ainsi au dedans et au dehors, elle se voit alTaibhe et arrêtée par l'apostasie de provinces tout entières, qui se séparent de son unité, et par les conquêtes de l'islamisme en Orient. Le théâtre des événements importants se déplace de jour en jour et passe d'Orient en Occident. En Orient, c'est la servitude et la stagnation ; en Occident, c'est la hberté, c'est une

< Aug., Deciv. Dvi, XIX, xviii.

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énergie vitale qui se déploie avec une magnificence toujours nouvelle. La force des choses procure au Saint-Siège une puissance extérieure en rapport avec sa destinée universelle et sa sublime vocation.

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