‹ Histoire de l'église latine de ConstantinopleChapitre 11 sur 21 · SEPULTORUM AB INSTITUTIONS ILLORUM IN GRAECIA MISSIONUM · texte numérisé non relu

SEPULTORUM AB INSTITUTIONS ILLORUM IN GRAECIA MISSIONUM

ANNO 1625; elle porte, des années 1642 à 1739, la mention de quatorze noms.

La chapelle Saint-Louis est dotée de deux confréries : 1° celle de « Notre-Dame du Mont-Carmel, » instituée en 1772, et dont la fête est précédée d'une neuvaine; 2° celle du « Très-Saint et Immaculé Cœur de la très-sainte Vierge, » pour la conversion des pécheurs, instituée le 19 octobre 1861; la fête de cette confrérie se célèbre le huitième jour après l'Assomption de la Vierge (1).

Devant la porte d'entrée, on voit les deux pierres funéraires suivantes, qui, lors de la pose du maltre-autel en marbre, ont été transportées du chœur en cetendrQit.

D. 0. M. Ici repose auprès de ses bons parents, Thomas Ruffiw,

ÉCUYER, MEMBRE DE LA LÉGION d'hONNEUR KT CHEVALIER DU SaiNT-

Sépulcre, en son vivant consul de s. m. t. C. a Saint-Jean d'Acre (1) et a Barouth; décédé a CP. le 26 janvier 1825, a l'âge de 4.9 ANS. Il n'a survécu que d'une année a son respectable

PÈRE (2). — J. M. JOUANNIN (3), EXÉCUTEUR DE SES VOLONTÉS, A FAIT POSER CETTE PIERRE DE SOUVENIR, AU NOM DE SA SŒUR UNIQUE RoSE CÉCILE DE LeSSEPS ET DE SES NIÈCES. 1825.

D. 0. M. Hic jacet Petrus Dubouchet d'Orgeval de Saint-André,

REGIARUM ORDINUM EQUES, REGIS CHRISTIANISSIMI CONSUL CyDONEM MISSUS, LEGATUS INPiCTAVIA DUCIS LuDOVICI DE La RoCHEJACQUELEIN, UBI PRO DeO, ReGE et PaTRIA FORTITER MILITAVIT. LUGDUNI NATUS, 19 DIE JULU 1788, CONSTANTINOPOLI OBIIT DIE 6 OCTOBRIS 1825.

A l'extérieur, aux deux côtés de la petite porte conduisant à la tribune réservée de l'ambassadeur, se trouvent deux statues en marbre blanc de Saint-Pierre et Saint-Paul, provenant de Sébastopol.

Le supérieur de Saint-Louis a le titre de préfet apostolique; sa juridiction, outre Constantinople, s'étend sur Smyrne et les lies de l'Archipel, Candie y comprise.

Les desservants de cette chapelle sont chapelains de l'ambassade de France, et remplissent les fonctions curiales pour toutes les personnes habitant dans l'enceinte des murs de l'ambassade et dans celle de l'enclos du couvent. On célèbre, dans cette église, les fêtes nationales religieuses de la France, et chaque dimanche^ à la messe officielle, on y récite le Domine salvum et l'oraison ad hoc.

Sainte-Marie Draperis (paroisse).

Mineurs réf. de la stricte observance (i).

L'ancienne église de même nom périt, à Galata-Péra, on l'a vu au chapitre 11, dans l'incendie de 1660; selon les archives de la paroisse, on ne put sauver des flammes que le tableau de la

(1) Cf. nos Traités et Capitulations de la France en Orient,

(2) Ruffin, ancien secrétaire interprète de l'ami)assade, consul général de France, et plusieurs fois chargé d'affaires, notamment durant l'expédition d'Efijpte.

(3) Premier secrétaire interprète du roi, à Paris, y décédé en 1843.

(4) Dits en France Récollets; cf. DicU des ordres religieux, JU, 333, 389.

« B. V. Marie,)) dont la conservation fut due à la piété non moins qu'au courage d'un sieur Draperîs. Ce tableau est celai qu'on voit, encore aujourd'hui^ derrière le maltre-autel (1).

L'église n'aurait pas été relevée (2); les Pères prirent à loyer une maison pour leur habitation ; mais ces dispositions n'ayant pas reçu l'agrément du général de l'ordre, ils achetèrent dans le nouveau Péra, en 1678, près des Quatre-Chemins, l'emplacement qu'ils occupent aujourd'hui, et obtinrent l'autorisation d'y construire leur église et leur couvent.

Tout en se transportant sur un autre point, les Mineurs S. 0. paraissent avoir conservé, pourtant, leurs droits parocchiaux sur leur ancienne juridiction à Gala ta, comme semble l'indiquer la mention suivante de leur registre des baptêmes pour cette année 1678 : « 14. février : N. parochus eoclesiae Stae Mariae Draperis... civitatis Galatae, vulgo dictae Perae Constantinopolis. ))

La situation faite par les événements aux Mineurs S. 0. leur créa des difficultés avec l'ordinaire ; le président de la custode de cette religion se plaignit à la Comunitày en 1682, de ce que l'évèque leur déniait les fonctions curiales, que celui-ci voulait, disait le premier, faire passer aux jésuites; et il suppliait la Comunità de ne pas tolérer qu'on dépouillât sa religion des fonctions dont elle était chargée depuis tant d'années.

En 1705, d'après les archives de cette paroisse, le curé de Sainte-Marie exerçait les fonctions de chapelain « in sacello Excmi Dmni S. G. M. Residentis. )>

En 1765, un Père « Ord. min. S. Francisci Strictior. Observ. » remplissait la même charge dans la chapelle du palais du baile vénitien.

Le 27 octobre 1767, et pour la troisième fois, depuis son établissement dans cette localité, le feu détruisit l'église des Franciscains, comme les palais des représentants de Hollande^ de Naples et de Russie; celui de France fut sauvé, grâce aux efforts des équipages des navires français ancrés dans le port de Constantinople (3). L'ambassadeur impérial obtint, au commencement de 1769, un firman pour la reconstruction, en pierres, de Sainte-

(1) Garhognano donne les mômes rensei^^nements, p. 63.

(i) Nous avons rapporté, au cliap. Il, des témoignages qui semblent contredire cette assertion.

(3) Hammer, XVI, 157.

Marie; selon les archives de cette paroisse, cette reconstruction aurait eu lieu en t768 (1).

En 1785, la latinité de Péra fut sur le point de perdre Sainte- Marie; en effet, dit Garbognano, cette église étant accablée sous le poids de l'intérêt des emprunts contractés pour sa reconstruction, il fut question, à cette époque, de la vendre aux noncatholiques (acatolid) ; mais le baron de Herbert, internonce impérial, sauva l'église de ce danger, en réduisant le taux de rintérôt à & p. O/q et en répartissant le paiement du capital, qui dépassait 250,000 piastres, par échéance de lots annuels. En mémoire de cette bienfaisante et salutaire intervention, les Mineurs S. 0. firent placer l'inscription suivante sur Tune des portes intérieures du cloître :

Maono viro ëgmo Dmno Petro varoni de Herbert Ratkeal

INTER. CjESAREO OB RESTITUTAM VIRTUTE SUA REM MlSSIOmS CoSPNiE p. MIN. STRICT. OBS. S. FrANCISCI iERE ALIENO LABANTEM : EJUS ALUMNI STERNUM GRATl ANIMI MONUMENTUM PP . KaL. SeXTILI 1785.

Un rapport de la Comunitàj essayant alors de se reconstituer, constate, en 1793, que a la chiesa di Sta Maria Draperis, il di lei convento e case appartieue ora pure alla sacra congregazione di Propaganda fide; vien ulfiziata dalli RR, padrifrancescanie gode délia protezione di Germania. »

Sainte-Marie Draperis se compose d'une seule nef, avec une galerie latérale, à gauche, conduisant aux tribunes et à la sacristie. Cette nef^ outre le maitre-autel, contient cinq chapelles latérales, trois à droite, parmi lesquelles celle de A^. D. de la Lettre, en grande dévotion à Constantinople, et deux à gauche.

Dans le chœur, derrière le siège de l'officiant, on lit l'inscription suivante :

D. 0. M. INCLITO BENEFACTORI SUO EXCELLMO D. AnTONIO FRAN- CISCO DE Brognard Rom. imp. ad Portam ottom. internuntio

XXII JUN. 1769 AETATE ANNO LIV PIÈ CONDITO PaTRES HUJUS ECCLE- Sl^ RIF. S. FrANCISCI POSUERE ANNO 1772 (2).

(l) Cf. Uammer, XVI, 195. Cet auleur rapporte que le premier bérat obtenu par les Franciscains de Péra aurait été de 1072=1661, renouvelé en 1112=1700, puis en 1118=1706. — Carbognano dit que Tincendie eut lieu en 1767, et la réédiOcalion de l'église Tanno susseguente, colla permissiona del govcrno, data ad istanza delt*in . ternunzio caesareo. »

(:2) Cf. sur ce personnage Hammer, /oc. laud.y XVI, 202 et suiv.

Dans le chœur également derrière le siège de Tofficiant, se trouve la pierre funéraire de Mgr Bavestrelli (1777), et, sous le porche extérieur, celle de Mgr Mauri (1730), dont il a été parlé plus haut.

Le titre du supérieur de Sainte-Marie était, en 1864< : « Custode di governo e prefetto apostolico (1). »

Les Mineurs S. 0. de Saintc-M.irie, au nombre de dix religieux, sont en outre chapelains de l'ambassade austro-hongroise ; l'ambassade a aussi une tribune réservée dans leur église où l'on fête les cérémonies religieuses nationales; on y chante, dans ces occasions, le Domine salvum, suivi de Toraison pour l'empereur. A son voyage à Constantinople en 1869, l'empereur François-Joseph a assisté à une messe solennelle, célébrée poiitificalement à Sainte-Marie Draperis, par S. G. Mgr le vicaire apostolique.

La procession de la Fôte-Dieu se fait, dans cette paroisse, le jeudi du Corpus Z)o;wme, et parcourt, à l'issue de la grand'messe, une partie des rues de la circonscription paroissiale.

Terre-Sainte (Chapelle).

Mineurs Observantics (2).

L'hospice ou couvent de Terre-Sainte s'établit, d'abord, du côté de Tophana, sous le nom de Topanae Conventus (3), sans doute antérieurement à l'époque de la réforme qui donna naissance à la stricte observance', puis, en 1670, les observanlius seraient venus se placer auprès de la résidence du baile de Venise (4), aujourd'hui l'ambassade austro-hongroise, entre celleci et Téglise Sainte Marie.

L'écusson de Jérusalem, aux cinq croix, en l'honneur des Cinq Plaies, surmonté d'une couronne fermée , est peint sous le porche de l'entrée du couvent. Les Pères sont espagnols.

Il résulte des archives de Sainte-Marie qu'en 1671 les Mineurs

(1) Cronaca francescana, IV, 83.

(2) Soccolaiits « porle-socques. » Cf. Dict, des Ordres religieuXf llï, 82; Miltilz, II, I, livre 11, p. 140.

(3; \o}ei cliap. II, § Sninte-Marie de Galata.

(i) Hammer iiil (XIII, 35) que Lorenss» Soranzo fut logé, eu 1699, dans une maison du faubourg de Galata; et plus loiu (XIV, i03), que le baile Dolûno mourut k Péra en septembre 17i9.

de Terre-Sainte étaient chapelains du baile de Venise, et remplissaient, pour l'intérieur de sa résiflence, les fonctions curiales. A certaines époques, la custode ou commissariat de Terre-Sainte a été donnée, tantôt aux observantins, tantôt aux mineurs de la stricte observance. Dans cette même année, lG71,]e vice-commissaire de Terre-Sainte remplissait, en même temps, les fonctions de curé de Sainte-Marie.

Les observantins du couvent de Terre-Sainte sont, à Constantinople, au nombre de quatre, dont le supérieur a le titre de « commissaire de Terre-Sainte : » ces religieux sont, actuellement, chapelains et curés de la légation d'Espagne.

Le sceau du supérieur de cette communauté porte la légende suivante, autour des cinq croix : « Sigill. com. et presid. Ter. Sanct. Constantinopolis. »

La Trinité (chapelle).

Cette église a pris son nom des Trtnitaires, ordre consacré « h la rédemption des captifs » (1). Cet ordre s'établit à Constantinople, spécialement par la protection de l'Autriche (2); les ambassadeurs impériaux en Turquie comptaient souvent, parmi les personnes de leur suite, un ou doux religieux de cet ordre (3). Toutefois, l'église qui fait l'objet de ce paragraphe fut élevée, dans le principe, « pour le corps des interprètes, » en 1699, à la demande de l'ambassadeur (ffi'tingen (4); et, plus tard, le comte de Virmont se borna à solliciter, en faveur des Trinitaires, un ou plusieurs lîrmans, indiqués par Hammer, sans en faire connaître l'objet (5); de même, et dans la crainte que, si ces religieux élevaient « une église à Péra, elle n'éprouvât le même sort que celle des minorités (Saint-François), » qui avait été rasée (?), lors de la dernière rupture avec Venise, « M. de Dirling, au lieu de demander, pour ces religieux, l'autorisation de bâtir une

(1) Cf. sur la fonlation de cet ordre et ses mo lifioalions, D cl. des Ordres religieux III, 700; Millil?, lï, partir; II, liv. III, p. 42, 327. C'^s relijçiciix étai«M»ldi!s en France Malhurins^ p»r«;e que leur p^omi^re maison h Paris fut fondée pr^s d*une cbapel'e consacn>e ^ S. Malhurin.

(i) Mis<!lon du corate Si;lilik,pn 1C98 (cf. Hammer, loc. laud.j Xll, 401).

(3) Mission du comte de Virmont, en 1719 (Hammer, XIV, 18).

(4) Hammer, XII, 470.

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