X. Voyez Évagre, Eist. eccl. (par ex., m
Des catalogues de mois des anciens se trouvent souvent dans les manuscrits (par exemple : Cod. Monach. gr., 263 bombyc. seec. 13, f. 425 : Mrjve; xa6' AiY^'t'rîo^Ç (Touêi, Xwi;^, 4>a[X£va)8, <I>ap|j.oy8t] 'Pwjiaîoyc ( 'lavovctpio; X. T. X.) "EX)vr,vaç Aùowvato; IlîpÎTtOî x. t. ),.) 'AÔrivai'ou; ( 'Exaroiiêaitôv x. t. >.) 'Eêpaîouç (Ntffàv). Les Égyptiens avaient douze mois de chacun trente jours. C'étaient : Thoth (.sept.), Phophi, Athyr, Choeak, Tybi, Mechir, Phamenoth, Pharmuthi, Pachon, Pauni, Epiphi, Mesori, et cinq jours complémentaires (épagomènes). On les trouve souvent écrits de diverses manières, dans saint Athanase et autres Alexandrins.
Sur les fêtes de l'Église et le calendrier ecclésiastique, voyez J. -S. Assemani, Calendaria eccl. univ., Rome, 1755, t. I; De Wailly (xvi, 2) : Weidenbac (xvi, 8) ; Nilles, S.-J., De rationibus festorum mobilium utriitsque Ecclesise comment., Vienne, 1868; Attensperger, Die im Brevier und Missale enthaltenen chronologischen Notizen, Wurzbourg, 1869.
Historiens des trois premiers siècles.
18. Il entrait dans les desseins de la Providence que le christianisme fit son apparition dans le monde à mie époque de haute culture intellectuelle, quand rhumanité aurait acquis
IDÉE ET NATURE DE ]>"uiST01RE ECCLÉSIASTIQUE. 37
le sens de l'histoire et pourrait montrer de grands historiens. C'était là un moyen de prévenir la confusion où étaient tombés les anciens historiens de l'humanité en puisant dans des récits fabuleux et des traditions mythologiques. Dans les premiers temps de l'Église, cependant, on n'avait que de rares occasions de se vouer aux études historiques. Ce genre de travaux ne devait prospérer parmi les chrétiens qu'après les orages de la persécution, lorsqu'un ordre de choses plus tranquille et plus durable se serait établi et que l'Église aurait agrandi ses conquêtes.
Après les Écritures canoniques du Nouveau Testament, qui n'étaient guère elles-mêmes, dans leur premier dessein, que des écrits de circonstance, nous rencontrons quantité de renseignements et de traditions d'un caractère privé : des lettres, des actes de martyrs, perdus pour la plupart. Tels sont en particulier les détails que Papias a recueillis par écrit sur les entretiens du Seigneur, et les explications qu'il y ajoute; puis l'ouvrage en cinq livres du juif converti Hégésipe (150), dont il ne reste que huit fragments. JNous ne possédons non plus que cinquante-six fragments, la plupart très-courts, de la Chronographie du savant Jules Africain, jusqu'à l'an 221 après Jésus-Christ.
OUVRAGES A GO>fSULTER SUR LE N" 18.
Stseudlin, Gesch. u. Lit. der K.-G., Hanovre, 1827; J.-Chr. Baur, Die Epochen der kirchl. Gcschichtsschreibimg^Tuhingne, 1852; Héfelé, dans Freib. K.-Lcxicnn, art. K.-G., t. VI, p. 134-158; Potthast, BihL hist. med. sévi, Berli)i, 1862; supplém., 1868.
Fragments d'Hégésippe, Eusèbe, Hist. eccL, If, 23; III, H, 16, 20, 32; IV, 8, 22; Phot., Bibl., cod. 232; Routh, Reliq. sacr., I, 191-203; Gallandi, Bibl. Pair., II, 59-67; Jetz, Hegesiiops kirchengeschichtl. Bedeutung (Niedners, Ztschr. f. hist. TheoL, 1865, I); de Jules Africain (Soz., Hist. eccl., I, 21 ; Hier,, Catal., cap. xxm; Phot., Bibl., cod. 34 ; Schœll, Gesch. der griech. Liter., II, 449); vingt-deux fragments dans Routli, loc. cit., H, 111-195 ; Gallandi, /oc. cit., p. 339-376.
Historiens grecs, depuis le quatrième jusqu'au septième siècle.
19. Eusèbe (mort en3i0), évéque de Césarée en Palestine, est justement considéré comme le père de l'histoire ecclésiastique. Non-seulement il rédigea une chronique en deux
livres qui renferme un abrégé de l'histoire depuis le commencement du monde jusqu'à son temps, et qui devait surtout fixer exactement la chronologie (il ne reste que des fragments du texte primitif); on lui doit aussi une histoire ecclésiastique en dix livres, qui s'étend jusqu'en 324; elle est d'une haute valeur, tant par les nombreux extraits d'anciens auteurs qui y sont intercalés, que par l'importance des documents, et par la façon vraiment historique dont l'auteur traite son sujet.
L'entreprise d'Eusèbe, qui écrivit en outre sur les martyrs de Palestine et sur la vie de Constantin (quatre livres, par trop laudatifs) , trouva beaucoup de crédit et eut de nombreux continuateurs à partir du cinquième siècle. Ce furent : 1° Socrate, avocat à Constantinople sous Théodose II ; son Histoire ecclésiastique, en sept livres, s'étend de 305 à 439, et révèle avec beaucoup d'exactitude et de précision, une grande impartialité ; 2° Hermias Sozomène, avocat aussi, dans le même temps, décrivit en neuf livres, avec moins de simplicité et de talent, l'époque qui s'est écoulée de 324 à 423; 3° le savant exégète Théodoret, évêque de Tyr (mort en 458), travailla sur son propre fond et continua en cinq livres , avec beaucoup de succès , l'ouvrage d'Eusèbe, qu'il conduisit de 320 à 428 ; il écrivit aussi sur l'histoire des moines et des hérésies ; 4° le lecteur Théodoret, au sixième siècle, fit d'abord un extrait de ces trois historiens, puis une continuation de Socrate jusqu'à la mort de Justin I" (527), l'un et l'autre en deux livres; de ce dernier ouvrage nous ne possédons que les extraits de Nicéphore Calixte; 5" Evagre, scolastique d'x\ntioche, a laissé six livres d'un style excellent; ils embrassent les années 431-
Sont perdus, l'ouvrage de Philippe, diacre de Side, sans ordre et rempli de matériaux étrangers ; les douze livres du Cappadocien Philostorge, eunoméen ; ils comprennent l'histoire ecclésiastique depuis 320 à 423. L'auteur essaie d'y justifier l'arianisme. II n'en reste que des fragments conservés par Photius. Parmi les autres hérétiques qui ont traité de l'histoire de l'Église, il ne reste non plus que des débris de leurs ouvrages; notamment du monophysite Jean d'Egée et de Zacharie le rhéteur, évêque de Mitilène, vers 540.
IDÉE ET NATURE DE l'hISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE. 39
Outre les ouvrages sur les hérésies de saint Epiphane (mort en 403), de Théodoret et de Léonlius, la chronique pascale d'Alexandrie, qui sétend jusqu'en 628, nous n'avons plus que des Vies de saints et les Chroniques byzantines, qui joignent le récit des événements politiques aux faits de l'histoire ecclésiastique. La statistique religieuse a été traitée par Cosmas indicopleustes, dans sa Topographie chrétienne.
Stein, Eusebius v. Csesarea, Wurzbourg, 1839, avec indication des ouvrages; Héfelé, op. cit., p. 135-137; Potthast, loc. cit., p. 30Ö ; édition complète, Migne, Patr. gr., t. XIX et seq.; Rist. eccl. éditée par Heinichen(Lips., 1027, in-fol., 3 vol., 1868), Biirton lOxon., 1839), Schweigler (Tiibingue, i8o2), Lammer (Schaffhouse, 1860 et suiv.); de Valois a publié Eusèbe et ses continuateurs, avec des remarques, Paris, 1659 et 1677; après lui Readiag, Cantabr., 1720, t. lU, in-fol. Nouvelles éditions, Oxon., 18.33, in-fol.; Migne, Socrate et Sozomène, t. LXVII Tbéodoret, t. LXXXIl ; Tbéodore le Lecteur et Evagre, t. LXXXVI Pbilostorge, t. LXV; voy. Nolte, Tub. Quart.- Schrift., 1839, 1821 Potthast, p. 493, 536, 545 et seq.; Holzhausen, De fontibus, quibus Socr. Soz. Theod. in scnbenda historia sua jusi sunt, Gœtlingue, 1823; Danzer, De fontibus Theod. Lect. et Evagr., Gœttingue, 1841; Héfelé, p. 138-142; Phil. Sidetes, Socr. hist. eccl. \U, 21 ;Phoi., Bibl.. cod. So; Joan. Jlgeates, Phot., cod. 41 ; Zachar. Rhetor, Evagr., II, 2; 111, 3-718; Niceph. Cal., XVI, 3-9. Des fragments de celui-ci, d'après Mai, se trouvent dans Migne, t. LXXXV, p. 1143 et suiv.; Chronic.pasch. s. Alex., éd. Dindorf, 2 vol. Bonn, 1832; Migne, t. XCII; Epiphan., Migne, t. XLI-XLIII; Leontius, ibid.. t. LXXXVI.
Historiens syriens et arméniens.
20. Chez les anciens Syriens nous trouvons, rédigés dans leur propre langue, des actes de martyrs et des morceaux de poésie sur les saints et les événements contemporains, la Chronique d'Édesse composée au sixième siècle d'après des sources anciennes, et dans le même siècle l'Histoire ecclésiastique du monophysite .Jean d'Edesse, qui fut beaucoup consultée dans la suite, ainsi que la traduction de l'Histoire ecclésiastique grecque du rhéteur Zacharie. A la fin du huitième siècle, Denis Telmachrensis rédigea, d'après Eusèbe, Socrate et Jean d'Éphèse, des annales qui s'étendent jusqu'en 775. Les Arméniens possédaient soit des traductions d'ouvrages grecs et syriaques, soit des chroniques nationales. C'est ainsi
que la Chronique d'Eusèbe s'est conservée dans le texte arménien. Gossun, disciple de saint Mesrob, écrivit sa vie; Moïse Chorenensis composa la première histoire arménienne, et l'évêque Éhsée raconta la guerre de Vardane, entre l'Arménie et la Perse.
Bickell, Conspectus rei Syrorum lit., Monast., 1871, p. 17, 21 et seq.;
41 et seq., oO, 54; Chronicon Edessen., ap. Assemani, Bibl. orient., I, p. 394 et seq.; K.-G.des Joh. v.Ephrsius, ed.Ciu'eton, Londres, 1859; en anglais par Payne Smith, Oxford, 1860; en allemand par Schœnfelder, Munich, 1862. Voy. Land, Joh. v. Ephesiis, Leyden, 1857; Quadro délia storiu letteraria di Armenia, per Me'^ Plac. Sukias Somal, arcivesc. di Siunia, Venez., 1829 ; Victor Langlois, Collection des historiens anciens et modernes de l'Arménie, vol. I, Paris, 1867, vol. II, 1869; Elisasi Op., éd. armen., Venet., 1838: Weite, dans Freib. K.-Ler., art. Arménie, p. 440 et suiv.
Historiens occidentaux.
21. En Occident, l'histoire ecclésiastique proprement dite fut traitée beaucoup plus tard que chez les Grecs. Elle commence par des compilations et des traductions d'ouvrages grecs. Saint Jérôme, dans son traité des Hommes illustres (jusqu'en 392), essai d'histoire littéraire, avait traduit en latin la Chronique d'Eusèbe, et l'avait continuée jusqu'en 378; Ruffm traduisit son Histoire ecclésiastique vers 400, résuma les dix livres en neuf, et les continua en deux livres jusqu'en 378. On y trouve une Histoire de l'arianisme passablement inexacte. L'ouvrage de saint Jérôme sur les auteurs ecclésiastiques fut traduit par Sophrone; celui de Ruûn le fut aussi de bonne heure. Socrate, qui avait d'abord suivi Ruffm, remania ses deux premiers livres quand il eut remarqué ses inexactitudes.
A saint Jérôme se rattachent plusieurs chroniquem's, tels que Prosper, Idace, Marcellin. Prosper, de son côté, a été suivi par Victor de Tununum et Marins, et Victor par Isidore et Rède. En 403, Sulpice-Sévère, contemporain de Rufm, écrivit en deux livres une Histoire sacrée (ou chronique), depuis le commencement du monde jusque vers 400. Ce travail de peu d'étendue, mais clair et concis, valut à l'auteur le sm'nom de Salluste chrétien. On lui doit aussi une Vie de saint Martin de Tours.
IDÉE ET NATURE Dli LHISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE. il
L'ouvrage de l'Espagnol Orose, rédigé à la demande de saint Augustin, roule sur les événements accomplis depuis le déluge jusqu'en 416, et vise à réfuter ce reproche des païens, que le christianisme est la cause des calamités publiques de ce temps. M. -A. Cassiodore (mort après 562) fondit en un seul les ouvrages de Socrate, Sozomène et Théodoret, traduits en latin par le scolastique Epiphane, et y fit différentes abréviations. L'ouvrage connu sous le nom ^'Histoire tripartite était au moyen âge une des principales sources de l'histoire ecclésiastique. Un autre ou\Tage remarquable est l'histoire des Francs par Grégoire, évêque de Tours (mort en 595). L'abbé Denis le Petit, qui a rendu de grands services à la chronologie, a recueilli les décrétales des papes (de 385-496) et les écrits de Grégoire I", surtout ses lettres ; ils ne nous intéressent que comme source de l'histoire. Des ouvrages sur les hérésies ont été composés par saint Augustin, Philastre (mort en 397) et l'auteur du Prœdestinatiis .
Hieron. Op., éd. Vallarsi, II, p. 824-936; De vir. illustr. cum. vers, Sophron., t. VIII, p. 785-820; Chron. Eus., Migne, Pair. M., 1. XXVII; Rufin, üist. ecc/. ,lib. XI, éd. P. Th. Cacciari, Rome, 1740, in-4o, t. II; Migne, t. XXI; Kimmel, De Rufino Eusebii interprète, Gerœ, 1838; Potthast, p. 521 ; Prosperi Chronicon (jusqu'en 453, depuis 379, par l'auteur lui-même), Op., éd. Paris, 1711, p. 683-7o(i; Sulpic. Sever., éd. ab Hier, de Prato, Veron., 1741, in-4", 2 vol.; Gallandi, VIII, 355 et seq.; Migne, t. XXXI; Halm, Vindob., 1866; Bernays, Ueberdie Chronik des Sulp. Sev., Berlin, 1861; Orosii libri VII hist. adv. pagan., éd. Haverkam, Lugd., 1738, 1767; Migne, t. XXI; Mœrner, De Orosii vita, hist., etc., BeroL, 1844; Gams^ K.-G. Span., II, 398-411 ; Cassiodor., Ilist. tripartita, lib. XII, éd. Beatus Rhetanus, Basil., 1523, inter Op. Cassiod., éd. Garetius, 0. S. B., Rothom., 1679, t. H; Migne, t. LXIX, LXX; Potthast, p. 188; Gregor. Turon., Hist. eccl. Franc, lib. X, éd. Ruinart, Paris, 1699; Bouquet, Scr. rer. GalL, t. II, 1739; Guadet et Taranne, Paris, 1836 ; Migne, t. LXXI.
Historiens grecs et orientaux pendant le moyen âge.
22. Le moyen âge s'est beaucoup plus occupé de l'histoire particulière que de l'histoire générale de l'Église. Nous avons des Grecs, outre l'ouvrage perdu du confesseur Sergius et autres écrits qui appartiennent plutôt à l'histoire profane, la chi'onographie de Théophane Isaacius (jusqu'au neuvième
siècle), avec de nombreuses continuations; les chroniques de Georges le Syncelle, de Georges Hamartolus et du patriarche NJcéphore; les ouvrages historiques de Léon ûiaconus (dixième siècle), d'Anne Comnène, de Zonaras, de Cedrène et de plusieurs autres (onzième et douzième siècles). On trouve de riches matériaux dans les auteurs subséquents : Nicétas Chômâtes, Georges Pachymères, Nicéphore (irégoras, Jean Cantacucène. — Nicéphore Callixte (mort après 1341) compila sur d'anciens travaux une longue histoire de l'Eglise en dix-huit hvres (depuis Jésus-Christ jusqu'en 610). Sauf des exceptions, les Grecs qui ont écrit de l'histoire ecclésiastique la confondent avec l'histoire de leur pays.
Parmi les Orientaux, le patriarche d'Alexandrie Eutychius (Ihn Patrik), mort en 940, écrivit en arabe et sans beaucoup de critique une histoire qui s'étend de la création du monde jusqu'en 937 ; Grégoire Abulpharagius (mort en 1286) rédigea une chronique syrienne, dont la première partie traite de l'histoire politique, la seconde des patriarches d'Antioche, la troisième des archevêques de Séleucie et des primats de l'Orient. Comme tous les autres travaux, ceux qu'on doit aux hérétiques d'Orient sur l'histoire de l'Eglise sont de peu de valeur.
Sergius, dans Phot., Bibl, cod. 67; Corp. hlst. byzant., lîonn, 1828 et seq.; Georg. Hamartol., Chron., éd. -E. de Muralto, Petropoli, 1839 (Migne, t. CX ; sa collection contient aussi la plupart des Byzantins, t. CVIII et seq.); Niceph. Callist., Eist. eccJ., éd. Fronto Ducœus, Paris, 1630, in-foL, 2 vol.; Migne, t. CXLV et seq. Voyez Héfelé, p. 143 ; Potthast, p. 494; Alexandrinx Ecclesiœ origines, S. Eutychii annales arabice et latine, éd. Pococke, Oxon., 1658, in-4°, t. II, lat.; Miuatori, Rer. ital. scr., II, 2. Assemani, Bibl. or., [309-313, traite de Barhebrfeus. La V^ partie de la Chronique fut publiée par Pacoke à 0.vfort, 1663, sous le titre d'Histor. compend. dynastiarum, d'après un extrait émané de Barhebrœus lui-même. Le texte syrien a été publié par J. Bruns et G. Kirsch, Leipzig, 1788; le commencement de la III" partie, par Overbeck, S. Ephr. op. sel., p. 414 (voy. Bickell, loc. cit., p. 43). On doit une édition complète aux professeurs belges J.-C. Abeloos de Malines et Th. -Jos. Lamy de Louvain ; Gregorii Barhebraii Chvonicon eccl., quod e codd. Musei Brit. descriptum, conjuncta opéra ed., latinitate donarunt annointionibusqiie ... ilhistrarnnf, etc., Lovari.. apud Pefers, 4 vol., 1871.
Historiens latins au moyen âge.
23. En Occident, nous trouvons de très-riches matériaux, mais peu d'ouvrages historiques. Si Grégoire de Tours fut le père de l'histoire des Francs, Bède le Vénérable (mort en 735) fut celui de l'histoire d'Angleterre, qu'il poursuivit jusqu'en 773. Nous devons aussi au diacre Paul une histoire des Lombards (jusqu'eh 773, mort en 799), qui a été continuée, pour Bénévent, par Erchempert (jusqu'en 889). Adam de Brème a écrit une histoire de la Scandinavie du nord (788-1076), et plus tard (1500) Albert Cranz, celle de l'Allemagne du Nord (780-1500). L'Église de Reims, jusqu'en 948, a trouvé son historien dans Flodoard, prêtre de ce diocèse (mort en 966). Au neuvième siècle, Haymon, évèque d'Halberstad, essaya d'élaborer en un latin excellent l'histoire des quatre premiers siècles, en se rattachant surtout à Rufin. Après lui, l'abbé Anastase, de Rome, a compilé dans les traductions de Georges le Syncelle, de Nicéphore et surtout de Théophane, auxquelles il a fait des additions, une histoire de l'Église qui s'étend jusqu'au neuvième siècle. On lui doit en outre de nombreux travaux sur le même sujet.
Vers 1140, l'abbé Odéric Vital, en Normandie, composa, en treize livre, une histoire ecclésiastique jusqu'à son temps. Une autre plus étendue, en vingt-quatre livres, fut rédigée jusqu'en 1312, par le dominicain Barthélémy de Lucques, appelé aussi Ptolémée de Fiadonibus (mort en 1327). Vincent de Beauvais, dans les trente-et-un livres de son Miroir historique (jusqu'en 1244), a ramassé quantité de documents anciens et nouveaux, dont plusieurs sont fabuleux ou incertains. Joignez-y un nombre considérable de chroniques et de monographies françaises, allemandes et italiennes. L'époque des Carlovingiens a fourni de nombreuses et excellentes chroniques monastiques. Elles diminuent vers la fin du neuvième siècle et reprennent vers la fin du dixième. Au onzième, nous remarquons Hermann Contractus et Lambert d'Hersfeld ; au douzième, Otton de Frisingue et Guillaume de Tyr. Le plus grand et, à certains égards, le meilleur ouvrage historique du moyen âge est de saint Antonin, archevêque de Florence (mort en 1459); c'est à la fois une histoire profane et
iA HISTOIRE DE l'ÉGLISE.
une histoire ecclésiastique, conduite jusqu'à son temps, eu trois volumes in-folio. Jean Tritheim (mort en 1516) a rendu ses travaux méritoires par une grande application et par l'étude des sources.
Beda Vener., Hist. eccl. Anglorum, éd. Smith, Cantabr., 1722, in-fol.; Stevenson, Lond., i838; Op., éd. Giles, Lond., 1843; éd. Hussey, Oxon., 1846 ; en allemand par Wilden, Schaffliouse, 1866 ; Migne, t. XC et seq.; Paul. Diac. et Erchemp., ap. Muratori, B. J. Scr., t. Vil, 2; Migne, t. XCV, CXXIX; Adam. Bœm., In sacr. rei\ germ. sept., éd. Fabric, Hamb., 1706; en allemand par Carsten Misegaes, Brème, 1825; cf. Asmussen, De fontibiis Adami Brem., Kil., 1834 ; A Crantii Metropolis, ed. Bas., 1548: Viteb., 1576; Flodoardi, Hist. eccl. Rhem., "éd. Sirmond, Paris, 1611 ; Colvenar, Duaci, 1617 ; Migne, t. CXXXV; Haymo, Libri X de rerum christ, memoria, ed. Gallesini, Rome, 1564; ed. J. Mader, Helmstadt, 1671 ; Migne, t. CXVI et suiv.Cf. Potthast, p. 359; Anastasii (comp. Bœhr, Gesch. der Lit. im caroHng. Zeitalter, p. 261 et suiv.; Potthast, p. 114), Chronogr. tripartita, in ed. Theophan., Bonn, t, II; Migne, Patr. gr., t. CVIII; Lih. Pontif., ed. Bianchini, Rome, 1718; ed. Vignoh, Rome, 1724; Order. Vitalis, ed. du Chesne, Script, hist. Norman., Paris, 1619, in-foL, p. 319 et suiv.; ed. Prévost, Paris, 1838, t. III; Migne, Patr. lat., t. CLXXXVIII; cf. Potthast, p. 474; Plolemffus de Fiadonibus, Eist, eccl., ap. Muratori, B. .7. Scr., t. X', p. 471 et seq.; cf. Potthast, p. 502.
Muratori [op. cit., Mediol., 1723 et seq.), qui a frayé les voies à la science historique, a recueilli les auteurs italiens, comme Du Chêne (Paris, 1636 et seq., t. V, in-fol.), et Bouquet (Paris, 1738 et seq.), ont l'ecueilli les auteurs franco-gaulois. Les auteurs allemands ont été colligés par Meibom, Helmstadt, 1688 et seq.; Leibnitz [Scr. Brunsvic. Han., 1707 et seq.); Freher (éd. Struve, Argent., 1717 et seq.); la meilleure collection, par Pertz, Monmn. Germ. hist., Scri2)tores, 1826 et suiv., jusqu'en 1875, 19 vol. Voyez Wattenbach, Deutschlands Gesch. Quellen iinM.-A., 2"= éd., Berlin, 1866; Potthast, loc. cit., P« division, p. 4-95; Giesebrecht, Gesch. der deutschen Kaiserzeit, 3*= édit., I, 777 et suiv.; Jaflfé, Bibl. rerum. Germ., Berol., 1864 et seq.; Antonin Flor. Summa historialis, Norimb.; 1484; ed. Job. de Gradibus, Lugd., 1312, 27, 87; Op., ed. Flor., 1741 et seq., t. I; cf. Potthast, p. 146; Joh. Trithemii annal. Hirsaug., cur. J. Mabillon, Saint-GaU, 1690, t. II, in-fol.; voy. Silbernagl, Joh. Trithemius, Landshut, 1838; Ruiand, Bonner theol. Lit.-Bl., 1868, p. 734 et suiv.; dans Chiliangeum, 1869, I, p. 45 et suiv., 112 et suiv. Voyez en général : Rœsler, De annalitim medii sévi condit., et De arte critica in ann., Tubingue, 1788 et seq., in-4°;Dahlmann, Quellenkunde der deutschen Gesc/i., 2'>éd., Goett., 1839.
IDÉE ET NATURE DE I.'hISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE. ^o
Troisième époque.
24. Dans l'âge moderne, l'iiistoriographie ecclésiastique a pris un nouvel élan, grâce à l'ardeur avec laquelle on s'est appliqué à la culture des belles-lettres, à l'étude de la langue grecque. Elle fut également favorisée par l'invention de l'imprimerie et par les controverses religieuses nouvellement suscitées. Si l'histoire servit plus d'une fois d'instrument à la polémique religieuse, elle servit aussi à préparer et accomplir un immense progrès. Lorsque Flavius lllyricus publia, en collaboration avec Judex et d'autres, dans l'intérêt du luthérianisme, son grand ouvrage historique en seize volumes et divisé en autant de siècles (les Centuriateurs de Magdebourg), il rencontra parmi ses adversaires le cardinal Baronius, qui lui opposa ses Annales; elles unissent en 1198 et sont enrichies des plus importants documents : il les compléta et les revit à plusieurs reprises. Cet ouvrage fit vraiment époque, il y faut rattacher quantité d'extraits, de réimpressions et de continuations. Pendant près d'un siècle, les Centuries furent, pour les protestants, comme les Annales de Baronius pour les catholiques, l'arsenal des controverses religieuses et le réservoir des études historiques. L'histoire profane était encore peu cultivée et n'avait rien de semblable à produire.
Ecoles, historia integram Eccîesise Chr. ideam compkctens, congesta per aliquot stucliosos et pios viros in urbe Magdeburgiaca, Basil., 1559-1 574, in-fol., t. XIll, Centuriœ (les Centuries xiv-xvi, préparées par Vigand, ne turent pas publiées). Deuxième édition, modifiée en faveur des calvinistes, par Lucius, Basil., 1624, in-fol., t. VI; une troisième, de 1757, demeura inachevée. Les tentatives pour continuer les Centuries échouèrent (Twesten, Ueber M. Flacius, Berlin, 1844). Un extrait par Luc Osiandre, Tubingue, 1592 et suiv., in-8°, t. IV, 1607; Cees. Baronii Annales ecdesiastici, Romae, 1588-1607, in-fol., t. Xli; Mogunt., 1601-5, in-fol.; Antwerp., 1610; Venet., 1738; continuations par : 1° Abrah. Bzovius, 0. S. D., Rome, 1616 et suiv.; Colon., 1621 et suiv., t. VIII, in-fol., jusqu'en 1654; 2° par Henri Sponde (Spondanus, converti, puis évêque de Pamiers, Paris, 1640 et suiv.; Lugd. Bat., 1678, plus brièvement et jusqu'en 1640 (U a fait un extrait de Baronius); 3" par l'oratorien Odoric Raynald, Rome, 1640-1677; Colon., 1693 et seq.
Cette dernière continuation, la meilleure de toutes, est en 9 vol. infolio; elle commence où finit celle de Baronius et va jusqu'en 156q (t. XIll-XXI). Elle complète et perfectionne Baronius.
iß HisTûiRii r>E l'église.
4° A Rayuald se rattachent les deux oratoriens Jacques de Laderchio, qui continua les Annales jusqu'en d571 (3 vol. in-fol., t. XXÏI-XXIV), et 5° Augustin Theiner, qui publia 3 vol. in-folio jusqu'en 1383, Rome, 1836 et suiv.), et commença aussi une nouvelle édition de Baronius.
Après que des protestants, tels que Casaubon et S. Basnage, eurent essayé, dans leurs Exercitationes, de corriger Baronius sur divers points, Antoine Pagi, franciscain (mort en 1699), fît lui-même plusieurs rectifications, surtout chronologiques, qui furent publiées au complet par son neveu François Pagi : Critlca historico-chronologica in universo Cses. Baronii Annales, Antwerp., 1705, in-fol,, t. IV; nouv. édit., 1724. Cette critique fut jointe à l'édition des Annales de l'archevêque Mansi, avec de nouvelles additions, Luc, 1738-59, in-fol., t. XXXVIH.
Historiens français.
:2o. Plus tard, les études historiques furent cultivées avec un remarquable succès, notamment en France, par les bénédictins de Saint-Maur, les dominicains, les oratoriens et les jésuites. Ils rivalisèrent entre eux pour la publication et la critique des sources, pour l'étude des sciences qui peuvent appuyer l'histoire, pour les recherches détaillées et approfondies, ainsi que pour l'élaboration de l'histoire ecclésiastique dans son ensemble.
Les hommes qui se sont signalés sous ce dernier rapport sont : Godeau, évèque de Yence, Noël-Alexandre (Natalis Alexander, 0. S. D.), galUcan modéré, qui a joint à chaque siècle de savantes dissertations ; Claude Fleury, prieur d'Argenteuil, qui a développé en cent livres l'histoire de l'Eglise depuis l'ascension de Jésus-Christ jusqu'en 1414. Cet ouvrage, qui s'adresse à la portion éclairée des lecteurs, est écrit avec une élégante simplicité, mais non exempt de galHcanisme. Son continuateur, l'oratorien Fahre, atteignit jusqu'en 1595 ; il exagéra encore le point de vue où s'était placé Fleury, sans l'égaler, à beaucoup près, par les charmes de la diction et par le lalent; Sébastien Le Nain de Tillemont, enclin au jansénisme, scrutateur attentif et intelligent des sources (mort en 1G98) ; Bossuet, qui représente dans son Histoire u?iiverselle yusqu'à Charlemagne) ce que nous appelons le pragmatisme historique, et, dans son Histoire des Vaîiaiions, analyse les changements qui se sont produits au sein du protestantisme. Moins importants sont les travaux de François Timoleon de Choisy, du janséniste Bonaventure Racine, du chanoine Du-
IDÉE ET NATIKE ItF. I.'hISTOIKK ECCLESIASTIQUE. 17
creux, aaimé d'un excellent esprit, de Hyacinthe Graveson, qui mourut en Italie, du chanoine Bérault-Bercastel.
A. Godeau, Histoire de l'Église jusqu'à la fin du neuvième siècle, Paris, 1633, in-fol., t. III, 4« éd., 1672, t. IV; traduite en italien par Speroni, en allemand par Hupper et Groote, Augsb., 1768-96, in-8°, t. XXXVHI ; Natalis Alex., Hist. eccles., Paris., 1676 et suiv., 30 vol. in-S" ; mise à l'index en 1684, d'où vient que la 2"* édition (Paris, 1692, t. VIII) a été pourvue de scholies destinées à défendre l'auteur contre ses critiques. (Nouvelle édit, Paris, 1714, 1730, in-fol.)
En 1734, Roncaglia publia à Lucques, en 9 vol, in-fol., une édition qui conserva le texte eu y ajoutant des remarques rectificatives et des dissertations; elle fut universellement autorisée. Une édition nouvelle, avec quelques additions , fut procurée par Mansi , archevêque de Lucques, 1749 et suiv., 9 vol. in-fol.
Réimpressions : Venise, 1778 et suiv.; Bingen, sur le Rhin, 1784 et suiv., in-4°, 18 vol. et 2 vol. de supplément. Claude Fleury, Eist.eccUs., Paris, 1691-1720, 20 volumes, continuée par Cl. Fahre, 16 vol. in-4'' (vol. XXI-XXXIX). Rondet a donné un nouveau vol. in-4°, une table généi'ale des matières, éd. Paris, 1722 et suiv., 1730 et suiv.
Sur les éditions ultérieures et le projet éventé d'une continuation, voy. Héfelé, Tùb. Qu.-Schr., 1845, p. 331-347; K. Lexicon, loc. cit., p. 131, et Beiträge s. K.-G., II, p. 89 et suiv. Sébast. Le Nain de Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclés. des dix premiers siècles, Paris, 1693, 16 vol. in-4''. Cet ouvrage est une mosaïque ingénieuse de passages tirés des sources ; il donne des monographies sur différents personnages, des sectes, des conciles, etc., comme l'ouvrage sur l'histoire des empereurs romains (1690 et suiv., 6 vol. in-4°).
Cet ouvrage, malgré le désir qui en fut exprimé, ne fut pas continué, mais on le réimprima. Voy. Héfelé, Tab. Qu.-Schr., 1841, p. 243 et suiv.; Beitr., Il, p. 100. J.-B. Bossuet, Discours sur l'histoire universelle, Paris, 1681, souvent réimprimé, en allemand, 2'^ édition, Wurzbourg, 1832. Sa continuation (jusqu'en 1332), par le protestant Cramer (Leipzig, 1351-1386, part. VU), n'a rien de l'esprit de Bossuet. Du même. Histoire des variations des Églises protestantes, Paris, 1688, t. II, in-4°, 1734, t. IV (en allemand par Mayer, Munich, 1823 et suiv., 4 vol.); Défense de l'histoire des variations. Fr.-T. de Choisy, Histoire de l'Église (jusqu'au dix-huitième siècle), Paris, 1706-13, in-4°, H vol.; Ra.cirni, Abrégé de l'histoire ecclésiastique, Cologne (Paris), 1762-67, in-4'*, 13 vol.; Ducivux, les Siècles chrétiens, Paris, 1785, 10 vol. in-12 (traduit par Heizerath à l'instigation de Rautenstrauch, Vienne, 1777 et suiv., 9 vol.; Vienne et Landshut, 1781-90, traduit par Fischer, 10 vol.); Graveson, Eist. eccL, V. et N. T. (jusqu'en 1721), Rome, 1717 et suiv., 9 vol.; Berault-Bercastel, Histoire de l'Église, Paris, 1778, 24 vol.; cou-
tinuée par le chanoine Pélier de la Croix, Paris, 1830; par Robiano, ibid., 1836, 4 vol., et par Henrion, 4 vol. in-8° ; rééditée par celui-ci, avec continuation, en 13 vol. in-8°. Traduite en allemand, Vienne, 1781, 24 vol. Un extrait en 1821 et suiv.; 2'= édition, continuée par le P. Gams, Insbruck, 1841-58.
Historiens italiens.
26. En Italie, les études archéologiques et les études d'histoire particulière ont toujours été en honneur. Pour l'histoire, nous devons signaler surtout les cardinaux Noris, Bona, Pallavicini, Zacagni, bibliothécaire du pape, Ferd. UgheUi, RoncagUo, rarchevèque Mansi, les frères Ballérini, A . Gallandi, J. Bianchini, Dromato, Tempesti, Cardara, Zaccaria, Scipion Maffei, L. A. Muratori, Tiraboschi, qui a écrit sui' l'histoire uttéraire, les Orientaux Léon Allatius et les Assemani, etc., qui furent formés à Rome. Le dominicain et cardinal Orsi est l'autem' d'une histoire des six premiers siècles remarquable par le style. L'oratorien Gaspard Saccarelli a composé une histoire de l'Egiise jusqu'en 1185, et l'on doit à l'augustin Laurent Berti un bon compendium, accompagné de dissertations estimées; A. Sigonio a écrit en latin une histoire ecclésiastique plus appréciée pour la forme que pour le fond ; Zola à Pavie, trop favorable aux idées modernes, s'est trop rattaché aux protestants. Le continuateur de Baronius, 0. Raynald, l'emporte sui* la plupart des autres par son tact historique.
Voy. Chilianeum, 1864, t. IV, p. 154, 156, 159 (littérature théologique italienne); G. -A. Orsi, 0. S. D., Storia eccl., Rome, 1748, 20 vol. in-4'', continuée par Bechetti, Rome 1770, 24 vol. in-4'' (les 12 derniers vol. sont intitulés : Storia degli Ultimi quattro secoli délia Chiesa, Rome, 1788, nouv. éd. de Benoit et Rom.); G. Saccarelli, Hist. ecclesiast. per annos digesta variisque observât ionibus illustrata, Rome, 1770, 25 vol. in-4°; Berti, Breviar. hist. ecdes. post éd. Venet. Aug., 1761-68, Vienne, 1774, Aug. Vind., 1782; Dissert. hist. Florent., 1753-4, Aug. Vind., 1761, t. iV, in-8°, cont. Corn. Stephan, 0. Cist., Prague, 1778, in-8", t. III; Sigonii, Hist. ecdes. libri A7y (jusqu'en 311), Milan, 1758, in-8°, t. II; Zola, Proleg. comment, de reb. christ., Ticini, 1779 ; Comm. de reb. christ, ante Const. M., Ticini, 1780, in-4°, t. III.
Historiens réformés.
27. Chez les autres nations, jusqu'au milieu du dix-huitième siècle, on a fait beaucoup moins pour l'histoire générale de
TDÉE ET NATURE DE l'hISTOIRE ECCLÉSIASTIOLE. iV»
l'Église, bien qu'on ait édité çà et là d'excellentes collections de sources. Les protestants eux-mêmes n'ont publié leurs études sur les sources que dans des ouvrages spéciaux ; jusqu'au dix-huitième siècle, les réformés devancèrent siu* ce point les luthériens. Parmi ces derniers, Hottinger a donné une histoire de l'Éghse qui se termine à la fin du seizième siècle. Il y montre une haine implacable contre le catholicisme. Jacques ßasnage écrivit surtout contre Bossuet, et Samuel Basnage contre Baronius. Cave a écrit une histoire de la littérature. Bingham, Grabe, Bévéridge, Blondel, Daillé, Saumaise, Usher, Pearson, Dodwel, Le Clerc, Beausobre, Lenfant, J. Claude, Aubertin ont acquis de la célébrité. D'autres travaux historiques ont été publiés par Spanheim, Yenema, Turretin, Jablonski et Milner.
J.-H. Hottinger, H. E. N. T., Hannov. et Tigur., 1633-67, 9 vol.; J. Basnage, Hist. de l'Église depuis Jésus-Christ, Rotterd., 1699; Samuel Rasnage, Annal, polit, eœl., Rotterd., 1706, 4 vol.; Fréd. .Spanheni, Hist. eccl., Lngd. Bat., 1701; Introductio ad hist. et antiq. sacr. cum per petuis castigationibus Annalium Baron., Lugd. Batav., 1687; H. Venema, Instit. hist. eccl. N. T., Lugd. Bat., 1777, t. V; Turrettini, Hist. eccles. compend., Genev., 1734, ex éd. J. Simonis, Haï., 1730; Jablonski, Instit. hist. eccl., Francof., ad V, 175.3, vol. H, par Stosch et Hikedanz, Hal., 1767-86; Milner (mort en 1797), History of the Church; nouv. édition, Lond., 1834,4 vol., en allemand, par Mortimer, Leipzig, 1803, Gnadau,
Historiens luthériens.
^S. Chez les luthériens, Seckendorf et Bœcler foiu'nirent, au dix-septième siècle, un compendium qui eut beaucoup de vogue. Gottfried Arnold (mort en 4714), piétiste et mystique, s'attaqua en même temps à l'Église catholique et à lÉglise luthérienne, et s'attira les ripostes des protestants eux-mêmes, tels que le placide Weismann, professeur à Tubingue. Tandis que G. Calixte, Kortholt, Seckendorf, Ittig, etc., dans leurs ouvrages spéciaux, se rattachaient principalement aux sources, le chanceher de Gœttingue, L. Mosheim, appliquait le même procédé à toute l'histoire ecclésiastique. Vers la même époque, Pfaö', chancelier de Tubingue, et d'autres encore, épurèrent le goût dans la manière d'écrire Ihistoire de l'Église. J.- Georges Walch, à iéna, composa une longue histoire des
l. — HiST. DE l'église. 4
controverses religieuses entre les catholiques, les luthériens et autres sectaires, et on a de son fils, Ch.- G. -François Walch, une vaste histoire des hérésies, ainsi que d'autres ouvrages sur l'histoire ecclésiastique. L'ouvrage le plus complet publié parmi les protestants est .du disciple de Mosheim, Matthieu Schrœckh, professeur à Wurzbourg (mort en J808); travail trèsérudit, mais par trop étendu.
Sur ces entrefaites, le rationalisme avait fait d'immenses progrès. Jean-Samuel Semler, à Halle (mort en 1791), poussa la critique aux derniers excès de l'incrédulité, et la même direction fut suivie plus ou moins par la plupart des contemporains. Lhistoire ecclésiastique fut transformée en chronique scandaleuse. Spittler et Henke ne voyaient partout que superstition, fanatisme, folie, passions humaines. De meilleurs travaux, tels que ceux de Jean-Fr. Cotta, professeur à Tubingue, pleins de bons sentiments, demeuraient à Tarrièreplan.
Compendium histor. eccles. in usum gynmasii Gothani ex sacr. litteris et optimis ... auctoribus compositum P. L, Goth., 1670, p. II, 1676; Lips., 1703-3, Goth., 1723, continuée par Cypr.-Gottfr. Arnolds, Unparteiische Kirche und Ketzerhistorie (jusqu'en 1688), Francf., 2 vol. in-S"; éditiou augmentée, Schafïh., 1740, 3 vol.; E. Weissmann, Introd. in memorabilia hist. eccL, Tub., 1718, Hal., 1745, 2 vol. in-4° ; J.-L. Mosheim (cf. Lücke, Narratio de L. Moshemio, Gœtt., 1837), Institutiones hist. eccl. untiq. et rec. librilV, Helmst., 173o, iu-4°; Comm. de reb. ch. attte Constant. M., llelmst., 1733, in-4°; le pi"emier de ces ouvrages a été traduit eu allem, et continué : 1° par J.-A.-Ch. von Einem, Leipzig, 1769, 9 vol.; 2° mieux par J.-R. Schlegel, Heidelb., 1770, 6 vol.; Pfaff, Institntiones hist. eccl., Tub., 1727-41, in-8°; Baumgarten, Ausg. d. K. G., Halle, 1743, 3 vol.; Pertsch, Versuch einer K.-G., Leipzig, 1736, 3 vol. in-4°; J.-G. Walch, H. E. jY. t. variis observât, illustrata (jusqu'au quatrième siècle), léna, 1774; Walch, Entwurf einer vollstsendigen Historie der Ketzer, Spcdtungen, etc., Leipzig, 1762, 11 vol.; Neueste Rel.-G., Lemgo, 1771, 9 vol. (ti'ois autres vol. par Planck); Historie der K.-Versammlungen, Leipzig, 11 ä9 ; Historie d. rcem. Pœpste, Gœtt., 1738; J.-M. Schrœckhs, Christi. K.- G. bis z. Reformation, Leipzig, 1768-1803, 33 vol. in-S« ; K.-G. seit der Reform, 1804-10, 10 vol. (les derniers par H. -G. Tzschirner); Semler, Hist. eccl. sélect, capita. Halle, 1767, t. III; Versuch ein fruchtb. Ausg. d. K.-G., Halle, 1773, 3 part.; Versuch christl. Jahrb., Halle, 1782, 2 vol. Joignez-y Prœfatio ad illastrandam originem Ecclesise catholic, dans sa Paraphrasis ep, II, Petri et Judse, Hai., 1784; Spittler, Grundritz d. Gesch. der chriatl. Kirche, Gœtt., 1782 (5'' édit., continuée par G.-J.
Planck, Gœtt., 18i2; Spittlers-Werke, Stuttgard, 1827, t. II); Henke, Ally. Gesch. d. chrisU. K., Brunswig, 1788 et suiv., 4 vol.; ibid., 1800 et suiv., 6 vol. (jusqu'en 1773); rééditée avec de nombreux changements par J.-S. Vater, t. I-IX, 1824; Golta, Versuch einer ausführl. K.-Historie des N. T., Tubingue, 17(38-73, in-8°, 3 vol. fies trois premiers siècles).
Historiens catholiques d'Allemagne.
:29. Les catholiques allemands furent eux-mêmes infectés de cet esprit, notamment sous l'influence des réformes projetées par Joseph II, de la philosophie dominante et des idées de Ilontheim. A Vienne, l'histoire ecclésiastique était enseignée d'après un compendium latin de Schrœckh, qui servit plus tard de modèle au bénédictin Godfroy Lumper (de 1780 à 1788), jusqu'au moment où l'on adopta l'ouvrage meilleur, quoique hostile aux papes, de Dannenmayer. Royco, professeur d'histoire ecclésiastique à Gratz, puis à Prague, considérait la hiérarchie comme non avenue, et mérita les'éloges du protestant Henke. Gmeiner se déchaînait contre les décrétales du pseudo- Isidore, dont il faisait dériver le pouvoir des papes; Wolf se permettait les plus grossières injures; Michl, à Landshut, n'était ni moins superficiel ni moins trivial. Schmalfus, des ermites de Saint- Augustin et professeur à Prague, montre un peu plus de décence, mais il est sans valeur intellectuelle. Stœger, Becker et Gudenus sacrifiaient également au libre penser. D'historiographie ecclésiastiqi^e, dans le sens élevé de ce mot, il n'y en avait point dans l'Allemagne catholique de ce temps ; les meilleurs travaux en ce genre sont des recherches particulières faites dans les sources mêmes; elles appartiennent au passé ecclésiastique de ce pays. Les eff'orts tentes dans cette direction furent violemment interrompus par Joseph II, qui supprima les monastères, sécularisa les abbayes et les collégiales.
G. Lumper, lastit. hist. eccL, Aug. Vind., 1790; Dannenmayer, Iiistit. hist. eccl., Vienne, 1788, 180(j, 2 vol.; Leitfaden d. K.-G. (d'après des cahiers de collège), Vienne, 1790, t. IV; Rottw., 1826 et suiv., 4 vol.; Royko, Synopsis hist. rel. et eccl. Chr., Prague, 1785 ; en allemand, ibid., 1789 et suiv.; Historie d. K.-Versamml. zu Constanz, Vienne et Prague, 1781-85, 4 vol. (plus superficielle que celle du calviniste Lenfant); Gmeiner, Epitome H. E. N. T., Graz, 1787, 2 vol.; Wolf, Gesch. d. Christi. Heliyiun u. K., Zui'ich, 1792, 2 vol.; Gesch. der rœm.-kath. Kirche
.N5 HISTOIRE DE E KfiLISE.
unter der Regierung Pius VI. Zurich et Leipzig, i7!^3-1803, 7 vol.; Michl, Christi. K.-G., Munich, 181 1, 2 vol.; Schmalfus, Eist. rel. et eccles. chr., 1792, 2 vol.; Stœger, Introductio in H. E. N. T. ad usum suorum auditorum, Vindoh., 1776 (en allem., 1786); Becker, Hist. eccl. practica lib. Vil (ssec. i-xv), Monast., 1782 et seq.; K.-G. d. 16 u. 17 Jahrh., Munster, 1791 ; Fr. de Gudenus, Gesch. d. ersten christl. Jahrh., Wurzb., 1783; des 2 Jahrh., 1787. Déjà précédemment le jésuite Joseph Pohl avait donné, dans uu sens orthodoxe, une Mannductio ad hist. ceci, ex probatis auctoribus. Vienne, {753 et suiv., in-8°, 6 vol., et son confrère Thomas Grebner, à Vurzbourg (1757-1764), pour les théologiens et les juristes, un Compcndium historiée universalis et pragmaticse, im^oriant pour l'histoire franque, dans laquelle d'autres travaux de l'auteur furent mis à contribution. (A. Ruland, Séries professorum S. Theol., NVirceb., 1835, p. 145.)
Auteurs protestants du dix-neuvième siècle.
30. C'est dans notre siècle seulement que commencent des temps meilleurs. Les expériences faites depuis la Révolution française, une tendance plus idéale dans la philosophie et dans les lettres, la rénovation du zèle religieux et patriotique, ce besoin d'atteindre à la réalité des choses qui se fait sentir dans toutes les régions de la science, conduisirent à une conception plus exacte du passé catholique, même chez les protestants. Sans doute, le rationalisme y fut encore longtemps influent et continua de subsister dans une foule d'endroits ; cependant on remarque beaucoup plus d'impartiahté que chez leurs devanciers dans Planck (mort en 183^2), Ch. Schmidt (mort en 1831), Stseudhn (mort en 1825) et Marheinecke. Néander, disciple de Planck (mort en 1850), a beaucoup de sagacité et d'érudition, mais il subit l'influence du sentimentalisme théologique de Schleiermacher ; favorable à la « tendance pectorale » (comme disent les Allemands), il a une horreur effroyable de la cristallisation du dogme, de la pétrification de la vie chrétienne dans le cléricalisme, du prestige magique des sacrements, de lesprit hiérarchique ; cependant il fait des efforts visibles pour apprécier équitablement les institutions étrangères à ses idées.
A Néander, qui du reste n'a pas traité la période de la réforme, se rattache Guericke, qui dans les trois derniers siècles professe le vieux luthérianisme dans toute sa rigueur. Jacobi et Schaff marchent ordinairement sur ses traces. A l'exemple
de Danz, Gieseler (mort en 1854) publia à Gœttingue un manuel qui se dislingue par l'extrême précision du récit, par l'abondance des idées, par des notes nombreuses, où il abrège cà et là les sources dans une vue de parti, mais où il montre en somme de nombreuses lectures et une critique pénétrante.
Un autre manuel, rédigé avec beaucoup de calme et qui rappelle celui de Schrœckh en plusieurs endroits, est celui de Engelhardt (mort en 1853). C. Hase, à léna, a fait un compendiiim conçu avec beaucoup de goût, mais exclusif dans sa polémique contre l'Église catholique. Moins important et sans unité de point de vue est l'ouvrage de Ch.-^Y. Niedner (mort en 1865). Celui de J.-H. Kurtz est plus excellent, surtout par son ordonnance pratique. Guil. -Bruno Lindner se montre aussi sévèrement luthérien; Ch. Hasse est plus mitigé (mort en 1862).
G.-i. Planck, Gesch. der christl. Gessellsch.-Verfassg., Hanovre, i803 et suiv., Ö vol.; Gesch. d. Entstehung u. Veränderung des prot. Lehrbeyriffs bis z. Concor dienf or mel, Leipzig, 17ÜI-1800, 6 vol.; J.-E.-Chr. Schmidt, Hdb. d. christl. K.-G., Giessen, 1800-20, VI part, (jusqu'en 1216); 3« édit., 1827-1834, continuée en 7 vol. par Rettberg, Giessen, 1834; Stœudiin, Univ. -Gesch. der christl. K., Hanovre, 1806; 5«^ édition par Holzhausen, 1833; Marheineeke, Univ .-Historie der Christenthums. 1806; Aug. Néander, Ally. Gesch. der christl. Religionu. K., Hambourg, 182Ö et suiv., 6 vol. (Comp. L'IImanu, préface de la 3*^ édit.; Gotlia, 1856, in-i", 2 vol. en quatre parties; Hagenbach, Neanders Verdienste um die K.-G., Studien und Kritiken, 18öl, II, HI ; Héfelé, op. cit., p. I.ö6 : où sont également citées les monogi'apbies de Néander); H.-E.-.l. Guericke, Hdb. der. K.-G., Halle, 1833, 9" édit., Leipzig, 1866, 3« livr.: Jacobi, Lehrb. der K.-G., Berlin, 1850, vol. I, jusqu'en 590; Scbad' (en Amérique), Gesch. der christl. K., Mercesb., u. Leipzig, 1854, 1 vol.; Danz, Lehrb. der K.-G., léna, 1818-26, 2 vol.; Gieseler, Lç/irè. der K.-G.. Bonn, 1824-57, 5 vol. (le 6"^ vol. a été édité par Redepenning, d'après les manuscrits laissés par Gieseler) ; Engelhardt, Hdb. der K.-G., Erlang., 1833, 3 vol. (le vol. IV indique les sources et les ouvrages, et contient des additions); Hase, Lehrb. der K.-G., Leipzig, 1834, 8« édit., 1858, 10«, 1877; Theol. Streitschriften, Leipzig, 1836; Hd5. der pol. Polemik gegen die rœm.-kath. K., 3<= éd., Leipzig, 1871 ; Niedner, Gesch. der christl. K., Leipzig, 1846, nouvelle édition, Berlin, 1866 (Voyez H. Hagemann, Bonner. Thcol. Lit.-BL, 1867, p. 182, 224 et suiv., 264.) Kurtz, Lehrb. der K.-O.. 1853 et suiv.; Abritz. der K.-G., 8« part., 1875;
54 HISTOlßF. DK i/rGLISE.
Lindner, Lehrb. der K.-G., Leipzig, 1848-54, 3 voL; Hasse, K.-G., publié par Rœhler, Leipzig, 1864, en trois parties (Hagenbach, loc. cit., 1851, ni, p. Ö49 et suiv.).
31. La voie tracée par J.-S. Semler fut suivie par d'autres écrivains, notamment sous l'influence de la philosophie panthéiste de Hegel. Une critique effrénée s'abattit sur les écritures du Nouveau Testament, puis sur les ouvrages des anciens auteurs ecclésiastiques. L'histoire primitive de l'Église fut expliquée par des causes purement naturelles qui excluent toute intervention divine, et, comme l'histoire évangélique. mise au rang des mythes ; l'unité du christianisme primitif fut rompue et Jésus-Christ ravalé au rang d'un simple rabbi, inférieur de beaucoup au « grand apôtre » saint Paul, que la nouvelle école se croyait seule capable de comprendre; tous les progrès du christianisme furent réduits aux proportions d'un développement purement rationnel. Telle fut la direction suivie par la nouvelle école de Tubingue. Comme David Strauss avait traité la vie de Jésus-Christ, Baur (mort en 1860) et Schwegler traitèrent la période des apôtres et celle des Pères. La même tendance fut adoptée par Ritschl, Bruno Bauer, Zeller, Kœstlin, et en partie par Roth et par Gfrœrer (entré plus tard dans le sein de l'Église catholique), qui joignait à une grande pénétration un goût prononcé pour les hypothèses arbitraires et hasardées. Cette théorie fut combattue par plusieurs savants du protestantisme et n'obtint jamais une vogue universelle.
K.-Chr. Baur, Das Christenth. rt. die christl. K. in den 3 ersten Jahrb. u. V. 4-6 Jahrb., Tubingue, 18ö3-;j9, 1863, 2 vol.; Neuere Zeit, 1861-63, 3 vol.; Der Apostel Paidus, Stuttgard, 1845; Ursprung des Episcopatcs, ibid., 1838, u. A. m.; A. Schwegler, Das nachapostol. Zeitalter, Tubingue, 1846; Der Montanismus, ibid., 1841; Rilschl, Die Entstehung der altkathol. K., Bonn, 18o0. D'autres sont indiqués dans les Annales thcol. de Baur et Zeller, surtout en 1850 et suiv.: Roth (ci-dessus, 4), p, 355 et suiv. (Selon lui, l'Eglise catholique serait née vers l'an 70, par la réunion des Pauliniens et des Pétriniens.) Gfrœrer, Krit. Gesch. des Ur christenth., i vol.; Allg. K.-G., Stuttgard, 1841 et suiv.; Traulniann, Die apost. K., Leipzig, 1848. Sur cette tendance, voyez Ebrai'd, Wissenschftl. Kritik der ev. Gesch., 2" édit., Erlang-, 1851 ; G.-P. Lechler, Das apost. u. nachapost. Zeitalter, Haarlem, 1851, et ma thèse : De cath.
inÉK i:r nah ri:: de l iiistoike ecclksiasiique. oo
Ecclesise primordiis recentiorum pt'otestantium systemata expenduntur, Ratisbonne, d851.
32. De nos jours, les réformateurs ont fourni beaucoup moins de travaux que les luthériens, même en joignant aux Allemands les réformés français et hollandais. Hagenback, de nâle (mort en 1874), peut être considéré comme un des historiens les plus marquants du protestantisme.
Thym, Hist. Entwicklung der Schicksale der K. Chr., Berlin, 1800 et suiv., 2 vol.; Munscher, Lehrh. der christl. K.-G., Marb., 1801 ; ^ édit., 1826; Fr. Schleiermacher, Gesch. der christl. K., herausgeg. von Bonnell, Berlin, 1840 (1 vol. d. W.]; Hofstede de Gvoot, Instit. Hist. eccL, Groning., 1835; Royaards, Compend. Hist. eccl. ehr., Traj. ad Rh., 1841 et seq.; W.-J. Matter, Histoire du christianisme et de la société chrétienne, Strasbourg, 1829; éd. 2, Paris, 1838, 4 vol.; Pressensé, Histoire des trois premiers siècles de l'Église, 1861 et suiv., vol. 4 (en allem, par Fabarius, Leipzig, 1862 et suiv., 4 vol.); Ebrard, Hdb. der K.-G. u. Dogmengesch., 4 vol., Erlang., 1863 et suiv.; Merle d'Aiibigné, Histoire de la réforme du seizième siècle, Paris, 1831 et suiv. (en allem.), Elberfeld, o vol.); Hagenbach, Ueber das Wesen und die Gesch. der Ref., Leipzig, 1834 el suiv., 6 vol.; 2" édit., 1831 et suiv.; Aeltere K.-G. (1837), 2«; édit., 1834, part. Il, M. -A, 2'' part.; K.-G. des 18 w. 10 Jahrh. , 3" édit., 1836; Lehrh. der Dogmengesch., 1840, :;'= édit., 1867; R. Rothe, Yorlef. ueber K.-G., cd. Weingartein, Heidelb., II« part., 1876.
Historiens catholiques.
33. Chez les catholiques aussi, le dix-neuvième siècle inaugure des temps meilleurs. Un protestant converti, le spirituel comte de Stolberg (mort en 1819), conduisit jusqu'en 430 seulement son Histoire de V Église; imbue d'un esprit vraiment ecclésiastique, elle est rédigée d'après les sources et pèche quelquefois par excès d'onction. Elle a été continuée par Kerz et Brischar.
L'ami de Stolberg, Théodore Katercamp (mort en 1834), a donné une histoire ecclésiastique d'une remarquable profondeur et d'un goût irréprochable ; mais l'auteur l'a marquée d'un cachet si individuel qu'elle n'a point trouvé de continuateur. L'ouvrage de Locherer (mort en 1837), qui dépend de celui de Schrœckh et finit en M 53, est moins important et moins orthodoxe. Celui de l'apostat Reichlin-Meldogg (jusqu'en 324) n'est qu'un pamphlet contre le passé
o»> HISTOIRK DE L EGLISE.
historique, de l'Église. Le travail, heureusement commencé, de Othmar de Rausch (mort en 1875, cardinal et prince-archevèque de Vienne), ne dépasse pas les trois premiers siècles. On doit aussi à Hortig un compendium pratique, également inachevé. Son successeur dans l'enseignement et son continuateur, ûœllinger, le surpasse de beaucoup en critique et en érudition ; il a rendu à l'histoire ecclésiastique les plus éminents services, et il n'a pas encore été dépassé sur certaines parties, bien qu'il n'ait achevé aucun de ses travaux sur l'histoire de l'Église et qu'il ait depuis renié son passé.
Jean-Adam Mœhler (mort en 1838) a fait de très-grandes choses tant pas ses monographies et ses excellents articles que par ses leçons sur l'histoire ecclésiastique. Celles-ci ont été publiées après sa mort par le bénédictin Gams, qui les a recueillies avec beaucoup de peine dans les cahiers de ses auditeurs et dans ses propres écrits, et les a complétées en divers endroits'.
A côté de Mœhler et de DœUinger, Ch. -Joseph Héfelé a imprimé un vif élan aux études de l'histoire par une multitude d'écrits, surtout par son Histoire des conciles, qui renferme d'importants matériaux pour l'histoire ecclésiastique. Nous avons, outre les compendiums en latin de Klein, Ruttenstock et Cherrier ; les manuels allemands d'Alzog et de Ritter (mort en 1857). dont l'une a eu neuf éditions, l'autre six ; le premier estimé plus complet, l'autre plus clair et présentant les faits sous un meilleur jour. Riffel, à Giessen, puis à Mayence. s'est également acquis par ses ouvrages la réputation d'un excellent historien ecclésiastique, üe nos jours, Ki-aus, professeur à Strasbourg, et connu comme archéologue; Brück, professeur à Mayence, renommé pour ses recherches sur l'histoire de l'Église, ont fourni de bons compendiums, qui se complètent l'un l'autre sur biens des points. L'Allemagne abonde en ouvrages populaires sur l'histoire ecclésiastique et en excellentes monographies. La France, l'Espagne, l'Italie, la Belgique et l'Angleterre possèdent quelques bons ouvrages particuliers, mais en somme point de travaux remarquables.
■" Histoire de l'Église, par A; Mœhler, en 3 vol.,' traduction de l'abbé P. Bélet, Paris. (Note du trad.)
lUÉE ET NAILTŒ DE LHISTOIKE EOCLÉSIASTIQl'E. ni
Stolberg, Gesch. der Religion Jesu Christi, Hambourg et Vienne. 1806-18, lo vol., continuée par Keiz, vol. XVI-XLVI (jusqu'à la troisième croisade inclusivement), Mayence, 18-2i et suiv., et par Brischar, vol. XLVn-Lin (jusqu'en 1245). La table, jusqu'au XV^ volume, a été faitepar Moritz, 1823, et celle des vol. XVI-XXUI par Sausen, 1834; Katerkamp, K.-G., o vol., Munster, 1819-34 (voy. Tub. Q.-Schrift., 1823, p. 484; 1825, p. 486; 1831, p. 519); Locherer, Gesch. der Hei. u. K., Ravensb., 1824- 34, 9 vol.; Reicblin-Meldegg, Gesch. d. Christ., Fribourg, 1830,
1 vol. en deux parties; Rauscher, Gesch. der christl. K., Sulzb., 1829,
2 vol.; Hortig, Hdb. der christl. K.-G., Landshut, 1826, in-fol., 2 vol. Cette histoire, depuis 1517 jusqu'à nos jours, a été continuée par
J. DœlJinger, et quand l'ouvrage d'Hortig fut épuisé, Dœllinger donna son propre Manuel de l'histoire de r Église chrétienne, Landshut, 1833, 1 vol. en deux sect., jusqu'en 680, puis un autre Manuel, Landshut, 1836 et suiv.; 2« éd., 1843, t. I, et du t. H la i""" section (il ne s'étend jusqu'en 1517 que pour l'histoire des papes). Dœllinger publia ensuite sa Réformation d'après les sources (1846 et suiv., 3 vol.).
Plus tard il entreprit une Histoire de l'Église disposée sur un plan grandiose; les préambules (B. Anf.), publiées en 1837, donnent le commencement de la première période [Christenth. a. K. in der Zeit ihrer Gi'undlcgung), Ratisbonne, 1860. La seconde édition, de 1868, était déjà très-modifiée dans le sens anticatholique.
J.-A. Mœhler (voy. sa Yie. par Gams, Ratisbonne, 1866, résumée dans l'édition française de l'Histoire ecclés. de Mœhler, édit. Gaume, trad. de l'abbé Bélet), a fait une monographie de saint Athanase et écrit une foule d'excellents articles. Gams a publié son Histoire de l'Église, Ratisb., 1866-1868, 3 vol.; Héfelé, Conc.-Gesch., 7 vol., Frib.. 1855-1874, t. I-IV en deux éd., 1873, in-fol.; Klein, flïsf. Eccl. grœr.. 1826, t. n; Ruttenstock, Instit. hist. eccl., Vienne, 1832 et suiv., t. 111: Chevr'iev, Instit. H. E. N. T., Pesth, 1840et suiv., t. rv\ Extrait : Vienne. 1853 ; Alzog, Univ. -Gesch. der christl. K., Mayence, 1840; 4« édit., 1846 : 5^ édit., 1850 : 9«^ édit., 1872 ; Grundritzder K.-G., Mayence, 1868; Ritter. Hdb. der K.-G., 2 vol., Bonn, 1826; 3« édit., 1846 ; 6« édit. par Ennen, 1864. (Sur ces deux ouvrages, voy. Tub. Q.-Schr., 1836, p. 339, 664: 1841, p. 335; 1844, p. 102; 1847, p. 507.) Riffel, K.-G. seit der Ref..
3 vol., Mayence, 1841 et suiv.; Geschichtl Darstellg. der Verhœltn. zw. K. u. St., livr. I, Mayence, 1836; Henr. Brück, Lehrb. der K.-G., Mayence. 1872-74; 2« édit., 1877; J.-X. Kraus, Lehrb. der K.-G-, Trier, 1874-76. part. I-IV, Ouvrages populaires par Sporschil (Leipzig, 1846-48); Robitsch {Gesch. der christl. K., Schaffhouse, 1863, 2« édit.); Berthes (Mayence. 1840, in-fol., 2 vol.); Haas (2*= édition, 1846; Grœne, Fortmann. Sinzel, Fetzler, Stiefelhagen u. A.
Parmi les ouvrages publiés hors de l'Allemagne, nous citei^ons : ". Pour l'Espagne : Florez, Espnna sagruda, Madrid. 1747 et suiv..
.">8 HISTOIRE JtE i/ÉGLISF..
continuée par Riscu, Merino, Canal, 46 vol.; Hist. de la Iglesia en sus primos siglos hasta el triuvfo de la Madré de Dios en el Concilio di Efeso d aiio 431, por D. Juan Manuel de Berriozabal, marquis de Cassajara, Madrid, 1867, t. I-IV; Amat, Eist, eccles. o tratado de la Iglesia de Jesu Christo, t. XII.
b. Pour l'Italie : Delsignore, Instit. hist. eccL, éd. Tizzani, Rome, 1837, t. IV; Palma, Praelectiones hist. eccL, Rome, 1838-46, t. IV; Giov. Prezziner, Storia délia Chiesa dalla "promv.hjazione del Vangelo ßn all' an. 1818, Fir., 1822 et seq., t. IX; Tosti, 0. S. B., Proleg. alla storia univ. delta Chiesa, Fir., 1861 (ses Monographies sur Boniface VIII, 1846; sur le schisme grec, 1856; sur la comtesse Mathilde, 1859; sur l'abbaye du Mont-Cassin, 1841 et suiv.; sur le concile de Constance, 1854); Ignazio Mozzoni (prêtre de l'ordre de Saint-Jean de Dieu), Tavolc, rhronologiche critiche délia storia délia Chiesa universale, \cnise, 1856 et suiv., fasc. I-VII (travail artistique remarquable, continué à Rome après la mort de l'auteur); G.-B. de Rossi, dans ses ouvrages d'archéologie (xvi, 3, 6); Ces. Cantu, Storia universale, en allemand, par Brühl, Weitz, Will, Schaffhouse.
c. Pour la France : Blanc, Cours d'histoire ecclésiastique, Paris, 184! et suiv.; Receveur, Histoire de l'Église, Paris, 1841 et suiv,; Jager, Cours d'histoire ecclésiastique (Unixersité catholique, 1841 et suiv.); Histoire de l'Église catholique en Trance d'après les documents les plus authentiques depuis son origine jusqu'au concordat de Pie VH, Paris, 1868; Darras, Histoire générale de l'Église, 3"= édit., Paris, 1857, 4 vol.; o'î édit,, 1862; Capeligue, les Quatre premiers Siècles de l'Église, Paris, 1850, 2 vol.; l'Église au moyen âge, Paris, 1852, 2 vol.; Rohrbacher, mort en 1856, Hist. univ. de l'Église cath., 29 vol. in-8°, Nancy, 1842- 49; 2«= éd,, Paris, 1849-53, d'après la 3«^ éd. allemande de Hülskamp et Rump, Schaffhouse, 1858, et Munster; Henrion, Hist. ecclés., puhlif'o par l'abbé Migne, Paris, 1856.
rf. Pour la Belgique: Wouters, Compcnd. hist. eccles., l.ovan,, 1847, ed, 4, 1863, t, III, Capita selecta hist. eccL, 1869,
e. Pour l'Angleterre : J, Lingard, The Antiquities of the anglo-saxon Church., 1831, 2 vol.; Hist. of England (en allem.), Francfort, 1828-33, 15 vol.); Digby, Mores catholici or the Ages of faith., Lond., 1831-43-46, t. XII.
■ Pour le Portugal : Historia da Egreja cath. no Portugal, par P. Souza Amado, Lisbonne, t. I-VIl.
Avantages et importance de l'histoire ecclésiastique.
34. Si nous jetons un regard sur les immenses richesses de la littérature dans le champ de l'histoire ecclésiastique, nous serons étonnés de ce qui a été fait jusqu'au temps présent. Cependant à mesure que l'on pénètre dans le détail de ces
IDÉE ET NATURE DE l/lIlSlOlRE ECCLÉSIASTIQLE. 59
vastes collections historiques, on remarque davantage les nombreuses lacunes qui sont encore à combler, combien il reste encore de parties qui réclament des travaux monographiques. De là l'impossibilité de donner une histoire universelle de rÉghse vraiment complète et approfondie, avant que tous les détails aient été fouillés et exploités dans tous les sens. On ne saurait donc trop applaudir aux efforts tentés par un grand nombre pour rendre Tédifice de plus en plus parfait.
Tous les avantages qu'on retire de l'histoire générale se trouvent dans l'histoire ecclésiastique , sa plus noble et sa plus intéressante partie. Sans elle, point de connaissance scientifique complète du christianisme ni de l'histoire humaine en général, dont elle occupe le centre. Membres et fils de l'Église, nous devons, à ce titre seul, porter à tout ce qui la touche le plus sérieux intérêt ; les destinées de notre mère sont nos destinées ; les personnes qui ont agi dans le passé sont nos pères et nos frères ; elles nous sont unies d'esprit par la communion des saints. Il faut par-dessus tout que le théologien soit en mesure de rendre compte du passé de son Eglise à quiconque l'interroge, d'autant plus que ce passé a été souvent dénaturé et qu'il l'est encore de nos jours de la façon la plus outrageante. Mais si l'historien doit être théologien, il faut aussi que le théologien soit historien.
Quiconque, au surplus, n'est pas famiharisé avec les développements extérieurs de l'Église, du moins dans leurs traits généraux, est incapable de porter un jugement exact sur sa situation présente. L'histoire ecclésiastique est un immense réservoir de sagesse pratique ; son étude demande du tact et de l'expérience. Nous y voyons comment les plus grands personnages se sont conduits dans les situations les plus compliquées ; ces situations renaissent, il est vrai, des milliers de fois et sous des formes diverses, mais elles n'offrent rien d'absolument nouveau {Eccli., i, 9, 10). Il faut une grande sagacité pour bien saisir dans la vie journalière tant de caractères divers qui n'ont rien de commun avec le nôtre. L'histoire ecclésiastique en produit un grand nombre et nous fournit pour les apprécier une mesure exacte et équitable.
Quoi de plus propre à retremper les âmes que le spectacle
HO HISTOIRK DE l'ÉGLISK.
d'une Église toujours immuable, toujours constante, toujours égale à elle-même dans Tincessante mobilité des choses présentes ? Un tel spectacle donne à réfléchir et incline à la modération ; notre zèle se réfrène sans se troubler; l'enthousiasme ne s'éteint point, mais il se règle et s'ennoblit. La vie i morale comme la vie de la foi se fortifie, la conviction s'éclaire, * les connaissances s'épurent. L'histoire ecclésiastique est une grande apologie de l'Éghse et de sa doctrine, une preuve éclatante de son institution divine, de la beauté toujours ancienne et toujours nouvelle de l'Épouse du Seigneur. Cette étude, quand elle est conduite avec gravité et amour, vivifie puissamment la science et la vie; loin de nous assujétir à des formes vides et inertes, elle contient l'esprit même qui doit pénétrer toutes les situations de la vie, et nous inspirer le courage qui porte aux grandes entreprises et aux actions magnanimes.
Voy. H. de Valois, Dedicatio ad der. gallic, in éd. Euseb. Hist. eccL: Griesbach, De utilitate hist. eccL, léna, 1776; Flügge, Einl. in das. Stud. und die Literatur, der Bel. u. K.-G., 1801 ; Rœthe, Vom Einflusz des kirchenhist. Studiums, Leipzig, 1810; llUmann, Die Stellung des Kirchenhistorikers in unstrer Zeit (Stud. u. Krit., 1829, IV); Schleiermacher, Kurze Darstellung der theol. Stud., 1830; Mœhler, Ges. Sehr., II, 261; Jseger, dans (Esterreich. Vierteljahrschr. f. Theol., 1867; Alzog, K.-G., 9<= édit.. § 13, p. 20-22. — Des Pères nous ne citerons que Grégoire de Nazianze (lib, II Carm., sect. 2, n. 4, p. 1510, éd. Migne) : Ka),àv S'lffToptV çpriv ï^Tt'/.zo:; ■ iffTopt'ïi yàp (ryjj.çcpTY] (7oçtr), 7ro).),wv v6o;; parmi les théologiens. Melchior Canus, De locis theol., lib. XII, c. ii : « Viri omnes docti consentiunt rudes omnino theoiogos illos esse, in quorum lucubrationibus liistoria muta est. Mihi quidem non theologi soluni, sed nulli satis eruditi videntur, quibus res olim gestse ignotee sunt. »
l.'HUMANrn'' AVANT .lÊSlS-rHlUS'i . t)l